Hilleria latifolia (PROTA)
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Introduction |
| Importance générale | |
| Répartition en Afrique | |
| Répartition mondiale | |
| Légume | |
| Colorant / tanin | |
| Médicinal | |
| Fourrage | |
Hilleria latifolia (Lam.) H.Walter
- Protologue: Engl., Pflanzenr. IV, 83 : 81 (1909).
- Famille: Phytolaccaceae
- Nombre de chromosomes: 2n = 36
Origine et répartition géographique
L’origine d’Hilleria latifolia se situerait en Amérique du Sud, mais, selon d’autres, il proviendrait de l’Ancien Monde. Il se rencontre en Afrique tropicale depuis la Guinée jusqu’en Ethiopie, et vers le sud jusqu’en Angola, au Mozambique et au nord de l’Afrique du Sud. Il est également présent à Madagascar et au Sri Lanka.
Usages
En Côte d’Ivoire, une décoction de feuilles est ingérée ou administrée en lavement pour traiter les ascites et les empoisonnements alimentaires, car elle agit comme une purge violente. Le jus de feuilles est considéré comme hémostatique. Les feuilles réduites en pulpe sont utilisées en application locale sur des zones douloureuses et pour traiter les maux de tête persistants. La décoction de feuilles se prend pour traiter les crachements de sang. Au Ghana, la plante bouillie est consommée pour traiter le ver de Guinée. La vapeur de la décoction de feuilles est inhalée pour soigner la jaunisse. Les feuilles, mêlées à celles de Piper guineense Schumach. & Thonn., sont appliquées sur le corps pour soigner les enflures et la lèpre. Broyées en pâte avec Alternanthera pungens Kunth ou du piment (Capsicum annuum L.), elles sont utilisées localement pour traiter les rhumatismes. La plante écrasée est appliquée pour traiter le cancer du sein. Les fleurs sont broyées en pâte et se prennent avec du jus d’orange pour traiter l’asthme. Au Nigeria, les feuilles sont consommées en soupe pour traiter la gonorrhée. Au Congo, les feuilles sont utilisées pour traiter les troubles gynécologiques pour lesquels une purge est estimée nécessaire. Au Congo et en R.D. du Congo, la plante écrasée ou les feuilles bouillies à feu doux sont appliquées en cataplasme ou en lotion pour traiter les infections dermatologiques, la gale et la variole. Le jus est également utilisé en gouttes pour traiter les infections des oreilles. Les feuilles pilées et mélangées au jus de tige de Costus afer Ker Gawl. sont prises pour traiter la colique et la gonorrhée. Au Nigeria, les feuilles entrent dans la composition du “nature cure bitters”, un breuvage populaire amer à base de plantes utilisé pour de nombreux usages en ethnomédecine.
Au Ghana, la présence de cette plante révèle les sols aptes à la culture du cacao.
Dans le district de Narok au Kenya, les Massaïs utilisent les tiges noircies pour dessiner les sourcils.
Les informations concernant la toxicité de cette plante sont sujettes à controverse. En Côte d’Ivoire, elle est considérée comme un poison violent, mais au Nigeria et au Cameroun les feuilles sont consommées comme légume ou en soupe. Au Ghana, les fruits séchés sont utilisés en condiment. En Côte d’Ivoire, les bovins et les ovins refusent de brouter cette plante, alors qu’au Ghana, les feuilles sont broutées par les moutons et les chèvres ; les fleurs et les fruits sont cependant considérés comme un poison mortel.
Propriétés
Il existe peu d’informations sur les propriétés phytochimiques et pharmacologiques d’Hilleria latifolia. La présence d’un flavonoïde et probablement aussi d’alcaloïdes et de quelques hétérosides a été rapportée. Un extrait brut de l’écorce de tige a causé in vitro une mortalité significative de spécimens adultes et de microfilaires d’Onchocerca volvulus, l’agent de l’onchocercose.
Les feuilles contiennent par 100 g de partie comestible : eau 84,3 g, énergie 184 kJ (44 kcal), lipides 0,8 g, glucides 7,8 g, Ca 349 mg, Fe 4.1 mg, acide ascorbique 22 mg (Leung, Busson & Jardin, 1968).
