Terminalia sericea (PROTA)
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Introduction |






Terminalia sericea Burch. ex DC.
- Protologue: Prodr. 3: 13 (1828).
- Famille: Combretaceae
Noms vernaculaires
- Silver terminalia (En).
Origine et répartition géographique
Terminalia sericea se rencontre depuis le sud de la R.D. du Congo et la Tanzanie jusqu’en Namibie, au nord de l’Afrique du Sud et au Swaziland.
Usages
Les fûts de Terminalia sericea sont très prisés comme poteaux destinés à la construction d’habitations et de cases, par ex. dans le sud-ouest de la Zambie et dans la province du KwaZulu-Natal en Afrique du Sud. Ils auraient une espérance de vie d’au moins 5 ans, et passent également pour être utiles à la construction de clôtures. Le bois sert à la confection de meubles, de manches d’outils, d’arcs, de ruches et de jougs à bœufs. Il convient pour la parqueterie, la menuiserie, les boiseries intérieures, la construction navale, la charronnerie, les étais de mine, les articles de sport, les outils agricoles, les traverses de chemin de fer et le tournage. Il est couramment employé comme bois de feu ainsi que pour la production de charbon de bois.
L’écorce est utilisée en guise de corde pour lier les poteaux dans la construction de cases, et donne un colorant et tanin jaune, tandis que les feuilles servent de mordant pour les bains de teinture. Les racines, flexibles, sont employées comme lattes croisées pour les cases. Les infusions ou les extraits de racine servent en médecine traditionnelle à soigner les maladies vénériennes, la diarrhée, la dysenterie, la colique, la pneumonie, la toux, les maladies cutanées, la schistosomose, la gonorrhée et les troubles menstruels, et s’utilisent en collyre en cas de trachome et d’ophtalmie. L’écorce pulvérisée est appliquée sur les blessures et administrée en cas de diabète. Les extraits de feuilles permettent de soigner la diarrhée et les maux d’estomac, l’infusion de feuille de soulager la toux. On applique les feuilles pulvérisées comme pansement sur les plaies. Mélangés à d’autres plantes et à des larves de coléoptères, les racines, les feuilles et le jus de rameau servent en Namibie et au Botswana à préparer un poison de flèche. L’arbre donne une gomme qui est consommée par les autochtones. Durant la saison des pluies, des chenilles comestibles se nourrissent généralement de ses feuilles. Ses fleurs sont une source de nectar pour les abeilles, les poils de ses feuilles servant à polir les poteries. Ses feuilles sont broutées par le bétail ; Terminalia sericea représente une portion non négligeable de l’alimentation du bétail pendant la saison chaude et sèche dans le nord du désert de Kalahari. C’est un arbre qui a une valeur sur le plan écologique car il permet d’améliorer les sols et de lutter contre l’érosion. Localement, il est considéré comme sacré.
Propriétés
Le bois de cœur est jaune terne avec des bandes brunâtres, fonçant avec l’âge, et il se distingue nettement de l’aubier qui est étroit. Le fil est généralement droit, parfois contrefil, le grain est moyennement grossier et irrégulier.
C’est un bois lourd, avec une densité de 840–920 kg/m³ à 12% d’humidité. Il sèche à l’air assez rapidement, avec des gerces et des déformations modérées. Les taux de retrait sont raisonnables : de l’état vert à anhydre ils sont de 3,8% dans le sens radial et de 6,4% dans le sens tangentiel. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 91 N/mm², le module d’élasticité de 11 760 N/mm², la compression axiale de 58 N/mm², le cisaillement de 10,5 N/mm², la dureté Janka de flanc de 9200 N et la dureté Janka en bout de 11 065 N.
Le bois se travaille bien tant à la main qu’à la machine. Il se rabote et se finit aisément, même si l’on obtient des surfaces assez mates. Le bois de cœur est relativement durable, contrairement à l’aubier qui est sensible aux Lyctus. Il est rebelle à l’imprégnation avec des produits de préservation. La sciure peut provoquer une inflammation des voies respiratoires et de la peau.
