Macaranga monandra (PROTA)
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Introduction |
| Importance générale | |
| Répartition en Afrique | |
| Répartition mondiale | |
| Médicinal | |
| Bois d'œuvre | |
| Bois de feu | |
| Fourrage | |
Macaranga monandra Müll.Arg.
- Protologue: Journ. Bot. 2: 337 (1864).
- Famille: Euphorbiaceae
Origine et répartition géographique
Macaranga monandra se rencontre du sud du Nigeria à l’Ouganda et vers le sud jusqu’en Tanzanie et en Angola.
Usages
Au Gabon, la décoction d’écorce de tige se prend comme galactagogue. Au Congo, les femmes prennent cette décoction, associée à l’écorce de Pentaclethra eetveldeana De Wild. & T.Durand, contre la stérilité. La décoction d’écorce se boit pour traiter la dyspnée. Elle se boit en grande quantité en cas de menace d’avortement. La décoction d’écorce de rameaux sert à traiter les douleurs intercostales.
En R.D. du Congo, Macaranga monandra est considéré comme une plante de valeur dans l’alimentation de différentes chenilles comestibles. Le bois a la réputation d’être un bon bois de feu.
Propriétés
Les fractions à l’hexane et à l’acétate d’éthyle de l’extrait au méthanol de l’écorce de tige se sont avérées inhiber la croissance de certains champignons phytopathogènes : Colletotrichum acutatum, Colletotrichum fragariae, Colletotrichum gloeosporioides, Fusarium oxysporum, Botrytis cinerea, Phomopsis obscurans et Phomopsis viticola. Deux diterpènes actifs de type clérodane ont été isolés : l’acide kolavénique et l’acide 2-oxo-kolavénique. Ces deux composés ont eu une action inhibitrice modérée sur la croissance de Phomopsis viticola et Botrytis cinerea. Isolés à partir d’autres plantes, ces composés ont par ailleurs fait preuve d’une activité cytotoxique et antibactérienne.
Description
Arbre de taille moyenne, dioïque, fortement ramifié, atteignant 25 m de haut, à cime buissonnante, à fût généralement épineux ; épines disséminées, atteignant 7,5 cm de long, émoussées ; jeunes pousses, pétioles et inflorescences densément poilus. Feuilles alternes, simples ; stipules linéaires-lancéolées, de 5–7 mm de long, tombant rapidement ; pétiole de 4–10 cm de long ; limbe ovale, oblong-ovale à elliptique-oblong, de (5–)11–16(–20) cm × (3–)6–10(–12) cm, base arrondie, cunéiforme ou tronquée à faiblement cordée avec 2 glandes basales, apex acuminé, bords grossièrement dentés, à poils souples sur le dessus, par la suite glabrescent, densément ponctué de minuscules glandes jaunâtres et brièvement poilu sur les nervures principales en dessous. Inflorescence mâle : panicule axillaire, à nombreuses fleurs, de 3–9 cm de long, bractées atteignant 1 cm de long ; inflorescence femelle : grappe axillaire, à fleurs peu nombreuses, de (2–)3–5,5 cm de long, bractées atteignant 1 cm de long. Fleurs unisexuées, pétales absents, disque absent ; fleurs mâles presque sessiles, lobes du calice 3, largement ovales, d’environ 0,5 mm de long, brun verdâtre pâle à blanc brunâtre, étamines habituellement 2, fusionnées à la base, minuscules ; fleurs femelles à pédicelle atteignant 1 mm de long, s’allongeant jusqu’à 1–2 cm chez le fruit, calice en coupe, d’environ 1 mm de long, s’ouvrant en 3 lobes, ovaire supère, de 1,5–2 mm de long, densément glanduleux à glandes jaunâtres, 2-loculaire, stigmate sessile, recourbé, d’environ 1 mm de long. Fruit : drupe transversalement ovoïde, de 6–7 mm × 8–9 mm, densément glanduleuse à glandes jaunâtres, devenant noirâtre à maturité, parfois tardivement déhiscente, stigmate persistant, contenant 1 graine. Graines presque globuleuses, de 5–6 mm de long, rugueuses, ternes, brunâtres à noirâtres.
