Heywoodia lucens (PROTA)
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Introduction |
| Importance générale | |
| Répartition en Afrique | |
| Répartition mondiale | |
| Bois d'œuvre | |
| Bois de feu | |
| Statut de conservation | |



Heywoodia lucens Sim
- Protologue: For. fl. Cape : 326 (1907).
- Famille: Euphorbiaceae (APG: Phyllanthaceae)
Noms vernaculaires
- Stink ebony, Cape ebony (En).
Origine et répartition géographique
Heywoodia lucens a une aire de répartition disjointe, et se rencontre depuis le Kenya et l’Ouganda jusqu’au nord de la Tanzanie, puis à nouveau plus de 2600 km vers le sud depuis le sud du Mozambique jusqu’au nord et à l’est de l’Afrique du Sud et au Swaziland.
Usages
Le bois, connu sous le nom de “Cape ebony” ou de “stink ebony” en Afrique du Sud, est utilisé pour la confection de poteaux, d’instruments agricoles, de luges, de manches d’outils et de cuillères en bois. Il convient pour la construction lourde, la parqueterie, la menuiserie, les boiseries intérieures, le mobilier, les traverses de chemin de fer, les jouets et les articles de fantaisie, les placages, ainsi que pour les instruments de précision et de musique. Il sert de bois de feu et pour la production de charbon de bois.
Production et commerce international
Le bois de Heywoodia lucens n’est vendu que localement.
Propriétés
Le bois de cœur, pourpre foncé à presque noir, se distingue nettement de l’aubier qui est étroit. Le fil est généralement droit, le grain grossier et régulier. Le bois dégage une odeur fétide. C’est un bois lourd, le bois d’origine sud-africaine ayant une densité de 1010–1140 kg/m³ à l’état vert (51% d’humidité) et de 780–960 kg/m³ à 10% d’humidité. Il est dur et solide. Les taux de retrait sont modérés, de l’état vert à anhydre ils sont de 4,7% radialement et de 7,0% tangentiellement. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 121 N/mm², le module d’élasticité de 13 820 N/mm², la compression axiale de 64 N/mm², le cisaillement de 16 N/mm², la dureté Janka de flanc de 9515 N et la dureté Janka en bout de 12 045 N.
En dépit de sa forte densité et dureté, le bois se travaille assez bien. Au finissage, on obtient un joli polissage et les surfaces sciées sur quartier sont particulièrement lustrées. Il donne des placages tranchés de bonne qualité. Le bois est moyennement durable, car il résiste moyennement aux termites et autres insectes, alors que l’aubier est sensible aux attaques de Lyctus. Le bois de cœur est moyennement rebelle à l’imprégnation avec des produits de conservation.
Description
- Arbre de taille moyenne atteignant 30 m de haut, sempervirent, dioïque ; fût cylindrique, jusqu’à 100(–150) cm de diamètre ; écorce vert argenté à gris-brun ou brun foncé, se détachant irrégulièrement par fines bandes localisées d’environ 5 cm de long ; cime fortement ramifiée ; rameaux 4-angulaires d’abord, devenant rapidement arrondis, glabres, brun grisâtre pâle.
- Feuilles alternes, simples et entières ; stipules triangulaires, de 1–1,5 mm de long, précocement caduques ; pétiole de 1–2(–4) cm de long ; limbe largement ovale à elliptique-ovale, de 4–15(–25) cm × 2–12(–15) cm, cunéiforme à arrondi ou tronqué à la base, courtement acuminé à l’apex, coriace, glabre, pennatinervé à 5–8(–13) paires de nervures latérales.
- Inflorescence : fascicule axillaire, comportant de nombreuses fleurs sur l’inflorescence mâle, et 1–3 fleurs sur la femelle, glabre ; bractées jusqu’à 4, transversalement ovales, d’environ 1 mm × 1,5 mm, à bord irrégulièrement denté.
- Fleurs unisexuées, régulières, verdâtres ; sépales (2–)3, libres, ressemblant aux bractées mais sensiblement plus grands ; pétales 5(–6), libres, elliptiques-oblongs, de 2–2,5 mm de long ; disque légèrement lobé ; fleurs mâles sessiles, étamines (8–)10–11(–12), libres, en 2 verticilles, d’environ 3 mm de long, ovaire rudimentaire minuscule ; fleurs femelles à pédicelle de 3–5 mm de long, étamines rudimentaires d’environ 1 mm de long, ovaire supère, ovoïde à globuleux, d’environ 1,5 mm de long, 4–5-loculaire, à 4–5 stigmates sessiles, 2-lobés.
- Fruit : capsule globuleuse légèrement déprimée, superficiellement 8–10-lobée, d’environ 1 cm × 1,5 cm, verdâtre, se fendant en 4–5 parties qui se fendent chacune à leur tour en 2, contenant jusqu’à 5 graines.
