Terminalia schimperiana (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale
Répartition en Afrique
Répartition mondiale
Fruit
Glucides / amidon
Colorant / tanin
Médicinal
Bois d'œuvre


Terminalia schimperiana Hochst.


Fichier:Map Terminalia schimperiana.gif
répartition en Afrique (sauvage)
Fichier:Linedrawing Terminalia schimperiana.gif
1, rameau en fleurs ; 2, fleur bisexuée ; 3, fleur mâle ; 4, rameau en fruits. Redessiné et adapté par J.M. de Vries
Protologue : Sched. G.W.Schimp., Iter Abyss., sectio III, No 1638 (1844).
Famille : Combretaceae

Synonymes

  • Terminalia glaucescens Planch. ex Benth. (1849).

Origine et répartition géographique

Terminalia schimperiana est largement réparti depuis la Guinée jusqu’en Ethiopie, et vers le sud jusqu’au nord de la R.D. du Congo, à l’Ouganda et au nord-ouest de la Tanzanie.

Usages

Terminalia schimperiana est une plante médicinale importante dans les savanes de toute son aire de répartition. Les racines et l’écorce de racine réduites en poudre sont appliquées sur les blessures, les brûlures, les ulcères et les maladies de la peau dont la lèpre. La poudre de racine se prend pour traiter l’épilepsie. La décoction de racine s’utilise pour soigner le paludisme, l’hépatite et la toux. Les racines sont couramment utilisées comme bâtons à mâcher pour les soins dentaires, et elles sont aussi mâchées comme laxatif, tonique et aphrodisiaque. La décoction d’écorce est administrée comme purgatif et pour traiter le paludisme, la diarrhée et les infections dues aux oxyures. La décoction de feuilles soigne les brûlures et les maux de tête, et se prend contre le paludisme, le mal d’estomac, l’hépatite, l’aménorrhée, la toux, l’asthme, le diabète, l’obésité et l’éléphantiasis. Les fruits servent de vermifuge.

Le bois s’utilise en construction d’habitations, et pour faire des mortiers et des pirogues monoxyles. Il convient pour la parqueterie, la menuiserie, les étais de mine, la charronnerie, les traverses de chemin de fer, les jouets, les bibelots, les équipements agricoles et les manches d’outil. Le bois résistant s’utilise pour les cannes de marche et les arcs. Il sert aussi comme bois de feu et pour la production de charbon de bois de qualité excellente. En Ethiopie, l’écorce a été utilisée pour le tannage ; en R.D. du Congo, c’est le bois pour la teinture du cuir en brun pâle, et au Soudan les racines pour colorer les étoffes en noirâtre. Les fleurs sont très visitées par les abeilles ; le miel produit serait de bonne qualité. L’écorce sert à la fabrication de ruches.

Propriétés

L’acide arjunique, l’arjungénine, la séricoside, la friedéline, l’acide glaucinoïque, le β-sitostérol, le stigmastérol, le lupéol, l’acide bétulinique, la β-amyrine et la terminaline A ont été isolés de l’écorce ; plusieurs de ces composés ont montré une activité inhibitrice de la β-glucuronidase. Des tanins, des alcaloïdes et des saponines sont présents dans plusieurs parties de la plante, mais les racines en contiennent les quantités les plus élevées.

Dans des essais in vitro, les extraits d’écorce et de feuilles ont montré des activités antipaludéennes et trypanocides. Les extraits à l’éthanol et au pentane ont présenté une activité antiplasmodium dans les stades de division cellulaire du parasite. L’extrait à l’éthanol s’est avéré être modérément toxique pour les cellules de fibroblaste humaines.

Les bâtons à mâcher issus des racines de Terminalia schimperiana ont montré une nette activité antibactérienne contre plusieurs bactéries dont Staphylococcus aureus, Staphylococcus auricularis, Staphylococcus saprophyticus et Streptococcus mutans, corroborant l’usage que les communautés rurales en font pour l’hygiène buccale. Les extraits de racine, d’écorce et de feuilles ont inhibé également la prolifération de Salmonella typhi et Escherichia coli. Les extraits de Terminalia schimperiana ont montré une activité hypoglycémique dans des essais sur le rat. Des essais sur la souris ont démontré une action protectrice de l’extrait de feuilles contre le stress oxydatif induit par la streptozotocine, ce qui corrobore son usage traditionnel pour traiter le diabète et l’obésité. Les extraits éthanoliques et aqueux se sont avérés actifs contre Mycobacterium tuberculosis. Les extraits de feuilles et de racine ont montré une activité antifongique significative contre les dermatophytes et les levures.

