Sideroxylon inerme (PROTA)
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Introduction |
| Importance générale | |
| Répartition en Afrique | |
| Répartition mondiale | |
| Fruit | |
| Médicinal | |
| Bois d'œuvre | |
| Sécurité alimentaire | |
| Changement climatique | |





- Protologue: Sp. pl. 1 : 192 (1753).
- Famille: Sapotaceae
- Nombre de chromosomes: 2n = 44
Noms vernaculaires
- White milkwood (En).
- Mkoko bara, mgongonga, mtunda wa ngombe, mchocha mwitu (Sw).
Origine et répartition géographique
Sideroxylon inerme est réparti le long de la côte orientale d’Afrique, depuis la Somalie jusqu’à l’Afrique du Sud, ainsi que sur l’île d’Aldabra (Seychelles) et à Mayotte ; on le rencontre sporadiquement plus à l’intérieur.
Usages
Le bois de Sideroxylon inerme est employé pour les poteaux et pour la confection de cuillers ; on l’a aussi utilisé pour la construction d’habitations, la construction navale, la construction de ponts et la fabrication de moulins. Il est également employé comme bois de feu et pour le charbon de bois.
Les fruits sont parfois consommés. En médecine traditionnelle africaine, on mélange les racines pilées et torréfiées avec de l’huile de graines de Trichilia emetica Vahl, et on en frotte des incisions faites sur les membres fracturés. Une décoction de racine, administrée en lavement, est un diaphorétique. La racine séchée réduite en poudre est absorbée pour traiter la conjonctivite. On boit une infusion d’écorce contre les cauchemars. Une décoction d’écorce sert à traiter l’anaplasmose chez les animaux.
Propriétés
Le bois est brun jaunâtre avec un fin grain. Il est lourd (densité de 1040 kg/m³ à 10% de degré d’humidité), dur, résistant et durable, même en conditions humides.
Description
- Arbuste ou petit arbre sempervirent étalé, très branchu, atteignant 15 m de haut, ayant souvent une apparence noueuse, avec un latex laiteux peu abondant ; écorce grise, brune ou noire, fissurée ; jeunes branches couvertes de poils fins et doux, gris à roux, branches âgées glabres.
- Feuilles disposées en spirale ou moins souvent opposées, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole de 0,5–2 cm de long, couvert de poils roux lorsque jeune, glabre ensuite ; limbe elliptique à obovale, de (3–)4–12(–15) cm × (1,5–)2–6(–7,5) cm, base étroitement cunéiforme, apex obtus à arrondi ou émarginé, épais et coriace, souvent avec des poils roux disparaissant avec l’âge, pennatinervé avec des nervures latérales peu distinctes.
- Inflorescence : fascicule dense à l’aisselle des feuilles.
- Fleurs généralement bisexuées, régulières, 5-mères, avec une odeur désagréable ; pédicelle jusqu’à 7 mm de long, courtement poilu ; sépales largement ovales, jusqu’à 2,5 mm de long, légèrement poilus ou glabres à l’extérieur ; corolle campanulée, jusqu’à 5 mm de diamètre, blanchâtre, crème ou verdâtre, tube jusqu’à 1,5 mm de long, lobes ovales et jusqu’à 2,5 mm de long ; étamines opposées aux lobes de la corolle, jusqu’à 5 mm de long, alternant avec des staminodes pétaloïdes ovales à lancéolés de 1,5–3 mm de long ; ovaire supère, globuleux, poilu, 5-loculaire, style jusqu’à 1,5 mm de long.
- Fruit : baie sphérique de 6–15 mm de diamètre, avec un style persistant, noir pourpré à maturité, lisse, à pulpe charnue, visqueuse, renfermant 1 seule graine.
- Graines globuleuses, de 5–9 mm de diamètre, tégument épais et ligneux, de couleur crème ou brune, luisantes, avec 5 arêtes longitudinales et 2–4 petits creux près de la cicatrice basale.
Autres données botaniques
En Afrique australe, Sideroxylon inerme fleurit en janvier–juillet et fructifie en juillet–janvier. La dispersion des graines est effectuée par les oiseaux. Sideroxylon inerme peut devenir très vieux : l’arbre connu sous le nom d’ “arbre de la Poste” (“Post Office tree”) à Mossel Bay (Afrique du Sud) est âgé de plus de 500 ans.
