Ritchiea capparoides (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale
Répartition en Afrique
Répartition mondiale
Médicinal


Ritchiea capparoides (Andr.) Britten


Fichier:Map Ritchiea capparoides.gif
répartition en Afrique (sauvage)
Fichier:Linedrawing Ritchiea capparoides.gif
1, rameau en fleurs ; 2, infrutescence. Source: Flore analytique du Bénin
Protologue : Journ. Bot. 55: 279 (1917).
Famille : Capparaceae
Nombre de chromosomes : 2 = 20

Synonymes

  • Ritchiea fragariodora Gilg (1903),
  • Ritchiea insignis (Pax) Gilg (1903),
  • Ritchiea longipedicellata Gilg (1903),
  • Ritchiea boukokoensis Tiss. & Sillans (1953).

Noms vernaculaires

  • Mtunguru (Sw).

Origine et répartition géographique

Ritchiea capparoides est répandu, présent depuis le Sénégal jusqu’au Kenya, et vers le sud jusqu’au nord de la Zambie, au nord de l’Angola et au nord du Mozambique.

Usages

Les racines et les feuilles s’utilisent en médecine traditionnelle. Les racines pilées s’appliquent aux oreilles pour soigner l’otite. Des préparations de racines s’utilisent en externe pour traiter les rhumatismes, les enflures et les infections mammaires. La décoction ou la macération des racines se prend contre la gonorrhée, les maux d’estomac, les rhumatismes et la toux, ainsi que comme antalgique et vermifuge. Des préparations de feuilles s’appliquent en externe pour soigner l’ophtalmie, la conjonctivite, les enflures, les blessures, les morsures de serpent et le ver de Guinée. La décoction de feuilles est absorbée contre la gonorrhée, les rhumatismes et la stérilité féminine, ainsi que comme vermifuge et antidote contre les poisons. En Côte d’Ivoire, des préparations de feuilles s’utilisent dans le traitement de la paralysie des membres, alors que les tiges seraient aphrodisiaques lorsqu’on les utilise en cure-dents.

Propriétés

On a isolé des racines le saccharose (37%), le lupéol, le β-sitostérol et le 3-méthyl-4-méthylaminobenzaldéhyde. La cléomine a été isolée de l’écorce de racine. Des composés ammoniums quaternaires ont été isolés des feuilles : la proline bétaïne, la 3-hydroxyproline bétaïne et le 3-hydroxy-1,1-diméthylpyrrolidinium. La proline bétaïne est aussi abondante dans les fruits d’agrumes et aurait une action osmoprotectrice pour les reins.

Des études préliminaires sur les activités antifongiques et cytotoxiques des extraits de racine, d’écorce et de feuilles de Ritchiea capparoides ont démontré une activité in vitro contre plusieurs souches de champignons, alors que les extraits se sont avérés être relativement non toxiques pour les larves de l’Artemia. L’extrait au méthanol des racines avait une forte activité vermifuge in vitro contre Taenia solium et une action modérée contre Ascaris lumbricoides ; l’effet sur Taenia solium était environ 2 fois moins fort que celui du médicament de référence (la citrate de pipérazine).

Description

Arbuste, souvent à tiges grimpantes, ou petit arbre atteignant 6 m de haut ; rameaux glabres, brun rougeâtre, à nombreuses lenticelles. Feuilles alternes, généralement composées, à 3 folioles, parfois simples ou à 5 folioles ; stipules absentes ; pétiole de 1,5–7(–15) cm de long ; pétiolules jusqu’à 1 cm de long, rainurés au-dessus ; folioles elliptiques à obovales ou lancéolées, de 6–15(–26) cm × 2,5–10(–14) cm, légèrement cunéiformes à arrondies et souvent asymétriques à la base, arrondies à courtement acuminées à l’apex, souvent à extrémité en forme de poil, bords entiers, coriaces, glabres, pennatinervées à 4–7 paires de nervures latérales. Inflorescence : grappe ombelliforme terminale ou apparemment axillaire, glabre, portant jusqu’à 30 fleurs. Fleurs bisexuées, régulières, 4-mères, blanc verdâtre à blanc jaunâtre ; pédicelle jusqu’à 8(–10) cm de long ; sépales libres, elliptiques à lancéolés, de 1,5–3 cm de long, pubescents sur les bords ; pétales 4 ou 8, oblongs-linéaires, de 3–6(–8) cm de long ; étamines nombreuses, libres, de 2–4 cm de long, filets blancs ; ovaire supère, longuement stipité, cylindrique, normalement à 4 côtes, 1-loculaire, stigmate sessile, capité. Fruit : capsule cylindrique, ressemblant à une baie, de 4–8 cm × 2,5–4 cm, à pédoncule atteignant 5 cm de long et généralement à 4 côtes longitudinales, brune, verruqueuse, tardivement déhiscente, contenant de nombreuses graines. Graines trigones légèrement comprimées, d’environ 1 cm de long, rugueuses, brunes.

