Phyllarthron madagascariense (PROTA)
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Introduction |
| Importance générale | |
| Répartition en Afrique | |
| Répartition mondiale | |
| Fruit | |
| Médicinal | |
| Bois d'œuvre | |
| Sécurité alimentaire | |


Phyllarthron madagascariense K.Schum.
- Protologue: Engl. & Prantl, Nat. Pflanzenfam. IV, 3b : 250, t. 93H (1895).
- Famille: Bignoniaceae
Origine et répartition géographique
Phyllarthron madagascariense est endémique de Madagascar où il est répandu dans l’est et dans la partie centrale de l’île. Il est couramment planté à Madagascar.
Usages
Le bois résistant, connu sous le nom de “zahana”, sert traditionnellement à la confection de manches d’armes, notamment de sagaies. Il est également recherché pour la réalisation de ponts, de poteaux de haies, d’étais de mine et de traverses de chemin de fer en raison de sa durabilité. Il convient pour la parqueterie lourde et les charpentes, les menuiseries, les boiseries intérieures, la charronnerie, les articles de sport, les jouets, les articles de fantaisie, les ustensiles agricoles et le tournage.
Même s’ils ne sont pas très bons à manger, les fruits sont comestibles, et se caractérisent par une consistance et un goût de banane séchée. L’écorce de la tige est employée en médecine traditionnelle pour soigner la diarrhée, les inflammations, les lésions et la toux. On applique les feuilles en externe sur les plaies, tandis que la décoction de feuille est administrée contre la blennorragie, et comme antinévralgique et relaxant. Les hommes boivent des infusions de feuilles pour soigner l’impuissance.
Propriétés
Le bois de cœur est brun jaunâtre et se démarque nettement de l’aubier. Le fil est droit, parfois léger contrefil, le grain est moyennement fin. C’est un bois très lourd, avec une densité de 1050–1210 kg/m³ à 12% d’humidité. Il sèche très lentement à l’air avec peu d’altération, bien qu’il ait une légère tendance aux gerces superficielles. Les taux de retrait de l’état vert à anhydre sont assez élevés, de 5,0–6,9% dans le sens radial et de 7,2–13,6% dans le sens tangentiel. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 214–282 N/mm², le module d’élasticité de 14 800–23 540 N/mm², la compression axiale de 90–122 N/mm², le cisaillement de 11 N/mm², le fendage de 23 N/mm et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 9, 1–15,3.
C’est un bois assez difficile à scier et à travailler. L’emploi de lames de scies stellitées est recommandé. Il se finit en donnant une surface lisse. Des avant-trous sont nécessaires lors du clouage. Le bois se colle, se colore et se polit de manière satisfaisante. Il est très durable. Il est rebelle à l’imprégnation avec des produits de préservation.
Les racines, le bois de cœur et l’écorce de la tige contiennent du lapachol, connu comme responsable d’un eczéma de contact. Les racines et le bois de cœur contiennent également de la sésamine, qui elle aussi peut provoquer une allergie de contact. Plusieurs hétérosides iridoïdes et hétérosides phénéthyles ont été isolés des feuilles, ainsi que des flavonoïdes.
Description
- Arbre de taille petite à moyenne atteignant 20(–40) m de haut, sempervirent ; fût dépourvu de branches sur 15 m, généralement rectiligne, parfois cannelé à la base, jusqu’à 80 cm de diamètre ; surface de l’écorce fissurée, noirâtre, écorce interne fibreuse ; ramilles à poils glandulaires.
- Feuilles opposées, quelquefois en verticilles de 3, constituées de 2 articles aplatis et ailés formés par le pétiole et le rachis, dépourvues de folioles ; stipules absentes ; article basal obovale-oblong, de 4,5–15 cm × 1,5–4 cm, article terminal elliptique à oblong-lancéolé, de 4–19 cm × 1–5,5 cm, coriace, glabre, pennatinervé à nombreuses nervures latérales.
- Inflorescence : cyme ou grappe axillaire ou terminale, comptant jusqu’à 20 fleurs.
- Fleurs bisexuées, zygomorphes, 5-mères, de grande taille ; pédicelle de 0,5–1 cm de long ; calice campanulé, de 0,5–1 cm de long, côtelé ; corolle en entonnoir mais étroitement cylindrique à la base, de 3–4(–5) cm de long, à 2 lèvres avec 2 lobes supérieurs et 3 lobes inférieurs obtus, blancs à roses ou rouge violacé, à marques jaunes dans la gorge, poilue ; étamines 4 en 2 paires inégales, insérées sur la corolle, incluses ; disque annulaire ; ovaire supère, d’environ 3 mm de long, légèrement quadrangulaire, 2-loculaire, style élancé, de 12–15 mm de long.
