Tabernaemontana coffeoides (PROTA)
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Introduction |
| Importance générale | |
| Répartition en Afrique | |
| Répartition mondiale | |
| Médicinal | |
| Bois d'œuvre | |
| Bois de feu | |
| Fibre | |
Tabernaemontana coffeoides Bojer ex A.DC.
- Protologue: Prodr. 8 : 370 (1844).
- Famille: Apocynaceae
Synonymes
- Hazunta coffeoides (Bojer ex A.DC.) Pichon (1948) ;
- Hazunta modesta (Baker) Pichon (1948),
- Hazunta velutina Pichon (1948),
- Hazunta costata Markgr. (1970).
Origine et répartition géographique
Tabernaemontana coffeoides est endémique de Madagascar, des Comores, de Mayotte et des Seychelles.
Usages
A Madagascar, l’écorce amère des rameaux de Tabernaemontana coffeoides se mastique pour combattre la fatigue et tromper la faim. L’infusion de rameaux ou d’écorce a la réputation de faire perdre du poids, car elle réduit l’appétit. L’écorce amère s’ajoute aux boissons alcoolisées, dont certaines sont utilisées lors des rituels de circoncision. Autrefois, l’écorce servait à produire une fibre destinée aux vêtements. A Mayotte, on utilisait jadis les rameaux fourchus comme supports de lampes à huile. Aux Comores, le bois sert quant à lui de bois de feu.
Propriétés
Tabernaemontana coffeoides contient principalement des alcaloïdes indoles monomères, bien qu’il y ait aussi des alcaloïdes bisindoliques dans les feuilles. C’est l’écorce de racine qui contient la plupart des alcaloïdes (60 g/kg), suivie par l’écorce de la tige (37 g/kg) et les feuilles (22 g/kg). Les alcaloïdes de l’écorce de la racine, de l’écorce de la tige et des feuilles sont constitués jusqu’à 50% de vobasine, de tabernaemontanine, de drégamine, de méthuénine et de silicine (toutes de la classe des corynanthéanes) ; de petites quantités d’apparicine (péricalline, de la classe des aspidospermatanes) sont présentes. De plus, les alcaloïdes de l’écorce de la tige et de l’écorce de la racine contiennent 12–16% d’ibogamine (de la classe des iboganes). Les feuilles contiennent également de nombreux alcaloïdes de la classe des pluméranes, dont la tabersonine, substance active du point de vue pharmacologique. Elles contiennent également de l’akuammidine et de la normacusine B (toutes deux de la classe des corynanthéanes), de l’heynéanine (classe des iboganes) et de la vincanidine (classe des strychnanes). Elles renferment en outre de l’hazuntiphylline (classe des pluméranes-pluméranes) et de la stemmadénine (classe des conynanthéanes-pluméranes), qui sont dimères.
