Hymenocardia ulmoides (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale
Répartition en Afrique
Répartition mondiale
Légume
Colorant / tanin
Huile essentielle / exsudat
Médicinal
Bois d'œuvre
Bois de feu
Ornemental
Fourrage
Fibre
Sécurité alimentaire


répartition en Afrique (sauvage)
feuillage
feuillage
tronc
récolte de fourrage
fruits
fruits
fruits
coupe transversale du bois
coupe tangentielle du bois

Hymenocardia ulmoides Oliv.


Protologue: Hook.f., Icon. pl. 12: t. 1131 (1873).
Famille: Euphorbiaceae (APG: Phyllanthaceae)

Synonymes

  • Hymenocardia capensis (Pax) Hutch. (1920).

Noms vernaculaires

  • Small red-heart tree, lesser red heart (En).
  • Mteti (Sw).

Origine et répartition géographique

L’aire de répartition d’Hymenocardia ulmoides s’étend du Cameroun vers l’est jusqu’au sud du Soudan et en Tanzanie, et vers le sud jusqu’en Angola, au Zimbabwe, au Mozambique et dans le nord de l’Afrique du Sud.

Usages

Le bois est utilisé en construction, par ex. sous forme de solives, de lattes de cloison et de toiture, de piquets de clôture, de nasses pour les poissons ; il sert de bois de feu et pour fabriquer du charbon de bois. On se sert de l’écorce pour tanner les peaux et pour colorer les tissus en jaune ou en brunâtre. La décoction d’écorce se prend comme astringent, contre les maux de tête et la toux, la décoction de jeunes feuilles sert d’astringent et à soigner les douleurs d’estomac, les crampes, les névralgies intercostales, l’épilepsie, la tuberculose, la diarrhée et la toux. La décoction de l’écorce de racine se prend en cas d’anémie. L’écorce est également employée pour soigner la gonorrhée. Les feuilles, les racines et l’écorce entrent dans le traitement de la bronchite, de l’asthme, des infections génito-urinaires, des hémorroïdes, de la fièvre, de l’épilepsie, des problèmes ORL, des vers, de la raideur des membres, des rhumatismes, des risques d’avortement et des abcès. Les jeunes rameaux et les feuilles ont un goût aigre et rafraîchissant et sont consommés comme légume. Les plantes servent aussi d’aliment pour les chèvres et les moutons. Autrefois, on faisait du sel avec les cendres. Grâce à son beau feuillage et à ses fruits, l’arbre a une valeur ornementale. On ramasse des chenilles comestibles sur l’arbre.

Propriétés

Le bois brun rosé vire à l’orange-brun au séchage ; il a un fil droit et un grain fin, il est dur et solide mais élastique. Il est durable, car il résiste aux attaques d’insectes. L’écorce contient 14–16% de tanin.

