Euphorbia lugardiae (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale
Répartition en Afrique
Répartition mondiale
Médicinal
Ornemental


Euphorbia lugardiae (N.E.Br.) Bruyns


Protologue: Taxon 55(2) : 413 (2006).
Famille: Euphorbiaceae
Nombre de chromosomes:n = 17

Synonymes

  • Monadenium lugardiae N.E.Br. (1909).

Origine et répartition géographique

Euphorbia lugardiae se rencontre au Malawi, en Zambie, au Botswana, au Zimbabwe, au Mozambique et en Afrique du Sud.

Usages

Au Zimbabwe et en Afrique du Sud, on met quelques gouttes de latex de tige ou de racine dans de la bouillie ou du lait et on le prend pour traiter l’ascite, les maux d’estomac, les douleurs thoraciques, les maux de tête, la rougeole, la pneumonie et l’asthme ; le latex se prend également pour ses vertus abortives. Mais c’est un violent purgatif qui peut parfois entraîner des vomissements et une gastro-entérite hémorragique, une cirrhose du foie et parfois la mort. Il est également utilisé pour expulser les vers chez les chiens. Pris en association avec le jus de Portulaca quadrifida L., il servait jadis de remède contre la gonorrhée. En Afrique du Sud, les cendres de la plante se passent sur des scarifications pour traiter les douleurs rhumatismales. La consommation de la racine provoque hallucinations et délire et les devins ingèrent un morceau de racine pour avoir des visions et faire des prophéties. La consommation de racine crue provoque une sensation de brûlure dans la bouche et dans la gorge.

Euphorbia lugardiae est cultivé comme plante ornementale en pot.

Propriétés

Le latex des parties aériennes et l’extrait au méthanol de la tige ont eu des effets contradictoires sur de l’iléon isolé de cobaye : d’une part une activité contractile à faible concentration, mais d’autre part un effet inhibiteur de ces contractions à fortes concentrations.

Lorsque 1 ml de latex pur ou dilué dans de l’eau, provenant des parties aériennes (à des concentrations de 10% ou 1%) a été administré par voie orale à des rats de 3 mois, tous étaient morts en 20 minutes. Des concentrations de 0,1% ou 0,01% provoquent une grave diarrhée qui dure 7 jours et une perte de poids de 10–15%. Ce latex est très acide, son pH atteignant 2 et il peut entraîner des dermatites. Il a également fait preuve d’une activité insecticide significative in vitro.

Description

Arbuste succulent, monoïque, atteignant 60 cm de haut, ramifié depuis la base, érigé ou légèrement retombant ; racines épaisses et charnues ; tiges cylindriques, atteignant 3 cm de diamètre, munies de tubercules aplatis d’environ 1,5 cm × 1 cm présentant un motif en forme de diamant, à cicatrices foliaires circulaires d’environ 2 mm de diamètre à l’apex. Feuilles disposées en spirale, groupées vers l’apex de la tige, simples, presque sessiles ; stipules modifiées en un groupe de 3–5 épines tendres atteignant 2 mm de long, tombant rapidement ; limbe obovale, atteignant 9 cm × 4 cm, base cunéiforme, apex arrondi, bords ondulés, charnu, finement couvert de poils courts, pennatinervé. Inflorescence : cyme axillaire composée de groupes de fleurs appelés “cyathes” ; pédoncule de 5–8 cm de long et rameaux de 2–4 mm de long ; bractées soudées en une coupe d’environ 7 mm × 7 mm, courtement émarginées entre des lobes aigus, à nervures médianes proéminentes, souvent teintées de rosé ; cyathe d’environ 4 mm de diamètre, à involucre en coupe, de couleur ivoire bordé de jaune, 5-lobé à lobes d’environ 1 mm × 1,5 mm, denté, à 1 glande en fer à cheval d’environ 2 mm de long, chaque involucre contenant 1 fleur femelle entourée de nombreuses fleurs mâles. Fleurs unisexuées ; fleurs mâles sessiles à bractéoles d’environ 2,5 mm de long, frangées, périanthe absent, étamines d’environ 4 mm de long ; fleurs femelles à pédicelle atteignant 8 mm chez le fruit, périanthe 3-lobé, d’environ 2,5 mm de diamètre, ovaire supère, 3-loculaire, styles 3, d’environ 1,5 mm de long, soudés à la base, profondément bifides à l’apex. Fruit : capsule 3-lobée d’environ 6 mm × 6 mm, à deux protubérances en crête charnues le long des côtes, à 3 graines. Graines oblongues, d’environ 3,5 mm × 1,5 mm, carrées, finement rugueuses, gris brunâtre pâle, caroncule en forme de coiffe, d’environ 1 mm de diamètre, sur un stipe mince et court.