- Graines obliquement ovoïdes, de 7–8 mm × 5–6 mm, lisses, brun pâle à brun foncé.
Autres données botaniques
Les feuilles des arbres juvéniles sont légèrement peltées, le pétiole n’étant pas fixé au bord du limbe foliaire mais sur la partie inférieure. La période de floraison des arbres semble assez longue, et on trouve sur l’arbre des fruits à différents stades de développement en même temps. Le genre Heywoodia est monotypique.
Ecologie
En Afrique de l’Est, Heywoodia lucens se rencontre dans la forêt sempervirente, la ripisylve ou dans les parties légèrement plus sèches de la forêt marécageuse, à 1150–1800 m d’altitude. On le trouve souvent sur les termitières, et il est couramment dominant, pouvant même former des peuplements purs. En Afrique australe, il pousse dans la forêt sempervirente côtière, souvent sur les berges des rivières, jusqu’à 600 m d’altitude. Heywoodia lucens pousse souvent en peuplements grégaires par groupes d’arbres plutôt petits. En Afrique du Sud, on le rencontre généralement sur des sols sablonneux assez secs.
Gestion
Des études menées dans l’est de l’Afrique du Sud indiquent que la régénération de Heywoodia lucens est médiocre, même si elles ont également signalé que les jeunes spécimens sont communs à l’ombre épaisse des sujets adultes. Il est probable que Heywoodia lucens ne se recèpe pas.
Ressources génétiques
Heywoodia lucens a une aire de répartition étendue mais disjointe, et rien n’indique qu’il soit soumis à l’érosion génétique. Toutefois, au Swaziland il a la réputation d’être menacé. Dans les forêts côtières d’Afrique du Sud, s’il fait l’objet d’une exploitation intense sur place dans les forêts communales, il est commun dans les forêts domaniales.
Perspectives
Ce bois lourd, dur et solide mais à l’odeur fétide, risque fort de ne conserver qu’une importance locale. On sait trop peu de choses sur les taux de croissance, les besoins écologiques et la régénération de Heywoodia lucens pour pouvoir évaluer les possibilités qui s’offrent à lui en tant qu’essence à bois d’œuvre commerciale dans des forêts conduites de manière durable.
Références principales
- Bolza, E. & Keating, W.G., 1972. African timbers: the properties, uses and characteristics of 700 species. Division of Building Research, CSIRO, Melbourne, Australia. 710 pp.
- Coates Palgrave, K., 2002. Trees of southern Africa. 3rd Edition. Struik Publishers, Cape Town, South Africa. 1212 pp.
- Milne-Redhead, E., 1957. Heywoodia lucens Sim, a tree new to tropical Africa. Bulletin du Jardin Botanique de l’Etat 27(2): 327–333.
- Palmer, E. & Pitman, N., 1972–1974. Trees of southern Africa, covering all known indigenous species in the Republic of South Africa, South-West Africa, Botswana, Lesotho and Swaziland. 3 volumes. Balkema, Cape Town, South Africa. 2235 pp.
- Radcliffe-Smith, A., 1987. Euphorbiaceae (part 1). In: Polhill, R.M. (Editor). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. 407 pp.
Autres références
- Lovett, J.C., Ruffo, C.K. & Gereau, R.E., 2003. Field guide to the moist forest trees of Tanzania. [Internet] Centre for Ecology Law and Policy, Environment Department, University of York, York, United Kingdom. 192 pp. http://www.cepf.net/ Documents/Final_LovettRuffoGereau_FieldGuide.pdf. July 2010.
- Obiri, J.A.F. & Lawes, M.J., 2004. Chance versus determinism in canopy gap regeneration in coastal scarp forest in South Africa. Journal of Vegetation Science 15: 539–547.
- Obiri, J., Lawes, M. & Mukolwe, M., 2002. The dynamics and sustainable use of high-value tree species of the coastal Pondoland forests of the Eastern Cape Province, South Africa. Forest Ecology and Management 166(1–3): 131–148.
- Radcliffe-Smith, A., 1995. Additions and corrections to ‘Euphorbiaceae’ for ‘Flora of Tropical East Africa’. Kew Bulletin 50(4): 809–816.
- Radcliffe-Smith, A., 1996. Euphorbiaceae, subfamilies Phyllantoideae, Oldfieldioideae, Acalyphoideae, Crotonoideae and Euphorbioideae, tribe Hippomaneae. In: Pope, G.V. (Editor). Flora Zambesiaca. Volume 9, part 4. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. pp. 1–337.
- Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan. 248 pp.
- van Vuuren, N.J.J., Banks, C.H. & Stohr, H.P., 1978. Shrinkage and density of timbers used in the Republic of South Africa. Bulletin No 57. South African Forestry Research Institute, Pretoria, South Africa. 55 pp.
Auteur(s)
- L.P.A. Oyen, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Oyen, L.P.A., 2011. Heywoodia lucens Sim. In : Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. Consulté le 23 avril 2026.
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