Gilletiodendron mildbraedii (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale
Répartition en Afrique
Répartition mondiale
Médicinal
Bois d'œuvre


répartition en Afrique (sauvage)

Gilletiodendron mildbraedii (Harms) Vermoesen


Protologue: Man. ess. forest. Congo : 85 (1923).
Famille: Caesalpiniaceae (Leguminosae - Caesalpinioideae)

Origine et répartition géographique

Gilletiodendron mildbraedii est présent depuis le sud du Cameroun jusqu’en Centrafrique et en R.D. du Congo.

Usages

Le bois convient pour la construction et la parqueterie lourdes, la menuiserie, les boiseries intérieures, la construction navale, la charronnerie, les étais de mine, les traverses de chemin de fer, les manches, les échelles, les articles de sport, les jouets et les articles de fantaisie, les ustensiles agricoles, la sculpture, le tournage, le placage et le contreplaqué. En R.D. du Congo, on utilise l’écorce en médecine traditionnelle contre la syphilis.

Propriétés

Le bois de cœur, brun rougeâtre à brun chocolat, moucheté et d’un brillant satiné, se distingue nettement de l’aubier jaunâtre, de 8 cm d’épaisseur. Le fil est généralement droit, quelquefois légèrement contrefil, le grain est fin. Les surfaces sciées sur quartier présentent quelques stries.

C’est un bois lourd, avec une densité de 950–1060 kg/m³ à 12% d’humidité, et très dur. Il sèche lentement à l’air avec une tendance aux gerces et parfois aussi aux fentes en bout. Les taux de retrait lors du séchage sont élevés. Il est recommandé de le débiter sur quartier avant de le faire sécher. Une fois sec, il est moyennement stable en service. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 204–270 N/mm², la compression axiale de 69–82 N/mm², le fendage de 24 N/mm et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 7,3. Le bois se scie assez facilement mais lentement en raison de sa dureté ; il désaffûte fortement les dents de scie et les outils. Il se rabote en donnant une jolie surface, et se polit bien. Il est préconisé de faire des avant-trous pour le clouage. Les caractéristiques de cintrage sont bonnes. C’est un bois relativement durable, mais sensible aux attaques du champignon Coniophora cerebella et des térébrants marins. Il est rebelle à l’imprégnation avec des produits de conservation.

Description

  • Arbre de taille moyenne à grande atteignant 45 m de haut ; fût généralement droit et cylindrique, jusqu’à 110 cm de diamètre, à grands contreforts atteignant 6,5 m de haut ; surface de l’écorce rugueuse, gris foncé, écorce interne rougeâtre ou brun rosé ; rameaux à poils courts.
  • Feuilles alternes, composées imparipennées à 14–28 folioles ; stipules linéaires, rapidement caduques ; pétiole et rachis atteignant ensemble 5–15 cm de long, sillonnés ; folioles normalement alternes, sessiles, oblongues à presque rectangulaires, asymétriques, de 1–4(–5) cm × 0,5–1,5(–2) cm, ponctuées de quelques points translucides.
  • Inflorescence : panicule axillaire ou terminale de 3–13 cm de long, densément poilue, à nombreuses fleurs.
  • Fleurs bisexuées, presque régulières, blanchâtres ; pédicelle de 3–5 mm de long ; sépales 4, libres, ovales à oblongs, de 1–3 mm de long, 1 légèrement plus grand que les 3 autres, réfléchis ; pétales 5, libres, linéaires-oblongs, de 3–4 mm de long ; étamines 10, libres, de longueur inégale, de 4–6 mm long ; ovaire supère, elliptique-oblong, d’environ 1,5 mm de long, à stipe court, glabre, 1-loculaire, style mince, de 2,5–3,5 mm de long.
  • Fruit : gousse obliquement obovale à elliptique, aplatie, de 3,5–6 cm × 2–3 cm, pointue à l’apex, lisse à finement verruqueuse, déhiscente par 2 valves ligneuses, contenant peu de graines.
  • Graines aplaties.
  • Plantule à germination épigée ; hypocotyle de 5–7 cm de long, épicotyle de 2–3 cm de long ; 2 premières feuilles opposées, avec environ 8 folioles.

Autres données botaniques

Le genre Gilletiodendron comprend près de 5 espèces et se rencontre en Afrique de l’Ouest et centrale. Il est classé dans la tribu Detarieae, où sa position reste à éclaircir.

