Periploca linearifolia (PROTA)
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Introduction |
Periploca linearifolia Quart.-Dill. & A.Rich.
- Protologue : Ann. Sci. Nat., Bot., sér. 2, 14: 263 (1840).
- Famille : Asclepiadaceae (APG: Apocynaceae)
Noms vernaculaires
- Silk vine (En).
Origine et répartition géographique
Periploca linearifolia est présent dans l’est de l’Afrique centrale, en Afrique de l’Est et une partie de l’Afrique australe, de l’Ethiopie jusqu’à l’est de la R.D. du Congo, au Malawi et au Zimbabwe.
Usages
Le latex ou la décoction de feuille et de racine est appliqué sur les blessures, les maladies de la peau, les panaris, les verrues et les ulcères. La décoction de feuille ou de racine est absorbée comme boisson pour traiter les maladies de la peau. Les feuilles sont macérées dans l’eau et utilisées comme emplâtre pour traiter la mastite. On applique les feuilles broyées, mélangées à plusieurs autres plantes, sur les morsures de serpent. La décoction de feuilles se boit pour traiter la diarrhée, les vers intestinaux et les bouffées délirantes. Les femmes enceintes prennent le jus de feuilles dans l’eau ou la décoction de racine comme tonique et pour arrêter les vomissements. La décoction de tige feuillée est prise contre la malnutrition. Les feuilles écrasées dans l’eau sont prises pour traiter la stérilité chez les femmes ; additionné d’autres parties de la plante, le liquide se prend comme galactogogue. La décoction ou l’infusion d’écorce de racine est absorbée comme boisson ou appliquée comme lavement pour traiter le ténia et d’autres vers intestinaux. Elle se prend aussi pour traiter les maux d’estomac. Les racines cuites en soupe sont consommées pour traiter la fièvre, le paludisme, les douleurs à la poitrine, dont la toux et la pneumonie, la stérilité féminine et les maladies vénériennes. Le jus des racines dans de la bière de banane se prend pour traiter le prolapsus rectal. La poudre de racine et le latex sont appliqués en externe sur les hémorroïdes.
Au Kenya, on utilise une décoction de feuilles ou de racines pour les cérémonies, et pour se protéger des mauvais esprits. Les tiges sont utilisées comme liens.
Production et commerce international
Periploca linearifolia est seulement utilisé à l’échelle locale.
Propriétés
Peu d’analyses phytochimiques ont été effectuées sur Periploca linearifolia. De l’écorce de tige, plusieurs triterpénoïdes ont été isolés.
Un extrait méthanolique d’écorce de tige a montré une activité antiplasmodium hautement significative in vitro sur une souche résistante et une souche sensible à la chloroquine de Plasmodium falciparum. Un extrait au chloroforme d’écorce de tige a montré une activité antiplasmodium prometteuse in vitro contre une souche sensible à la chloroquine. Les extraits se sont avérés avoir une faible toxicité dans l’essai biologique de cytotoxicité à l’Artemia. Un extrait méthanolique de la tige feuillée a montré une activité antibactérienne significative et une activité antifongique modérée in vitro.
Description
Liane, ligneuse à la base, atteignant 10 m de long, glabre, à latex copieux. Feuilles opposées, simples et entières, presque sessiles ; stipules absentes ; limbe linéaire à étroitement elliptique ou étroitement ovale, de 3–6,5(–9) cm × 2–12 mm, base cunéiforme à obtuse, apex longuement effilé, papyracé. Inflorescence : cyme en forme de panicule, axillaire et terminale, ouverte, à nombreuses fleurs, atteignant 15 cm de diamètre. Fleurs bisexuées, 5-mères, régulières, d’environ 1 cm de diamètre ; pédicelle de 5–10 mm de long ; sépales ovales, d’environ 1 mm de long, apex obtus ; corolle à tube court, lobes légèrement charnus et glanduleux, étalés, oblongs-ovales, de 3–4 mm × 1–2 mm, apex arrondi, violets au-dessus, violet foncé au centre, bords recourbés en arrière, densément couverts de poils courts ; lobes de la couronne 5, chacun 3-lobé à lobe central filiforme, de 3–4 mm de long, violets, à poils courts ; étamines à filets poilus, translateurs de pollen en cuiller ; ovaire semi-infère, 2-loculaire, gynostège saillant, styles soudés, apex pentagonal. Fruit : paire de follicules horizontales, chaque follicule linéaire-ovoïde, de 6–12(–16) cm × 4–5 mm, contenant de nombreuses graines. Graines ovales, brunes, à touffe de poils blanche.