Au sein de Sideroxylon inerme on distingue 3 sous-espèces : subsp. diospyroides (Baker) J.H.Hemsl., dont l’aire s’étend sur la Somalie, le Kenya, la Tanzanie, le Zimbabwe et le Mozambique ; subsp. inerme, se rencontrant au Mozambique et en Afrique du Sud ; et subsp. cryptophlebium (Baker) J.H.Hemsl. qui pousse sur l’île d’Aldabra (Seychelles).
Le genre Sideroxylon comprend une cinquantaine d’espèces en Amérique tropicale, et environ 25 espèces dans l’Ancien monde (6 en Afrique continentale, environ 6 à Madagascar, 8 dans les îles Mascareignes, et 5 en Asie).
Sideroxylon puberulum
Sideroxylon puberulum DC., arbre atteignant 15 m de haut avec un diamètre de fût jusqu’à 60 cm, est endémique de Maurice, où il est connu sous le nom de “manglier rouge”. Son bois est lourd et durable et sert à faire des poteaux, des madriers et des quilles de bateaux.
Sideroxylon sessiliflorum
Le bois de Sideroxylon sessiliflorum (Poir.) Capuron, endémique assez rare de Maurice, a été qualifié de très bon pour l’ébénisterie.
Ecologie
Sideroxylon inerme est essentiellement un arbre des forêts claires côtières et de la forêt littorale. C’est une composante commune des fourrés des rivages à la limite des hautes eaux, et on le trouve aussi à la limite intérieure des mangroves. On le trouve parfois plus loin dans l’intérieur le long de cours d’eau et dans les forêts ouvertes, jusqu’à 1500 m d’altitude, souvent sur des termitières. Il pousse dans des régions à pluviométrie annuelle moyenne de 300–1500 mm, et il tolère l’ombre et le vent.
Gestion
Sideroxylon inerme se multiplie aisément par graines, dont la germination prend 4–6 semaines. La multiplication végétative par boutures est également possible, mais il ne faut utiliser que des pousses latérales semi-matures ; les boutures s’enracinent normalement en 6–8 semaines.
Ressources génétiques
Il est difficile de dire dans quelle mesure Sideroxylon inerme est menacé d’érosion génétique en Afrique tropicale. Il est protégé en Afrique du Sud, où il faut un permis même pour élaguer un arbre ; 3 spécimens ont été déclarés monuments nationaux dans ce pays.
Perspectives
Le bois de Sideroxylon inerme est dur, résistant et durable, mais on a peu d’information sur ses caractéristiques technologiques. Du fait des faibles dimensions de l’arbre et du statut de conservation incertain de l’espèce, on ne peut s’attendre à voir son importance s’accroître comme source de bois d’œuvre. Sideroxylon inerme ne prend pas facilement feu, et on pourrait en faire des plantations coupe-feu.
Références principales
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- Lovett, J.C., Ruffo, C.K., Gereau, R.E. & Taplin, J.R.D., 2006. Field guide to the moist forest trees of Tanzania. [Internet] Centre for Ecology Law and Policy, Environment Department, University of York, York, United Kingdom. http://celp.org.uk/ projects/ tzforeco/. June 2006.
- Pennington, T.D., 1991. The genera of Sapotaceae. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom and the New York Botanical Garden, New York, United States. 295 pp.
Autres références
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- Bosman, F., 2006. Sideroxylon inerme L. subsp. inerme. [Internet] South African National Biodiversity Institute, Cape Town, South Africa. http://www.plantzafrica.com/ plantqrs/sideroxinerm.htm. October 2006.
- Friedmann, F., 1981. Sapotacées. In: Bosser, J., Cadet, T., Guého, J. & Marais, W. (Editors). Flore des Mascareignes. Familles 111–120. The Sugar Industry Research Institute, Mauritius, l’Office de la Recherche Scientifique Outre-Mer, Paris, France & Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 27 pp.
- Hemsley, J.H., 1968. Sapotaceae. In: Milne-Redhead, E. & Polhill, R.M. (Editors). Flora of Tropical East Africa. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. 79 pp.
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- van Wyk, B. & van Wyk, P., 1997. Field guide to trees of southern Africa. Struik Publishers, Cape Town, South Africa. 536 pp.
Auteur(s)
- M. Brink, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Brink, M., 2007. Sideroxylon inerme L. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 24 avril 2026.
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