Mimusops zeyheri (PROTA)
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Introduction |
| Importance générale | |
| Répartition en Afrique | |
| Répartition mondiale | |
| Fruit | |
| Médicinal | |
| Bois d'œuvre | |
| Ornemental | |
| Sécurité alimentaire | |






Mimusops zeyheri Sond.
- Protologue: Linnaea 23 : 74 (1850).
- Famille: Sapotaceae
Noms vernaculaires
- Transvaal red milkwood, common red milkwood, moepel (En).
- Mgamba kapu (Sw).
Origine et répartition géographique
On trouve Mimusops zeyheri depuis la Tanzanie et l’Angola jusqu’au Botswana, au Zimbabwe, au Mozambique, au nord-est de l’Afrique du Sud et au Swaziland.
Usages
Le bois est un bois d’œuvre à usage général. Il sert à fabriquer du mobilier et convient aussi comme bois de charpente. Le fruit est comestible ; la pulpe jaune du fruit est agréable, sucrée et farineuse. Elle est mangée fraîche et peut être conservée après séchage au soleil. Elle est aussi utilisée en confiture ou en gelée ; le jus fermenté sert à produire des boissons alcoolisées. Les branches sont utilisées comme bâton à feu utilisé traditionnellement par friction pour allumer le feu. Au Swaziland, une infusion de racines soigne les candidoses et une décoction d’écorce soigne les blessures et les ulcères. Au Zimbabwe, l’arbre est conservé dans les champs car on considère qu’il améliore la fertilité des sols. Mimusops zeyheri est un arbre ornemental qui est parfois vendu comme plante en pot, par ex. aux Etats-Unis.
Propriétés
Le bois de cœur est brun crème à brun rougeâtre, assez lourd et dur et à fil fin. Il est moyennement durable. Il se travaille bien mais la sciure fraîche fait éternuer.
La teneur en acide ascorbique (vitamine C) du fruit serait assez élevée, de l’ordre de 90 mg par 100 g. Le fruit a une valeur énergétique relativement basse et une faible teneur en protéines, en lipides et en glucides, mais contient par 100 g : Ca 27 mg, P 13 mg et Fe 24 mg.
Description
- Arbuste ou arbre petit à moyen pouvant atteindre 25 m de haut, contenant du latex ; écorce presque lisse ou grossièrement fissurée en réseau, grise à brun sombre ou noire ; cime dense, sphérique ; jeunes branches fortement pubescentes, brun-rouge.
- Feuilles disposées en spirale, plus ou moins en touffes à l’extrémité des branches, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole de 0,5–3,5 cm de long ; limbe oblong-elliptique à obovale-elliptique ou lancéolé, de 3,5–11,5 cm × 1,5–5,5 cm, cunéiforme à la base, généralement courtement acuminé à l’apex mais parfois arrondi ou légèrement échancré, coriace, d’abord pubescent brun rougeâtre en dessous puis glabrescent, avec de nombreuses nervures latérales.
- Fleurs en fascicules de 7 ou moins à l’aisselle des feuilles, bisexuées, régulières ; pédicelle de 1–3 cm de long, courbé ; sépales en 2 verticilles de 4 ; corolle blanc crème, avec un tube court et 8 lobes ayant chacun 2 appendices, jusque 10 mm de long ; étamines 8, alternant avec 8 staminodes poilus ; ovaire supère, 8-loculaire.
- Fruit : baie ellipsoïde à ovoïde ou presque globuleuse jusqu’à 4,5 cm de long, jaune-orange quand elle est mûre, à 1–2 graines.
- Graines ellipsoïdes, de 1–2 cm de long, brun pâle luisantes, à petite cicatrice circulaire à la base.
Autres données botaniques
Mimusops zeyheri est une espèce à croissance lente et à longue durée de vie. En Zambie, les fruits mûrs se rencontrent entre mars et juin et les boutons floraux se développent à la fin de la saison des pluies.
