Julbernardia pellegriniana (PROTA)
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Introduction |




Julbernardia pellegriniana Troupin
- Protologue: Bull. Jard. Bot. Etat 20: 311 (1950).
- Famille: Caesalpiniaceae (Leguminosae - Caesalpinioideae)
Synonymes
- Paraberlinia bifoliolata Pellegr. (1943).
Noms vernaculaires
- Beli, awoura (Fr).
Origine et répartition géographique
Julbernardia pellegriniana est présent au Cameroun, en Guinée équatoriale, au Gabon, au Congo et dans l’ouest de la R.D. du Congo.
Usages
Le bois, commercialisé comme “beli”, “ekop” ou “awoura”, convient particulièrement pour l’ébénisterie, la menuiserie et les placages tranchés. Il peut également être utilisé pour la construction légère, la parqueterie à usage modéré, les boiseries intérieures, les escaliers, la construction de navires et de barques, la charronnerie, les échelles, les articles de sport, les jouets, les bibelots, les ustensiles agricoles, les manches et la sculpture.
Production et commerce international
D’après des statistiques de l’ATIBT, le Gabon a exporté 3400 m³ de grumes de “beli” en 1991 et leur exportation est montée à 28 500 m³ en 1999, année pendant laquelle le “beli” s’est classé 9e des bois d’œuvre les plus importants exportés du Gabon. Le Gabon a exporté 37 000 m³ de bois d’œuvre “beli” en 2000, 47 000 m³ en 2001, 49 500 m³ en 2002, 34 500 m³ en 2003, 30 500 m³ en 2004 et 24 000 m³ en 2005.
Propriétés
Le bois de cœur est brun pâle à foncé et est distinctement démarqué de l’aubier, jaune pâle, atteignant 15 cm de large. Le fil est droit ou contrefil, le grain moyen à grossier. Le bois est lustré. Les surfaces sciées sur quartier montrent des bandes foncées et claires en alternance.
C’est un bois de poids moyen à relativement élevé, avec une densité de 670–860 kg/m³ à 12% d’humidité. Il sèche lentement à l’air mais de manière satisfaisante s’il est bien empilé. La pourriture peut provoquer une décoloration pendant le séchage. Les taux de retrait du bois vert à anhydre sont élevés, de 3,3–5,7% radialement et de (6,9–)8,5–10,6% tangentiellement. Une fois sec, le bois est moyennement stable à instable en service.
A 12% d’humidité, le module de rupture est de (128–)158–212 N/mm², le module d’élasticité de (11 500–)13 300–18 900 N/mm², la compression axiale de 61–74 N/mm², le cisaillement de 10–16,5 N/mm², le fendage de 19–34 N/mm, et la dureté de flanc Chalais-Meudon de (3,0–)5,2–7,7.
Le bois se scie facilement et se travaille relativement bien avec des outils manuels et des machines-outils, avec un léger effet d’usure. Pendant le moulurage et le rabotage, quelques déchirures peuvent apparaître, mais on peut avoir une bonne finition lorsque l’angle de coupe est réduit à 15–20°. Les propriétés de clouage et de vissage sont bonnes, mais le pré-perçage est recommandé. Le fer peut colorer le bois. Le bois se polit, se vernit et se colle de manière satisfaisante ; il se tranche bien. Le bois de cœur est moyennement durable, car il est résistant aux attaques des xylophages du bois sec et moyennement résistant aux attaques de champignons et de termites, mais l’aubier est sensible aux attaques de Lyctus.
Description
- Arbre de taille moyenne à grande, atteignant 45 m de haut ; fût dépourvu de branches sur 20 m, droit ou légèrement courbe, cylindrique, jusqu’à 200 cm de diamètre, à minces contreforts atteignant 2 m de haut ; surface de l’écorce lisse, grise à orange-brun ou rougeâtre, s’exfoliant en petites écailles, écorce interne fibreuse, difficile à rompre, rougeâtre ; cime dense, à quelques branches légèrement sinueuses.
