Thamnosma africana (PROTA)
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Introduction |
| Importance générale | |
| Répartition en Afrique | |
| Répartition mondiale | |
| Stimulant | |
| Huile essentielle / exsudat | |
| Médicinal | |
| Fourrage | |
Thamnosma africana Engl.
- Protologue: Bot. Jahrb. Syst. 10(1–2) : 33 (1888).
- Famille: Rutaceae
Noms vernaculaires
- Desert rue, mosquito plant (En).
Origine et répartition géographique
Thamnosma africana se rencontre dans le sud de l’Angola et en Namibie.
Usages
En Namibie, les Himbas prennent la décoction de la plante entière comme émétique pour soulager les nausées et les maux d’estomac. Les Bergdamaras boivent l’infusion de tige feuillée ou l’utilisent comme bain de vapeur pour traiter les rhumes courants, la grippe, les troubles de la menstruation et les infections ; le corps du patient est également enveloppé de feuilles bouillies et de draps pour provoquer la transpiration. Les Damaras utilisent la plante comme répulsif contre les moustiques et boivent également l’infusion de rameaux feuillés en tisane. La décoction de racine est absorbée pour accélérer l’expulsion du placenta. Toutes les parties de la plante sont très aromatiques. Les Himbas utilisent les feuilles réduites en poudre comme parfum corporel ; les Topnaars utilisent les fruits séchés et les graines comme parfum. Les feuilles sont jetées sur le feu pour parfumer. La plante est fortement broutée par le bétail et les animaux sauvages.
Propriétés
On a isolé de la xanthotoxine et du bergaptène (des isomères du méthoxypsoralène), ainsi que de la thamnosmonine et de l’isopimpinelline des parties aériennes de Thamnosma africana. Les coumarines suivantes ont été isolées d’un autre échantillon des parties aériennes, en plus de celles citées ci-dessus : l’oxypeudédanine, l’isoimpératorine, le prangol, l’éthanolate d’oxypeucédanine, la saxaline, le psoralène, la déhydrogeijérine, l’hopeyhopine, l’uloptérol et la 5,6,7-triméthoxycoumarine. La dictamnine, un alcaloïde, a également été isolé. L’extrait à l’hexane de fruits a permis d’isoler de la thamnosmine et du méthyle p-isopentényloxycinnamate.
L’huile volatile des parties aériennes a montré une activité antibactérienne significative in vitro contre Bacillus subtilis et Staphylococcus aureus et a également montré une activité antiplasmodium contre Plasmodium falciparum in vitro.
Description
Plante herbacée vivace, à base ligneuse, ou petit arbuste atteignant 1 m de haut, densément ponctué de glandes. Feuilles alternes, 3–5-fides ou parfois simples sur des pousses courtes à l’aisselle des feuilles ; stipules absentes ; segments de 10–25 mm × 1–2 mm, étroitement oblancéolés, s’amenuisant progressivement à la base, apex émarginé, bords presque entiers ou légèrement dentés. Inflorescence : cyme terminale lâche. Fleurs bisexuées, régulières, 4-mères ; pédicelle de 3–5 mm de long, atteignant 12 mm de long chez le fruit ; sépales presque circulaires, de 1–1,6 mm de long, soudés à la base ; pétales ovales-orbiculaires, de 5–6 mm de long, jaunes, jaune-verdâtre ou blanc sale, virant souvent au marron ; étamines 8, presque égales, plus courtes que les pétales, filets glabres, anthères largement ovales, de 1–1,5 mm de long, avec une glande ; ovaire supère, 2-lobé, glanduleux, à 2 carpelles, plusieurs ovules par loge ; style d’environ 2,5 mm de long, stigmate capité. Fruit : capsule profondément lobée de 8–10 mm × 4–6 mm, s’ouvrant par une fente ventrale, contenant 4–6 graines. Graines réniformes, à dimension la plus longue d’environ 1,5–2 mm, couvertes de tubercules épineux et atteignant environ 0,3 mm de long.
Autres données botaniques
Le genre Thamnosma comprend 11 espèces et a une aire de répartition disjointe remarquable : il y a 3 espèces en Somalie, la partie méridionale de la péninsule Arabique et à Socotra, 3 espèces en Afrique australe et 5 espèces dans le sud des Etats-Unis et au Mexique.
