« Sassafras » : différence entre les versions
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Arbre caduque de la famille des Lauraceae, anciennement confondu avec les camphriers et canneliers, à valeur ethnobotanique importante chez les anciennes communautés amérindiennes de l'est des Etats-Unis. | Arbre caduque de la famille des Lauraceae, anciennement confondu avec les camphriers et canneliers, à valeur ethnobotanique importante chez les anciennes communautés amérindiennes de l'est des Etats-Unis. | ||
Version du 2 juin 2015 à 20:55
Sassafras J.Presl, 1825
| Ordre | Laurales |
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| Famille | Lauraceae |
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Arbre caduque de la famille des Lauraceae, anciennement confondu avec les camphriers et canneliers, à valeur ethnobotanique importante chez les anciennes communautés amérindiennes de l'est des Etats-Unis.
Noms populaires
- français : sassafras
- anglais : sassafras, ague-tree, saxifrax, cinnamonwood
- espagnol : sasafrás
- langue nord-amérindienne non identifiée : pauame
Sassafras est une corruption du mot espagnol saxifraga due au botaniste Nicolas Monardes (XVIe siècle).
Biologie
Les arbres de sassafras atteignent de 8 à 18 mètres de hauteur. Le tronc à l'âge adulte mesure entre 70 et 150 cm de diamètre et porte plusieurs branches lisses, au rhytidome orangé, à ramification sympodiale. L'écorce du tronc âgé est épaisse, rouge-marron, profondément sillonnée. Le bois est léger, dur, parfois cassant. Toutes les parties de l'arbre sont très odorantes. Caractéristique du genre, les feuilles peuvent adopter trois motifs distincts sur un même arbre. Un premier motif est oval entier, un autre bilobé, le dernier trilobé. Les bords sont lisses, le limbe pouvant mesurer jusqu'à 20 cm de long sur 10 cm de large. Les jeunes feuilles sont mucilagineuses et dégagent un parfum citronné au froissement. Les fleurs sont petites, jaunes, 5-pétalées, printanières. Genre dioécique. Fruits bleu-noir, ovoïdes, longs de 1 cm, mûrs à la fin de l'été. [1]
Classification
Cultivars
Histoire
Usages
Les feuilles et les racines étaient utilisés comme condiments par les Choctaws et les feuilles écrasées et séchées utilisées comme épaississants (poudre filé ou gumbo filé en cuisine cadienne). Au contact des amérindiens, les premiers européens y ont vu une panacée. L'infusion de l'écorce des racines était réputée posséder des effets réjuvénateurs[2]. Le nom anglais "ague-tree" lui vient de sa réputation de fébrifuge (fièvre ague). Propriétés analgésiques et antiseptiques[3].
Le bois parfumé était apprécié des Choctaws pour la menuiserie. Il était réputé éloigner insectes et mauvais esprits.
Riche en safrole carcinogène, l'infusion de sassafras a été interdite de commerce en 1976 par la FDA[4]. L'interdiction a été levée en 1994 avec le Dietary Supplement Health and Education Act. Le safrole est un précurseur de l'extasty (une amphétamine).
La sassafras, traditionnellement utilisée pour la construction de canoës, tient une place importante dans le mythe diluvien des amérindiens Choctaws du Sud-Est des Etats-Unis[5].
