Weinmannia minutiflora (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
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Importance générale
Répartition en Afrique
Répartition mondiale
Bois d'œuvre
Bois de feu


répartition en Afrique (sauvage)

Weinmannia minutiflora Baker


Protologue: Journ. Linn. Soc., Bot. 21: 339 (1884).
Famille: Cunoniaceae

Origine et répartition géographique

Weinmannia minutiflora est répandu au nord, au centre et à l’est de Madagascar, et jusqu’à Tolanaro au sud.

Usages

Le bois, connu sous le nom de “lalona” à l’instar de celui de plusieurs autres Weinmannia spp., est apprécié pour la construction des maisons, les ponts, les échafaudages et les traverses de chemin de fer, mais également pour les parquets de luxe et en mosaïque. Il se prête à la menuiserie intérieure et extérieure, la construction navale, la fabrication de meubles, l’ébénisterie, les jouets, les bibelots, les boîtes, les caisses, la sculpture, la création de motifs, le tournage, le placage, le contreplaqué, les panneaux durs et panneaux de particules. Il est aussi utilisé comme bois de feu et pour la production de charbon de bois.

Propriétés

Le bois de cœur, brun rougeâtre, ne se démarque pas distinctement de l’aubier. Le fil est droit ou ondé, le grain fin et régulier. C’est un bois de poids moyen, d’une densité de 650–690 kg/m³ à 12% d’humidité. Il sèche à l’air lentement et a tendance à gauchir. Les taux de retrait sont élevés, du bois vert à anhydre de 4,1–6,2% radialement et de 9,2–11,7% tangentiellement. Une fois sec, le bois est moyennement stable en service. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 114–137 N/mm², le module d’élasticité de 9410–12 150 N/mm², la compression axiale de 51–52 N/mm², le cisaillement de 6–8,5 N/mm², le fendage de 16,5–18,5 N/mm et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 2,8–9,0.

Le bois est relativement facile à travailler, aussi bien avec des machines-outils qu’à la main. Le rabotage donne une jolie surface. Le clouage est relativement facile et le bois a une bonne capacité de rétention des clous. Il se colle de manière satisfaisante et les propriétés de vernissage sont bonnes. Le bois peut être tranché en placage de bonne qualité. Sa résistance aux attaques de champignons, de termites et de xylophages du genre Lyctus en fait un bois relativement durable. Il est rebelle à l’imprégnation avec des produits de conservation, en particulier le bois de cœur.

Description

  • Arbre de taille moyenne, sempervirent, atteignant 30 m de haut ; fût dépourvu de branches sur une hauteur pouvant atteindre 12 m, atteignant 60 cm de diamètre ; surface de l’écorce grise à brun rougeâtre, à lenticelles ; rameaux légèrement carrés, à poils courts.
  • Feuilles opposées décussées, composées à 3(–5) folioles ; stipules soudées, ovales, caduques ; pétiole d’environ 2 cm de long ; folioles sessiles, obovales à elliptiques, les 2 latérales de 3–4 cm × 1–1,5 cm, celle du centre de 5–7 cm × 2–2,5 cm, habituellement obtuses à l’apex, bords dentés, papyracées à finement coriaces, glabres, pennatinervées à environ 8 paires de nervures latérales.
  • Inflorescence : épis axillaires ou apparemment terminaux atteignant 18 cm de long, souvent étroitement groupés à plusieurs sur un rameau, à poils courts, avec des fleurs souvent regroupées par 4 sur l’axe.
  • Fleurs bisexuées, régulières, 4(–5)-mères, petites, presque sessiles ; sépales légèrement soudés à la base, triangulaires, habituellement glabres ; pétales libres, elliptiques, atteignant 1,5 mm de long, blanchâtres, rapidement caducs ; étamines habituellement 8, libres ; disque habituellement 8-lobé ; ovaire supère, densément poilu, 2-loculaire, styles 2, divergents.
  • Fruit : capsule ellipsoïde d’environ 4 mm de long, densément couverte de poils courts, surmontée par les styles, déhiscente par 2 valves, à endocarpe jaune se séparant de la paroi du fruit, contenant de nombreuses graines.
  • Graines largement ellipsoïdes, d’environ 0,5 mm de long, brun rougeâtre, à deux touffes de longs poils aux deux extrémités.

Autres données botaniques

Les fleurs sont souvent butinées par les abeilles.

Le genre Weinmannia comprend environ 150 espèces et est présent en Amérique Centrale et en Amérique du Sud, en Asie tropicale, dans le Pacifique Sud, en Australie, en Nouvelle-Zélande, aux Comores, à Madagascar, à l’île de la Réunion et à l’île Maurice. On peut en trouver une quarantaine d’espèces à Madagascar. Le bois de plusieurs Weinmannia spp. dont les individus atteignent des dimensions importantes, a les mêmes usages que celui de Weinmannia minutiflora, bien que souvent plus lourd, avec une densité de 750–980 kg/m³ à 12% d’humidité.

