Macaranga spinosa (PROTA)
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Introduction |
| Importance générale | |
| Répartition en Afrique | |
| Répartition mondiale | |
| Médicinal | |
| Bois d'œuvre | |
| Bois de feu | |
| Ornemental | |
Macaranga spinosa Müll.Arg.
- Protologue: Flora 47: 466 (1864).
- Famille: Euphorbiaceae
Noms vernaculaires
- Mkalanga, mbawa (Sw).
Origine et répartition géographique
Macaranga spinosa se rencontre du Liberia à l’Ouganda et vers le sud jusqu’au Burundi, en Tanzanie et en Angola.
Usages
En Côte d’Ivoire, la plante est utilisée dans le traitement de la dysenterie et de la toux. Au Congo, le jus des feuilles ou de l’écorce se prend en boisson ou en frictions ou encore en bain de vapeur, pour traiter les affections pulmonaires (bronchites, toux et asthme), les maux de tête, les raideurs fébriles, les rhumatismes, les problèmes de foie et les maux d’estomac. La décoction d’écorce s’utilise en gargarisme ou en bain de bouche pour traiter les maux de dents, la stomatite et les aphtes. Les femmes se traitent contre l’aménorrhée avec une macération de feuilles broyées. La cendre de racine s’inhale pour traiter les hémorroïdes.
Le bois sert à la construction de poteaux pour les maisons, de tabourets et de cuillers, comme bois de feu et pour la production du charbon de bois. L’arbre est planté dans les jardins familiaux pour donner de l’ombre. Au Cameroun, les potiers aspergent un extrait d’écorce de tige écrasée sur les poteries encore rouges de chaleur à la sortie du four, pour les rendre étanches.
Propriétés
Lors d’une analyse préliminaire, on a isolé des saponines, des stéroïdes et des terpènes de l’écorce de tige. L’extrait à l’eau de l’écorce de tige contient des procyanidines, dont les produits de pyrolyse ont des propriétés d’étanchéité.
Description
Arbuste ou petit arbre dioïque atteignant 10(–20) m de haut, à fût épineux ; épines de 10–20 cm de long, dirigées vers le bas, simples ou fourchues, ligneuses ; rameaux souvent épineux, jeunes pousses à poils denses et souples. Feuilles alternes, simples et entières ; stipules linéaires-lancéolées, de 5–7 mm de long, tombant rapidement ; pétiole de 1–5 cm de long, élargi à la base ; limbe elliptique, elliptique-oblong à elliptique-oblancéolé, de 5–13 cm × 3–6,5 cm, base arrondie à faiblement cordée avec 2 glandes basales, apex aigu à acuminé, à poils souples sur le dessus, glabrescent par la suite, ponctué de glandes en dessous. Inflorescence : panicule axillaire de 3–6.5 cm de long ; bractées triangulaires, petites. Fleurs unisexuées, pétales absents, disque absent ; fleurs mâles presque sessiles, lobes du calice 3, ovales, atteignant 0,5 mm de long, blanc ivoire, étamines 3, libres, minuscules ; fleurs femelles à pédicelle atteignant 1 mm de long, s’allongeant jusqu’à environ 5 mm chez le fruit, calice en coupe, d’environ 0,5 mm de long, s’ouvrant en 3 lobes inégaux, ovaire supère, d’environ 1 mm de long, densément glanduleux, 2-loculaire, style 1, stigmate recourbé, d’environ 1 mm de long. Fruit : drupe transversalement ovoïde d’environ 3 mm × 4 mm, densément glanduleuse, parfois tardivement déhiscente, stigmate persistant, d’environ 3 mm de long, contenant 1 graine. Graines presque globuleuses, d’environ 2,5 mm de long, rugueuses, ternes, brunâtres.
Autres données botaniques
Le genre Macaranga comprend environ 280 espèces, dont environ 30 sont originaires d’Afrique tropicale continentale et environ 15 de Madagascar et des îles de l’océan Indien. Plusieurs espèces de Macaranga endémiques de Madagascar sont également utilisées en médecine.
