Phyllocosmus africanus (PROTA)
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Introduction |
| Importance générale | |
| Répartition en Afrique | |
| Répartition mondiale | |
| Fruit | |
| Médicinal | |
| Bois d'œuvre | |
| Bois de feu | |
| Sécurité alimentaire | |


Phyllocosmus africanus (Hook.f.) Klotzsch
- Protologue: Abh. Königl. Akad. Wiss. Berlin 1856: 232 (1857).
- Famille: Ixonanthaceae
Synonymes
- Ochthocosmus africanus Hook.f. (1848).
Origine et répartition géographique
Phyllocosmus africanus se rencontre de la Guinée-Bissau à la Centrafrique et à la R.D. du Congo.
Usages
Le bois est utilisé pour les perches et les poteaux dans la construction des huttes et des maisons, et en charpenterie. Il se prête aux constructions hydrauliques, à la parqueterie, aux étais de mine, à la construction navale et aux traverses de chemin de fer, mais il n’est pas indiqué pour la menuiserie, les boiseries intérieures, le mobilier, les instruments de musique, les jouets et les articles de fantaisie, la sculpture et le tournage. Les rameaux flexibles s’utilisent pour faire des pièges à gibier. Le bois est considéré comme un bon bois de feu et est également apprécié pour la production de charbon de bois, particulièrement demandé par les forgerons traditionnels.
L’écorce est utilisé en médecine traditionnelle. La décoction d’écorce se prend pour traiter la diarrhée, les vertiges, la raideur et la dysménorrhée, ainsi que comme antalgique.
Production et commerce international
Le bois de Phyllocosmus africanus n’est utilisé que localement et n’est pas vendu sur le marché international des bois d’œuvre.
Propriétés
Le bois de cœur est brun à brun rougeâtre et se distingue nettement de l’aubier qui est brun jaunâtre et assez large. Le fil est droit ou légèrement contrefil, le grain est fin. Les surfaces sciées sur quartier montrent des stries foncées ou une figure rubanée. Le bois contient de la gomme.
C’est un bois lourd, avec une densité de 915–965 kg/m³ à 12% d’humidité, et dur mais relativement cassant. Il doit être séché à l’air avec soin pour éviter des dégradations sérieuses. Les taux de retrait sont très élevés, du bois vert à anhydre ils sont d’environ 9,2% dans le sens radial et de 14,3% dans le sens tangentiel. Il est recommandé de scier les grumes sur quartier avant le séchage. Une fois sec, le bois est instable en service.
A 15% d’humidité, le module de rupture est de 180–210 N/mm², la compression axiale de 68–79 N/mm², le cisaillement de 4 N/mm², le fendage de 22,5 N/mm et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 6,8. Le bois se scie lentement et ne se travaille pas facilement, mais il peut être raboté pour obtenir une finition lisse. Il retient bien les clous, bien qu’il ait une légère tendance au fendage. Il est moyennement durable, étant modérément résistant aux champignons mais assez résistant aux attaques des termites et des térébrants marins. L’aubier est sensible aux Lyctus.
Description
- Gros arbuste ou arbre de taille petite à moyenne, atteignant 20(–35) m de haut, sempervirent ; fût dépourvu de branches sur 17 m mais habituellement beaucoup moins, normalement droit et cylindrique, jusqu’à 80(–100) cm de diamètre, souvent avec de nombreuses pousses adventives à la base ; surface de l’écorce légèrement fissurée longitudinalement, à nombreuses petites lenticelles, grisâtre à presque noire, écorce interne fibreuse, rougeâtre à brun foncé ; cime grande, à branches faiblement sinueuses et retombantes ; rameaux glabres.
- Feuilles alternes, simples ; stipules minuscules, caduques ; pétiole jusqu’à 0,5 cm de long ; limbe ovale à elliptique ou obovale, de 5–18 cm × 2–6,5 cm, cunéiforme à la base, acuminé à l’apex, à dents glanduleuses aux bords vers le sommet de la feuille, papyracé, glabre, pennatinervé à 5–7 paires de nervures latérales.
- Inflorescence : grappe axillaire jusqu’à 10 cm de long, courtement poilue.
- Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères ; pédicelle de 1–3 mm de long ; sépales légèrement soudés à la base, ovales-oblongs, d’environ 1,5 mm de long ; pétales libres, ovales-oblongs, de 3–4 mm de long, blanchâtres à jaunâtres ; étamines alternant avec les pétales, légèrement soudées à la base, jusqu’à 5 mm de long ; ovaire supère, ovoïde, d’environ 0,5 mm de long, style de 3–4 mm de long, stigmate 5-lobé.
- Fruit : capsule ovoïde à presque globuleuse, de 4–6 mm × 2,5–5 mm, déhiscente par 5 valves, contenant 1–3 graines, avec des sépales et des pétales persistants à la base.
- Graines ellipsoïdes, d’environ 3 mm de long, enfermées dans un arille rougeâtre.
- Plantule à germination épigée ; hypocotyle de 2–4 cm de long, épicotyle très court ; cotylédons foliacés, elliptiques, de 6–8 mm de long ; premières feuilles alternes.
Autres données botaniques
En Côte d’Ivoire, les arbres fleurissent normalement en juin–août, mais on peut les trouver en fleurs aussi en décembre–mars. Les fleurs sont parfumées et visitées par des mouches, qui sont probablement les principaux pollinisateurs. Les fruits prennent environ 3 mois pour mûrir après la floraison. Les graines, avec leurs arilles rougeâtres, sont consommées par des oiseaux, qui font office d’agents de dissémination.
