Gilbertiodendron dewevrei (AAC)

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Gabonius ngouniensis
Doucet et al., 2026, Les Arbres d'Afrique Centrale
Gilletiodendron kisantuense


Gilbertiodendron dewevrei (De Wild.) J.Léonard - Nom pilote : Limbali

Distribution de l'espèce


Caractères distinctifs

Le limbali atteint 40 m de hauteur et 2 m de diamètre. Le tronc est cylindrique avec des empattements. Le feuillage est dense, sombre et retombant. L’écorce se détache en fines plaques allongées gris- jaune de taille irrégulière laissant la place à une surface rugueuse, tachetée de lenticelles brun-rouge. La tranche de l’écorce est rose à l’extérieur, jaune à l’intérieur. Elle peut dégager une légère odeur de plantain vert. Les feuilles alternes sont composées paripennées avec 2-3 paires de folioles opposées (exceptionnellement 4-5, ou parfois une seule chez les jeunes plants) à courts pétiolules droits. Les folioles sont coriaces, oblongues à étroitement obovales, à base inégale, atteignant 40 x 18 cm, brillantes au-dessus et mates en dessous, avec de petites glandes éparses sur les bords. La nervure principale est saillante aux deux faces, les secondaires (14-22 paires) sont saillantes en dessous et arquées avant la marge, et les nervilles forment un réseau dense en petits carrés. La face inférieure du limbe est couverte de très petites pustules visibles à la loupe. Les grandes stipules lancéolées (2-8 x 2-4 cm) sont généralement persistantes et munies à la base de deux oreillettes arrondies (jusqu’à 4 cm de diamètre) parfois caduques. Les inflorescences sont des panicules de fleurs avec 2 bractéoles brunes et un seul grand pétale bilobé rouge ou rose foncé (1,5-3 cm), les autres étant très réduits. Les fruits sont de grandes gousses aplaties (15-30 x 6-9 cm), à poils bruns veloutés, ridées avec une nervure longitudinale près du bord et une courte pointe au sommet. Les graines sont aplaties, de 4-5 cm de diamètre, à tégument brun luisant. Le limbali diffère des autres Gilbertiodendron par ses fleurs à pétale rouge ou rose foncé, et ses feuilles à surface finement pustuleuse en dessous. En l’absence de fleurs, on peut le confondre avec d’autres espèces, notamment G. mayombense (gousse à sommet très asymétrique avec souvent 2 nervures, stipules jusqu’à 1,5 cm), G. demonstrans (gousse à nervure quasi centrale, stipules de 1-2 cm) et G. breynei (gousse à 2-3 nervures, nervure médiane des folioles en creux dessus, stipules sans oreillettes).>

Plantule

La germination du limbali est épigée, phanérocotyle, avec des cotylédons charnus de 4 cm de diamètre. L’hypocotyle strié de 6-20 cm est glabre, l’épicotyle de 12-14 cm est quadrangulaire et glabre. Les deux premières feuilles sont composées et opposées, avec 2 folioles et des stipules (sans oreillettes dans un premier temps). Les feuilles suivantes sont similaires mais alternes. Le limbe est glabre, acuminé, avec des glandes sur le bord.

Habitat et tempérament

Le limbali tolère l’ombrage. Il est grégaire et peut former des peuplements quasi monospécifiques, à proximité des cours d’eau, sur sols périodiquement inondés et sur sols sableux de terre ferme. Les forêts à limbali recouvrent des surfaces considérables au nord de la cuvette congolaise. Dans ces forêts, sa régénération est abondante. Ses racines forment des associations ectomycorhiziennes.

Utilisation et statut de conservation

Le limbali est classé Préoccupation mineure (LC) sur la Liste Rouge de l’UICN. Il forme de vastes forêts monodominantes, généralement encore bien préservées, mais à dynamique lente et potentiellement fragiles. Ces forêts hébergent également des champignons comestibles du genre Cantharellus. Le bois du limbali, dur et durable, était régulièrement exporté autrefois mais est peu exploité aujourd’hui. Les graines peuvent être consommées grillées, bouillies, fermentées ou encore en porridge après transformation en farine (HVC 5). L’écorce est utilisée en médecine traditionnelle pour traiter la dysenterie et les gastrites. Elle est également appliquée directement sur les plaies et les brûlures pour aider la cicatrisation. Les feuilles permettraient de traiter l’asthme et d’améliorer la fertilité. En laboratoire, l’écorce du limbali a montré une activité antioxydante.

Dispersion et interaction avec la faune

La dispersion des graines se fait par ouverture de la gousse. Lors de fructifications massives, les graines sont consommées par de nombreuses espèces de grands mammifères : potamochère, éléphant, gorille, buffle, céphalophes ainsi que par les rongeurs.

Phénologie

Le limbali est sempervirent et hermaphrodite, son diamètre de fructification régulière est de 60 cm.

Informations complémentaires

Espèce UICN HVC Fructification
Cam Gab RC RCA RDC
G. dewevrei (De Wild.) J.Léonard LC 2019 5 2-3 7-8
DME 60 70 60 70 60
(cm)


Crédits

Texte de JF. Gillet, JL. Doucet, O. Lachenaud, Q. Meunier, C. Moumbogou, N. Texier, R. Doucet, T. Stévart, B. Sonké, M. Simo-Droissart. Photos de JL. Doucet, JF. Gillet, C. Moumbogou, I. Zombo.