Description
Plante herbacée arbustive pouvant atteindre 2 m de haut, avec quelques poils légèrement raides sur les jeunes branches. Feuilles alternes, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole de (1–)2–5(–7) cm de long ; limbe ovale ou elliptique à largement lancéolé, de 8–16(–20) cm × 3,5–7,5(–9) cm, base arrondie à cunéiforme et souvent inégale, apex longuement acuminé. Inflorescence : grappe axillaire, parfois terminale, de 4–10 cm de long, pouvant atteindre 30 cm en fruits, portant de nombreuses fleurs ; axe poilu ; bractées de 1–2 mm de long, caudées, caduques. Fleurs bisexuées, zygomorphes, 4-mères ; pédicelle de 1–2 mm de long, d’environ 5 mm chez le fruit ; sépales oblongs-elliptiques, de 1,5–2 mm de long, d’environ 4 mm chez le fruit, 1 sépale libre, 3 réunis jusqu’au milieu, verts à blancs, virant au jaune ou au rouge ; pétales absents ; étamines libres, un peu plus courtes que les sépales ; ovaire supère, légèrement comprimé latéralement, 1-loculaire, stigmate presque sessile, capité. Fruit : utricule lenticulaire de 2–3 mm de diamètre, péricarpe très fin, à rides réticulées, adhérant à la graine, jaune à rouge foncé ou pourpre. Graine lenticulaire, noire.
Autres données botaniques
Le genre Hilleria comprend 3 espèces sud-américaines et appartient à la tribu Rivineae. Hilleria latifolia est souvent considéré comme ayant été introduit à partir de l’Amérique du Sud, mais sa présence dans les forêts peu perturbées d’Afrique de l’Est et de Madagascar semble indiquer qu’il est indigène dans ces régions.
Ecologie
Hilleria latifolia se rencontre dans les forêts pluviales, les ripisylves et les forêts situées sur les nappes phréatiques, ainsi qu’en lisière de forêt, le long des routes et dans les plantations, à 500–1600 m d’altitude. En Afrique de l’Ouest, c’est une plante adventice des champs cultivés, depuis le début de la culture du palmier à huile.
Ressources génétiques
Hilleria latifolia est relativement courant sur sa vaste zone de répartition, même en végétation secondaire, et il n’est donc pas menacé d’érosion génétique.
Perspectives
Hilleria latifolia possède de nombreux usages médicinaux intéressants, mais pratiquement aucune information n’est disponible sur ses composés chimiques ou ses propriétés pharmacologiques. Des essais scientifiques seraient donc utiles pour vérifier ses usages.
Références principales
- Burkill, H.M., 1997. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 4, Families M–R. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 969 pp.
- Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
- Nowicke, J.W., 1968. Palynotaxonomic study of the Phytolaccaceae. Annals of the Missouri Botanical Garden 55(3): 294–364.
- Titanji, V.P.K., Ayafor, J.F., Mulufi, J.P. & Mbacham, W.F., 1987. In vitro killing of Onchocerca volvulus (Filaroidea) adults and microfilariae by selected Cameroonian medicinal plant extracts. Fitoterapia 58(5): 338–339.
Autres références
- Aniagu, S.O., Nwinyi, F.C., Akumka, D.D., Ajoku, G.A., Dzarma, S., Izebe, K.S., Ditse, M., Nwaneri, P.E.C., Wambebe, C. & Gamaniel, K., 2005. Toxicity studies in rats fed nature cure bitters. African Journal of Biotechnology 4(1): 72–78.
- Leung, W.-T.W., Busson, F. & Jardin, C., 1968. Food composition table for use in Africa. FAO, Rome, Italy. 306 pp.
- Mensah, C., 1991. Phytochemical constituents of Hilleria latifolia. B.Sc. Chemistry degree thesis, Department of Chemistry, Faculty of Science, University of Cape Coast, Cape Coast, Ghana. 30 pp.
- Polhill, R.M., 1971. Phytolaccaceae. In: Milne-Redhead, E. & Polhill, R.M. (Editors). Flora of Tropical East Africa. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. 5 pp.
- Sowunmi, M.A., 1985. The beginnings of agriculture in West Africa: botanical evidence. Current Anthropology 26: 127–129.
- Stannard, B.L., 1988. Phytolaccaceae. In: Launert, E. (Editor). Flora Zambesiaca. Volume 9, part 1. Flora Zambesiaca Managing Committee, London, United Kingdom. pp. 163–173.
Sources de l'illustration
- Akoègninou, A., van der Burg, W.J. & van der Maesen, L.J.G. (Editors), 2006. Flore analytique du Bénin. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. 1034 pp.
Auteur(s)
- G.H. Schmelzer, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Schmelzer, G.H., 2007. Hilleria latifolia (Lam.) H.Walter. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 23 avril 2026.
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