Phyllanthus casticum (PROTA)
![]() |
Introduction |
Phyllanthus casticum Willemet
- Protologue: Ann. Bot. (Usteri) 18: 55 (1796).
- Famille: Euphorbiaceae (APG: Phyllanthaceae)
Noms vernaculaires
- Bois caustique, bois castique, caustique rouge, bois de demoiselle (Fr).
- Leaf-flower (En).
Origine et répartition géographique
Phyllanthus casticum se rencontre sur toutes les îles de l’océan Indien.
Usages
Dans la médecine traditionnelle des îles de l’océan Indien, on prête des vertus astringentes à la décoction de rameau, d’écorce de tige ou de poudre de bois, et elle se prend pour traiter les diarrhées sévères, la dysenterie, la dysenterie amibienne, la colique, les ulcères et les infections des voies urogénitales. La poudre d’écorce et la pâte de branches fraîches ou les jeunes feuilles écrasées s’appliquent en cataplasme pour traiter les plaies, les abcès, l’eczéma et les ulcères syphilitiques. La décoction de rameau s’utilise en gargarismes pour traiter les maux de gorge et de dents et les infections buccales. La décoction de feuilles se boit pour traiter l’asthme. A Madagascar, la décoction de racine se prend pour traiter la fatigue consécutive aux diarrhées sévères, ainsi que les dépressions nerveuses et l’impuissance. On soigne les furoncles et les abcès avec des applications de racines broyées. On applique de la poudre de racine sur le front des enfants sujets à des étourdissements et des évanouissements. La décoction de feuilles s’utilise pour masser les membres enflés. A la Réunion, l’infusion de plante se prend comme emménagogue dans les cas de dysménorhée et comme traitement des hémorroïdes et des ulcères gastriques. A Rodrigues et aux Seychelles, la décoction de rameaux et de feuilles se prend comme boisson rafraîchissante.
Les fruits sont comestibles et ont un goût aigre ; ils sont aussi légèrement antipyrétiques. Ils servent à fabriquer une boisson alcoolisée de qualité inférieure. Les feuilles sont parfois utilisées pour teindre les paniers et les étoffes, mais la couleur n’est pas stable. Les jeunes rameaux font office de brosses à dents désinfectantes. A Madagascar, les tiges souples sont employées en vannerie et dans la confection de filets de pêche.
Propriétés
L’écorce contient du proanthocyanidol, des saponosides et des traces de terpènes, les feuilles des polyphénols, des flavonoïdes, du proanthocyanidol, des stéroïdes, des 2-désoxysucres, de la phyllanthine, de l’hypophyllanthine et des traces d’alcaloïdes. Des flavonoïdes ( quercétine-3-O-β-D-glucopyranosyl(1–4)-α-L-rhamnopyranoside et 3,5,7, 4’-tétrahydroxyflavone) ont été isolés des parties aériennes. Les racines contiennent des alcaloïdes, la sécurinine et l’allosécurinine.
Description
Arbuste ou petit arbre monoïque atteignant 5 m de haut ; tronc atteignant 15 cm de diamètre ; écorce gris brunâtre ; rameaux légèrement ou densément poilus. Feuilles alternes, distiques et massées le long des rameaux latéraux, simples et entières, glabres ; stipules oblongues, atteignant 1,5 mm de long, frangées, persistantes ; pétiole d’environ 1 mm de long ; limbe oblong, de 7–25 mm × 3–12 mm, base inégale, arrondie, apex aigu ou bien obtus et muni d’une pointe. Inflorescence : petit fascicule à l’aisselle des feuilles, fleurs mâles par groupes de 4 environ, fleurs femelles 1–2, le plus souvent seulement des fleurs mâles ou seulement des fleurs femelles présentes en même temps. Fleurs unisexuées, régulières, rouge foncé ; pédicelle mince, de 1–5 mm de long, grossissant chez le fruit ; lobes du périanthe 5(–6), elliptiques ; fleurs mâles à lobes du périanthe de 1,5–2 mm de long, ne s’ouvrant pratiquement pas, disque à 5 lobes libres, étamines 5, 3 étamines complètement soudées, 2 presque libres, anthères exsertes ; fleurs femelles à lobes du périanthe d’environ 1 mm de long, étalés, disque 5-lobé, ovaire supère, ovoïde, 3-loculaire, styles 3, généralement soudés, profondément bifides à l’apex. Fruit : baie globuleuse charnue de 6–9 mm de diamètre, vert virant au rouge puis au noir, à 6 graines. Graines trigones, de 1,5–2 mm × d’environ 1,5 mm, orange, lisses.