Mimusops obtusifolia
Mimusops zeyheri ressemble fort à Mimusops obtusifolia Lam. (synonyme : Mimusops fruticosa A.DC.) que l’on trouve à l’est du Kenya, en Tanzanie, au Malawi, au Zimbabwe et au Mozambique. Au Kenya et en Tanzanie, le bois de cette dernière espèce est utilisé pour les poteaux, les manches d’outils, la sculpture, la fabrication d’embarcations et le creusement de pirogues monoxyles qui ont une durée de vie atteignant 8 ans, et dont le fruit sucré est fréquemment consommé dans toute l’aire de répartition de l’espèce. En Tanzanie, les racines sont utilisées pour traiter la constipation, les hernies et les maladies vénériennes. Mimusops obtusifolia se différencie de Mimusops zeyheri par ses feuilles arrondies à l’apex et glabres ou peu pubescentes en dessous ainsi que par ses fruits légèrement plus petits.
Ecologie
Mimusops zeyheri est caractéristique des ripisylves, où on le trouve même sur les alluvions sableuses peu fertiles et les termitières, mais on le trouve aussi parfois dans les forêts marécageuses, dans les fourrés et sur les flancs de collines rocheux.
Gestion
Les graines sont orthodoxes ; elles conservent 60% de viabilité après un mois si on fait descendre leur taux d’humidité à 15% et si on les conserve à – 20°C. Elles doivent être scarifiées puis plongées dans l’eau pendant 24 heures avant d’être semées.
Ressources génétiques
Aussi bien Mimusops zeyheri que Mimusops obtusifolia sont répandus dans des milieux variés et ne sont pas menacés d’érosion génétique.
Perspectives
Mimusops zeyheri et quelques autres espèces de Mimusops sont assez importantes pour la production de bois d’œuvre à usage général ainsi que pour apporter un supplément alimentaire à des populations d’Afrique australe dont le régime alimentaire est souvent monotone. De tels arbres à usages multiples méritent plus d’attention de la part des chercheurs bien qu’ils soient difficilement domesticables à cause de leur croissance lente. D’après la FAO, Mimusops zeyheri est une espèce prometteuse en tant qu’arbre à usages multiples, pour laquelle des programmes de sélection devraient être entrepris.
Références principales
- Coates Palgrave, K., 1983. Trees of southern Africa. 2nd Edition. Struik Publishers, Cape Town, South Africa. 959 pp.
- du Preez, R.J. & Welgemoed, C.P., 1993. Transvaal red-milkwood / moepel. Inligtingsbulletin Instituut vir Tropiese en Subtropiese Gewasse 255: 9–10.
- Kupicha, F.K., 1983. Sapotaceae. In: Launert, E. (Editor). Flora Zambesiaca. Volume 7, part 1. Flora Zambesiaca Managing Committee, London, United Kingdom. pp. 210–247.
- van Wyk, B.E. & Gericke, N., 2000. People’s plants: a guide to useful plants of southern Africa. Briza Publications, Pretoria, South Africa. 351 pp.
Autres références
- Amusan, O.O.G., Dlamini, P.S., Msonthi, J.D. & Makhubu, L.P., 2002. Some herbal remedies from Manzini region of Swaziland. Journal of Ethnopharmacology 79: 109–112.
- Beentje, H.J., 1994. Kenya trees, shrubs and lianas. National Museums of Kenya, Nairobi, Kenya. 722 pp.
- Hemsley, J.H., 1968. Sapotaceae. In: Milne-Redhead, E. & Polhill, R.M. (Editors). Flora of Tropical East Africa. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. 79 pp.
- Kamuhabwa, A., Nshimo, C. & de Witte, P., 2000. Cytotoxicity of some medicinal plant extracts used in Tanzanian traditional medicine. Journal of Ethnopharmacology 70: 143–149.
- Meeuse, A.D.J., 1963. Sapotaceae. In: Dyer, R.A. & Codd, L.E. (Editors). Flora of southern Africa. Volume 26. Botanical Research Institute, Department of Agricultural Technical Services, Pretoria, South Africa. pp. 31–53.
- Ruffo, C.K., Birnie, A. & Tengnäs, B., 2002. Edible wild plants of Tanzania. Technical Handbook No 27. Regional Land Management Unit/ SIDA, Nairobi, Kenya. 766 pp.
Auteur(s)
- R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Lemmens, R.H.M.J., 2005. Mimusops zeyheri Sond. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 23 avril 2026.
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