Isoberlinia angolensis (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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Importance générale
Répartition en Afrique
Répartition mondiale
Médicinal
Bois d'œuvre
Bois de feu


répartition en Afrique (sauvage)
arbre en fruits
arbre en fruits
coupe transversale du bois

Isoberlinia angolensis (Benth.) Hoyle & Brenan


Protologue: Kew Bulletin 4(1) : 78 (1949).
Famille: Caesalpiniaceae (Leguminosae - Caesalpinioideae)

Origine et répartition géographique

Isoberlinia angolensis se rencontre depuis le sud de la R.D. du Congo jusqu’en Tanzanie, au Malawi, en Zambie et en Angola ; il a été signalé également dans le sud du Soudan.

Usages

Le bois d’Isoberlinia angolensis, connu sous le nom de “mutondo”, convient pour la construction lourde et la parqueterie à usage intensif, les boiseries intérieures, la charronnerie, les traverses de chemin de fer, les poteaux, le mobilier et les échelles. Il sert également de bois de feu et pour la production de charbon de bois. En Zambie, le bois s’utilise pour les étais de mines, et le charbon pour fondre le cuivre.

Les fruits peints sont vendus dans le commerce des bibelots. En Angola, une tisane à partir des racines se boit contre la toux persistante, alors que l’écorce et les feuilles servent à soigner les blessures. En Zambie, les feuilles et les ramilles pilées s’ajoutent à l’eau qui sert à abreuver les volailles contre la maladie de Newcastle. En Angola, l’écorce est parfois utilisée pour le tannage dans la production de cuir. Les fleurs sont riches en nectar et très butinées par les abeilles. On peut ramasser des chenilles comestibles sur les feuilles.

Production et commerce international

Le bois n’est utilisé et vendu que localement.

Propriétés

Le bois de cœur, brun rosé, parfois à teinte grise, ne se distingue pas toujours nettement de l’aubier plus pâle et jusqu’à 2,5 cm de large. Le fil est ondulé ou contrefil, le grain est grossier. C’est un bois assez lourd, avec une densité d’environ 820 kg/m³ à 12% d’humidité, et dur. Il sèche à l’air lentement avec une tendance modérée aux déformations et aux gerces superficielles. Les taux de retrait sont modérés, de l’état vert à anhydre ils sont d’environ 5,6% radialement et de 6,9% tangentiellement. Le bois est difficile à travailler avec des outils manuels, mais modérément facile avec des machines-outils. Il a un effet d’usure considérable sur les lames d’outils. Le fil a une tendance au peluchage pendant le rabotage ; un angle de coupe de 20° est recommandé. Il faut utiliser un enduit pour obtenir une finition lisse. Le bois se colle bien, mais ne se prête pas au moulurage ou au tournage. Il est moyennement durable, étant sensible aux attaques des termites, des Lyctus et des térébrants marins. Le bois de cœur et l’aubier interne sont rebelles à l’imprégnation avec des produits de conservation, l’aubier externe est perméable.

Un échantillon de graines provenant de la Zambie contenait 3% d’huile.

Description

  • Arbuste ou arbre de taille petite à moyenne atteignant 20 m de haut ; fût dépourvu de branches sur 7 m, jusqu’à 50(–100) cm de diamètre ; surface de l’écorce fissurée et écailleuse, grise à brune ; cime arrondie, à branches étalées.
  • Feuilles alternes, composées paripennées à 3–4(–5) paires de folioles ; stipules soudées, caduques ; pétiole et rachis faisant ensemble 6,5–25 cm de long ; folioles opposées, ovales à elliptiques ou oblongues, de (4–)7–19 cm × 2–8 cm, cunéiformes à arrondies à la base, aiguës à obtuses ou émarginées à l’apex, glabres à courtement poilues au-dessous, pennatinervées à (8–)11–16 paires de nervures latérales.
  • Inflorescence : panicule terminale ou axillaire jusqu’à 18 cm de long, très ramifiée, les ramifications ultimes étant de 3–8 cm de long, à pubescence courte brune ; bractées de 3–4 mm de long.
  • Fleurs bisexuées, presque régulières, 5-mères, blanchâtres ; pédicelle jusqu’à 4(–15) mm de long, à 2 bractéoles épaisses de 1–1,5 cm de long, finement pubescente ; sépales étroitement triangulaires, de 5–7 mm de long ; pétales presque égaux mais un légèrement plus large et 2-lobé, obovales à oblongs, de 7–12 mm de long ; étamines 10, libres, d’environ 2 cm de long ; ovaire supère, pubescent, stipité, 1-loculaire, style mince.
  • Fruit : gousse oblongue, souvent arquée, de 19–35 cm × 6–8 cm, à fines stries transversales, à poils courts bruns ou glabre, déhiscente par 2 valves ligneuses, à graines peu nombreuses.
  • Graines arrondies, plates.

