Guibourtia tessmannii (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
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Importance générale
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Huile essentielle / exsudat
Médicinal
Bois d'œuvre


répartition en Afrique (sauvage)
coupe transversale du bois
coupe tangentielle du bois
coupe radiale du bois

Guibourtia tessmannii (Harms) J.Léonard


Protologue: Bull. Jard. Bot. Etat 19: 404 (1949).
Famille: Caesalpiniaceae (Leguminosae - Caesalpinioideae)

Noms vernaculaires

  • Bois de rose d’Afrique (Fr).

Origine et répartition géographique

L’aire de répartition de Guibourtia tessmannii s’étend au Cameroun, en Guinée équatoriale et au Gabon.

Usages

Le bois de Guibourtia tessmannii, connu sous le nom de “bubinga” ou de “kevazingo”, est utilisé en parqueterie, en menuiserie, pour les lambris, le mobilier, l’ébénisterie, les étais de mines, la charronnerie, les caisses et les cageots, les instruments de musique, les manches d’outils, de balais et les objets sculptés. Il se prête à la construction navale, à la confection de jouets, d’articles de fantaisie, au tournage, aux placages et au contreplaqué.

En médecine traditionnelle, la décoction d’écorce est prescrite en cas de gonorrhée et d’hypertension, et en prévention des avortements. On la prend aussi comme anthelminthique et on l’applique comme nettoyant sur les plaies. Sur les marchés de Yaoundé (Cameroun), l’écorce de la tige se vend pour soigner de nombreuses affections : convulsions, diarrhée, lumbago, hernie, paludisme, anémie et stérilité féminine. Une enquête réalisée parmi les villageois affirme que l’usage de l’écorce, des feuilles ou des fruits permettait de lutter également contre la fièvre typhoïde, les hémorroïdes, le cancer, les maladies sexuellement transmissibles et l’hépatite. Dans le sud du Cameroun, l’extrait d’écorce sert de pesticide, souvent mélangé avec d’autres espèces de plantes, pour juguler la pourriture des cabosses du cacao causée par des champignons. L’écorce est très recherchée et la base des arbres sur pied est souvent écorcée.

Production et commerce international

Le bois, vendu au Gabon sous l’appellation de “kevazingo”, est mélangé avec celui de Guibourtia pellegriniana J.Léonard. En 1997, près de 55 000 m³ de grumes ont été exportés au prix moyen de FCFA 350 000/m³.

Propriétés

Le bois de cœur est brun rougeâtre, souvent veiné de violet-brun ou de pourpre, et se distingue nettement de l’aubier qui est blanchâtre et d’une largeur de 7,5 cm. Le fil est droit ou contrefil, le grain fin et régulier. Le bois est lustré et odorant à la coupe.

C’est un bois lourd, avec une densité de 860–930 kg/m³ à 12% d’humidité, et dur. Il sèche à l’air lentement avec des risques importants de déformation. Les taux de retrait sont assez élevés, de l’état vert à anhydre ils sont de 5,2–8,1% dans le sens radial et de 6,3–10,5% dans le sens tangentiel. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 166–195 N/mm², le module d’élasticité de 15 100 N/mm², la compression axiale de 66–73 N/mm², le cisaillement de 9,5 N/mm², le fendage de 20–27 N/mm et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 7,9–9,0.

Le bois se scie et se travaille assez facilement tant à la machine qu’à la main, et se rabote en donnant un joli fini. Il se polit bien et se vernit de manière satisfaisante. Il tient bien les clous et a de bonnes propriétés de collage. On peut obtenir des placages de bonne qualité par tranchage. Le bois est durable et résiste aux termites, aux Lyctus et autres insectes xylophages. Le bois de cœur est rebelle à l’imprégnation avec des produits de conservation ; quant à l’aubier, il l’est moyennement.

Le bois de Guibourtia tessmannii contient des flavanols de leucofisétinidine et de guibourtacacidine, des tanins et des sucres. Des hétérosides de stilbène ont été isolés de l’écorce, ainsi que de l’asébotine, un hétéroside dihydrochalcone. Le criblage pharmacologique a révélé une activité antifongique.

