Sarcocephalus pobeguinii (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale
Répartition en Afrique
Répartition mondiale
Fruit
Médicinal
Bois d'œuvre
Sécurité alimentaire


répartition en Afrique (sauvage)
feuille et jeune infrutescence
nervures
jeune infrutescence
jeune infrutescence
infrutescence

Sarcocephalus pobeguinii Pobég. ex Pellegr.


Protologue: Essai fl. Guinée franç. : 313 (1906).
Famille: Rubiaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 44

Synonymes

  • Nauclea pobeguinii (Pobég.) Merr. (1915).

Noms vernaculaires

  • Bilinga des marais, bois d’or (Fr).
  • Water kusia (En).

Origine et répartition géographique

Sarcocephalus pobeguinii est réparti du Sénégal à la Zambie. Il est parfois planté.

Usages

Le bois est utilisé en construction, en menuiserie et en ébénisterie. Bien que le bois soit signalé convenir à la fabrication de mortiers, comme celui de l’espèce proche Nauclea diderrichii (De Wild. & T.Durand) Merr., d’autres sources indiquent qu’il n’est pas utilisé à cette fin au Ghana parce qu’il transmet un goût amer à la nourriture. La pulpe de l’infrutescence est comestible, mais est rarement consommée.

Sarcocephalus pobeguinii est largement utilisé en médecine traditionnelle africaine. La décoction de racine se prend comme vermifuge en Guinée. Au Nigeria, des préparations de racine soignent la gonorrhée. L’écorce réduite en poudre se prend dans de l’eau contre les douleurs intestinales et la diarrhée au Sénégal, et la décoction d’écorce est oxytocique. En Guinée, la macération d’écorce se prendrait comme abortif, alors qu’au Cameroun l’écorce se prendrait quand on craint un avortement. En Côte d’Ivoire, les préparations d’écorce servent à traiter la fièvre et la jaunisse. Au Nigeria, la décoction d’écorce se boit pour traiter les maux d’estomac. Au Gabon, la macération ou la décoction d’écorce est absorbée comme boisson pour traiter la gonorrhée. En R.D. du Congo, la décoction d’écorce se prend pour soigner la malaria, la décoction des écorces de Sarcocephalus pobeguinii et Symphonia globulifera L.f. se prend contre l’asthénie sexuelle, et une préparation d’écorce s’utilise en suppositoire contre l’épilepsie. La décoction de feuille s’applique contre la jaunisse au Nigeria. Au Gabon, l’infusion de feuille soigne la fièvre.

Production et commerce international

Le bois n’est utilisé que localement et n’est pas commercialisé.

Propriétés

Le bois de cœur est jaune ou orange pâle, l’aubier quant à lui jaune pâle à orange. Le fil est irrégulier, le grain est fin. C’est un bois de poids moyen, avec une densité de 500–780 kg/m³, et il est modérément dur à dur. Il se travaille et se colle facilement, et tient bien les clous et les vis.

Les extraits à l’eau, à l’éthanol et au dichlorométhane de l’écorce ont montré une activité antipaludéenne in vitro contre Plasmodium falciparum et in vivo contre Plasmodium berghei et Plasmodium yoellii chez la souris. Aucun effet toxique significatif a été observé in vivo chez la souris pour les extraits aqueux et éthanoliques, mais les extraits au dichlorométhane se sont avérés hautement cytotoxiques in vitro. Un extrait hydrométhanolique de l’écorce a fait ressortir une activité endommageante des chromosomes significative, mais aucune activité cytotoxique. Un essai clinique sur un petit groupe de volontaires humains adultes, souffrant de malaria non compliquée due à Plasmodium falciparum, a montré que l’administration orale pendant les repas de capsules contenant de l’extrait à 80% d’éthanol de l’écorce de tige était effective contre la maladie et était bien tolérée, ne présentant que des effets secondaires légers qui se sont résolus eux-mêmes. Des alcaloïdes, notamment la strictosamide qui en est le composé principal, sont supposés être responsables de l’activité antipaludéenne. Cependant, ni la strictosamide ni d’autres alcaloïdes n’ont fait ressortir une activité antipaludéenne in vitro, suggérant qu’une activation de la gastrosamide, probablement par le tube digestif, est nécessaire pour leur activité. L’écorce de racine contient des alcaloïdes et des hétérosides de l’acide quinovique. L’extrait aqueux de feuilles a montré une activité anti-oxydante in vivo chez le rat.

