Euphorbia schimperiana (PROTA)
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Introduction |
Euphorbia schimperiana Scheele
- Protologue: Linnaea 27: 344 (1843).
- Famille: Euphorbiaceae
- Nombre de chromosomes: 2n = 20
Origine et répartition géographique
Euphorbia schimperiana se rencontre au Cameroun et dans toute l’Afrique de l’Est, depuis l’Erythrée, le Rwanda, le Burundi et l’est de la R.D. du Congo jusqu’au Zimbabwe et au Mozambique. Il est également présent à Madagascar, sur l’île Rodrigues (Maurice) et dans la péninsule Arabique.
Usages
Au Rwanda, le latex sert en gouttes dans les oreilles pour traiter l’otite. L’impétigo et les infections cutanées rebelles se traitent avec des applications de poudre de feuilles. En Ethiopie, l’infusion de parties aériennes se prend comme purgatif, pour traiter les maladies vénériennes et comme vermifuge. Les fruits, broyés avec les racines de Cyathula polycephala Baker, et mélangés dans de l’eau sont administrés au bétail pour traiter la maladie du charbon. Au Kenya et en Tanzanie, la pâte de feuille dans de l’eau se prend pour traiter la toux et les rhumes. En Tanzanie, la décoction de feuilles et de racine se prend comme purgatif. Le latex en usage externe s’emploie pour traiter les morsures de serpent.
Au Kenya, tous les animaux domestiques pâturent la plante.
Propriétés
L’extrait au méthanol des tiges sèches fait preuve d’une puissante activité molluscicide (DL50 = 5,7 ppm) contre Biomphalaria pfeifferi, vecteur de la schistosomose. Cette activité a été attribuée aux terpénoïdes et aux composés phénoliques. Les effets de l’extrait sur divers tissus d’escargots (intestin, glande digestive et épiderme) dépendaient du moment et de la concentration, et les résultats indiquent que la couche épithéliale est probablement la première région touchée. L’activité toxique et mutagène de l’extrait au méthanol des tiges a été explorée chez les souris : on a constaté une légère toxicité pour la peau et une activité modérément irritante pour les tissus oculaires. L’extrait a multiplié de façon significative la fréquence de la division des micronoyaux, en particulier à fortes concentrations, confirmant son activité mutagène.
Description
Plante herbacée annuelle ou vivace à vie courte, monoïque, fortement ramifiée, atteignant 2 m de haut, glabre ou garnie de longs poils raides et cassants sur la tige en dessous des feuilles ou sur les fruits ; tiges à cicatrices foliaires bien visibles, à latex. Feuilles alternes, simples et entières, sessiles, serrées ; stipules absentes ; limbe ovale-lancéolé à lancéolé, atteignant 15 cm × 2 cm, base cunéiforme, apex à pointe courte, nervure médiane ailée sur la face inférieure. Inflorescence : cymes axillaires ou terminales constituées de groupes de fleurs appelés “cyathes”, disposées en ombelles à 3–15 ramifications ; rameaux atteignant 15 cm de long ; bractées sessiles, deltoïdes, de 1–4 cm de long, longuement acuminées ; cyathes à pédoncule jusqu’à 3 mm de long, d’environ 2 mm × 2 mm, à involucre en coupe, lobes quadrangulaires, d’environ 0,5 mm de long, faiblement 2-lobés, poilus au bord ; glandes 4, transversalement elliptiques, d’environ 1 mm × 1,5–2 mm, bicornes, cornes atteignant 1,5 mm de long, vertes virant au rouge brunâtre, chaque involucre contenant 1 fleur femelle entourée de nombreuses fleurs mâles. Fleurs unisexuées ; fleurs mâles sessiles, bractéoles linéaires, frangées, périanthe absent, étamine d’environ 4,5 mm de long ; fleurs femelles à pédicelle jusqu’à 5,5 mm de long, ovaire supère, glabre ou poilu, 3-loculaire, styles 3, atteignant 2,5 mm de long, soudés à la base, apex bifide, étalé. Fruit : capsule profondément 3-lobée, d’environ 4 mm × 4,5 mm, base tronquée, à 3 graines. Graines oblongues, légèrement comprimées, de 2–2,5 mm × 1,5–2 mm, lisses, noir brillant devenant gris ; caroncule de 0,5 mm de diamètre, ridée, jaunâtre.