La drégamine présente des activités convulsivantes et stimulantes de la respiration. Elle inhibe également la fatigue musculaire de la même manière que l’ibogaïne provenant de Tabernanthe iboga Baill. On l’emploie dans le traitement de l’asthénie musculaire et nerveuse, de la dépression respiratoire et du poliovirus de type III (HPV-3). La tabernaemontanine a un effet vasodilatatoire et peut être utilisée chez les humains en cas d’artériosclérose, de traumatisme cérébral et d’irrégularités circulatoires. Elle montre une activité antibactérienne contre plusieurs souches bactériennes pathogènes de l’homme, et elle est cytotoxique in vitro sur les cellules du carcinome épidermoïde nasopharyngé humain, mais reste sans effet sur la leucémie lymphocytaire P-388 chez les souris. Il se pourrait que la méthuénine soit efficace pour réguler les arythmies cardiaques, car chez les grenouilles elle réduit l’excitabilité des fibres artérielles dépolarisées. Elle a aussi fait preuve d’une activité antagoniste non compétitive contre l’histamine et l’acétylcholine dans l’iléon de cobaye. La réserpiline induit une hypotension chez les chiens et les chats, mais elle exerce aussi une action tranquillisante. Elle est presque aussi puissante que la réserpine, que l’on emploie couramment pour lutter contre la tension artérielle élevée, mais elle est dépourvue des effets secondaires de la réserpine. La normacusine B, qui est sympatholytique, a une activité hypotensive supérieure à celle de la réserpine. L’akuammidine a une activité hypotensive, elle provoque le relâchement des muscles du squelette et elle a une activité d’anesthésique local presque 3 fois plus puissante que celle de la cocaïne. La vincanidine, à faible dose, stimule la mobilité spontanée chez les souris, mais à forte dose elle provoque la paralysie musculaire. Chez les chiens, elle a un effet émétique. Elle a une activité antibactérienne significative contre Staphylococcus spp., Micrococcus spp. et Escherichia coli. La stemmadénine augmente ou réduit la tension artérielle in vitro et in vivo, en fonction des conditions de l’essai. La tabersonine, qui possède environ un quart de l’activité hypotensive de la réserpine, a un effet spasmolytique sur le muscle lisse des intestins. L’apparicine a elle aussi présenté une forte activité contre le poliovirus de type III, ainsi qu’une cytotoxicité significative contre les cultures de cellules de la leucémie lymphocytaire P-388. Dans des études sur les récepteurs opiacés, l’apparicine a montré une activité opioïde. Quant à la vobasine enfin, elle a fait preuve de peu d’activité lors des tests généraux d’évaluation pharmacologique.
Description
Arbuste ou petit arbre atteignant 7(–10) m de haut, à ramification dichotomique répétée, glabre ; tronc atteignant 10(–20) cm de diamètre ; écorce brun pâle. Feuilles opposées, simples et entières ; ochréa s’élargissant en stipules à l’aisselle des pétioles ; pétiole de 5–25 mm de long, mince ; limbe étroitement elliptique à ovale, de 2–15 cm × 1–5(–7) cm, base cunéiforme, décurrente sur le pétiole, apex acuminé, pennatinervé à 5–15 paires de nervures latérales. Inflorescence : corymbe lâche, de 2–11 cm de long, généralement par 2 à la fourche des branches, à fleurs peu nombreuses à nombreuses ; pédoncule de 1–4,5 cm de long, mince. Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères, parfumées ; pédicelle de 3–14 mm de long ; sépales presque libres, ovales à suborbiculaires, de 1–3 mm de long, relativement épais ; tube de la corolle cylindrique, de 5–15 mm de long, vert pâle, s’élargissant légèrement autour des anthères, intérieur poilu ou glabre, lobes obliquement oblongs ou étroitement obovales, de 5–13 mm × 1,5–6 mm, ondulés, étalés, apex arrondi, blanc ; étamines insérées à peu près à mi-hauteur du tube de la corolle, incluses, anthères sessiles ; ovaire supère, ovoïde, constitué de 2 carpelles distincts, style mince, de 2–5 mm de long, tête du pistil de 1–3 mm de long, composée d’un anneau vaguement lobé, d’un cylindre étroit et d’un apex stigmoïde 2-lobé. Fruit constitué de 2 follicules distincts obliquement ellipsoïdes, de 1–3 cm de long, apex obtus, aigu ou acuminé, vert, à 2 valves, à 1–10 graines. Graines obliquement ellipsoïdes, de 5,5–10 mm de long, à sillons longitudinaux, recouvertes de petites verrues denses, brunes ou brun foncé, arille rouge.
Autres données botaniques
Le genre Tabernaemontana, pantropical, comprend environ 110 espèces. On trouve environ 18 espèces sur le continent africain, et 15 à Madagascar ; c’est Tabernaemontana coffeoides qui est le plus répandu. Tabernaemontana coffeoides fleurit à Madagascar et aux Comores surtout d’octobre à décembre ; à Madagascar, la fructification a lieu surtout de décembre à mars. Aux Seychelles, la floraison et la fructification ont probablement lieu toute l’année.