Autres données botaniques
Phyllanthus est un genre important comprenant environ 750 espèces dans les régions tropicales et subtropicales, avec environ 150 espèces en Afrique tropicale continentale et une soixantaine à Madagascar et sur les îles de l’océan Indien.
Plusieurs autres Phyllanthus spp. de Madagascar ont des usages similaires à ceux de Phyllanthus casticum. Les feuilles broyées de Phyllanthus betsileanus Leandri, Phyllanthus isalensis Leandri, Phyllanthus madagascariensis Müll.Arg. et Phyllanthus seyrigii Leandri s’appliquent sur l’eczéma et les plaies. La décoction de feuilles se lotionne ou se prend en bain pour réduire les œdèmes dus aux entorses. On applique des cataplasmes de copeaux d’écorce de tige sur les abcès et les plaies. La poudre de racine s’applique sur le front des enfants sujets à des étourdissements et des évanouissements. La décoction de racine se prend pour traiter la syphilis. On prête à la décoction de racine de Phyllanthus mantsakariva Leandri, Phyllanthus fuscoluridus Müll.Arg., Phyllanthus decipiens (Baill.) Müll.Arg. et Phyllanthus seyrigii des vertus stimulantes et elle se boit pour rendre plus endurant au cours d’un rude labeur physique, ou comme aphrodisiaque, et aussi pour traiter l’impuissance et la fatigue consécutive à un épisode prolongé de diarrhée. Les rameaux de Phyllanthus seyrigii font office de cure-dents. Les racines broyées de Phyllanthus fuscoluridus et de Phyllanthus decipiens s’appliquent en cataplasme sur les abcès et les furoncles. La décoction de racine se prend également pour traiter la dépression nerveuse. La décoction de feuilles de Phyllanthus decipiens se prend pour traiter le paludisme. La décoction de rameau ou d’écorce de tige de Phyllanthus madagascariensis, Phyllanthus seyrigii et Phyllanthus fuscoluridus se prend en outre pour traiter les coliques, la dysenterie amibienne et la diarrhée persistante. Les tiges souples servent à confectionner de grands filets de pêche et des paniers. Les fruits sont comestibles et ont un goût aigre ; ils servent à fabriquer une boisson alcoolisée de qualité inférieure. Des racines, on tire un colorant de mauvaise qualité utilisé en vannerie.
Croissance et développement
Phyllanthus casticum fleurit d’août à octobre et fructifie de novembre à janvier.
Ecologie
Phyllanthus casticum est présent dans la savane sèche décidue et sur sols sableux, et aussi au bord des routes, depuis le niveau de la mer jusqu’à 1600 m d’altitude.
Traitement après récolte
Toutes les parties végétales récoltées s’utilisent fraîches ou séchées et stockées en vue d’un usage ultérieur.
Ressources génétiques
Bien que relativement commun à Madagascar, Phyllanthus casticum est plus rare sur les autres îles de l’océan Indien.
Perspectives
Phyllanthus casticum a de nombreux usages médicinaux intéressants, mais on ne dispose que de très peu de données sur les plans chimique et pharmacologique. Un approfondissement des recherches est donc recommandé.
Références principales
- Boiteau, P., Boiteau, M. & Allorge-Boiteau, L., 1999. Dictionnaire des noms malgaches de végétaux. 4 Volumes + Index des noms scientifiques avec leurs équivalents malgaches. Editions Alzieu, Grenoble, France.
- Coode, M.J.E., 1982. Euphorbiacées. In: Bosser, J., Cadet, T., Guého, J. & Marais, W. (Editors). Flore des Mascareignes. Familles 153–160. The Sugar Industry Research Institute, Mauritius, l’Office de la Recherche Scientifique Outre-Mer, Paris, France & Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 117 pp.
- Gurib-Fakim, A. & Brendler, T., 2004. Medicinal and aromatic plants of Indian Ocean Islands: Madagascar, Comoros, Seychelles and Mascarenes. Medpharm, Stuttgart, Germany. 568 pp.
- Gurib-Fakim, A., Guého, J. & Bissoondoyal, M.D., 1996. Plantes médicinales de Maurice, tome 2. Editions de l’Océan Indien, Rose-Hill, Mauritius. 532 pp.
- Rasoanaivo, P., Petitjean, A., Ratsimamanga-Urverg, S. & Rakoto-Ratsimamanga, A., 1992. Medicinal plants used to treat malaria in Madagascar. Journal of Ethnopharmacology 37: 117–127.
