Strophanthus thollonii (PROTA)
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Introduction |
Strophanthus thollonii Franch.
- Protologue: Journ. Bot. (Morot) 7 : 299 (1893).
- Famille: Apocynaceae
Origine et répartition géographique
Strophanthus thollonii est présent dans le sud-est du Nigeria, dans le sud du Cameroun, en Centrafrique et au Gabon.
Usages
Au Gabon et au Cameroun, les Fangs et les pygmées Bagiellis utilisent les graines broyées ou bouillies pour préparer un poison de chasse. Les graines s’utilisent seules ou avec celles de Strophanthus gratus (Wall. & Hook.) Baill., ou bien elles sont l’un des ingrédients d’une recette compliquée mélangeant plusieurs plantes, des têtes de serpents et des champignons.
Propriétés
Un grand nombre d’hétérosides cardiaques (cardénolides) ont été isolés de Strophanthus thollonii. Ce sont les graines qui en contiennent la concentration la plus élevée. Du point de vue chimique, les hétérosides solubles dans l’eau des graines de Strophanthus thollonii ressemblent beaucoup à ceux de Strophanthus sarmentosus DC. Les principaux hétérosides isolés, qui reposent sur 3 aglycones, comprennent le sarmentoside A, le tholloside, le bipindoside, le locundioside et le sarhamnoloside. Tous sont fortement toxiques. Les graines contiennent aussi des traces d’ouabaïne.
Description
Liane sempervirente atteignant 20 m de long, contenant un exsudat clair ou blanc dans toutes ses parties ; tige atteignant 5 cm de diamètre ; écorce grise ; rameaux à lenticelles nombreuses, marron-brun foncé ou noirâtres. Feuilles opposées décussées, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole de 2–13 mm de long ; limbe étroitement elliptique à obovale, de 3–17,5 cm × 1–7,5 cm, base cunéiforme à décurrente, apex aigu à acuminé, bord légèrement révoluté, coriace, glabre. Inflorescence : cyme terminale dichasiale serrée, disposée sur des rameaux longs ou courts ou dans les fourches, glabre, à 1–5 fleurs ; pédoncule de 0–4 mm de long ; bractées ovales à étroitement triangulaires, de 1,5–12 mm de long, aiguës, tombant très tôt. Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères, odorantes ; pédicelle de 2–10 mm de long ; sépales libres, inégaux, elliptiques à étroitement elliptiques, de 10–26 mm de long, aigus ; tube de la corolle de 24–38 mm de long, s’élargissant à environ 50% de sa longueur en une partie supérieure cylindrique ou en coupe, faisant 11–22 mm de large à la gorge, blanc virant au jaune à la base à l’extérieur, rose virant au violet dans la partie supérieure à l’extérieur, blanc et strié de rouge ou de violet à l’intérieur, le blanc virant au jaune, lobes de la couronne étroitement triangulaires, de 10–27 mm × 2–4 mm, aigus, légèrement charnus, légèrement pubescents, roses virant au violet au centre, à bords et apex blancs, le blanc virant au jaune, lobes de la corolle ovales, de 18–41 mm × 10–19 mm, aigus à légèrement acuminés, blancs virant au jaune à l’intérieur, rose foncé ou violets à l’extérieur ; étamines insérées à 15–20 mm de la base du tube de la corolle, exsertes ; ovaire semi-infère, 2-loculaire, style de 17–23 mm de long, terminé par une tête de pistil en anneau entourant le stigmate. Fruit constitué de 2 follicules ellipsoïdes de 18–47 cm × 1,5–2,5 cm, s’amenuisant en un apex étroit, à 2 valves, divergeant de 140–180º, à paroi relativement mince et dure, lisse ou légèrement cannelée, glabre, à lenticelles, brun-marron foncé ou violet noirâtre, contenant de nombreuses graines. Graines fuselées, de 15–24 mm × 2–3 mm, couvertes de poils courts et denses, pourvues à l’apex d’un bec atteignant 3,5 cm de long, glabre sur 1,5–15 mm dans la partie basale, garni dans la partie supérieure de long poils atteignant 4 cm de long.
Autres données botaniques
Le genre Strophanthus comprend 38 espèces, dont 30 en Afrique continentale, 1 à Madagascar et 7 en Asie, de l’Inde à l’Asie du Sud-Est. Strophanthus thollonii ressemble à Strophanthus gratus (Wall. & Hook.) Baill., mais sur le plan chimique, ils ne sont pas du tout apparentés. Tous deux n’ont pas les longues queues des pétales caractéristiques du genre. Strophanthus thollonii fleurit toute l’année, avec un pic entre novembre et janvier. On trouve des fruits mûrs de décembre à janvier. Ses graines servent parfois à falsifier celles de Strophanthus hispidus DC.
Strophanthus gardeniiflorus
Strophanthus gardeniiflorus Gilg est étroitement apparenté à Strophanthus thollonii et chimiquement similaire. Il est limité aux forêts-galeries du sud de la R.D. du Congo, au nord de la Zambie et à l’est de l’Angola, à 1000–1500 m d’altitude. Ses graines sont utilisées comme poison de flèche.
Ecologie
Strophanthus thollonii est présent sur les berges de rivières dans les forêts humides, depuis le niveau de la mer jusqu’à 300 m d’altitude.
Ressources génétiques
Strophanthus thollonii se trouve assez dispersé sur une aire de répartition relativement restreinte, et il n’est pas commun. Par suite de récoltes trop intensives, il est aujourd’hui menacé dans certains endroits.
Perspectives
Strophanthus thollonii jusqu’à présent n’avait servi qu’à faire du poison de flèche, usage qui tombe rapidement en désuétude. Bien qu’il contienne plusieurs hétérosides, son usage médicinal restera limité, à moins que d’autres études ne viennent ouvrir de nouvelles perspectives.
Références principales
- Beentje, H.J., 1982. A monograph on Strophanthus DC. (Apocynaceae). Mededelingen Landbouwhogeschool Wageningen 82–4. Wageningen, Netherlands. 191 pp.
- Neuwinger, H.D., 1996. African ethnobotany: poisons and drugs. Chapman & Hall, London, United Kingdom. 941 pp.
Autres références
- Bisset, N.G., 1989. Arrow and dart poisons. Journal of Ethnopharmacology 25: 1–41.
- Brandt, R., Kaufmann, H. & Reichstein, T., 1966. Nigrescigenin, Identifizierung mit Sarmentosigenin A Glykoside und Aglykone. Helvetica Chimica Acta 49: 1844.
- McKenzie, A.G., 2002. The rise and fall of strophanthin. International Congress Series 1242: 95–100.
- Weiss, E.K., Schindler, O. & Reichstein, T., 1957. Die Glykoside der Samen von Strophanthus tholloni Franch. 2. Mitteilung. Glykoside und Aglykone, 179. Mitteilung. Helvetica Chimica Acta 40(4): 980–1015.
Auteur(s)
- H.J. Beentje, Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, Surrey TW9 3AB, United Kingdom
Citation correcte de cet article
Beentje, H.J., 2006. Strophanthus thollonii Franch. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 16 septembre 2026.
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