Description

  • Arbre de taille moyenne à grande atteignant 40 m de haut ; fût dépourvu de branches sur 20 m, droit, cylindrique, jusqu’à 200 cm de diamètre et souvent pourvu de grands contreforts minces atteignant 3 m de haut ; surface de l’écorce gris verdâtre à brun rougeâtre, écailleuse avec de petites écailles arrondies laissant des dépressions orange à rouges, écorce interne cassante, rougeâtre à brune, sécrétant souvent un exsudat gélatineux de couleur rougeâtre ; cime dense, arrondie.
  • Feuilles disposées en spirale, composées paripennées à 1 paire de folioles ; stipules petites et précocement caduques ; pétiole de 1,5–3 cm de long ; folioles presque sessiles, obliquement ovales ou elliptiques, de 6–15 cm × 3–6 cm, à base cunéiforme, à apex acuminé, glabres, sans points translucides, pennatinervées avec jusqu’à 10 paires de nervures latérales.
  • Inflorescence : panicule axillaire ou terminale d’environ 10 cm de long, à branches épaisses, garnie de poils rougeâtres ; bractées de petite taille, très précocement caduques.
  • Fleurs bisexuées, presque régulières, blanchâtres, parfumées, sessiles ; sépales 4, légèrement inégaux, atteignant 6 mm de long, poilus à l’intérieur ; pétales absents ; étamines 10, libres, jusqu’à 8 mm de long ; ovaire supère, largement ellipsoïde, d’environ 2 mm de long, pubescent, 1-loculaire, sessile, style d’environ 5 mm de long.
  • Fruit : gousse obliquement ellipsoïde de 3–4 cm × 2–2,5 cm, légèrement aplatie, glabre, densément striée, cuivre-brun foncé, déhiscente par 2 valves coriaces, contenant 1(–2) graines.
  • Graines réniformes, d’environ 1,5 cm de long, légèrement aplaties, entièrement recouvertes par un arille orange-rouge.

Autres données botaniques

Les singes, les chimpanzés et les calaos se nourrissent des graines et servent ainsi à les disséminer.

Le genre Guibourtia comprend environ 14 espèces, toutes africaines, mais une seule est présente en Amérique tropicale. Le genre est apparenté à Hymenaea et à Peltogyne.

Guibourtia pellegriniana

L’aire de répartition de Guibourtia pellegriniana J.Léonard s’étend du sud-est du Nigeria jusqu’à Cabinda (Angola). C’est un arbre haut, à fût droit. Au Gabon, il est exploité localement pour le commerce de son bois d’œuvre dans la forêt secondaire où l’okoumé (Aucoumea klaineana Pierre) est l’espèce dominante. Le bois, dont la densité est d’environ 940 kg/m³ à 12% d’humidité, ressemble à celui de Guibourtia tessmannii.

Ecologie

Guibourtia tessmannii se rencontre dans la forêt sempervirente, généralement dans la forêt primaire dans les endroits bien drainés.

Gestion

Guibourtia tessmannii est habituellement disséminé dans la forêt. Au Gabon, le volume de bois moyen à la fois de Guibourtia tessmannii et de Guibourtia pellegriniana est de 1,4 m³/ha, et en 1995 le volume sur pied était estimé à 13 millions de m³.

Le diamètre de fût minimal pour l’exploitation est de 90 cm au Gabon. Au Cameroun, un arbre ayant un diamètre de fût de 80 cm a donné 5,6 m³ de bois, un arbre de 100 cm de diamètre de fût a produit 8,6 m³ et un arbre de 150 cm 19,1 m³. Les grumes fraîchement abattues ne flottent pas sur l’eau.

Ressources génétiques

Bien que l’aire de répartition de Guibourtia tessmannii soit limitée et qu’il pousse normalement de façon disséminée dans la forêt primaire, rien n’indique qu’il soit à ce jour menacé d’érosion génétique. Il est néanmoins opportun de surveiller ses peuplements car l’espèce pourrait être facilement exposée à l’érosion génétique.

Perspectives

Si le bois de Guibourtia tessmannii est recherché sur le marché des bois d’œuvre, la recherche doit tout de même s’y intéresser pour déterminer les possibilités d’une exploitation commerciale durable. Il n’existe aucune information relative à ses taux de croissance, à sa multiplication, à sa plantation ni à des méthodes de conduite appropriées. On a signalé une croissance lente pour d’autres espèces de Guibourtia, qui pourrait constituer également un inconvénient majeur pour Guibourtia tessmannii car l’exploitation durable pourrait nécessiter de longues révolutions. L’usage qui est généralement fait de l’écorce en médecine traditionnelle justifie que la recherche s’intéresse davantage à ses propriétés phytochimiques et pharmacologiques.

Références principales

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  • CIRAD Forestry Department, 2008. Bubinga. [Internet] Tropix 6.0. http://tropix.cirad.fr/ afr/ bubinga.pdf. October 2010.
  • CTFT (Centre Technique Forestier Tropical), 1977. Bubinga. Bois et Forêts des Tropiques 173: 23–35.
  • Vivien, J. & Faure, J.J., 1985. Arbres des forêts denses d’Afrique Centrale. Agence de Coopération Culturelle et Technique, Paris, France. 565 pp.

Autres références

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  • Aubréville, A., 1968. Légumineuses - Caesalpinioidées (Leguminosae - Caesalpinioideae). Flore du Gabon. Volume 15. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. 362 pp.
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  • Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan. 248 pp.
  • Wilks, C. & Issembé, Y., 2000. Les arbres de la Guinée Equatoriale: Guide pratique d’identification: région continentale. Projet CUREF, Bata, Guinée Equatoriale. 546 pp.

Auteur(s)

  • E.A. Obeng, Forestry Research Institute of Ghana (FORIG), University P.O. Box 63, KNUST, Kumasi, Ghana

Citation correcte de cet article

Obeng, E.A., 2011. Guibourtia tessmannii (Harms) J.Léonard. In : Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. Consulté le 16 septembre 2026.


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