- Fruit : baie charnue, fusiforme, de 6–8 cm × environ 2 cm, lisse, recouverte de résine gluante, indéhiscente, renfermant de nombreuses graines.
- Graines globuleuses à obovoïdes, de 1–1,5 cm de long.
Autres données botaniques
Phyllarthron madagascariense fleurit et fructifie du mois de novembre au mois de mai. Les fleurs sont pollinisées par des insectes de grande taille comme les abeilles et par les souimangas. Ce sont les lémuriens qui mangent les fruits, disséminant ainsi probablement les graines.
Le genre Phyllarthron comprend près de 15 espèces limitées aux Comores (1 espèce) et à Madagascar. On le reconnaît aisément à ses feuilles constituées d’articles aplatis (des phyllodes) et à ses fruits indéhiscents, gluants, de grande taille.
Phyllarthron articulatum
Phyllarthron articulatum (Desf. ex Poir.) K.Schum. est un arbre de taille petite à moyenne atteignant 25 m de haut et répandu dans l’est de Madagascar. Il diffère de Phyllarthron madagascariense par ses feuilles composées de 3–5 articles. Son bois similaire est également connu sous le nom de “zahana”, et sert aux mêmes usages. D’autres Phyllarthron spp. sont de trop petite taille ou leur présence est trop locale pour que leur bois d’œuvre ait une quelconque importance. Toutefois, certains sont utilisés en médecine traditionnelle.
Ecologie
Phyllarthron madagascariense se rencontre généralement dans des types de forêts humides, souvent dans la forêt littorale sur sable, mais jusqu’à 1600(–2200) m d’altitude.
Ressources génétiques
Rien n’indique que Phyllarthron madagascariense ou Phyllarthron articulatum soient menacés dans l’immédiat. Tant l’une que l’autre sont des espèces comparativement répandues et localement communes dans l’est de Madagascar, ainsi que localement plantées.
Perspectives
Il faudrait disposer d’informations sur la multiplication, la plantation et les taux de croissance de Phyllarthron madagascariense et d’autres Phyllarthron spp. avant d’évaluer les perspectives qui se dessinent pour elles comme essences de reboisement.
Références principales
- Bolza, E. & Keating, W.G., 1972. African timbers: the properties, uses and characteristics of 700 species. Division of Building Research, CSIRO, Melbourne, Australia. 710 pp.
- Guéneau, P., Bedel, J. & Thiel, J., 1970–1975. Bois et essences malgaches. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 150 pp.
- Perrier de la Bâthie, H., 1938. Bignoniacées (Bignoniaceae). Flore de Madagascar et des Comores (plantes vasculaires), famille 178. Imprimerie Officielle, Tananarive, Madagascar. 91 pp.
- Rakotovao, G., Rabevohitra, R., Gerard, J., Détienne, P. & Collas de Chatelperron, P., en préparation. Atlas des bois de Madagascar. FOFIFA-DRFP, Antananarivo, Madagascar.
- Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan, 248 pp.
Autres références
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- Debray, M., Jacquemin, H. & Razafindrambao, R., 1971. Contribution à l’inventaire des plantes médicinales de Madagascar. Travaux et Documents No 8. ORSTOM, Paris, France. 150 pp.
- Guéneau, P., 1971. Bois de Madagascar. Possibilités d’emploi. Centre Technique Forestier Tropical, Antananarivo, Madagascar. 75 pp.
- Harinantenaina, L.R.R., Kasai, R., Rakotovao, M. & Yamasaki, K., 2001. New iridoid and phenethyl glycosides from Malagasy medicinal plant, Phyllarthron madagascariense. Natural Medicines 55(4): 187–192.
- Hudson, J.B., Lee, M.K. & Rasoanaivo, P., 2000. Antiviral activities in plants endemic to Madagascar. Pharmaceutical Biology 38(1): 36–39.
- Parant, B., Chichignoud, M. & Rakotovao, G., 1985. Présentation graphique des caractères des principaux bois tropicaux. Tome 5. Bois de Madagascar. CIRAD, Montpellier, France. 161 pp.
- Sallenave, P., 1955. Propriétés physiques et mécaniques des bois tropicaux de l’Union française. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent sur Marne, France. 129 pp.
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- Schatz, G.E., 2001. Generic tree flora of Madagascar. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 477 pp.
- Tillequin, F., Henri, M.E. & Paris, R.R., 1977. Isolement de l’hydroxy-5-trimethoxy-6,7,4’-flavone des feuilles de Phyllarthron madagascariense. Planta Medica 31(1): 76–79.
Auteur(s)
- R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Lemmens, R.H.M.J., 2009. Phyllarthron madagascariense K.Schum. In: Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 17 septembre 2026.
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