Jatropha dichtar (PROTA)
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Introduction |
Jatropha dichtar J.F.Macbr.
- Protologue: Candollea 5: 381 (1934).
- Famille: Euphorbiaceae
Origine et répartition géographique
Jatropha dichtar est présent dans l’est de l’Ethiopie, en Somalie et au nord du Kenya.
Usages
Au nord de la Somalie et au Kenya, le jus des parties aériennes est utilisé en collyre pour traiter les infections oculaires. La décoction de racine se prend contre les douleurs abdominales. La racine écorcée est écrasée et mise à tremper dans de l’eau froide, et l’infusion amère se prend comme émétique et laxatif. Les mêmes effets s’obtiennent en mâchant et en avalant la racine.
Propriétés
Aucune étude de composition chimique ou de criblage pharmacologique n’a encore été faite sur Jatropha dichtar.
Description
Arbuste monoïque fortement ramifié atteignant 3 m de haut, dont les branches, raides et érigées, partent presque du niveau du sol ; écorce brun violacé foncé, s’écaillant ; courtes pousses densément et brièvement poilues ; sève aqueuse, virant au rouge, et noire au séchage. Feuilles alternes, 2–3 à l’apex de pousses courtes ; stipules formant de fortes épines droites de (0,5–)1–5 cm de long, très acérées, brun violacé ou noires ; pétiole de 0,5–2 cm de long ; limbe à contour largement ovale à presque rond, faiblement 3–5-lobé, de 1,5–5,5 cm × 1, 5–6 cm, base étroitement cordée, lobes arrondis, apex obtus, presque entier ou vaguement denté, densément et brièvement poilu, jaune-vert grisâtre. Inflorescence : cyme axillaire dense atteignant 6,5 cm de long, avec une fleur femelle solitaire à l’extrémité de chaque axe principal, les fleurs mâles en cymules latérales ; pédoncule court, densément et brièvement poilu ; bractées ovales-lancéolées à linéaires-lancéolées, de 3–9 mm de long, densément et brièvement poilues. Fleurs unisexuées, régulières, 5-mères, de couleur crème ; pédicelle court ; lobes du calice linéaires-lancéolés, densément poilus à l’extérieur ; pétales oblancéolés, de 14–19 mm × 5–7 mm, arrondis, pourvu d’un onglet, réfléchis ; glandes du disque 5, libres ; fleurs mâles à lobes du calice de 4–5(–8) mm de long, pétales fusionnés à la base, glandes du disque cylindriques, étamines 10 à filets fusionnés, sauf à l’apex ; fleurs femelles à lobes du calice de 1–1,5 cm de long, pétales libres, glandes du disque ovoïdes, ovaire supère, quasi globuleux, 3-loculaire, styles 3, d’environ 1 cm de long, fusionnés à la base, stigmate 2-lobé. Fruit : capsule ovoïde 3-lobée, de 1,5–2,5 cm × 2–3 cm, chaque lobe pourvu d’une épaisse crête apicale, densément et brièvement poilue, verte, teintée de rose orangé à l’apex, déhiscente en méricarpes bivalves, contenant généralement 3 graines. Graines ovoïdes, d’environ 1,5 cm × 1 cm, marbrées de brun foncé, plus ou moins brillantes, à caroncule recouvrant l’apex, frangée.
Autres données botaniques
Le genre Jatropha comprend environ 170 espèces, se trouvant principalement dans les régions tempérées chaudes et les régions tropicales à sécheresse saisonnière. L’Afrique compte 70 espèces indigènes et Madagascar en possède une, qui est endémique. Plusieurs autres espèces de Jatropha sont présentes dans la même région que Jatropha dichtar et ont des usages médicinaux.
Jatropha ellenbeckii
Au Kenya, le latex de Jatropha ellenbeckii Pax est appliqué sur les plaies pour améliorer la cicatrisation.
Jatropha rivae
En Somalie et en Ethiopie, on absorbe la racine de Jatropha rivae Pax en petits morceaux comme purgatif puissant.
Jatropha parvifolia
Au Kenya, l’infusion de racines de Jatropha parvifolia Chiov. se prend comme émétique et pour traiter la fièvre. On fait brûler la plante à l’intérieur des maisons car sa mauvaise odeur éloigne les mouches et les moustiques. Ses rameaux fournissent une couche que l’on dispose sous les nattes où l’on dort.
Jatropha nogalensis
En Somalie, les racines fraîches de Jatropha nogalensis Chiov. se mastiquent pour traiter les morsures de serpent, et le jus s’applique en externe sur les plaies.
Jatropha spicata
En Somalie, les racines de Jatropha spicata Pax, originaire d’Afrique orientale et australe, sont cuites avec du poulet pour faire une soupe qui se consomme pour traiter la gonorrhée. La racine moulue dans de l’eau se prend comme puissant purgatif. Au Kenya, les Borans prennent l’infusion de feuille ou de tige comme laxatif. L’extrait à l’éthanol des racines a montré une activité antibactérienne in vitro.
Ecologie
Jatropha dichtar est présent parmi les roches volcaniques, et il est commun par endroits dans la brousse claire sur les sols rouges sablonneux, à 200–900 m d’altitude.
Ressources génétiques
Jatropha dichtar est relativement commun dans son aire de répartition et n’est pas menacé d’érosion génétique.
Perspectives
A moins que les analyses pharmacologiques et chimiques n’apportent la preuve du contraire, Jatropha dichtar restera importante seulement au niveau local.
Références principales
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- Kokwaro, J.O., 1993. Medicinal plants of East Africa. 2nd Edition. Kenya Literature Bureau, Nairobi, Kenya. 401 pp.
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Autres références
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- Guillaumet, J.-L., 1972. Note sur la connaissance du milieu végétal par les nomades de la basse vallée du Wabi Shebelle (Ethiopie). Journal d’Agriculture Tropicale et de Botanie Appliquée 19(4–5): 73–89.
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Auteur(s)
- G.H. Schmelzer, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Schmelzer, G.H., 2007. Jatropha dichtar J.F.Macbr. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 19 avril 2026.
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