Tabernaemontana ciliata
Tabernaemontana ciliata Pichon se rencontre au nord et au nord-est de Madagascar. Le latex toxique est utilisé comme purgatif puissant. L’écorce contient de la pandicine, un bisindolique.
Tabernaemontana retusa
Tabernaemontana retusa (Lam.) Palacký est un arbre des forêts de basse altitude de l’est de Madagascar. Les feuilles ont des vertus émollientes et on les emploie pour traiter les affections pulmonaires. Le latex sert à préparer de la glu. Les graines contiennent les substances pharmacologiquement actives voaphylline, pachysiphine et tabersonine, et les feuilles contiennent de la 3-oxovoacangine et de la voacristine. L’heynéanine se trouve dans les feuilles, l’écorce de la tige et l’écorce de la racine, qui par ailleurs contient aussi de l’ibogamine. On trouve la voacangine dans les graines, les feuilles et l’écorce de la tige, et la coronaridine dans les graines, l’écorce de la tige et l’écorce de la racine.
Ecologie
Tabernaemontana coffeoides est présent sur les dunes ou les roches, souvent calcaires, dans les forêts sèches, dans la brousse ou la savane, jusqu’à 1300 m d’altitude.
Ressources génétiques
Si Tabernaemontana coffeoides n’est pas menacé d’érosion génétique à Madagascar, il l’est en revanche aux Comores et dans une moindre mesure aux Seychelles, où son milieu disparaît.
Perspectives
Tabernaemontana coffeoides est très riche en alcaloïdes indoles intéressants sur le plan pharmacologique. Cela justifie un approfondissement des recherches pour éventuellement le développer comme une plante médicinale importante.
Références principales
- Boiteau, P., Boiteau, M. & Allorge-Boiteau, L., 1999. Dictionnaire des noms malgaches de végétaux. 4 Volumes + Index des noms scientifiques avec leurs équivalents malgaches. Editions Alzieu, Grenoble, France.
- Leeuwenberg, A.J.M., 1991. A revision of Tabernaemontana 1. The Old World species. Royal Botanic Gardens, Kew, United Kingdom. 223 pp.
- Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
- van Beek, T.A., Verpoorte, R., Baerheim Svendsen, A., Leeuwenberg, A.J.M. & Bisset, N.G., 1984. Tabernaemontana L. (Apocynaceae): a review of its taxonomy, phytochemistry, ethnobotany and pharmacology. Journal of Ethnopharmacology 10(1): 1–156.
- Zhu, J.-P., Guggisberg, A., Kalt-Hadamowsky, M. & Hesse, M., 1990. Chemotaxonomic study of the genus Tabernaemontana (Apocynaceae) based on their indole alkaloid content. Plant Systematics and Evolution 172: 13–34.
Autres références
- Bui, A.-M., Potier, P., Urrea, M., Clastres, A., Laurent, D. & Debray, M.-M., 1979. Etude chimiotaxonomique de deux espèces nouvelles de Hazunta (Apocynaceae). Phytochemistry 18: 1329–1331.
- Bui, A.-M., Das, B.C. & Potier, P., 1980. Etude chimiotaxonomique de Hazunta modesta. Phytochemistry 19: 1473–1475.
- Gurib-Fakim, A. & Brendler, T., 2004. Medicinal and aromatic plants of Indian Ocean Islands: Madagascar, Comoros, Seychelles and Mascarenes. Medpharm, Stuttgart, Germany. 568 pp.
- Pascal, O., 2002. Plantes et forêts de Mayotte. Patrimoines Naturels 53. 108 pp.
- van Beek, T.A. & van Gessel, M.A.J.T., 1988. Alkaloids of Tabernaemontana species. In: Pelletier, S.W. (Editor). Alkaloids: Chemical and biological perspectives. Vol. 6. Wiley, New York, United States. pp. 75–226.
Auteur(s)
- G.H. Schmelzer, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Schmelzer, G.H., 2006. Tabernaemontana coffeoides Bojer ex A.DC. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 17 septembre 2026.
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