- Feuilles alternes, composées paripennées à 1 paire de folioles ; stipules soudées, rapidement caduques ; pétiole d’environ 1 cm de long ; folioles presque sessiles, étroitement oblongues à falciformes, de 10–18 cm × 3–5 cm, base asymétrique, apex aigu à courtement acuminé, bords entiers, glabres, pennatinervées à jusqu’à 15 paires de nervures latérales.
- Inflorescence : panicule terminale, densément couverte de poils brun doré.
- Fleurs bisexuées, presque régulières, 5-mères ; pédicelle atteignant 1 cm de long, à apex avec 2 bractéoles opposées, concaves, de 7–9 mm × 6–8 mm, poilues des deux côtés ; sépales libres, presque égaux, oblongs, de 3–4 mm de long, apex arrondi, à bords poilus ; pétales inégaux, de 1–5,5 mm × 0,5–4 mm, légèrement poilus ; étamines 10, 9 réunies à la base et 1 libre, de 1–1,5 cm de long ; ovaire supère, de 2–4 mm de long, à stipe de 1–2 mm de long, style de 6,5–9,5 mm de long.
- Fruit : gousse oblongue à légèrement obovoïde, de 8–16 cm × 3,5–4,5 cm, fortement aplatie, à stipe court et à crête longitudinale à proximité de la suture supérieure, lisse, glabre, brunâtre ou noirâtre, déhiscente à 2 valves finement ligneuses, à 2–3 graines.
- Graines arrondies, d’environ 3 cm de diamètre.
- Plantule à germination épigée ; hypocotyle de 5–13 cm de long, épicotyle de 2,5–9 cm de long, poilu ; cotylédons charnus, arrondis ; 2 premières feuilles opposées.
Autres données botaniques
Le genre Julbernardia comprend 10 espèces et est limité à l’Afrique tropicale. Il semble proche d’Aphanocalyx, de Bikinia, de Brachystegia, et de Tetraberlinia. Julbernardia pellegriniana a été placé dans un genre séparé, Paraberlinia, principalement à cause de ses feuilles de seulement 2 folioles sans points translucides, mais il ne semble pas nettement se démarquer des autres Julbernardia spp. Il ressemble à Tetraberlinia bifoliolata (Harms) Hauman, qu’on peut distinguer par ses folioles plus brillantes et ses fruits à 1–2 crêtes longitudinales.
Julbernardia brieyi
Julbernardia brieyi (De Wild.) Troupin est un grand arbre atteignant 45 m de haut, à fût droit, cylindrique, jusqu’à 150 cm de diamètre, présent dans les régions côtières du Gabon à Cabinda (Angola). Son bois brun rougeâtre à stries foncées, qui présente une densité de 810–855 kg/m³ à 12% d’humidité, convient pour la fabrication de meubles, mais peut également être utilisé pour la construction, la parqueterie, la menuiserie, les boiseries intérieures, la construction navale, la charronnerie, les traverses de chemin de fer, les ustensiles agricoles, les placages tranchés et le contreplaqué.
Julbernardia seretii
Julbernardia seretii (De Wild.) Troupin est un grand arbre atteignant 40 m de haut, à fût droit, cylindrique, dépourvu de branches sur 25 m et atteignant 170 cm de diamètre, présent au Nigeria, au Cameroun, en Guinée équatoriale, au Gabon, au Congo, en R.D. du Congo et à Cabinda (Angola). Le bois brun rougeâtre, qui a été exporté vers l’Afrique du Sud sous le nom de “Congo zebrawood”, est en particulier adapté pour la menuiserie, le mobilier et les placages tranchés pour l’ébénisterie. Il convient également pour la construction, la parqueterie, les boiseries intérieures, la construction navale, la charronnerie, les traverses de chemin de fer, les jouets, les bibelots, les échelles, les ustensiles agricoles, les manches, la sculpture et le tournage. Le bois s’utilise aussi comme bois de feu et pour la production de charbon de bois. L’écorce se prête à la fabrication de divers articles utiles, tels que des sandales, des toitures, des cordages, des tuiles de toiture et des récipients. Les fleurs sont une importante source de nectar pour les abeilles. Des champignons comestibles sont récoltés sur les grumes tombées. En R.D. du Congo, on saupoudre de la poudre d’écorce sur les blessures.