Le genre Phyllocosmus comprend environ 5 espèces et est cantonné à l’Afrique. Il a été inclus pendant longtemps dans le genre Ochthocosmus, qui est désormais considéré comme limité à l’Amérique tropicale.
Phyllocosmus lemaireanus
Phyllocosmus lemaireanus (De Wild. & T.Durand) T.Durand & H.Durand (synonyme : Ochthocosmus lemaireanus De Wild. & T.Durand) est un arbuste ou petit arbre atteignant 10(–20) m de haut, qui se rencontre au sud de la R.D. du Congo, en Tanzanie, au Malawi, en Zambie, en Angola et au nord du Mozambique. Son bois est utilisé pour des perches dans la construction d’habitations et comme bois de feu. Les rameaux servent de brosses à dents, et la fumée du bois est inhalée pour traiter les rhumes, la toux et des yeux douleureux. La décoction de racine se prend comme vermifuge.
Ecologie
Phyllocosmus africanus est présent dans plusieurs types de forêt des basses terres jusqu’à environ 500 m d’altitude, dont la forêt plutôt sèche à humide, la forêt périodiquement inondée et la forêt-galerie, et même parfois dans la savane boisée et sur des termitières en savane herbeuse. En forêt, c’est souvent un arbre de sous-étage.
Gestion
Les fruits sont habituellement récoltés sur l’arbre avant qu’ils s’ouvrent, et les petites graines sont ramassées des fruits ouverts après un séchage à l’ombre. Le taux de germination est de l’ordre de 30–40% ; les graines commencent à germer 3–6 semaines après le semis. Les semis préfèrent l’ombre. En forêt de production de bois d’œuvre, Phyllocosmus africanus est souvent considéré comme une adventice, qui était parfois tuée par annélation ou empoisonnement, par ex. avec de l’arsénite de sodium. Les fûts sont souvent petits et courts, donnant des quantités limitées de bois, mais un fût de 17 m de long avec un diamètre de 70 cm, abattu en R.D. du Congo, a donné 5,5 m³ de bois.
Ressources génétiques
Phyllocosmus africanus est répandu et par endroits commun dans plusieurs types de forêt et n’est pas exploité à grande échelle. Par conséquent, il n’est pas menacé d’érosion génétique.
Perspectives
Les fûts sont habituellement trop petits pour présenter un intérêt pour l’exploitation commerciale. En outre, le bois est assez difficile à sécher, à scier et à travailler. Phyllocosmus africanus et d’autres espèces de Phyllocosmus continueront d’avoir une importance limitée pour des applications locales, notamment pour les perches de construction.
Références principales
- Badré, F., 1972. Ixonanthaceae. Flore du Cameroun. Volume 14. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. pp. 57–63.
- Bolza, E. & Keating, W.G., 1972. African timbers: the properties, uses and characteristics of 700 species. Division of Building Research, CSIRO, Melbourne, Australia. 710 pp.
- Burkill, H.M., 1994. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 2, Families E–I. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 636 pp.
- Fouarge, J., Gérard, G. & Sacré, E., 1953. Bois du Congo. Institut National pour l’Etude Agronomique du Congo belge (INEAC), Brussels, Belgium. 424 pp.
- Wilczek, R. & Boutique, R., 1958. Linaceae. In: Robyns, W., Staner, P., Demaret, F., Germain, R., Gilbert, G., Hauman, L., Homès, M., Jurion, F., Lebrun, J., Vanden Abeele, M. & Boutique, R. (Editors). Flore du Congo belge et du Ruanda-Urundi. Spermatophytes. Volume 7. Institut National pour l’Étude Agronomique du Congo belge, Brussels, Belgium. pp. 29–53.
Autres références
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- Badré, F., 1973. Ixonanthaceae. Flore du Gabon. Volume 21. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. pp. 55–62.
- Chilufya, H. & Tengnäs, B., 1996. Agroforestry extension manual for northern Zambia. Regional Soil Conservation Unit, Nairobi, Kenya. 120 + 124 pp.
- de Koning, J., 1983. La forêt de Banco. Part 2: La Flore. Mededelingen Landbouwhogeschool Wageningen 83–1. Wageningen, Netherlands. 921 pp.
- Hawthorne, W.D., 1995. Ecological profiles of Ghanaian forest trees. Tropical Forestry Papers 29. Oxford Forestry Institute, Department of Plant Sciences, University of Oxford, United Kingdom. 345 pp.
- Hawthorne, W. & Jongkind, C., 2006. Woody plants of western African forests: a guide to the forest trees, shrubs and lianes from Senegal to Ghana. Kew Publishing, Royal Botanic Gardens, Kew, United Kingdom. 1023 pp.
- Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
- Normand, D. & Paquis, J., 1976. Manuel d’identification des bois commerciaux. Tome 2. Afrique guinéo-congolaise. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 335 pp.
- Savill, P.S. & Fox, J.E.D., 1967. Trees of Sierra Leone. Forest Department, Freetown, Sierra Leone. 316 pp.
- Tailfer, Y., 1989. La forêt dense d’Afrique centrale. Identification pratique des principaux arbres. Tome 2. CTA, Wageningen, Pays-Bas. pp. 465–1271.
Auteur(s)
- R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Lemmens, R.H.M.J., 2012. Phyllocosmus africanus (Hook.f.) Klotzsch. In: Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. Consulté le 16 septembre 2026.
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