Dypsis madagascariensis (PROTA)
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Introduction |
| Importance générale | |
| Répartition en Afrique | |
| Répartition mondiale | |
| Légume | |
| Bois d'œuvre | |
| Ornemental | |
| Sécurité alimentaire | |
| Statut de conservation | |
Dypsis madagascariensis (Becc.) Beentje & J.Dransf.
- Protologue: J.Dransf. & Beentje, The palms of Madagascar : 185 (1995).
- Famille: Arecaceae (Palmae)
Synonymes
- Chrysalidocarpus madagascariensis Becc. (1906),
- Chrysalidocarpus oleraceus Jum. & H.Perrier (1913).
Noms vernaculaires
- Lucuba palm (En).
Origine et répartition géographique
Dypsis madagascariensis est endémique du nord et de l’ouest de Madagascar. Il est cultivé dans de nombreux pays tropicaux comme palmier ornemental. Il est localement naturalisé, par ex. au Panama.
Usages
A Madagascar, le bois est couramment utilisé pour faire des parquets dans les habitations. Le cœur de palmier fournit un excellent légume, et les fruits sont comestibles. C’est un beau palmier ornemental.
Propriétés
Le bois est très lourd en raison de la présence d’une couche externe de fibres grossières.
Description
- Palmier atteignant 18 m de haut, avec un tronc unique ou 2–4 troncs groupés en bouquet, jusqu’à 30 cm de diamètre ; manchon de la cime vert, couvert de cire blanche.
- Cime à 7–12 feuilles, disposées en spirale, tristiques, composées pennées ; gaine jusqu’à 65 cm de long, pétiole jusqu’à 40 cm de long, rachis de 160–310 cm de long ; folioles au nombre de (30–)88–126(–177) de chaque côté du rachis, en groupes de 2–6, vert moyen, avec les extrémités pendantes, folioles de la base jusqu’à 120 cm de long, folioles médianes jusqu’à 95 cm de long, folioles du sommet jusqu’à 40 cm de long.
- Inflorescence située entre les feuilles, à 3 ordres de ramifications, arquée ; pédoncule de 52–60 cm de long, initialement couvert d’une pubescence rougeâtre, devenant ensuite glabre et vert ; bractées jusqu’à 80 cm de long ; rachis jusqu’à 95 cm de long, ramifications jusqu’à 40 cm de long, vertes avec quelques écailles rougeâtres, portant des fleurs mâles et femelles.
- Fleurs unisexuées, 3-mères ; fleurs mâles portant 6 étamines et un pistil rudimentaire ; fleurs femelles portant un ovaire supère, apparemment 1-loculaire, et des étamines rudimentaires.
- Fruit : drupe obovoïde à ellipsoïde de 1–1,5 cm × 0,5–1 cm, renfermant une seule graine.
- Graines étroitement ellipsoïdes, d’environ 1 cm de long ; albumen uniforme.
Autres données botaniques
Le genre Dypsis comprend quelque 140 espèces, toutes endémiques de Madagascar à l’exception de 2 qui poussent dans les Comores et 1 sur l’île de Pemba. Le nom de Dypsis madagascariensis (Becc.) Beentje & J.Dransf. (1995) peut être illégitime en raison de l’existence de Dypsis madagascariensis (Mart.) G.Nicholson (1885), qui est un synonyme d’Areca madagascariensis Mart. Plusieurs autres espèces de grande taille du genre Dypsis sont coupées pour leur bois employé en construction, mais la plupart sont très rares ou ont une aire très restreinte. Les troncs de certaines espèces de plus petite taille sont utilisés pour faire des sarbacanes, des nasses et des cages à oiseaux.
Les fruits de Dypsis madagascariensis sont mangés par les lémuriens, qui dispersent les graines.
Ecologie
Dypsis madagascariensis se rencontre dans la forêt pluviale et la forêt semi-décidue jusqu’à 650 m d’altitude. On peut le trouver dans des forêts plus sèches que la plupart des autres espèces de Dypsis, et même dans des ravines en zone de brousse sèche.
Gestion
Un trempage préalable des semences dans l’eau pendant 3 jours favorise la germination, qui démarre dans les deux semaines. Le pourcentage de germination peut atteindre 90%. La croissance est rapide, les semis atteignant environ 120 cm de haut à un an. Ils sont alors prêts à être transplantés.
Seuls les arbres arrivés à maturité sont exploités pour le bois, le tronc des jeunes sujets étant trop tendre pour fournir des sciages durables. Seule la portion inférieure du tronc est utilisée, la portion supérieure étant trop tendre. Cette portion inférieure fournit jusqu’à 3 sections de 3–4 m de long. Ces sections sont fendues en deux, et le cœur tendre est éliminé pour obtenir 2 madriers courbes. L’écorce est éliminée par grattage, et les madriers sont liés en bottes de 4–6. En 1994, ces madriers se vendaient US$ 0,75, et un plant de palmier pouvait rapporter jusqu’à US$ 4,50.
Ressources génétiques
L’intensité d’abattage de Dypsis madagascariensis est élevée par endroits, mais en règle générale seuls les sujets matures sont coupés, ce qui leur laisse le temps de se reproduire par semences. Dans de nombreuses régions, la régénération est assez bonne. Cependant, comme c’est le cas pour la plupart des autres Dypsis spp. à Madagascar, les populations de Dypsis madagascariensis ont fortement diminué du fait de la destruction des forêts, et dans les parcs nationaux l’exploitation illicite est toujours pratiquée. Dypsis madagascariensis n’est pas encore classé comme vulnérable selon le système de l’UICN, mais il est près de l’être selon les critères en vigueur.
Perspectives
Il est peu probable qu’une production soutenue et économiquement intéressante de bois et de cœurs de palmier soit possible à partir des peuplements sauvages subsistants de Dypsis madagascariensis. La protection de l’espèce est devenue un important sujet de préoccupation. Son importance comme palmier ornemental va probablement encore s’accroître.
Références principales
- Adany, A.J., Birkinshaw, C.R. & Andrews, J.R., 1994. Illegal palm felling in Lokobe Reserve, Madagascar. Principes 38(4): 204–210.
- Dransfield, J. & Beentje, H.J., 1995. The palms of Madagascar. Royal Botanic Gardens, Kew and The International Palm Society, United Kingdom. 475 pp.
Autres références
- Decary, R., 1946. Plantes et animaux utiles de Madagascar. Annales du Musée Colonial de Marseille, 54e année, 6e série, 4e volume, 1er et dernier fascicule. 234 pp.
- Johnson, D., 1998. Dypsis madagascariensis. In: IUCN. 2006 Red list of threatened species. [Internet] http://www.iucnredlist.org. January 2007.
Auteur(s)
- R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Lemmens, R.H.M.J., 2007. Dypsis madagascariensis (Becc.) Beentje & J.Dransf. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 17 septembre 2026.
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