Autres données botaniques
Le genre Macaranga comprend environ 280 espèces, dont environ 30 sont originaires d’Afrique tropicale continentale et environ 15 de Madagascar et des îles de l’océan Indien. Plusieurs autres espèces de Macaranga présentes en Afrique centrale sont utilisées en médecine.
Macaranga angolensis
Au Congo, le jus des feuilles de Macaranga angolensis (Müll.Arg.) Müll.Arg. se frotte sur les endroits douloureux, les plaies et les blessures, et on prend la décoction de feuilles en bain de vapeur pour traiter la bronchite. Au Gabon, l’infusion d’écorce se boit contre l’hyperménorrhée et la dysménorrhée.
Macaranga saccifera
En R.D. du Congo, la décoction d’écorce de tige de Macaranga saccifera Pax se prend avec du sel pour traiter les maux de tête. Les grandes feuilles servent à emballer les graines et le tabac pour le stockage.
Ecologie
Macaranga monandra est présent dans les forêts secondaires et est commun dans les ripisylves, les forêts en bord de lacs et de marais, depuis le niveau de la mer jusqu’à 1500 m d’altitude. C’est une essence pionnière des trouées forestières, à croissance rapide et exigeante en lumière.
Gestion
Macaranga monandra peut se cultiver à partir de graines et de boutures. C’est le principal concurrent d’Aucoumea klaineana Pierre dans les trouées forestières, car il pousse légèrement plus vite.
Ressources génétiques
Macaranga monandra est relativement répandu et c’est une essence pionnière à croissance rapide des trouées forestières. Il n’est donc pas menacé d’érosion génétique.
Perspectives
L’écorce de tige de Macaranga monandra a plusieurs applications gynécologiques. L’acide kolavénique et l’acide 2-oxo-kolavénique, isolés à partir de l’écorce de la tige, ont une activité antifongique contre les champignons phytopathogènes. Mais on ne sait rien de l’activité pharmacologique de Macaranga monandra contre des agents pathogènes humains.
Références principales
- Burkill, H.M., 1994. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 2, Families E–I. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 636 pp.
- Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
- Radcliffe-Smith, A., 1987. Euphorbiaceae (part 1). In: Polhill, R.M. (Editor). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. 407 pp.
- Salah, M.A., Bedir, E., Toyang, N.J., Khan, I.A., Harries, M.D. & Wedge, D.E., 2003. Antifungal clerodane diterpenes from Macaranga monandra (L.) Muell. Arg. (Euphorbiaceae). Journal of Agricultural and Food Chemistry 51(26): 7607–7610.
Autres références
- Bourobou Bourobou, H., Mounzeo, H., Mbatchi, B. & Posso, P., 1996. Quelques plantes galactogènes utilisées par les Bapunu au Gabon. Revue de Médecines et Pharmacopées africaines 10(1): 71–78.
- Doucet, J.L., Otimbo, P.A.N. & Boubady, A.G., 2004. Comment assister la régénération naturelle de l’okoumé dans les concessions forestières? Bois et Forêts des Tropiques 279: 59–72.
- Latham, P., 2004. Useful plants of Bas-Congo province, Democratic Republic of the Congo. DFID, London, United Kingdom. 320 pp.
- Terashima, H. & Ichikawa, M., 2003. A comparative ethnobotany of the Mbuti and Efe hunter-gatherers in the Ituri forest, Democratic Republic of Congo. African Study Monographs 24(1–2): 1–168.
Auteur(s)
- G.H. Schmelzer, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Schmelzer, G.H., 2007. Macaranga monandra Müll.Arg. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 22 avril 2026.
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