Description

  • Arbuste ou arbre de taille petite à moyenne atteignant 20(–30) m de haut, dioïque, à fût atteignant 60(–75) cm de diamètre ; surface de l’écorce lisse ou fissurée longitudinalement, grise ou brun grisâtre ; cime étalée ; rameaux à pubescence courte, devenant glabres.
  • Feuilles alternes, simples et entières, jaune-orange ou rougeâtres lorsque jeunes ; stipules linéaires à lancéolées, de 3–6 mm de long, caduques ; pétiole de (0,2–)0,5–1 cm de long, garni de poils courts ; limbe ovale à elliptique, de 1–5,5 cm × 0,5–4 cm, cunéiforme à arrondi à la base, obtus à acuminé à l’apex, épais-papyracé ou fin-coriace, glabre à l’exception de touffes de poils à l’aisselle des nervures au-dessous, ponctué çà et là de points glandulaires au-dessous, pennatinervé à 4–8 paires de nervures latérales indistinctes.
  • Inflorescence axillaire, habituellement sur une courte pousse latérale, de 1–3 cm de long, poilue, bractées jusqu’à 3 mm de long ; inflorescence mâle : épis lâches souvent disposés en panicule, à nombreuses fleurs ; inflorescence femelle : grappe courte, comportant jusqu’à 5 fleurs.
  • Fleurs unisexuées, régulières, calice à (4–)5(–8) lobes, pétales et disque absents ; fleurs mâles sessiles, à calice en coupe, blanc verdâtre, d’environ 1,5 mm de long, étamines faisant face aux lobes du calice, d’environ 2 mm de long, ovaire rudimentaire d’environ 1 mm de long ; fleurs femelles avec un pédicelle d’environ 1,5 mm de long, s’allongeant jusqu’à 1 cm chez le fruit, lobes du calice presque libres, linéaires, de 2–3 mm de long, ovaire supère, obovoïde à oblong-ellipsoïde, d’environ 1 mm de long, glabre, ponctué de quelques glandes, 2-loculaire, styles 2, atteignant 5(–15) mm de long, rougeâtres.
  • Fruit : capsule presque orbiculaire, aplatie, 2-loculaire, presque entièrement entourée par une aile, de 1,5–2,5 cm × 1–2,5 cm, à stipe de 1–4 mm de long à la base, émarginée à l’apex, glabre, blanchâtre à brune, jaune ou rougeâtre, indéhiscente ou s’ouvrant en 2 parties, contenant chacune 1 graine.
  • Graines semicirculaires-oblongues, de 7–9 mm × 2–4 mm, lisses, brun pourpre à noirâtres.
  • Plantule à germination épigée ; hypocotyle de 2–3,5 cm de long ; cotylédons foliacés, elliptiques, de 1–1,5 cm de long ; premières feuilles alternes.

Autres données botaniques

En Centrafrique, la floraison a lieu en octobre–novembre, dans le centre du Congo en janvier–février. En Afrique australe, la floraison intervient surtout en novembre–décembre, les pics de fructification se situant en mars–avril. Les graines sont anémochores.

Le genre Hymenocardia comprend quelque 6 espèces, dont 5 sont présentes en Afrique continentale et 1 en Asie du Sud-Est. Il a été placé dans une famille à part, les Hymenocardiaceae.

Hymenocardia lyrata

Hymenocardia lyrata Tul. est un arbuste ou arbre de petite taille atteignant 15 m de haut, présent du Sénégal au Ghana, principalement dans la forêt-galerie et la savane. Son bois dur, de couleur brun rosé, sert probablement aux mêmes usages que celui d’Hymenocardia ulmoides, ainsi que de bois de feu. En Sierra Leone, la décoction de racine se prend pour soulager les douleurs d’estomac et pour accélérer l’accouchement.

Ecologie

Hymenocardia ulmoides se rencontre dans les fourrés riverains et littoraux, dans les forêts à forte pluviométrie, les forêts de ravins sur les affleurements rocheux, dans la savane arborée et dans les milieux perturbés, jusqu’à 1500 m d’altitude. En R.D. du Congo, il est localement commun dans la forêt dense et dans la forêt perturbée. On le trouve souvent sur des sols sablonneux.

Gestion

Hymenocardia ulmoides peut être conduit en taillis, mais il repousse souvent en prenant une forme buissonnante.

Ressources génétiques

Hymenocardia ulmoides est répandu et localement commun. Rien n’indique qu’il soit menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Hymenocardia ulmoides ne semble pas avoir d’avenir en tant qu’essence à bois d’œuvre importante d’un point de vue commercial à cause de la petite taille fréquente de son fût. Il conservera probablement une certaine importance en construction car son bois est durable. Il y a lieu d’effectuer des recherches sur sa phytochimie et sur ses activités pharmacologiques car plusieurs parties de la plante sont couramment utilisées en médecine locale.

Références principales

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Autres références

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Auteur(s)

  • L.P.A. Oyen, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Oyen, L.P.A., 2011. Hymenocardia ulmoides Oliv. [Internet] Fiche de PROTA4U. Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. Consulté le 23 avril 2026.


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