- Unander, D.W., Webster, G.L. & Blumberg, B.S., 1990. Records of usage or assays in Phyllanthus (Euphorbiaceae) l. Subgenera Isocladus, Kirganella, Cicca and Emblica. Journal of Ethnopharmacology 30: 233–264.
Autres références
- Andriamihaja, S., 1986. Essai d’inventaire des plantes medicino-dentaires malgaches (Tome I). Rapport du Mission Française de Coopération et d’Action Culturelle & Ministère de la Recherche Scientifique et Technologique pour le Développement de la République Malagasy. 316 pp.
- Andrianaivoravelona, B.A., 2004. Etude systématique de Phyllanthus casticum Willemet et de Phyllanthus nummulariifolius Poiret (Euphorbiaceae) à Madagascar. Mémoire pour l’obtention du diplôme d’étude approfondie, Département de Biologie et Ecologie végétale, Faculté des Sciences, Université d’Antananarivo, Antananarivo, Madagascar. 71 pp.
- Boiteau, P., 1986. Médecine traditionnelle et pharmacopée. Précis de matière médicale malgache. Agence de coopération culturelle et technique, Paris, France. 141 pp.
- Gurib-Fakim, A., Guého, J., Sewraj, M.D. & Dulloo, E., 1994. Plantes médicinales de l’île Rodrigues. Editions de l’Océan Indien, Rose-Hill, Mauritius. 580 pp.
- Gurib-Fakim, A., Sewraj, M.D., Guého, J. & Dulloo, E., 1996. Medicinal plants of Rodrigues. Pharmaceutical Biology 34(1): 2–14.
- Laivao, M.O., 1999. Contribution à l’étude de la flore médicinale de Bemaraha et leurs caractéristiques écologiques. Mémoire de DEA, option Ecologie Végétale, Faculté des Sciences, Université d’Antananarivo, Antananarivo, Madagascar. 104 pp.
- Lavergne, R., 2001. Le grand livre des tisaneurs et plantes médicinales indigènes de la Réunion. Editions Orphie, Chevagny sur Guye, France. 522 pp.
- Rabearivelo, J.P., 1986. Approche des plantes médicinales en odontostomatologies dans la région de Toamasina. Thèse pour le diplôme d’état de Docteur en chirurgie dentaire, Université de Mahajanga, Institut d’Odontostomatologie tropicale de Madagascar, Mahajanga, Madagascar. 76 pp.
- Randriamahavorisoa, G., 1993. Etude des maladies et phytothérapie: cas des Tanosy d’Andohahela, Fort-Dauphin. Thèse pour l’obtention du Doctorat en Médecine (Diplôme d’Etat), Université d’Antananarivo, Anatananarivo, Madagascar. 75 pp.
- Rasoanaivo, P., Ratsimamanga-Urverg, S., Ramanitrahasimbolo, D., Rafatro, H. & Rakoto-Ratsimamanga, A., 1999. Criblage d’extraits de plantes de Madagascar pour recherche d’activité antipaludique et d’effet potentialisateur de la chloroquine. Journal of Ethnopharmacology 64: 117–126.
- Razafindrazaka, J.M., 1991. Croyances, attitudes et pratiques traditionnelles malgaches devant la diarrhée. Thèse pour l’obtention du grade de Docteur en médecine, Etablissement d’Enseignement Supérieur des Sciences de la Santé, Faculté de Médecine, Université d’Antananarivo, Madagascar. 83 pp.
- Unander, D.W., Webster, G.L. & Blumberg, B.S., 1991. Uses and bioassays in Phyllanthus (Euphorbiaceae): a compilation. 2. The subgenus Phyllanthus. Journal of Ethnopharmacology 34: 97–133.
Sources de l'illustration
- Coode, M.J.E., 1982. Euphorbiacées. In: Bosser, J., Cadet, T., Guého, J. & Marais, W. (Editors). Flore des Mascareignes. Familles 153–160. The Sugar Industry Research Institute, Mauritius, l’Office de la Recherche Scientifique Outre-Mer, Paris, France & Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 117 pp.
Auteur(s)
- N.S. Alvarez Cruz, Unidad de Medio Ambiente, Delegación del CITMA, Cor. Legon 268 / Henry Reeve y Carlos Roloff, Sancti Spiritus 60100, Cuba
Citation correcte de cet article
Alvarez Cruz, N.S., 2008. Phyllanthus casticum Willemet. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 17 septembre 2026.
- Voir cette page sur la base de données Prota4U.
