Greenwayodendron suaveolens (PROTA)
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Introduction |
| Importance générale | |
| Répartition en Afrique | |
| Répartition mondiale | |
| Fruit | |
| Médicinal | |
| Bois d'œuvre | |
| Sécurité alimentaire | |
Greenwayodendron suaveolens (Engl. & Diels) Verdc.
- Protologue: Adansonia, sér. 2, 9: 90 (1969).
- Famille: Annonaceae
Synonymes
Polyalthia suaveolens Engl. & Diels (1901).
Noms vernaculaires
- Moambe noir (Fr).
- Molinda (En).
- Muamba preta (Po).
Origine et répartition géographique
Greenwayodendron suaveolens est répandu depuis le sud du Nigeria jusqu’à l’ouest de l’Ouganda et au nord de la Tanzanie, et vers le sud jusqu’au sud de la R.D. du Congo et à Cabinda (Angola).
Usages
Le bois est utilisé pour la construction d’habitations, les menuiseries, les étais de mine, le mobilier, les tuteurs destinés à la culture de l’igname, les chevrons et les hampes de sagaies. Il se prête à la confection de parqueteries, de boiseries intérieures, de traverses de chemin de fer, de jouets, d’articles de fantaisie, d’ustensiles agricoles, de cuves, d’égouttoirs, de récipients alimentaires, d’objets tournés, de placages et de contreplaqué. Il brûle en dégageant une lumière vive et sert à l’éclairage.
Plusieurs parties de la plante sont employées en médecine traditionnelle. La décoction d’écorce est prescrite en cas de douleurs d’estomac et autres affections, de gonorrhée et de stérilité, elle se prend comme diurétique, purgatif et aphrodisiaque, et pour faciliter l’accouchement. On frictionne des scarifications au front de cendre d’écorce pour soigner la psychose, et la pulpe d’écorce est appliquée en externe sur les rhumatismes, en cas de maux de tête, d’épilepsie et de maux de dents. Au Cameroun, on applique l’écorce sur des scarifications pour soigner le paludisme, comme c’est également le cas au Gabon. La décoction de racine est administrée contre les douleurs hépatiques et les maux de tête, le jus des racines est prescrit comme anthelminthique et aphrodisiaque, et dans le traitement des œdèmes et de l’hypertrophie ganglionnaire. La décoction ou la macération de feuilles soigne l’hépatite et les douleurs, et sert en externe à traiter les rhumatismes. En R.D. du Congo, grâce à l’écorce broyée et mélangée à d’autres plantes, on fabrique du poison de flèche. Le fruit est comestible.
Propriétés
Le bois de cœur, jaune à brun lorsqu’il est sec, ne se distingue généralement pas de l’aubier qui est blanc jaunâtre lorsqu’il vient d’être coupé, mais qui fonce à l’air. Le fil est habituellement droit, le grain variable. Les surfaces sciées sur quartier sont striées. Le bois est lustré.
C’est un bois de poids moyen, avec une densité de 750–790 kg/m³ à 12% d’humidité. Il sèche à l’air correctement, avec toutefois un léger risque de gerces et de fentes en bout. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 151–170 N/mm², le module d’élasticité de 17 450–19 800 N/mm², la compression axiale de 63–71 N/mm², le fendage de 14–17,5 N/mm et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 4,4–4,7.
Il se scie et se travaille facilement, tant à la main qu’à la machine. Il peut être raboté et donne une surface lisse et lustrée. Les caractéristiques de clouage sont satisfaisantes, la tenue des clous est bonne. Le bois se colle bien, et les caractéristiques de cintrage à la vapeur sont correctes. Il n’est que moyennement durable, car il est sensible aux termites, aux Lyctus et aux térébrants marins. Il est facile à imprégner avec des produits de conservation.
Plusieurs alcaloïdes ont été isolés de l’écorce, dont certains indolosesquiterpènes et aporphines. L’olivérine a montré une activité filaricide sur Onchocerca volvulus, et le polycarpol sur Onchocerca gutturosa. Des extraits méthanoliques de l’écorce et des feuilles ont mis en évidence une activité cytotoxique in vitro sur des monocytes humains, ainsi que des activités antileishmaniennes et antifongiques.