Weinmannia bojeriana

Le bois de Weinmannia bojeriana Tul., arbuste à arbre de taille petite à moyenne atteignant 20 m de haut, répandu au centre et à l’est de Madagascar, est certainement utilisé.

Weinmannia rutenbergii

Le bois de Weinmannia rutenbergii Engl. est lourd, d’une densité d’environ 930–980 kg/m³ à 12% d’humidité. Weinmannia rutenbergii, répandu à Madagascar sauf dans la partie occidentale de l’île, est une espèce de port variable allant d’un petit arbuste à un arbre de taille moyenne, atteignant 20 m de haut. C’est probablement l’une des espèces de Weinmannia les plus couramment exploitées pour son bois d’œuvre, qui sert par exemple à fabriquer des parquets.


Il est à noter que l’identité des Weinmannia spp. dans la littérature est souvent incertaine en raison d’identifications erronées et de confusion. Ceci est dû au grand nombre d’espèces présentes à Madagascar et aux difficultés d’utilisation des clés d’identification. Des morceaux d’écorce et de bois de Weinmannia spp. servaient jadis à préparer une teinture brun rougeâtre, et l’écorce et les feuilles sont employées en médecine traditionnelle, surtout comme astringent et pour traiter les maux de tête.

Weinmannia tinctoria

Le bois de Weinmannia tinctoria Sm., arbre de taille petite à moyenne atteignant 20 m de haut avec un fût atteignant 100 cm de diamètre, endémique de l’île de la Réunion et de l’île Maurice, servait autrefois à la Réunion en menuiserie, pour la fabrication de meubles, en ébénisterie et en tonnellerie. Mais les peuplements ont fortement chuté et Weinmannia tinctoria figure sur la Liste rouge de l’UICN dans la catégorie des espèces en danger critique d’extinction. Des extraits de feuilles de Weinmannia tinctoria ont montré une activité inhibitrice de l’enzyme de conversion de l’angiotensine, qui joue un rôle important dans la régulation de la pression artérielle et de la diurèse.

Ecologie

Weinmannia minutiflora se rencontre en forêt humide sempervirente, depuis le niveau de la mer jusqu’à 2000 m d’altitude.

Gestion

La partie centrale des grumes est souvent mouchetée de blanchâtre, ou montre des signes de pourriture du cœur ; les fentes de cœur sont courantes à l’abattage.

Ressources génétiques

Weinmannia minutiflora est répandu à Madagascar et ne semble pas menacé.

Perspectives

Weinmannia minutiflora et les autres Weinmannia spp. méritent davantage d’attention de la part des chercheurs. Ils pourraient bien présenter un avantage comme arbres à bois d’œuvre à planter à Madagascar ; leur bois est très apprécié, de nombreuses espèces sont répandues et certaines espèces envahissent mêmes les régions déboisées. L’attention de la recherche doit se porter surtout sur les taux de croissance, les conditions écologiques optimales et les techniques de multiplication.

Références principales

  • Bernardi, L., 1965. Cunoniacées (Cunoniaceae). Flore de Madagascar et des Comores (plantes vasculaires), famille 93. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. 62 pp.
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  • Guéneau, P., Bedel, J. & Thiel, J., 1970–1975. Bois et essences malgaches. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 150 pp.
  • Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan, 248 pp.

Autres références

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  • Boiteau, P., Boiteau, M. & Allorge-Boiteau, L., 1999. Dictionnaire des noms malgaches de végétaux. 4 Volumes + Index des noms scientifiques avec leurs équivalents malgaches. Editions Alzieu, Grenoble, France.
  • Bradford, J.C., 2001. The application of a cladistic analysis to the classification and identification of Weinmannia (Cunoniaceae) in Madagascar and the Comoro Islands. Adansonia, sér. 3, 23(2): 237–246.
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  • Sallenave, P., 1971. Propriétés physiques et mecaniques des bois tropicaux. Deuxième supplément. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 128 pp.
  • Schatz, G.E., 2001. Generic tree flora of Madagascar. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 477 pp.
  • Scott, A.J., 1997. Cunoniacées. In: Bosser, J., Cadet, T., Guého, J. & Marais, W. (Editors). Flore des Mascareignes. Familles 81–89. The Sugar Industry Research Institute, Mauritius, l’Institut Français de Recherche Scientifique pour le Développement en Coopération (ORSTOM), Paris, France & Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 5 pp.

Auteur(s)

  • R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Lemmens, R.H.M.J., 2010. Weinmannia minutiflora Baker. In: Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 16 septembre 2026.


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