Autres données botaniques

Le genre Euphorbia comprend environ 2000 espèces et est présent dans le monde entier. Monadenium (environ 70 espèces sur le continent africain) avait toujours été maintenu séparé du genre Euphorbia, mais de récentes analyses moléculaires ont montré que Monadenium était imbriqué dans Euphorbia ; il fait donc partie du genre Euphorbia, en tant que section Monadenium dans le sous-genre Euphorbia.

Ecologie

Euphorbia lugardiae est présent sur les affleurements rocheux granitiques, sur sols sableux parmi les pierres dans la savane arborée et la forêt claire à Brachystegia, et dans l’ombre des termitières, souvent en colonies, à 100–1100 m d’altitude.

Gestion

En pot, Euphorbia lugardiae a besoin d’un ensoleillement direct ou d’un ombrage léger ainsi qu’un sol bien drainé constitué de 2 parts de sable pour 1 part de limon et 1 part de tourbe. Après arrosage, il faut laisser la plante s’assécher complètement avant de lui redonner de l’eau. Une seule application d’engrais est recommandée pendant la saison de croissance. Un excès d’eau et d’engrais entraîne la pourriture des racines. En saison froide, il faut donner de l’eau juste en quantité suffisante pour empêcher les feuilles de flétrir et de tomber.

Euphorbia lugardiae se multiplie principalement par boutures ; on utilise des extrémités de tige de 10–15 cm de long. Une fois coupées, on trempe les tiges dans de la poudre de charbon de bois pour refermer la coupure et on les laisse former un cal pendant une semaine avant de mettre la bouture en terre. Les boutures doivent s’enraciner au bout de 6–8 semaines.

Ressources génétiques

Euphorbia lugardiae est relativement rare dans son aire de répartition, mais rien n’indique qu’il soit menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Euphorbia lugardiae a plusieurs usages médicinaux, mais les analyses chimiques et la démonstration pharmacologique de son utilité font défaut. Cela justifie par conséquent qu’on lui consacre des recherches supplémentaires.

Références principales

  • Bruyns, P.V., Mapaya, R.J. & Hedderson, T., 2006. A new subgeneric classification for Euphorbia (Euphorbiaceae) in southern Africa based on ITS and psbA-trnH sequence data. Taxon 55(2): 397–420.
  • Carter, S. & Leach, L.C., 2001. Euphorbiaceae, subfamily Euphorbioideae, tribe Euphorbieae. In: Pope, G.V. (Editor). Flora Zambesiaca. Volume 9, part 5. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. pp. 339–465.
  • Gundidza, M., 1993. Toxicity of Monadenium lugardiae to albino rats. Zimbabwe Science News 27(4–6): 47.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
  • van Wyk, B.E. & Gericke, N., 2000. People’s plants: a guide to useful plants of southern Africa. Briza Publications, Pretoria, South Africa. 351 pp.

Autres références

  • De Smet, P.A.G.M., 1996. Some ethnopharmacological notes on African hallucinogens. Journal of Ethnopharmacology 50: 141–146.
  • Gelfand, M., Mavi, S., Drummond, R.B. & Ndemera, B., 1985. The traditional medical practitioner in Zimbabwe: his principles of practice and pharmacopoeia. Mambo Press, Gweru, Zimbabwe. 411 pp.
  • Gundidza, M., 1986. Insecticidal activity of Monadenium lugardae latex. Planta Medica 52(6): 558.
  • Gundidza, M., 1990. Action of Monadenium lugardiae latex on guinea-pig ileum. Fitoterapia 61: 442–444.
  • Gundidza, M., 1991. Effect of methanol extract from Monadenium lugardiae on contractile activity of guinea-pig ileum. Central African Journal of Medicine 37(5): 141–144.
  • Steenkamp, V., 2003. Traditional herbal remedies used by South African women for gynaecological complaints. Journal of Ethnopharmacology 86: 97–108.
  • Steinmann, V.W. & Porter, J.M., 2002. Phylogenetic relationships in Euphorbieae (Euphorbiaceae) based on its and ndhF sequence data. Annals of the Missouri Botanical Garden 89(4): 453–490.

Auteur(s)

  • G.H. Schmelzer, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Schmelzer, G.H., 2008. Euphorbia lugardiae (N.E.Br.) Bruyns. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 22 avril 2026.


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