Fumaria muralis (PROTA)
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Introduction |
Fumaria muralis Sond. ex W.D.J.Koch
- Protologue: Syn. fl. germ. helv., ed. 2, 3 : 1017 (1845).
- Famille: Fumariaceae
- Nombre de chromosomes: 2n = 48
Noms vernaculaires
- Fumeterre, fumeterre des murs (Fr).
- Common ramping-fumitory, wall fumitory (En).
- Fumária das paredes, salta-sebes (Po).
Origine et répartition géographique
Fumaria muralis est indigène d’Europe occidentale et d’Afrique du Nord, et a été introduit dans certains endroits d’Afrique tropicale : la Réunion, Maurice et l’Afrique australe. A la Réunion et à Maurice, il est naturalisé. Il a également été introduit aux Amériques et en Australie.
Usages
A la Réunion et à Maurice, une décoction de la plante versée dans l’eau du bain sert à soigner l’eczéma, l’acné, la teigne, le scorbut, les démangeaisons et les plaies. Elle est aussi utilisée en collyre contre la conjonctivite. Elle est employée en interne comme tonique et stimulant, car elle passe pour purifier le sang, réguler la sécrétion de bile, stimuler le foie, et avoir des propriétés laxatives, purgatives, antidiabétiques et hypocholestérolémiques. Un sirop fait à partir de la plante entière de Fumaria muralis est administré aux enfants qui souffrent de gastroentérite. Les Fumaria spp. ont été utilisées dans le même but en Europe, Fumaria officinalis L. étant l’espèce la plus importante. Les produits phytopharmaceutiques à base de Fumaria servent traditionnellement à la fois pour stimuler les fonctions d’élimination rénale et digestive et comme cholérétique.
Propriétés
Plusieurs alcaloïdes isoquinoléiques ont été isolés de Fumaria muralis. L’un d’eux, la fumarophycine, a une activité anti-oxydante. Un alcaloïde isoquinoléique, la sanguinarine, a été isolé de l’espèce apparentée Fumaria officinalis. Ce composé est toxique, mais possède aussi de puissantes propriétés antimicrobiennes, anti-inflammatoires et anti-oxydantes. On pense qu’il pourrait servir de médicament dans le traitement des affections hyperprolifératives de la peau, en particulier le cancer de la peau. Un autre alcaloïde présent chez Fumaria officinalis est la protopine qui est spasmolytique, anticholinergique, anti-arythmique et antibactérienne.
Description
Plante herbacée annuelle rampante, à tiges flexueuses atteignant 50(–80) cm de long, glabre et légèrement glauque. Feuilles alternes, composées bipennées, pétiolées ; stipules absentes ; folioles à lobes ovales à oblongs-lancéolés. Inflorescence : grappe pédonculée, portant des bractées, apparemment opposée aux feuilles, portant jusqu’à 15(–20) fleurs. Fleurs bisexuées, zygomorphes ; pédicelle court ; sépales 2, latéraux, de 2,5–5 mm × 1,5–3 mm, dentés ; corolle de 9–12 mm de long, composée d’un pétale supérieur éperonné, de 2 pétales intérieurs et d’un pétale inférieur, roses, rouge noirâtre aux extrémités ; étamines 6, en 2 groupes de 3 ; ovaire supère, 1-loculaire. Fruit : nucule de petite taille, globuleuse, d’environ 2 mm de diamètre, lisse, à 1 graine.
Autres données botaniques
Le genre Fumaria comprend environ 60 espèces, dont la plupart sont indigènes d’Europe. Seule une espèce est indigène d’Afrique tropicale : Fumaria abyssinica Hammar, présent de l’est de la R.D. du Congo jusqu’à l’Erythrée, Djibouti et la Somalie, et vers le sud jusqu’à la Tanzanie. On ne connaît aucun usage pour cette espèce. Mis à part Fumaria muralis, Fumaria officinalis L. a été introduit localement en Afrique, par ex. en Afrique du Sud. Les deux espèces sont difficiles à distinguer ; Fumaria officinalis ayant des folioles à lobes plus étroits, des fleurs légèrement plus petites et des fruits légèrement rugueux ; on les a beaucoup confondus. La petite taille des fleurs qui est signalée pour les plantes des îles de l’océan Indien soulève des doutes quant à leur identification comme Fumaria muralis.
Ecologie
On trouve Fumaria muralis dans les champs, les jardins et les terrains vagues.
Gestion
Fumaria muralis peut se comporter comme une adventice, par ex. de la canne à sucre et des légumes à la Réunion et à Maurice, ou du blé et de l’orge en Afrique du Sud. En cas de besoin, les plantes sont récoltées dans la nature pour un usage médicinal.
Ressources génétiques
Fumaria muralis est répandu en tant qu’adventice dans plusieurs régions du monde et n’est certainement pas menacé d’érosion génétique.
Perspectives
Bien que les usages internes de Fumaria spp. appartiennent à une longue tradition, ils ne sont pas étayés par des études cliniques valables. La plus grande prudence s’impose en raison de la toxicité. Son utilisation en externe contre les maladies de peau semble plus prometteuse, mais il faut poursuivre les études pharmacologiques pour confirmer son activité et son innocuité. Les Fumaria spp. ne sont pas des candidats évidents pour être promus au rang de plantes médicinales en Afrique tropicale car la plupart ne sont pas indigènes et ne sont présents que très localement.
Références principales
- Exell, A.W., 1960. Fumariaceae. In: Exell, A.W. & Wild, H. (Editors). Flora Zambesiaca. Volume 1, part 1. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. p. 181.
- Gurib-Fakim, A., Guého, J. & Bissoondoyal, M.D., 1997. Plantes médicinales de Maurice, tome 3. Editions de l’Océan Indien, Rose-Hill, Mauritius. 471 pp.
- Lavergne, R. & Véra, R., 1989. Médecine traditionelle et pharmacopée - Contribution aux études ethnobotaniques et floristiques à la Réunion. Agence de Coopération Culturelle et Technique, Paris, France. 236 pp.
- Sousek, J., Vavreckova, C., Psotova, J., Ulrichova, J. & Simanek, V., 1999. Antioxidant and antilipoperoxidant activities of alkaloid and phenolic extracts of eight Fumaria species. Acta Horticulturae 501: 239–244.
Autres références
- Adhami, V.M., Aziz, M.H., Mukhtar, H. & Ahmad, N., 2003. Activation of prodeath Bcl-2 family proteins and mitochondrial apoptosis pathway by sanguinarine in immortalized human HaCaT keratinocytes. Clinical Cancer Research 9(8): 3176–3182.
- Bruneton, J., 1995. Pharmacognosy, phytochemistry, medicinal plants. Technique & Documentation Lavoisier, Paris, France. 915 pp.
- Marais, W., 1980. Papavéracées. In: Bosser, J., Cadet, T., Julien, H.R. & Marais, W. (Editors). Flore des Mascareignes. Familles 31–50. The Sugar Industry Research Institute, Mauritius, l’Office de la Recherche Scientifique Outre-Mer, Paris, France & Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 5 pp.
- van Wyk, B.E., van Heerden, F. & van Oudtshoorn, B., 2002. Poisonous plants of South Africa. Briza Publications, Pretoria, South Africa. 288 pp.
Auteur(s)
- R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Lemmens, R.H.M.J., 2006. Fumaria muralis Sond. ex W.D.J.Koch. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 22 avril 2026.
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