Macaranga cuspidata
L’écorce de tige aromatique de Macaranga cuspidata Boivin ex Baill. s’écrase sur les piqûres d’insectes. Le bois sert à confectionner des poteaux qui conviennent aux sols humides car ils ne pourrissent pas.
Macaranga echinocarpa
L’infusion d’écorce de tige de Macaranga echinocarpa Baker se prend pour traiter le paludisme. La plante est aussi utilisée pour traiter certaines maladies des porcins. Le bois des arbres à gros tronc sert à faire des embarcations.
Macaranga myriolepida
Les rameaux feuillés frais écrasés de Macaranga myriolepida Baker s’appliquent sur les brûlures comme pansement. Les jeunes rameaux servent à faire des sifflets. De cette espèce également, le bois des arbres à gros tronc sert à faire des embarcations.
Macaranga ribesioides
L’infusion d’écorce de tige de Macaranga ribesioides Baker se prend pour traiter les maladies vénériennes.
Macaranga sphaerophylla
La décoction de feuilles de Macaranga sphaerophylla Baker se prend pour traiter les rhumatismes, la sciatique et les douleurs lombaires.
Ecologie
Macaranga spinosa se rencontre en lisière des forêts primaires et dans les forêts secondaires, souvent sur des sols ayant une nappe phréatique élevée, depuis le niveau de la mer jusqu’à 1200 m d’altitude. Dans la zone de transition entre la forêt et la savane au Congo littoral, c’est l’une des essences pionnières qui jouent un rôle dans l’expansion forestière.
Ressources génétiques
Macaranga spinosa possède une vaste aire de répartition et il est présent également dans les forêts secondaires. Il n’est donc probablement pas menacé d’érosion génétique.
Perspectives
Au Congo, Macaranga spinosa a de nombreux usages médicinaux locaux, mais on ne sait pratiquement rien de sa chimie ou de sa pharmacologie. Un approfondissement des recherches est donc nécessaire afin d’évaluer son potentiel.
Références principales
- Bouquet, A., 1969. Féticheurs et médecines traditionnelles du Congo (Brazzaville). Mémoires ORSTOM No 36. Office de la Recherche Scientifique et Technique Outre-Mer. Paris, France. 282 pp.
- Burkill, H.M., 1994. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 2, Families E–I. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 636 pp.
- Diallo, B., Vanhaelen, M. & Gosselain, O.P., 1995. Plant constituents involved in coating practices among traditional African potters. Cellular and Molecular Life Sciences 51(1): 95–97.
- Radcliffe-Smith, A., 1987. Euphorbiaceae (part 1). In: Polhill, R.M. (Editor). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. 407 pp.
Autres références
- Boiteau, P., Boiteau, M. & Allorge-Boiteau, L., 1999. Dictionnaire des noms malgaches de végétaux. 4 Volumes + Index des noms scientifiques avec leurs équivalents malgaches. Editions Alzieu, Grenoble, France.
- Chifundera, K., 2001. Contribution to the inventory of medicinal plants from the Bushi area, South Kivu Province, Democratic Republic of Congo. Fitoterapia 72: 351–368.
- Favier, C., de Namur, C. & Dubois, M., 2004. Forest progression modes in littoral Congo, Central Atlantic Africa. Journal of Biogeography 31: 1445–1461.
- Lovett, J.C., Ruffo, C.K., Gereau, R.E. & Taplin, J.R.D., 2006. Field guide to the moist forest trees of Tanzania. [Internet] Centre for Ecology Law and Policy, Environment Department, University of York, York, United Kingdom. http://celp.org.uk/ projects/ tzforeco/. February 2007.
- Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
- Randriambelona, 2002. Inventaire des plantes médicinales dans la réserve naturelle intégrale N°1 Betampona : description, utilisations thérapeutiques et impacts des prélèvements. Mémoire de CAPEN, Ecole National Supérieur, Centre d’Etude et de Recherche filière Sciences naturelles, Université d’Antananarivo, Madagascar. 85 pp.
Auteur(s)
- G.H. Schmelzer, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Schmelzer, G.H., 2007. Macaranga spinosa Müll.Arg. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 23 avril 2026.
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