L’acide séricique, un triterpénoïde pentacyclique, a été isolé des racines, de même que son hétéroside, le séricoside. Les extraits de racine et l’acide séricique ont des propriétés anti-inflammatoires et cicatrisantes, et ont montré des activités antibactériennes et antifongiques. Les extraits de racine sont particulièrement actifs non seulement sur les bactéries Staphylococcus aureus et Streptococcus pyogenes, mais aussi sur les champignons Candida albicans, Candida glabrata et Cryptococcus neoformans. Le séricoside a une activité anti-inflammatoire, et une forte activité lipolytique n’est pas exclue. L’anolignane B est un des autres composés bioactifs à avoir été isolé des racines. Il a mis en évidence une activité tant contre les bactéries gram-positives que gram-négatives, parallèlement à une activité anti-inflammatoire. Les résultats des essais menés viennent étayer la thèse de l’utilisation ethnomédicale des racines. Néanmoins, la prudence s’impose : en effet, en Tanzanie plusieurs décès provoqués par l’usage d’extrait de racines ont été signalés. Au cours d’essais, des extraits de racine se sont avérés toxiques contre Artemia et ont montré de nets effets cytotoxiques contre plusieurs lignées de cellules cancéreuses chez l’homme. Des extraits au méthanol des feuilles ont révélé une importante activité in vitro contre la transcriptase inverse du VIH-1.
La valeur nutritionnelle des feuilles de Terminalia sericea est assez faible, avec une teneur en protéines brutes d’environ 11,5% ; leur teneur en tanin est elle aussi faible.
Description
- Arbuste ou arbre de taille petite à moyenne jusqu’à 16(–23) m de haut, caducifolié ; fût dépourvu de branches sur 8 m de haut, rectiligne ou tortueux, jusqu’à 50(–100) cm de diamètre ; surface de l’écorce crème à gris-brun, profondément sillonnée ; cime étagée, à branches horizontales ; jeunes rameaux rouge-brun à pourpré, à écorce se détachant, couverts de poils soyeux lorsque jeunes.
- Feuilles disposées en spirale, groupées à l’extrémité des rameaux, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole jusqu’à 1,5 cm de long ; limbe étroitement elliptique-obovale, de 5–13 cm × 1–4,5 cm, cunéiforme à la base, arrondi à courtement acuminé à l’apex, couvert de poils soyeux et argentés en particulier lorsque jeune, pennatinervé à 5–8(–13) paires de nervures latérales indistinctes.
- Inflorescence : épi axillaire de 5–12 cm de long, densément couvert de poils soyeux ; pédoncule de 2,5–5 cm de long.
- Fleurs bisexuées ou mâles, régulières, 4–5-mères, blanc verdâtre ; réceptacle fusiforme, d’environ 5 mm de long ; sépales triangulaires, d’environ 2 mm de long ; pétales absents ; étamines généralement 10, libres, d’environ 4 mm de long ; disque annulaire, poilu ; ovaire infère, 1-loculaire, style de 3–5 mm de long.
- Fruit : nucule ailée, à contour largement elliptique, de 3–4 cm × 1,5–2,5 cm avec l’aile, stipe jusqu’à 0,5 cm de long, brun rosé ou brun pourpré, à poils fins, indéhiscente, contenant 1 seule graine.
Autres données botaniques
Terminalia sericea a une croissance lente. L’élongation annuelle du tronc donne une cime étagée. Les fleurs se développent en même temps que les jeunes feuilles, habituellement en septembre–novembre. Les fleurs dégagent une forte odeur désagréable, et sont vraisemblablement pollinisées par les mouches. Les fruits mûrissent entre 3–5 mois après la floraison, mais peuvent persister sur l’arbre jusqu’à 1 an.
Terminalia est un genre pantropical, qui comprend quelque 200 espèces, dont une trentaine est spontanée dans les régions tropicales du continent africain, et environ 35 à Madagascar. On a émis l’hypothèse que Terminalia sericea pourrait s’hybrider avec Terminalia kaiserana F.Hoffm. et Terminalia trichopoda Diels. Dans certaines régions, les spécimens intermédiaires sont assez communs.