Les principaux composés de l’huile de feuille sont l’α-humulène (34%) et le β-caryophyllène (33%), et le myrcène (34%) dans l’huile du fruit.
Description
- Arbre de taille moyenne à assez grande atteignant 35(–45) m de haut, caducifolié ; fût dépourvu de branches sur une hauteur jusqu’à 25 m, rectiligne, cylindrique, jusqu’à 70(–90) cm de diamètre, parfois sillonné à la base ; surface de l’écorce lisse, grise à noirâtre, présentant souvent des marques en cercle, écorce interne fibreuse, jaune à orange ou brun pâle, devenant brunâtre ou noirâtre à l’air, dégageant une forte odeur de résine ; cime dense, conique, à branches horizontales ; jeunes rameaux à pubescence jaunâtre, devenant rapidement glabres.
- Feuilles alternes, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole de 2–7 mm de long ; limbe elliptique à oblong-elliptique, de 4–12(–28) cm × 1,5–5,5(–10) cm, arrondi à cunéiforme à la base, acuminé à l’apex, papyracé à légèrement coriace, presque glabre, pennatinervé à 5–13 paires de nervures latérales.
- Inflorescence : fascicule à 8(–12) fleurs, souvent opposé aux feuilles, à poils courts.
- Fleurs bisexuées ou mâles, régulières ; pédicelle de 3–9 mm de long ; sépales 3, soudés à la base, largement ovales à presque ronds, de 2–3,5 mm de long, à poils courts à l’extérieur ; pétales en 2 verticilles de 3, libres, linéaires-oblongs, de 1–3 cm de long, à poils fins, jaunes à blanc verdâtre ; étamines nombreuses chez les fleurs mâles et jusqu’à 12 chez les fleurs bisexuées, linéaires, de 1–4 mm de long ; carpelles 12–20, linéaires-oblongs, d’environ 2,5 mm de long.
- Fruit composé de jusqu’à 10(–13) follicules indéhiscents, ellipsoïdes à globuleux, de 1–2 cm de long, stipe de 5–8 mm de long, rouge pourpre à violet bleuâtre à maturité, contenant 1–2(–3) graines.
- Graines globuleuses déprimées, d’environ 1 cm de diamètre, verruqueuses-ridées, avec un sillon, à albumen ruminé.
Autres données botaniques
Le genre Greenwayodendron comprend 2 espèces et est confiné à l’Afrique tropicale. Il a été dissocié de Polyalthia, qui est un genre composé d’environ 120 espèces, dont la plupart se rencontre en Asie tropicale et en Australie, une quinzaine à Madagascar et 3 en Afrique de l’Est. Bien que les deux genres présentent des similitudes concernant l’anatomie de leur bois, des études moléculaires ont montré que Greenwayodendron n’est probablement pas étroitement apparenté au genre Polyalthia, ce qui plaide en faveur d’une séparation des deux genres.
La subsp. usambaricum Verdc. a été classée comme une sous-espèce distincte endémique des monts Usambaras de Tanzanie. Subsp. suaveolens var. gabonica (Pellegr. ex Le Thomas) Verdc. est endémique du Gabon et se distingue par ses feuilles de grande taille, qui sont légèrement recouvertes de poils courts au-dessous, et par ses grandes fleurs. Des études basées sur l’ADN chloroplastique ont mis en évidence une divergence génétique distincte, et ont fait ressortir que les deux variétés sympatriques sont très probablement génétiquement isolées et pourraient représenter d’authentiques espèces biologiques.
Greenwayodendron oliveri
Greenwayodendron oliveri (Engl.) Verdc. (synonyme : Polyalthia oliveri Engl.) est un arbre de petite taille atteignant 15 m de haut, présent dans la forêt pluviale depuis la Sierra Leone jusqu’au Ghana. Les troncs servent à la construction d’habitations. Le bois, brun jaunâtre, est assez lourd, dur et solide. La décoction et l’infusion d’écorce sont prescrites en cas de fièvre bilieuse hémoglobinurique et de maux d’estomac, et l’écorce sert aussi de vermifuge.