Anatomie
Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :
- Cernes de croissance : 2 : limites de cernes indistinctes ou absentes.
- Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; 23 : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale ; 25 : ponctuations intervasculaires fines (4–7 μm) ; 29 : ponctuations ornées ; 30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon ; 43 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux ≥ 200 μm ; 46 : ≤ 5 vaisseaux par millimètre carré ; 58 : gomme ou autres dépôts dans les vaisseaux du bois de cœur.
- Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 69 : fibres à parois fines à épaisses.
- Parenchyme axial : 80 : parenchyme axial circumvasculaire étiré ; 81 : parenchyme axial en losange ; 83 : parenchyme axial anastomosé ; 89 : parenchyme axial en bandes marginales ou semblant marginales ; 92 : quatre (3–4) cellules par file verticale ; (93 : huit (5–8) cellules par file verticale).
- Rayons : 97 : rayons 1–3-sériés (larges de 1–3 cellules) ; 104 : rayons composés uniquement de cellules couchées ; 106 : rayons composés de cellules couchées avec une rangée terminale de cellules dressées et/ou carrées ; 113 : présence de cellules des rayons avec parois disjointes ; 116 : ≥ 12 rayons par mm.
- Inclusions minérales : 136 : présence de cristaux prismatiques ; 142 : cristaux prismatiques dans les cellules cloisonnées du parenchyme axial ; 143 : cristaux prismatiques dans les fibres.
Croissance et développement
Julbernardia pellegriniana vit en symbiose avec des ectomycorhizes. La régénération naturelle est abondante. Par endroits au Gabon, on a dénombré 2700 semis par ha.
Ecologie
Julbernardia pellegriniana est présent dans la forêt primaire sempervirente.
Gestion
Au Gabon, Julbernardia pellegriniana est par endroits dominant dans des peuplements étendus, avec en moyenne 14 arbres par ha avec un diamètre de fût de plus de 35 cm par ha et par endroits 50 arbres par ha. Au sud-ouest du Cameroun, il est présent en peuplements localisés, plus petits, avec en moyenne 0,15 arbre par ha avec un diamètre de fût de plus de 15 cm par ha et un volume de bois moyen de 0,45 m³/ha.
Maladies et ravageurs
Au Gabon, on a répertorié des arbres de Julbernardia pellegriniana presque complètement effeuillés par les chenilles de la noctuelle Achaea catocaloides.
Ressources génétiques
Julbernardia pellegriniana est une espèce dominante dans certaines parties de son aire de répartition et, pour cette raison, semble à ce jour ne pas être menacé d’érosion génétique. Néanmoins, il semble préférer la forêt non perturbée et peut être vulnérable lors d’une exploitation sylvicole intensive.
Perspectives
Le bois de Julbernardia pellegriniana a quelque importance dans le commerce international, le Gabon étant le principal pays exportateur, mais son utilisation actuelle n’est pas claire. N’étant que moyennement durable et instable en service, il est plus adapté pour des usages intérieurs qu’extérieurs. Les connaissances concernant ses taux de croissance, sa multiplication et sa sylviculture sont trop faibles pour juger de ses perspectives en termes de commercialisation sur une base durable.
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Sources de l'illustration
- Aubréville, A., 1968. Légumineuses - Caesalpinioidées (Leguminosae - Caesalpinioideae). Flore du Gabon. Volume 15. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. 362 pp.
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- White, L. & Abernethy, K., 1997. A guide to the vegetation of the Lopé Reserve, Gabon. 2nd edition. Wildlife Conservation Society, New York, United States. 224 pp.
Auteur(s)
- M. Brink, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Brink, M., 2012. Julbernardia pellegriniana Troupin. In : Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. Consulté le 17 septembre 2026.
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