Autres données botaniques
Le genre Periploca comprend environ 13 espèces, en excluant le genre Parquetina, et est largement réparti en Afrique, en Europe et en Asie. En Afrique du nord et en Afrique tropicale, 6 espèces existent, dont 2 cantonnées à l’Afrique tropicale. Dix espèces sont connues en Asie, dont 7 sont cantonnées à l’Asie. En Europe, deux espèces existent mais aucune n’y est cantonnée. Periploca a autrefois été classé dans une famille à part : les Periplocaceae.
Plusieurs autres espèces de Periploca sont utilisées pour leurs propriétés médicinales en Afrique tropicale.
Periploca aphylla
Periploca aphylla Decne. est présent de la partie nord-est du Soudan et de l’Egypte le long de la côte occidentale de la mer Rouge, au Sinaï et sur la péninsule Arabique jusqu’en Afghanistan, dans les zones arides. Il a de nombreux usages médicinaux en dehors d’Afrique. Au Pakistan, le latex est appliqué sur les œdèmes et les tumeurs, et se prend comme stomachique et pour traiter la fièvre. La décoction d’écorce de tige est bue comme purgatif. Plusieurs substances pharmacologiquement actives ont été isolées de la tige, dont des triterpènes du type lupine, plusieurs bisflavan-3-ols, le lyonirésinol, le lupéol, la bétuline et le β-sitostérol. Un des triterpènes a montré une activité antibactérienne modérée in vitro et une inhibition significative de l’α-glucosidase de type VI. Les boutons floraux sont sucrés et consommés crus ou cuits comme légume. On confectionne des cordes avec les tiges.
Periploca laevigata
Periploca laevigata Ait. (synonyme : Periploca chevalieri Browicz) est présent dans les îles du Cap-Vert, les îles Canaries et les îles Selvagens, dans les endroits arides. Dans les îles du Cap-Vert, l’infusion de feuilles se prend pour traiter la fièvre et la toux. On utilisait autrefois la macération de feuilles pour le tannage des peaux de chèvres. Les chèvres broutent les feuilles. Il est classé comme “vulnérable” ou “menacé” sur la Liste rouge de l’UICN, selon l’île.
Croissance et développement
Periploca linearifolia forme généralement une masse enchevêtrée au sommet d’arbustes et de petits arbres. Il fleurit principalement pendant la saison des pluies ; les fruits restent sur la plante pendant une longue période.
Ecologie
Periploca linearifolia est présent en forêt humide, en lisière de forêt, en ripisylve et en savane, à 1000–2400 m d’altitude.
Multiplication et plantation
Le poids moyen de 1000 graines est de 7,1 g.
Maladies et ravageurs
Le monarque africain, Danaus chrysippus, se nourrit des feuilles.
Récolte
Les parties de plante de Periploca linearifolia peuvent être récoltées toute l’année.
Ressources génétiques
Periploca linearifolia a une grande aire de répartition et est commun. Il n’est donc pas menacé d’érosion génétique.
Perspectives
Un essai pharmacologique sur l’activité antiplasmodium de l’écorce de tige a montré des résultats prometteurs in vitro. Une recherche plus approfondie est nécessaire, toutefois, sur sa phytochimie, ainsi que des essais in vivo. Il est nécessaire d’établir un profil toxicologique.
Références principales
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Auteur(s)
- G.H. Schmelzer, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Schmelzer, G.H., 2012. Periploca linearifolia Quart.-Dill.& A.Rich. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editeurs). Prota 11(2): Medicinal plants/Plantes médicinales 2. PROTA, Wageningen, Pays Bas. Consulté le 23 avril 2026.
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