Gilletiodendron glandulosum

Gilletiodendron glandulosum (Portères) J.Léonard est un arbre de taille petite à moyenne atteignant 20 m de haut, endémique du Mali, où on le rencontre dans de petites poches de la savane boisée. Son bois, très dur et durable, est employé en construction, notamment pour fabriquer des montants et des traverses, des greniers et des lits. On recommande Gilletiodendron glandulosum pour le reboisement. Ses graines seraient comestibles. Gilletiodendron glandulosum figure sur la Liste rouge de l’UICN comme espèce vulnérable.

Gilletiodendron kisantuense

Gilletiodendron kisantuense (Vermoesen ex De Wild.) J.Léonard est un arbre de taille petite à moyenne atteignant 30 m de haut, connu en Côte d’Ivoire, au Gabon, au Congo, en R.D. du Congo et au nord de l’Angola. Son bois est probablement utilisé en construction.

Gilletiodendron pierreanum

Gilletiodendron pierreanum (Harms) J.Léonard est un arbre de taille moyenne à grande atteignant 45 m de haut, à fût dépourvu de branches sur une hauteur de 20 m, généralement cannelé et à contreforts, présent dans le sud du Cameroun, en Guinée équatoriale et au Gabon. Son bois est utilisé en menuiserie, pour la confection de mobilier et d’ustensiles.

Ecologie

Gilletiodendron mildbraedii se rencontre en forêt pluviale de basse altitude, souvent à proximité des rivières.

Gestion

Un arbre de 30 m de haut dont le fût était 18 m de long et 50 cm de diamètre a fourni 2,2 m³ de bois d’œuvre.

Ressources génétiques

Gilletiodendron mildbraedii est relativement répandu et rien n’indique qu’il soit menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Leur bois dur, leurs grands contreforts et leur fût cannelé sont autant d’obstacles majeurs à l’exploitation commerciale à grande échelle de Gilletiodendron spp. Ces espèces, qui fournissent un bois durable à la construction locale, demeureront importantes sur le plan local.

Références principales

  • Aubréville, A., 1970. Légumineuses - Césalpinioidées (Leguminosae - Caesalpinioideae). Flore du Cameroun. Volume 9. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. 339 pp.
  • Bolza, E. & Keating, W.G., 1972. African timbers: the properties, uses and characteristics of 700 species. Division of Building Research, CSIRO, Melbourne, Australia. 710 pp.
  • Fouarge, J., Gérard, G. & Sacré, E., 1953. Bois du Congo. Institut National pour l’Etude Agronomique du Congo belge (INEAC), Brussels, Belgium. 424 pp.
  • Wilczek, R., Léonard, J., Hauman, L., Hoyle, A.C., Steyaert, R., Gilbert, G. & Boutique, R., 1952. Caesalpiniaceae. In: Robyns, W., Staner, P., Demaret, F., Germain, R., Gilbert, G., Hauman, L., Homès, M., Jurion, F., Lebrun, J., Vanden Abeele, M. & Boutique, R. (Editors). Flore du Congo belge et du Ruanda-Urundi. Spermatophytes. Volume 3. Institut National pour l’Étude Agronomique du Congo belge, Brussels, Belgium. pp. 234–554.

Autres références

  • Burkill, H.M., 1995. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 3, Families J–L. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 857 pp.
  • de la Mensbruge, G., 1966. La germination et les plantules des essences arborées de la forêt dense humide de la Côte d’Ivoire. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 389 pp.
  • Duvall, C.S., 2002. Habitat, conservation, and use of Gilletiodendron glandulosum (Fabaceae, Caesalpinioideae) in southwestern Mali. In: Robbrecht, E., Degreef, J. & Friis, I. (Editors). Plant systematics and phytogeography for the understanding of African biodiversity. Proceedings of the XVIth AETFAT Congress, held in 2000 at the National Botanic Garden of Belgium. Systematics and Geography of Plants 71(2), Special issue: 699–737.
  • Lewis, G., Schrire, B., MacKinder, B. & Lock, M., 2005. Legumes of the world. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 577 pp.
  • Normand, D. & Paquis, J., 1976. Manuel d’identification des bois commerciaux. Tome 2. Afrique guinéo-congolaise. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 335 pp.
  • Raponda-Walker, A. & Sillans, R., 1961. Les plantes utiles du Gabon. Paul Lechevalier, Paris, France. 614 pp.
  • Tailfer, Y., 1989. La forêt dense d’Afrique centrale. Identification pratique des principaux arbres. Tome 2. CTA, Wageningen, Pays Bas. pp. 465–1271.
  • Vivien, J. & Faure, J.J., 1985. Arbres des forêts denses d’Afrique Centrale. Agence de Coopération Culturelle et Technique, Paris, France. 565 pp.

Auteur(s)

  • R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Consulté le 17 septembre 2026.


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