Thamnosma africana a eu autrefois un sens plus large, comprenant également des plantes d’une zone restreinte de l’est du Transvaal en Afrique du Sud et des plantes du Zimbabwe, qui sont maintenant distinguées comme Thamnosma crenata (Engl.) Thulin et Thamnosma rhodesica (Bak.f).) Mendonça respectivement.
Plusieurs autres espèces de Thamnosma en Afrique tropicale ont des usages médicinaux.
Thamnosma rhodesica
Thamnosma rhodesica (Bak.f).) Mendonça est présent au Botswana et au Zimbabwe. Au Zimbabwe, les parties aériennes aromatiques sont fumées pour traiter les douleurs thoraciques. Les rameaux feuillés sont jetés dans les chenils et le parcours des volailles comme répulsif contre les puces et les fourmis. Plusieurs furanocoumarines, une coumarine et plusieurs alcaloïdes de type acridone ont été isolés des racines. Les furanocoumarines comprennent la byakangélicine, la cnidiline, la marmésine, l’isopimpinelline et l’impératorine. Les dérivés d’acridone comprennent la rutacridone, le gravacridonédiol, la 1-hydroxy-10-méthylacridone et la rhodésiacridone. La rhodésiacridone et le gravacridonédiol ont montré une activité modérée contre la forme intracellulaire du parasite protozoaire Leishmania major. La 1-hydroxy-10-méthylacridone a montré une activité modérée contre le champignon Cladosporium cucumerinum.
Thamnosma hirschii
Thamnosma hirschii Schweinf. est présent en Somalie, en Oman, au Yémen et à Socotra. L’infusion des parties aériennes se prend comme médicament, mais sans utilisation spécifique, et est également absorbée en tisane.
Ecologie
Thamnosma africana pousse en savane arbustive sèche, souvent dans des endroits rocailleux ou pierreux, à 500–1320 m d’altitude.
Ressources génétiques
Thamnosma africana a une aire de répartition relativement limitée. On ne sait pas s’il est menacé d’érosion génétique.
Perspectives
Thamnosma africana a plusieurs usages traditionnels intéressants, notamment son utilisation contre les rhumes et les infections. Une recherche plus avancée concernant les composants chimiques qu’il renferme et sa pharmacologie est justifiée pour évaluer son potentiel.
Références principales
- Campbell, W.E., Gray, A.I. & Waterman, P.G., 1990. Coumarins from Thamnosma africana. Planta Medica 56: 570–571.
- Mendonça, F.A., 1963. Rutaceae. In: Exell, A.W., Fernandes, A. & Wild, H. (Editors). Flora Zambesiaca. Volume 2, part 1. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. pp. 180–210.
- Roos, G., Guse, J.-H., Klaiber, I., Vogler, B., Walter, C.U. & Kraus, W., 1998. Phytochemical analysis of Thamnosma africana Engl. (Rutaceae) roots. Natural Products Analysis Symposium: 239–241.
- Thulin, M., 1999. Thamnosma (Rutaceae) in Africa. Nordic Journal of Botany 19(1): 5–11.
- Makofane, H.F., Potgieter, N. & van Ree, T., 2006. The compounds and biological activity of Thamnosma africana. Suid-Afrikaanse Tydskrif vir Natuurwetenskap en Tegnologie 25(3): 138–148.
Autres références
- Ahua, K.M., Ioset, J.-R., Ransijn, A., Mauël, J., Mavi, S. & Hostettmann, K., 2004. Antileishmanial and antifungal acridone derivatives from the roots of Thamnosma rhodesica. Phytochemistry 65: 963–968.
- Van den Eynden, V., Vernemmen, P. & Van Damme, P., 1992. The ethnobotany of the Topnaar. University of Gent, Belgium. 145 pp.
- van Wyk, B.E. & Gericke, N., 2000. People’s plants: a guide to useful plants of southern Africa. Briza Publications, Pretoria, South Africa. 351 pp.
- von Koenen, E., 2001. Medicinal, poisonous and edible plants in Namibia. Klaus Hess Verlag, Göttingen, Germany. 336 pp.
Auteur(s)
- G.H. Schmelzer, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Schmelzer, G.H., 2011. Thamnosma africana Engl. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. Consulté le 17 septembre 2026.
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