Autres données botaniques

Le genre Ritchiea comprend une quinzaine d’espèces et est cantonné à l’Afrique continentale. Il est apparenté aux genres Boscia, Maerua et Thilachium. Quelques autres espèces de Ritchiea servent parfois aux même fins médicinales que Ritchiea capparoides.

Ritchiea aprevaliana

Ritchiea aprevaliana (De Wild. & T.Durand) R.Wilczek est un arbuste ou liane à tiges jusqu’à 8 m de long et 1,5 cm de diamètre, présent dans la forêt pluviale depuis le Cameroun et le Gabon jusqu’à l’ouest de l’Ouganda. Au Congo, les racines pilées s’appliquent sur les oreilles pour soigner l’otite.

Ritchiea reflexa

Ritchiea reflexa (Thonn.) Gilg & Benedict est un petit arbuste à tiges grimpantes qui se rencontre en savane et en forêt sèche de la Guinée jusqu’au Bénin. La macération de feuilles se prend contre la toux, et les feuilles pilées s’appliquent sur les abcès et le ver de Guinée. L’écorce de racine est appliquée sur les oreilles contre le mal d’oreille. La pulpe du fruit serait comestible. Ritchiea reflexa est cultivé comme plante ornementale, par ex. aux Etats-Unis. Au Ghana, il est considéré une bonne espèce fourragère.

Ritchiea simplicifolia

Ritchiea simplicifolia Oliv. est un arbuste atteignant 3 m de haut, qui se rencontre depuis l’est du Nigeria jusqu’au Gabon, en forêt mais parfois également dans les champs agricoles. Les racines pilées s’appliquent sur les oreilles pour soigner l’otite.

Croissance et développement

Au Sénégal, les fleurs apparaissent en mai, mais au Bénin la floraison et la fructification ont lieu pendant toute l’année. Au Gabon, Ritchiea capparoides fleurit pendant la saison sèche.

Ecologie

On peut rencontrer Ritchiea capparoides dans divers milieux des basses terres, allant de la forêt sempervirente à la forêt décidue, la forêt claire, les broussailles, la savane herbeuse à arbres disséminés, les champs agricoles abandonnés, et parfois sur les termitières, jusqu’à 450 m d’altitude.

Multiplication et plantation

Ritchiea capparoides se multiplie par graines.

Ressources génétiques

Ritchiea capparoides est répandu et a une large adaptation écologique ; il n’est donc pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

La phytochimie et les activités pharmacologiques justifient davantage de recherches étant donné les usages de Ritchiea capparoides en médecine traditionnelle, qui suggèrent des activités antimicrobiennes, antalgiques et anthelminthiques. Le criblage préliminaire a montré des résultats prometteurs en ce qui concerne les propriétés antifongiques et vermifuges.

Références principales

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  • Ajaiyeoba, E.O., Rahman, A.U. & Choudhary, I.M., 1998. Preliminary antifungal and cytotoxicity studies of extracts of Ritchiea capparoides var. longipedicellata. Journal of Ethnopharmacology 62(3): 243–246.
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Autres références

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Sources de l’illustration

  • Akoègninou, A., van der Burg, W.J. & van der Maesen, L.J.G. (Editors), 2006. Flore analytique du Bénin. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. 1034 pp.

Auteur(s)

  • R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Lemmens, R.H.M.J., 2013. Ritchiea capparoides (Andrews) Britten. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editeurs). Prota 11(2): Medicinal plants/Plantes médicinales 2. PROTA, Wageningen, Pays Bas. Consulté le 17 septembre 2026.


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