Le bois de cœur brun pâle à brun verdâtre pâle se distingue nettement de l’aubier gris jaunâtre et étroit. Le fil est droit ou contrefil, le grain grossier. C’est un bois lourd, avec une densité d’environ 850 kg/m³ à 12% d’humidité. Il doit être séché lentement car il est sensible à la déformation. Les taux de retrait sont assez élevés, de l’état vert à anhydre ils sont de 5,3% radialement et de 7,2% tangentiellement. Le bois est difficile à scier, à travailler et à raboter du fait de sa dureté et du contrefil. Il tient bien les clous, mais des avant-trous sont nécessaires. Il est assez durable, bien qu’il puisse être sensible aux attaques de termites, et l’aubier aux attaques de Lyctus. La sciure peut provoquer l’irritation de la peau et des muqueuses.

Falsifications et succédanés

D’autres espèces de Terminalia sont souvent utilisées à des fins médicinales similaires et il est difficile de faire la distinction entre les écorces de tige séchées des différentes espèces que l’on trouve sur les marchés locaux.

Description

Petit arbre caducifolié atteignant 10(–20) m de haut ; fût souvent tordu et bas-branchu, jusqu’à 60 cm de diamètre ; surface de l’écorce profondément fissurée, brune à noire, écorce interne épaisse, fibreuse, jaunâtre à rougeâtre, virant au brun à l’exposition ; cime arrondie, ouverte, à branches étalées ; rameaux courtement poilus à presque glabres, brun pâle à noirâtres. Feuilles disposées en spirale, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole de 1,5–5 cm de long ; limbe elliptique à obovale, de 7–25 cm × 3–11 cm, cunéiforme à arrondi à la base, obtus à courtement acuminé à l’apex, finement coriace, densément poilu au-dessous mais parfois devenant glabre, pennatinervé à 8–18 paires de nervures latérales. Inflorescence : épi axillaire de 7–17 cm de long, à pubescence courte. Fleurs bisexuées ou mâles, régulières, 5-mères, d’environ 5 mm de diamètre, blanc crème, malodorantes ; calice à tube courtement poilu et à 5 lobes ; corolle absente ; étamines 10, de 3–4 mm de long, exsertes ; ovaire infère, 1-loculaire. Fruit : nucule ailée oblongue à ellipsoïde, de 5,5–9 cm × 2–3,5 cm y compris la grande aile, finement poilue, brune, indéhiscente, à 1 graine.

Autres données botaniques

Terminalia est un genre pantropical d’environ 200 espèces. En Afrique tropicale continentale, on trouve une trentaine d’espèces à l’état sauvage, à Madagascar environ 35.

Dans la littérature, Terminalia schimperiana a été confondu avec Terminalia avicennioides Guill. & Perr. Les références aux spécimens de l’Afrique de l’Est sous le nom de Terminalia avicennioides concernent probablement Terminalia schimperiana ; Terminalia avicennioides n’est pas présent à l’est de la Centrafrique.

Plusieurs autres espèces de Terminalia ont des usages médicinaux en Afrique tropicale.

Terminalia kaiserana

Terminalia kaiserana F.Hoffm. est un arbuste ou petit arbre atteignant 10 m de haut, qui se rencontre au Burundi, en Tanzanie, au Malawi et en Zambie. De la même façon que Terminalia schimperiana, ses racines sont couramment utilisées en médecine traditionnelle. La décoction de racine, parfois en combinaison avec le jus de feuilles, se prend pour traiter la schistosomose, la toux, les problèmes cardiaques, la gale et la gonorrhée, et comme antalgique et aphrodisiaque. Les racines réduites en poudre sont absorbées dans de l’eau contre la diarrhée. L’extrait de racine de Terminalia kaiserana a montré de nettes activités antibactériennes et antifongiques.