Autres données botaniques
Le genre Euphorbia comprend environ 2000 espèces et est présent dans le monde entier, avec au moins 750 espèces sur le continent africain et environ 150 espèces à Madagascar et sur les îles de l’océan Indien. Euphorbia schimperiana appartient à la section Esula, groupe de plantes herbacées annuelles ou vivaces caractérisé par l’absence de stipules, les cyathes en cymes terminales ombelliformes, des bractées foliacées ou deltoïdes, 4 glandes involucrales, entières ou à 2 cornes, des fruits exserts sur un pédicelle réfléchi et des graines à caroncule. Chez Euphorbia schimperiana, on reconnaît 3 variétés : var. schimperiana, complètement glabre, var. pubescens (N.E.Br.) S.Carter, avec tige à poils courts en dessous des feuilles, et var. velutina N.E.Br. à fruits poilus.
Euphorbia depauperata
Euphorbia depauperata Hochst. ex A.Rich. est une plante herbacée vivace variable qui appartient également à la section Esula et qui est présente en Afrique occidentale, orientale et australe. En Ethiopie, l’infusion de feuilles ou de racine se prend comme vermifuge et purgatif. Au Kenya, tous les animaux domestiques pâturent la plante.
Ecologie
Euphorbia schimperiana est présent dans les savanes herbeuses, les brousses sempervirentes et les forêts montagnardes, à 1350–3000 m d’altitude. C’est également une plante adventice des cultures.
Ressources génétiques
Euphorbia schimperiana est une espèce répandue et variable qui a tendance à former des variantes locales distinctives.
Perspectives
Euphorbia schimperiana est une plante prometteuse comme molluscicide, mais un approfondissement des recherches est nécessaire pour identifier les composés chimiques responsables de cette activité.
Références principales
- Burkill, H.M., 1994. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 2, Families E–I. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 636 pp.
- Carter, S. & Radcliffe-Smith, A., 1988. Euphorbiaceae (part 2). In: Polhill, R.M. (Editor). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. pp. 409–597.
- Ekram, S.A. & Najia, A.A., 2006. Mammal toxicity and mutagenicity assessment of the methanol extract of the molluscicidal plant Euphorbia schimperiana. Pakistan Journal of Biological Sciences 9(10): 1911–1916.
- Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
Autres références
- Al Zanbagi, N.A., Banaja, A.E.A. & Barrett, J., 2000. Molluscicidal activity of some Saudi Arabian Euphorbiales against the snail Biomphalaria pfeifferi. Journal of Ethnopharmacology 70(2): 119–125.
- Al Zanbagi, N.A., Banaja, A.E.A. & Barrett, J., 2002. The histopathology of Euphorbia schimperiana methanol extract on the gut, digestive gland and epidermal layer of Biomphalaria pfeifferi. Journal of the Medical Research Institute - Alexandria University 23(2): 25–35.
- Al Zanbagi, N.A, Barrett, J. & Banaja, A.E.A., 2000. On the use of plant-derived compounds (terpenoids and phenolics) from Euphorbia schimperiana as a molluscicidal agent for the control of schistosomiasis. Journal of the Medical Research Institute - Alexandria University 21(4): 73–78.
- Jansen, P.C.M., 1981. Spices, condiments and medicinal plants in Ethiopia, their taxonomy and agricultural significance. Agricultural Research Reports 906. Centre for Agricultural Publishing and Documentation, Wageningen, Netherlands. 327 pp.
- Yineger, H., Kelbessa, E., Bekele, T. & Lulekal, E., 2007. Ethnoveterinary medicinal plants at Bale Mountains national park, Ethiopia. Journal of Ethnopharmacology 112: 55–70.
Auteur(s)
- G.H. Schmelzer, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Schmelzer, G.H., 2008. Euphorbia schimperiana Scheele. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 24 avril 2026.
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