Anatomie
Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :
- Cernes de croissance : 1 : limites de cernes distinctes.
- Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; (23 : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale) ; 24 : ponctuations intervasculaires minuscules (très fines) (≤ 4μm) ; (25 : ponctuations intervasculaires fines (4–7 μm)) ; 30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon ; 42 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 100–200 μm ; 46 : ≤ 5 vaisseaux par millimètre carré ; 47 : 5–20 vaisseaux par millimètre carré.
- Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 69 : fibres à parois fines à épaisses ; 70 : fibres à parois très épaisses.
- Parenchyme axial : 78 : parenchyme axial juxtavasculaire ; 86 : parenchyme axial en lignes minces, au maximum larges de trois cellules ; 88 : parenchyme axial en échelle ; 92 : quatre (3–4) cellules par file verticale ; 93 : huit (5–8) cellules par file verticale.
- Rayons : 98 : rayons couramment 4–10-sériés ; 99 : rayons larges couramment > 10-sériés ; 102 : hauteur des rayons > 1 mm ; (103 : rayons de deux tailles différentes) ; 104 : rayons composés uniquement de cellules couchées ; (106 : rayons composés de cellules couchées avec une rangée terminale de cellules dressées et/ou carrées) ; 114 : ≤ 4 rayons par mm ; 115 : 4–12 rayons par mm.
- Eléments sécrétoires et variantes cambiales : (124 : cellules à huile et/ou à mucilage dans les rayons).
Croissance et développement
Greenwayodendron suaveolens est une espèce qui tolère l’ombre. Au Gabon, les fruits mûrissent en novembre–mars. Les singes et les chimpanzés mangent la pulpe des fruits et en disséminent probablement les graines. On a également remarqué que les éléphants et les calaos sont des agents de dissémination.
Ecologie
Greenwayodendron suaveolens se rencontre dans la forêt humide sempervirente et semi-décidue, souvent en tant qu’essence de sous-étage. En Ouganda, on le trouve jusqu’à 1100 m d’altitude. Il est considéré comme un composant classique de la forêt à maturité.
Gestion
Au Cameroun, on a recensé un nombre moyen de fûts dépassant 15 cm de diamètre égal à 2,6 par ha, avec un volume de bois moyen de 1,8 m³/ha.
Récolte
Au Cameroun et au Gabon, le diamètre de fût minimum pour l’abattage est de 60 cm, contre 70 cm en Centrafrique et en R.D. du Congo.
Rendement
Un fût de 70 cm de diamètre et de 10 m de long fournit 3,8 m³ de bois.
Ressources génétiques
Greenwayodendron suaveolens est répandu et constitue par endroits une essence commune du sous-étage. Aussi, ne semble-t-il guère menacé pour l’instant, mais avec le déclin actuel de la forêt primaire, il pourrait bien subir des pressions dans un avenir proche.
Perspectives
Peu d’informations sont disponibles concernant cette espèce, mais à cause de la taille souvent réduite de son fût et de la lenteur de ses taux de croissance en tant qu’essence de sous-étage, les chances qui s’offrent à lui de devenir une essence à bois d’œuvre précieuse d’un point de vue commercial semblent limitées. Cependant, des activités pharmacologiques intéressantes ont été démontrées qui méritent toute l’attention de la recherche.
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Sources de l'illustration
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- Wilks, C. & Issembé, Y., 2000. Les arbres de la Guinée Equatoriale: Guide pratique d’identification: région continentale. Projet CUREF, Bata, Guinée Equatoriale. 546 pp.
Auteur(s)
- R.B. Jiofack Tafokou, Ecologic Museum of Cameroon, P.O. Box 8038, Yaoundé, Cameroon
Citation correcte de cet article
Jiofack Tafokou, R.B., 2011. Greenwayodendron suaveolens (Engl. & Diels) Verdc. In: Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 17 septembre 2026.
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