Terminalia prunioides
Le bois de Terminalia prunioides C.Lawson est employé pour les mêmes usages que celui de Terminalia sericea, c’est-à-dire la construction de cases, de maisons et de navires, et la confection de manches d’ustensiles. C’est un bois très lourd, avec une densité d’environ 1100 kg/m³ à 12% d’humidité, très dur et exceptionnellement durable. Il est également utilisé comme bois de feu. En Afrique australe, on mâche l’écorce en cas de toux, de maux de gorge et d’estomac, ou les racines en cas de rhumes et on boit une décoction de racine contre la constipation, la toux et le rhume. Terminalia prunioides est un arbuste ou un arbre de petite taille atteignant 15 m de haut que l’on trouve en forêt claire depuis la Somalie jusqu’en Namibie, au Mozambique et dans le nord de l’Afrique du Sud.
Terminalia stuhlmannii
Le fût de Terminalia stuhlmannii Engl., arbre de petite taille qui atteint 12 m de haut et qui est présent en savane boisée et arborée depuis la Tanzanie jusqu’au Botswana, au Zimbabwe et au Mozambique, sert également à la construction de cases.
Ecologie
Terminalia sericea se rencontre en forêt claire et en savane arborée, souvent avec Brachystegia spp., entre 450–1300 m d’altitude dans des régions où les précipitations sont modérées. Souvent commun en bordure des zones humides, formant parfois des peuplements presque purs, il peut être dominant dans la forêt claire dégradée par les incendies. Il semble préférer les terrains sablonneux et profonds, bien drainés, pouvant même pousser sur des sols très pauvres généralement impropres à l’agriculture.
Gestion
Il est recommandé d’éliminer l’aile du fruit avant le semis. Le fût est souvent tortueux, mais l’ébranchage peut le redresser. La longueur de poteau la plus utilisée en Zambie pour la construction de maisons est de 2,5–3 m. Dans la province du KwaZulu-Natal en Afrique du Sud, le diamètre moyen des poteaux utilisés comme piliers de soutènement dans les maisons est de 6 cm et la longueur moyenne de 2,2 m, et de 4 cm et de 2,6 m, respectivement, lorsqu’ils sont utilisés comme lattes pour le toit. En Zambie, on écorce les poteaux que l’on immerge dans l’eau pendant quelques semaines, ce qui a la réputation d’accroître leur durabilité. Les arbres peuvent être exploités en taillis, et il est préconisé d’espacer les récoltes de tiges destinés au bois de feu de 4–9 ans.
Durant la saison des pluies, les feuilles sont généralement attaquées par un grand nombre de chenilles. Les rameaux présentent souvent des galles. Les fruits peuvent être déformés par les parasites et devenir étroits, tordus et poilus.
Ressources génétiques
Terminalia sericea, répandu et commun dans de nombreuses régions, n’est pas sujet à l’érosion génétique. Au contraire, il passe souvent pour une importante espèce colonisatrice qui a des effets néfastes sur la production de viande bovine car il empêche l’herbe de pousser.
Perspectives
Malgré sa petite taille et la lenteur de sa croissance qui sont autant d’obstacles à sa reconnaissance sur le marché international des bois d’œuvre, Terminalia sericea joue un rôle non dérisoire dans la production de bois destiné à l’usage local, notamment la construction de maisons. La présence dans les racines de composés anti-inflammatoires et cicatrisants mérite toute notre attention. Le séricoside a déjà fait l’objet d’essais dans des produits à usage local (émulsions) qui ont donné des résultats encourageants. Outre les différents usages qui sont faits de son bois et son utilisation en médecine locale, Terminalia sericea assure du fourrage pendant la saison sèche, produit du bois de feu et protège les sols ; autant dire qu’il s’agit véritablement d’une espèce polyvalente qui mérite davantage d’attention de la part des chercheurs.
Références principales
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Autres références
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- Wickens, G.E., 1973. Combretaceae. In: Polhill, R.M. (Editor). Flora of Tropical East Africa. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. 99 pp.
Auteur(s)
- R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Lemmens, R.H.M.J., 2009. Terminalia sericea Burch. ex DC. In: Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 16 septembre 2026.
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