Première version du mythe
- « [...] [Après avoir pris acte de l'annonce des coureurs véloces] les gens s'enfuirent dans les montagnes et commencèrent la construction de radeaux en bois de sassafras. Ils liaient les rondins entre eux au moyen de plantes grimpantes, croyant par ce biais pouvoir être épargnés du cimetière d'eau. Mais hélas... espoir déçu ! les ours affamés nageaient tout autour, innombrables, ils se délectaient des brindilles des lianes, ce qui disloqua les radeaux et entraîna les gens au fond des eaux sombres. [...] »
Deuxième version du mythe
- « [...] Les Choctaws croyaient qu'en des temps lointains, après que maintes générations d'hommes aient vécu et se soient éteintes, la race était devenue si malfaisante et si corrompue - les frères se battaient entre eux et des guerres meurtrières ensanglantaient la terre - que le Grand Esprit, fort mécontent, résolut d'exterminer la race des hommes. Il leur envoya donc un grand prophète, qui proclama de tribu en tribu et de village en village la terrifiante nouvelle que la race humaine allait bientôt être anéantie. Personne ne crut ses paroles, et les hommes continuèrent leur vie malfaisante comme s'ils s'en moquaient, et les saisons passèrent. Arriva alors l'automne, suivi d'une succession de journées et de nuits nuageuses, au cours desquelles le soleil, la lune et les étoiles étaient invisibles de la terre. A cette pénombre succéda l'obscurité totale, et le soleil semblait avoir été éclipsé, tandis que les ténèbres, le silence et le froid prenaient possession de la terre. Les hommes, las et perplexes, mais ni repentis ni amendés, dormirent dans les ténèbres pour se réveiller dans les ténèbres. C'est alors que le grondement sourd d'un lointain tonnerre se fit entendre, devenant peu à peu incessant, jusqu'à ce qu'il retentisse dans toutes les régions du ciel et semble se répercuter jusque dans les entrailles de la terre. Alors la peur et la consternation s'emparèrent de tous les coeurs et tous furent convaincus que le soleil ne reviendrait jamais. Les hommes ne se déplaçaient qu'en s'éclairant de torches; la nourriture qu'ils avaient entreposée moisissait et devenait impropre à la consommation. Soudain un formidable coup de tonnerre, plus violent que jamais on n'en entendit, sembla ébranler la terre, et immédiatement après on vit miroiter, dans le lointain, une lueur qui semblait venir du Nord.[6] Mais on découvrit bientôt que cette lueur n'était pas la clarté du soleil qui revenait, mais le scintillement de flots gigantesques qui avançaient en rouleaux puissants et qui, vague après vague, se ruaient sur la terre en détruisant tout sur leur passage. On entendit alors des cris et des lamentations s'élever de toutes parts : Oka Falamah, Oka Falamah ! ("Les eaux revenues"). S'étirant d'un horizon à l'autre, l'océan avançait, déversant toujours plus loin ses torrents d'eau. "Les fondements de l'Abîmes se disloquèrent". La terre fut bientôt entièrement submergée par l'assaut puissant et irrésistible des flots qui balayèrent la race humaine et tous les animaux, semant la désolation sur la terre. Parmi tous les hommes, un seul eut la vie sauve, et cet homme était le mystérieux prophète qui avait été envoyé par le Grand Esprit pour avertir la race humaine de sa fin proche. Ce prophète réussit à échapper à la mort en construisant un radeau en rondins de sassafras sous la conduite du Grand Esprit, sur lequel il se laissa porter par dessus les eaux immenses qui recouvraient la terre, tandis que diverses sortes de poissons nageaient autour de lui et ondoyaient parmi les branches des arbres submergés, et tandis que, à la surface des eaux, il regardait les cadavres des hommes et des bêtes se soulever et s'abaisser au gré des flots mouvants. [...] »
Références
- ↑ Traduction de l'article sassafras.
- ↑ http://www.ehow.com/info_12018829_indian-legends-sassafras.html
- ↑ Tiffany Leptuck. 2003. Medical Attributes of 'Sassafras albidum' - Sassafras". Kenneth M. Klemow, PhD., Wilkes-Barre University.
- ↑ http://www.herbs2000.com/herbs/herbs_sassafras.htm
- ↑ Cushman, H. B. 1899. History of the Choctaw, Chickasaw and Natchez Indians. URL
- ↑ Il est très vraisemblable que cette version du mythe infirme la thèse largement soutenue que les mythes nord-américains décrivent le déluge comme une simple inondation ou une pluie massive. La description ici donnée par les informateurs de Cushman correspondent bien davantage aux effets de la chute d'une météorite dans ou près d'un océan.