Excoecaria madagascariensis (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale
Répartition en Afrique
Répartition mondiale
Médicinal
Bois d'œuvre
Bois de feu


Excoecaria madagascariensis (Baill.) Müll.Arg.


Protologue: A.DC., Prodr. 15(2.2) : 1219 (1866).
Famille: Euphorbiaceae

Synonymes

  • Excoecaria sylvestris S.Moore (1911).

Noms vernaculaires

  • Milky mangrove, red ears (En).

Origine et répartition géographique

Excoecaria madagascariensis est présent de la Somalie à la Tanzanie, et également au Zimbabwe, au nord de l’Afrique du Sud, au Swaziland et à Madagascar.

Usages

Au Kenya, les Giriamas et les Teitas incorporent le jus de plante dans la préparation du poison de flèche, souvent en combinaison avec le latex d’Acokanthera schimperi (A.DC.) Schweinf. et le tubercule de Dioscorea quartiniana A.Rich. Ce jus provoque des ampoules douloureuses lorsque il entre en contact avec la peau. La plante est très toxique pour le bétail et les camélidés.

Le bois sert de bois de feu et à la production de charbon de bois, ainsi qu’à fabriquer des manches d’outil.

Propriétés

Aucune analyse chimique ou pharmacologique n’a été effectuée sur Excoecaria madagascariensis, mais plusieurs alcaloïdes hautement toxiques (excoécarines) et esters de phorbol ont été signalés chez d’autres espèces d’Excoecaria.

Description

Arbuste ou petit arbre monoïque, glabre, atteignant 4(–7) m de haut ; écorce rugueuse ou lisse, à latex laiteux ou incolore. Feuilles opposées, simples et entières ; stipules triangulaires-ovales, d’environ 2,5 mm de long, tombant rapidement ; pétiole atteignant 1 cm de long, canaliculé au-dessus ; limbe elliptique, elliptique-oblong à elliptique-oblancéolé, de 4–17 cm × 2–6 cm, base cunéiforme, apex obtus à émarginé, brillant et vert foncé au-dessus, brun rougeâtre à l’état jeune. Inflorescence : épi axillaire à l’aisselle des feuilles supérieures, de 2–3 cm de long, comportant seulement des fleurs mâles ou bien quelques fleurs femelles à la base. Fleurs unisexuées, régulières, sessiles, pétales absents, disque absent ; fleurs mâles à 3 sépales lancéolés d’environ 0,5 mm de long, aigus, dentés, jaune-vert pâle ou blanchâtres, étamines 3, d’environ 1 mm de long ; fleurs femelles à 3 sépales arrondis à ovales d’environ 0,5 mm de long, obtus, dentés, ovaire supère, 3-lobé, lisse, 3-loculaire, styles 3, fusionnés à la base, recourbés. Fruit : capsule 3-lobée d’environ 1 cm de diamètre, lisse, verte, virant au rouge ou au jaunâtre, contenant 3 graines. Graines globuleuses, d’environ 4 mm de diamètre, lisses, brun grisâtre, marbrées.

Autres données botaniques

Le genre Excoecaria se rencontre dans les tropiques de l’Ancien Monde et les îles du Pacifique et comprend 35 espèces ; on trouve environ 6 espèces sur le continent africain et 5 à Madagascar. Auparavant, de nombreuses espèces d’Excoecaria faisaient partie du genre Sapium, considéré aujourd’hui comme endémique du Nouveau Monde.

Excoecaria bussei

Excoecaria bussei (Pax) Pax est présent en Afrique australe. La décoction de racine se boit comme émétique. Le jus de la plante est considéré toxique, et le bétail ne broute pas la plante. Parfois les graines sont mastiquées ; elles n’ont pas de goût au début, mais après, elles produisent une sensation poivrée et brûlante aux effets durables. La plupart des gens les considèrent toxiques.

Excoecaria benthamiana

Le latex d’Excoecaria benthamiana Hemsl. (“bois charlot”, “bois jasmin rouge”), espèce rare endémique des Seychelles, est un puissant vésicant qui s’applique en usage externe sur les verrues.

Ecologie

Excoecaria madagascariensis est présent dans les fourrés et les forêts sempervirentes, souvent sur sols sableux le long des rivières, depuis le niveau de la mer jusqu’à 1850 m d’altitude.

Gestion

Excoecaria madagascariensis peut se multiplier par sauvageons et par boutures. Il a une croissance modérément rapide et peut s’élaguer et s’étêter.

Ressources génétiques

Excoecaria madagascariensis est commun par endroits en Afrique de l’Est et à Madagascar, mais au Swaziland il serait menacé d’érosion génétique en raison des défrichages forestiers et de l’envahissement de plantes étrangères comme Chromolaena odorata (L.) R.King & H.Rob. et Melia azedarach L.

Perspectives

Le latex d’Excoecaria madagascariensis est très toxique, mais on ne sait rien de ses propriétés chimiques. D’autres espèces d’Excoecaria produisent des composés chimiques dotés d’intéressantes activités pharmacologiques, ce qui justifie un approfondissement des recherches sur cette espèce. Excoecaria madagascariensis a également la réputation d’être un indicateur utile de la présence de nappes phréatiques et pourrait être employé pour lutter contre l’érosion des sols dans les zones ripariennes.

Références principales

  • Beentje, H.J., 1994. Kenya trees, shrubs and lianas. National Museums of Kenya, Nairobi, Kenya. 722 pp.
  • Léonard, J., 1959. Notulae systematicae XXVI. Notes sur les espèces africaines continentales des genres Sapium P.Br. et Excoecaria L. Bulletin du Jardin Botanique de l’Etat (Bruxelles) 29: 133–146.
  • Neuwinger, H.D., 1998. Afrikanische Arzneipflanzen und Jagdgifte. Chemie, Pharmakologie, Toxikologie. 2nd Edition. Wissenschaftliche Verlagsgesellschaft mbH, Stuttgart, Germany. 960 pp.
  • Radcliffe-Smith, A., 1987. Euphorbiaceae (part 1). In: Polhill, R.M. (Editor). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. 407 pp.

Autres références

  • Burrows, J.E., Burrows, S.M., Loffler, P. & Loffler, L., 2003. Euphorbiaceae. Excoecaria madagascariensis, a first record for the Flora of southern Africa region. Bothalia 33(2): 155–163.
  • Coates Palgrave, K., 1983. Trees of southern Africa. 2nd Edition. Struik Publishers, Cape Town, South Africa. 959 pp.
  • Dumetz, N., 1999. High plant diversity of lowland rainforest vestiges in eastern Madagascar. Biodiversity and Conservation 8(2): 273–315.
  • Gurib-Fakim, A. & Brendler, T., 2004. Medicinal and aromatic plants of Indian Ocean Islands: Madagascar, Comoros, Seychelles and Mascarenes. Medpharm, Stuttgart, Germany. 568 pp.

Auteur(s)

  • O.O. Bethwell, Department of Natural Sciences, Catholic University of Eastern Africa, P.O. Box 62157, 00200 Nairobi, Kenya

Citation correcte de cet article

Bethwell, O.O., 2008. Excoecaria madagascariensis (Baill.) Müll.Arg. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 17 septembre 2026.


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