Autres données botaniques

Isoberlinia angolensis est variable et 3 variétés ont été distinguées. Il a été souvent confondu avec Isoberlinia tomentosa (Harms) Craib & Stapf.

Le genre Isoberlinia comprend 5 espèces et se rencontre dans les forêts claires des régions soudanienne et zambézienne, mais une espèce, Isoberlinia scheffleri (Harms ex Engl.) Greenway, est présente dans les forêts pluviales de l’est de la Tanzanie. Elle est dénommée “mbarika” en swahili et ressemble étroitement à Isoberlinia angolensis, mais c’est un grand arbre sempervirent atteignant 45 m de haut, à fût droit souvent cannelé et muni de contreforts. Son bois brun rougeâtre est assez lourd, avec une densité de 740–830 kg/m³ à 12% d’humidité, et dur, mais sensible aux termites et aux foreurs ce qui limite son utilisation ; il convient pour les manches d’outils, comme bois de feu et pour la production de charbon de bois. Autrefois, les valves du fruit servaient de semelles de chaussures. Isoberlinia scheffleri est classé sur la Liste rouge de l’UICN comme vulnérable.

Ecologie

Isoberlinia angolensis est présent dans les savanes boisées et les forêts claires décidues sur des sols graveleux, latéritiques ou boueux, souvent de façon grégaire, parfois comme espèce dominante ou co-dominante, à 600–2100 m d’altitude.

Gestion

Les dégâts aux graines causés par les larves de coléoptères, avant la dissémination des graines, peuvent être considérables ; des taux de prédation de 85% ont été observés en Zambie, mais des taux beaucoup moins importants dans les années avec une production semencière abondante. La germination peut être améliorée en trempant les semences dans l’eau chaude. On utilise parfois des sauvageons pour la plantation. Au recépage, Isoberlinia angolensis produit un grand nombre de rejets, ce qui indique un bon potentiel de repousse. Les arbres supportent bien l’écimage et l’élagage. Il faut prendre des précautions lors de l’abattage car les fûts sont souvent creux. En Zambie, la récolte de l’écorce à des fins médicinales a causé une grave détérioration du bois, se traduisant par une décoloration étendue des tissus, une infestation accrue d’insectes et une exsudation abondante de gomme. Couvrir les blessures avec de la boue a protégé considérablement les arbres contre la détérioration du bois.

Ressources génétiques

Isoberlinia angolensis est répandu et commun par endroits. Rien n’indique qu’il soit menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Isoberlinia angolensis restera localement une source importante de bois d’œuvre, de bois de feu et de charbon de bois. Des systèmes de gestion durable des forêts claires dont il fait partie doivent être mis au point.

Références principales

  • Brenan, J.P.M., 1963. The species of Isoberlinia (Leguminosae). Kew Bulletin 17: 219–226.
  • Brenan, J.P.M., 1967. Leguminosae, subfamily Caesalpinioideae. In: Milne-Redhead, E. & Polhill, R.M. (Editors). Flora of Tropical East Africa. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. 230 pp.
  • Brummitt, R.K., Chikuni, A.C., Lock, J.M. & Polhill, R.M., 2007. Leguminosae, subfamily Caesalpinioideae. In: Timberlake, J.R., Pope, G.V., Polhill, R.M. & Martins, E.S. (Editors). Flora Zambesiaca. Volume 3, part 2. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 218 pp.
  • Chilufya, H. & Tengnäs, B., 1996. Agroforestry extension manual for northern Zambia. Regional Soil Conservation Unit, Nairobi, Kenya. 120 + 124 pp.
  • Malaisse, F., 1997. Se nourir en forêt claire africaine. Approche écologique et nutritionnelle. Les presses agronomiques de Gembloux, Gembloux, Belgium & CTA, Wageningen, Netherlands. 384 pp.

Autres références

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Auteur(s)

  • L.P.A. Oyen, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Oyen, L.P.A., 2012. Isoberlinia angolensis (Welw. ex Benth.) Hoyle & Brenan. [Internet] Fiche de PROTA4U. Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. Consulté le 20 avril 2026.


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