Terminalia stenostachya

Terminalia stenostachya Engl. & Diels, un arbuste ou petit arbre atteignant 12(–20) m de haut, est présent dans le sud de la R.D. du Congo, en Tanzanie, au Malawi, en Zambie, au Zimbabwe et au Mozambique. La décoction ou l’infusion de racine se prennent pour traiter l’épilepsie et comme antidote en cas d’empoisonnement. L’extrait de racine et d’écorce, et dans une moindre mesure l’extrait de feuilles, se sont avérés avoir une activité antibactérienne significative.

Terminalia trichopoda

Terminalia trichopoda Diels est un petit arbre atteignant 10(–20) m de haut, se rencontrant en Tanzanie, au Malawi, en Zambie, au Botswana, au Zimbabwe et au Mozambique. La décoction et l’infusion de racine sont absorbées pour traiter les maux d’estomac, la décoction d’écorce et de feuilles pour soigner les douleurs abdominales.

Croissance et développement

La croissance de Terminalia schimperiana est assez rapide ; en Côte d’Ivoire, une croissance en hauteur annuelle moyenne de 22,5 cm a été répertoriée, ce qui était supérieur aux arbres de savane du même peuplement. La floraison des arbres a souvent lieu dans la seconde moitié de la saison sèche, juste après la formation d’un nouveau feuillage. Au Ghana, Terminalia schimperiana fleurit en mars–juin, au Nigeria en février–mai, et les fruits mûrissent environ 5 mois plus tard, mais ils restent longtemps sur l’arbre.

Ecologie

Terminalia schimperiana est répandu dans la forêt claire décidue et dans la savane herbeuse broussailleuse jusqu’à 2200 m d’altitude. Il est souvent persistant dans les champs cultivés et il serait une espèce pionnière dans la savane qui résulte du défrichement de la forêt et dans les terrains agricoles abandonnés. On peut le trouver sur tous les types de sol, mais en Ouganda il préférerait des vertisols limoneux. L’écorce épaisse et liégeuse rend l’arbre un peu résistant aux feux.

Multiplication et plantation

Il est recommandé d’asperger les fruits avec de l’eau après la collecte puis de les couvrir avec de l’herbe ou des feuilles pendant 1–2 jours ; ensuite on peut extraire les graines du fruit ramolli. Cependant, pour l’entreposage il faut utiliser les fruits entiers. Avant le semis, les graines doivent être trempées dans de l’eau froide pendant une nuit. Les graines sont souvent semées directement au champ. Parfois on fait usage de sauvageons pour la plantation.

Gestion

Les arbres de Terminalia schimperiana peuvent être recépés.

Ressources génétiques

Terminalia schimperiana est répandu et commun, même souvent abondant dans un grand nombre de zones au sein de son aire de répartition. Il ne semble pas être menacé d’érosion génétique, bien qu’il soit menacé localement par la surexploitation.

Perspectives

Terminalia schimperiana est un arbre à usages multiples, qui a été recommandé pour être établi en plantations mixtes avec d’autres arbres médicinaux en Ouganda. Il n’existe que très peu d’information sur les techniques appropriées de multiplication et de plantation ; ceci mérite davantage de recherche, ainsi que le développement de techniques pour la récolte durable, car c’est principalement les racines et l’écorce qui sont utilisées en médecine traditionnelle, ce qui peut aisément endommager l’arbre. On a suggéré que les racines de Terminalia schimperiana avaient un grand potentiel pour la production de dentifrice. En outre, les propriétés cicatrisantes de plusieurs parties de la plante méritent davantage de recherches.

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Sources de l’illustration

  • Vollesen, K., 1995. Combretaceae. In: Edwards, S., Mesfin Tadesse & Hedberg, I. (Editors). Flora of Ethiopia and Eritrea. Volume 2, part 2. Canellaceae to Euphorbiaceae. The National Herbarium, Addis Ababa University, Addis Ababa, Ethiopia and Department of Systematic Botany, Uppsala University, Uppsala, Sweden. pp. 115–132.

Auteur(s)

  • R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Lemmens, R.H.M.J., 2013. Terminalia schimperiana Hochst. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editeurs). Prota 11(2): Medicinal plants/Plantes médicinales 2. PROTA, Wageningen, Pays Bas. Consulté le 16 septembre 2026.


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