Excoecaria grahamii (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale
Répartition en Afrique
Répartition mondiale
Médicinal


Excoecaria grahamii Stapf


Protologue: Bull. Misc. Inform. Kew 1906: 81 (1906).
Famille: Euphorbiaceae

Synonymes

  • Sapium grahamii (Stapf) Prain (1913).

Origine et répartition géographique

Excoecaria grahamii est présent de la Guinée au Nigeria.

Usages

La plante est très toxique. En décoction, la plante entière s’emploie en bain pour traiter les affections de la peau et les œdèmes, en usage interne contre les affections dermiques, notamment la lèpre et l’ascite, qui nécessitent une purge radicale. Pour aider à faire sortir le ver de Guinée, on applique un extrait de feuilles pilées sur les plaies causées par le parasite, ou quelques gouttes de latex. En Côte d’Ivoire, la fumée de racines fraîches broyées et brûlées avec celles de Gnidia kraussiana Meisn. s’inhale pour traiter les hallucinations. Au Burkina Faso, la décoction de feuilles se prend pour déclencher l’avortement.

Le latex des racines est fortement caustique ; broyé dans une petite quantité d’eau, il s’applique avec une baguette pour produire des marques rouges ou noires sur le visage, qui gonflent et finissent par dessiner un tatouage. On l’utilise parfois pour les scarifications rituelles, ainsi que les feuilles écrasées. La racine est parfois un ingrédient de poison de flèche. Elle sert aussi à des fins criminelles.

Propriétés

L’extrait de feuille à l’alcool, injecté en intraveineux dans le muscle cardiaque de lapin in vivo, a un bref effet stimulant, qui évoque celui des cardiotoniques.

Description

Petit arbuste monoïque, glabre, non ramifié, atteignant 60(–90) cm de haut, à latex laiteux et poisseux et à profonds rhizomes rampants. Feuilles alternes, simples ; stipules minuscules, tombant rapidement ; pétiole atteignant 1,5 cm de long ; limbe elliptique, elliptique-oblong à elliptique-obovale, de 4–15 cm × 3–5 cm, base arrondie ou cunéiforme, à 2 glandes, apex obtus à aigu, bords finement dentés, vert pâle en dessous. Inflorescence : mince épi terminal atteignant 5 cm de long, le plus souvent à nombreuses fleurs mâles et à 1–2 fleurs femelles à la base. Fleurs unisexuées, régulières, sessiles, pétales absents, disque absent ; fleurs mâles à 3 sépales elliptiques, rougeâtres, étamines 3 ; fleurs femelles à 3 sépales arrondis à ovales, obtus, dentés à entiers, ovaire supère, lisse, 3-loculaire, styles 3, presque libres. Fruit : capsule 3-lobée de 2–2,5 cm de diamètre, dure, brun pâle à rosé, à déhiscence explosive, contenant 3 graines. Graines presque globuleuses, d’environ 5 mm de long, brunes à jaunes.

Autres données botaniques

Le genre Excoecaria se rencontre dans les tropiques de l’Ancien Monde et les îles du Pacifique et comprend 35 espèces ; on trouve environ 6 espèces sur le continent africain et environ 5 à Madagascar. Auparavant, de nombreuses espèces d’Excoecaria faisaient partie du genre Sapium, considéré aujourd’hui comme endémique du Nouveau Monde.

Excoecaria guineensis

Excoecaria guineensis (Benth.) Müll.Arg est présent en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale. Au Nigeria, la décoction de l’écorce de sa racine ou de sa tige se prend à petites doses comme purgatif dans les cas de constipation, et aussi pour traiter les maladies rénales. La décoction de l’écorce de tige est également utilisée comme émétique. En R.D. du Congo, le jus des feuilles s’applique sur les plaies. Il est âcre et toxique.

Ecologie

Excoecaria grahamii est présent dans les savanes et à la lisière des forêts, habituellement sur sol humide. Il fleurit et fructifie de juin à mars.

Ressources génétiques

Excoecaria grahamii est relativement commun dans son aire de répartition qui est assez étendue ; il n’est donc probablement pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Excoecaria grahamii est une plante très toxique, qui gardera par conséquent une place restreinte dans la médecine traditionnelle locale. Il serait intéressant d’évaluer ses propriétés pharmacologiques, car d’autres Excoecaria spp. produisent des composés présentant une activité anti-VIH intéressante.

Références principales

  • Belemtougri, R.G., Samate, D.A. & Millogo-Rasolodimby, J., 1995. Sapium grahamii (Stapf) Prain: plante cardiotonique. Revue de Médecines et Pharmacopées Africaines 9(2): 21–30.
  • Burkill, H.M., 1994. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 2, Families E–I. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 636 pp.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
  • Neuwinger, H.D., 1998. Afrikanische Arzneipflanzen und Jagdgifte. Chemie, Pharmakologie, Toxikologie. 2nd Edition. Wissenschaftliche Verlagsgesellschaft mbH, Stuttgart, Germany. 960 pp.

Autres références

  • Adjanohoun, E.J., Adjakidjè, V., Ahyi, M.R.A., Aké Assi, L., Akoègninou, A., d’Almeida, J., Apovo, F., Boukef, K., Chadare, M., Cusset, G., Dramane, K., Eyme, J., Gassita, J.N., Gbaguidi, N., Goudote, E., Guinko, S., Houngnon, P., Lo, I., Keita, A., Kiniffo, H.V., Kone-Bamba, D., Musampa Nseyya, A., Saadou, M., Sodogandji, T., De Souza, S., Tchabi, A., Zinsou Dossa, C. & Zohoun, T., 1989. Contribution aux études ethnobotaniques et floristiques en République Populaire du Bénin. Agence de Coopération Culturelle et Technique, Paris, France. 895 pp.
  • Brown, N.E., Hutchinson, J. & Prain, D., 1909–1913. Euphorbiaceae. In: Thiselton-Dyer, W.T. (Editor). Flora of tropical Africa. Volume 6(1). Lovell Reeve & Co., London, United Kingdom. pp. 441–1020.
  • Léonard, J., 1962. Euphorbiaceae. In: Robyns, W., Staner, P., Demaret, F., Germain, R., Gilbert, G., Hauman, L., Homès, M., Jurion, F., Lebrun, J., Vanden Abeele, M. & Boutique, R. (Editors). Flore du Congo belge et du Ruanda-Urundi. Spermatophytes. Volume 8, 1. Institut National pour l’Étude Agronomique du Congo belge, Brussels, Belgium. 214 pp.
  • Stäuble, N., 1986. Etude ethnobotanique des Euphorbiacées d’Afrique de l’Ouest. Journal of Ethnopharmacology 16: 23–103.

Sources de l'illustration

  • Akoègninou, A., van der Burg, W.J. & van der Maesen, L.J.G. (Editors), 2006. Flore analytique du Bénin. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. 1034 pp.

Auteur(s)

  • G.H. Schmelzer, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Schmelzer, G.H., 2007. Excoecaria grahamii Stapf. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 17 septembre 2026.


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