Description

  • Arbre caducifolié, de taille petite à moyenne, atteignant 30 m de haut, parfois un arbuste ; fût dépourvu de branches sur 15 m, droit et cylindrique, jusqu’à 100 cm de diamètre, sans contreforts ; surface de l’écorce fissurée longitudinalement, se desquamant en écailles papyracées d’environ 2 cm de diamètre, blanchâtre, grise ou brun pâle, écorce interne fibreuse, jaune-brun pâle, fonçant à l’exposition ; cime à branches horizontales verticillées ; rameaux à poils courts lorsque jeunes.
  • Feuilles opposées, simples et entières ; stipules triangulaires, de 3–7 mm de long ; pétiole mince, de 1,5–5 cm de long ; limbe oblong-elliptique à largement elliptique, de 8–25 cm × 5,5–16 cm, cunéiforme à la base, arrondi à aigu ou acuminé à l’apex, fin, glabre, pennatinervé à 7–9 paires de nervures latérales.
  • Inflorescence : tête arrondie, terminale, solitaire, de 2–5 cm de diamètre ; pédoncule de 1–3 cm de long.
  • Fleurs bisexuées, régulières, 4–5-mères, parfumées ; calices soudés entre eux par les tubes, lobes oblongs-spatulés, de 2–4 mm de long, densément pubescents ; corolle de 8–10 mm de long, de couleur blanc rosé, blanche ou crème, tube en entonnoir, d’environ 7 mm de long, poilu à l’intérieur, lobes oblongs à ovales, de 1,5–2 mm de long ; étamines insérées à la gorge du tube de la corolle, alternant avec les lobes, dépourvues de filets ; ovaire infère, 2-loculaire, style d’environ 12 mm de long, à épaississement fuselé près de l’apex.
  • Fruits soudés en une infrutescence globuleuse, charnue, de 3,5–10 cm de diamètre, jaune, densément ponctuée par les lobes des calices persistants, à pulpe jaune et odeur de pomme, contenant de nombreuses graines.
  • Graines ellipsoïdes ou ovoïdes, de 1–3 mm de long, rougeâtres, réticulées.
  • Plantule à germination épigée.

Autres données botaniques

Le genre Sarcocephalus ne comprend que 2 espèces, limitées à l’Afrique tropicale, et il semble apparenté aux genres Burttdavya et Nauclea.

En Afrique de l’Ouest, Sarcocephalus pobeguinii fleurit en (avril–)mai–juillet, et fructifie en septembre–novembre(–décembre). Les fruits sont un aliment favori des chimpanzés en Guinée et des gorilles en Afrique centrale. Les graines seraient dispersées par l’eau.

Ecologie

Sarcocephalus pobeguinii est présent du niveau de la mer jusqu’à 1400 m d’altitude sur les berges de rivières et les bords de lacs, et en forêt marécageuse, où il peut pousser en peuplements presque purs.

Gestion

La germination des graines prend 1–3 semaines, et le taux de germination est habituellement élevé. Dans un inventaire de la forêt au sud de Cameroun, on a observé un volume de bois moyen de 0,25 m³/ha en comptant les arbres avec un diamètre de fût supérieur à 15 cm.

Ressources génétiques

Etant largement réparti et peu utilisé, Sarcocephalus pobeguinii ne semble pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Le bois de Sarcocephalus pobeguinii n’est utilisé que localement et il n’est pas commercialisé au niveau international ; il n’y a pas de signes que cette situation changera. On ne dispose que de rares données quantitatives sur les propriétés du bois, et on manque totalement d’information sur sa durabilité. Les recherches sur les propriétés pharmacologiques, notamment en ce qui concerne le traitement du paludisme, ont montré des résultats prometteurs en vue d’un développement éventuel de médicaments par l’industrie pharmaceutique.

Références principales

  • Bridson, D. & Verdcourt, B., 2003. Rubiaceae (Cinchonoideae). In: Pope, G.V. (Editor). Flora Zambesiaca. Volume 5, part 3. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 720 pp.
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Autres références

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Auteur(s)

  • M. Brink, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Brink, M., 2012. Sarcocephalus pobeguinii Pobég. In: Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. Consulté le 16 septembre 2026.


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