« Regimen sanitatis » : différence entre les versions

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==== Le Libellus de regimine vite et sanitatis de Bellino Bissolo ====
==== Le Libellus de regimine vite et sanitatis de Bellino Bissolo ====
Ouvrage précurseur de la seconde moitié du XIIe siècle, ce poème de 192 vers semble plutôt avoir été écrit par un poète que par un médecin.
Ouvrage précurseur de la seconde moitié du XIIe siècle, ce poème de 192 vers semble plutôt avoir été écrit par un poète que par un médecin.
==== Le Regimen sanitatis salernitanum ====
Ce texte a souvent été attribué à l'Ecole de Salerne, ce qui était un gage de sérieux. Karl Sudhoff 1914-1920) a démontré que cela était faux, car les manuscrits ne remontent pas au-delà du XIVe siècle, alors que les écrits salernitains sont connus par des mauscrits du XIIe et XIIIe siècles. Comme le dit Gil-Sotres, "le poème hygiénique s'est élargi au long des siècles, et l'imprimerie n'a pas été capable de le stabiliser. A mesure que l'on progresse dans le temps, les vers deviennent plus nombreux, comme si les lecteurs du poème se sentaient portés à ajouter des vers, produits de leur fantaisie." On est ainsi arrivé à un maximum de 3 520 vers dans l'édition de Salvatore de Renzi. Le texte est ainsi devenu un genre littéraire en soi, autorisant les auteurs à faire ce qu'ils voulaient. Par exemple, Daremberg écrit "Pour nous conformer au désir de MM. J.-B. Baillière, nous avons conservé tous les vers qui nous ont paru de nature à être traduits ou à intéresser, soit le public, soit les médecins." (1880, p. 42). L'innovation s'est accrue du fait que certains auteurs ont tenu à traduire les vers latins en vers français ou autres, ce qui n'était possible qu'en s'écartant du texte de départ.


D'après Baudry de Balzac, il existe 240 éditions entre 1474 et 1846, et plus de 100 manuscrits.
D'après Baudry de Balzac, il existe 240 éditions entre 1474 et 1846, et plus de 100 manuscrits.
Nombre de vers variable :
Le nombre de vers va de 269 à 389 chez Curion à 452 chez Dufour & Levacher, 364 chez Ackerman (Louvain), 2 300 chez de Balzac, 3 520 chez de Renzi, pour redescendre à 1 870 chez Daremberg.
362 chez Arnaud de Villeneuve
 
269 à 389 chez Curion
En conclusion, ceux qui souhaitent citer des vers du ''Regimen sanitatis salernitanum'' doivent se référer à une édition précise, et se garder de tout anachronisme.
452 chez Dufour & Levacher
364 chez Ackerman (Louvain) qui suit Arnauld
2 300 chez de Balzac
3 520 chez de Renzi
1 870 chez Daremberg "Pour nous conformer au désir de MM. J.-B. Baillière, nous





Version du 17 novembre 2011 à 11:11

Introduction

Les Regimen sanitatis (ou Regimina sanitatis en utilisant le pluriel latin) sont des "régimes de santé".

Les premiers Regimen

Le Liber de conservanda sanitate de Juan de Toledo

Johannes de Toleto

Le Regimen d'Aldobrandin de Sienne

Le triomphe du genre

Les regimen attribués à Pedrus Hispanus

Les Regimen individuels

Le Regimen sanitatis ad regem Aragonum d'Arnaud de Villeneuve

Article détaillé : Arnaud de Villeneuve

Le Regimen pour l'écclésiastique Antonio de Flisco de Maino de Mainieri

Les Régimes généraux

Bernard de Gordon

1308

Maino de Mainieri

c. 1330

Les régimes consacrés à des membres du corps particuliers

Seuls trois écrits de ce type ont été conservés, et ils portent tous sur l'œil et la vision.

  • Arnaud de Villeneuve (?), 1308. Libellus de confortacione visus
  • Johannes de Caso, 1346. Tractatus de conservatione sanitatis oculorum
  • Barnaba de Reggio, 1340. Libellus de conservanda sanitate oculorum

La généralisation d'une littérature à succès

Les régimes tardifs de longueur réduite

Les régimes tardifs de grande longueur

Les régimes tardifs anonymes

Les régimes en vers

Le Libellus de regimine vite et sanitatis de Bellino Bissolo

Ouvrage précurseur de la seconde moitié du XIIe siècle, ce poème de 192 vers semble plutôt avoir été écrit par un poète que par un médecin.

Le Regimen sanitatis salernitanum

Ce texte a souvent été attribué à l'Ecole de Salerne, ce qui était un gage de sérieux. Karl Sudhoff 1914-1920) a démontré que cela était faux, car les manuscrits ne remontent pas au-delà du XIVe siècle, alors que les écrits salernitains sont connus par des mauscrits du XIIe et XIIIe siècles. Comme le dit Gil-Sotres, "le poème hygiénique s'est élargi au long des siècles, et l'imprimerie n'a pas été capable de le stabiliser. A mesure que l'on progresse dans le temps, les vers deviennent plus nombreux, comme si les lecteurs du poème se sentaient portés à ajouter des vers, produits de leur fantaisie." On est ainsi arrivé à un maximum de 3 520 vers dans l'édition de Salvatore de Renzi. Le texte est ainsi devenu un genre littéraire en soi, autorisant les auteurs à faire ce qu'ils voulaient. Par exemple, Daremberg écrit "Pour nous conformer au désir de MM. J.-B. Baillière, nous avons conservé tous les vers qui nous ont paru de nature à être traduits ou à intéresser, soit le public, soit les médecins." (1880, p. 42). L'innovation s'est accrue du fait que certains auteurs ont tenu à traduire les vers latins en vers français ou autres, ce qui n'était possible qu'en s'écartant du texte de départ.

D'après Baudry de Balzac, il existe 240 éditions entre 1474 et 1846, et plus de 100 manuscrits. Le nombre de vers va de 269 à 389 chez Curion à 452 chez Dufour & Levacher, 364 chez Ackerman (Louvain), 2 300 chez de Balzac, 3 520 chez de Renzi, pour redescendre à 1 870 chez Daremberg.

En conclusion, ceux qui souhaitent citer des vers du Regimen sanitatis salernitanum doivent se référer à une édition précise, et se garder de tout anachronisme.


Synthèse écrite par Michel Chauvet

sur la base de l'Introducción de P. Gil-Sotres, pp. 471-885,

in Arnaldi de Villanova Opera Medica Omnia. Volume X.1. Regimen sanitatis ad regem Aragonum.

Barcelona, Publicacions de la Universitat de Barcelona / Lleida, Pagès Editors. 1996.