Holoptelea grandis (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale
Répartition en Afrique
Répartition mondiale
Médicinal
Bois de feu
Ornemental


répartition en Afrique (sauvage)
1, rameau en fruits ; 2, fleur mâle ; 3, fleur bisexuée. Source: Flore analytique du Bénin.
coupe transversale du bois
coupe tangentielle du bois
coupe radiale du bois

Holoptelea grandis (Hutch.) Mildbr.




Protologue: Notizbl. Bot. Gart. Berlin-Dahlem 8: 53 (1921).
Famille: Ulmaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 28

Synonymes

  • Hymenocardia grandis Hutch.

Noms vernaculaires

  • Orange-barked terminalia (En).

Origine et répartition géographique

Holoptelea grandis se rencontre depuis la Côte d’Ivoire jusqu’au Soudan et en Ouganda et vers le sud jusqu’en R.D. du Congo et à Cabinda (Angola).

Usages

Le bois d’Holoptelea grandis, parfois commercialisé sous la dénomination “cèdre”, “kekele”, “mumuli”, “ayo” et “beli”, est essentiellement utilisé en construction, pour la parqueterie, la menuiserie, les boiseries intérieures, le mobilier, les échelles, les jouets et articles de fantaisie, la caisserie, les récipients alimentaires, les manches d’outils, les pirogues, le tournage, les allumettes, les panneaux de fibres et de particules. Il se prête à la construction navale, aux étais de mines, aux traverses de chemin de fer, au placage, au contreplaqué et à la production de pâte à papier. On s’en sert également de bois de feu et pour la production de charbon de bois.

Plusieurs parties de la plante sont employées en médecine traditionnelle. Au Nigeria, on applique la macération de racine et d’écorce en cataplasme contre les rhumatismes. On boit l’infusion d’écorce comme anthelminthique et on mange les graines comme laxatif. En Côte d’Ivoire, on applique les feuilles écrasées comme emplâtre en cas d’œdème et d’hémorroïdes. Le jus des feuilles est employé en instillation oculaire pour soulager l’ophtalmie. En Centrafrique, se laver le corps avec de l’eau mélangée à de la pulpe d’écorce passe pour avoir un effet fortifiant. Holoptelea grandis est quelquefois planté en arbre d’ornement et d’alignement.

Production et commerce international

Le bois fait rarement l’objet d’un commerce international, en revanche il est principalement employé sur place, mais dans plusieurs pays il figure sur les listes de bois dont l’utilisation doit être encouragée.

Propriétés

Le bois de cœur, blanc crème à brun jaunâtre pâle, ne se distingue pas nettement de l’aubier. Le fil est droit à contrefil, le grain est moyennement fin et régulier. Il est légèrement lustré.

C’est un bois moyennement lourd, avec une densité de 625–700(–765) kg/m³ à 12% d’humidité, qui est tendre à assez dur. S’il sèche relativement vite et bien, il faut toutefois prendre des précautions, comme notamment utiliser des cales fines lors du séchage à l’air pour éviter la cémentation, et avoir recours à des programmes doux pour le séchage au four. Les taux de retrait sont relativement élevés, de l’état vert à anhydre ils sont de 4,0–4,8% dans le sens radial et de 7,5–9,8% dans le sens tangentiel. Une fois sec, le bois est moyennement stable en service. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 105–147 N/mm², le module d’élasticité de 10 000–14 900 N/mm², la compression axiale de 49–64 N/mm², le fendage de 14–20 N/mm et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 2,7–3,6.

Le bois se scie et se travaille facilement aussi bien à la main qu’avec des machines-outils, et l’usure des lames de coupe est modérée. Parfois, les surfaces sciées sur quartier peuvent pelucher à cause du contrefil. Le bois se ponce et se finit très bien, et a de bonnes propriétés d’assemblage et de moulurage ; celles de clouage sont variables, et celles de perçage et de mortaisage satisfaisantes. Il se colle et se peint bien et se prête aussi bien au déroulage qu’au tranchage.

Sa durabilité est faible à modérée. Il est sensible aux attaques de champignons et moyennement sujet à celles des termites et des térébrants marins. Le bois de cœur est moyennement rebelle aux traitements avec des produits de conservation, contrairement à l’aubier qui est perméable. Le bois ayant la réputation de brûler lentement et de manière régulière, on s’en sert comme torche. L’écorce dégage une odeur d’iode, qui, dit-on, éloignerait les éléphants.

Description

  • Arbre de taille moyenne à grande atteignant 50 m de haut, caducifolié ; fût dépourvu de branches sur 30 m, droit ou légèrement onduleux, jusqu’à 120 cm de diamètre, légèrement cannelé à la base ou à contreforts raides atteignant 3(–6) m de haut ; surface de l’écorce lisse ou rugueuse, se craquelant normalement dans le sens de la longueur, grisâtre à jaunâtre ou orange pâle, écorce interne dure, granuleuse, brun jaunâtre à couche externe verte ; cime irrégulière, à branches retombantes aux extrémités ; rameaux liégeux, à nombreuses lenticelles, glabres.
  • Feuilles alternes, simples et entières ; stipules linéaires, de 3–5 mm de long, à pubescence courte, caduques ; pétiole de 0,5–1 cm de long, noirâtre ; limbe ovale à elliptique, de 5–18 cm × 3–9,5 cm, arrondi à cordé à la base, courtement acuminé à l’apex, papyracé ou légèrement coriace, à nombreux petits points blanchâtres, rugueux au toucher, glabre ou poilu au-dessous des nervures, pennatinervé à 5–8 paires de nervures latérales.
  • Inflorescence : cyme atteignant 4 cm de long, normalement à l’aisselle des feuilles déjà tombées, à fleurs mâles peu nombreuses à nombreuses à la base et à fleurs bisexuées peu nombreuses plus haut.
  • Fleurs unisexuées ou bisexuées ; pédicelle mince, de 4–8 mm de long ; tépales 4–6, de 1–2 mm de long ; étamines 7–12, libres ; ovaire supère, aplati, styles 2, étalés, de 4–6 mm de long, persistants ; fleurs mâles à ovaire rudimentaire.
  • Fruit : nucule ailée (samare) arrondie à obovoïde, de 3,5–4,5 cm × 2,5–3,5 cm, à stipe court, à ailes papyracées, radialement nervées et émarginées à l’apex, nucule dans la partie inférieure des ailes, de 9–13 mm × 6–8 mm, contenant une seule graine.
  • Graines aplaties, d’environ 6 mm × 4 mm.
  • Plantule à germination épigée ; hypocotyle de 2,5–3,5 cm de long, légèrement poilu, épicotyle de 1–2,5 cm de long ; cotylédons légèrement charnus, 2-lobés, courtement pétiolés ; deux premières feuilles opposées, distinctement dentées.

Autres données botaniques

Le genre Holoptelea comprend 2 espèces, dont l’une en Afrique tropicale et l’autre en Asie tropicale.

Anatomie

Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :

Cernes de croissance : 1 : limites de cernes distinctes ; 2 : limites de cernes indistinctes ou absentes. Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; (23 : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale) ; 26 : ponctuations intervasculaires moyennes (7–10 μm) ; 30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon ; 31 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles très réduites à apparemment simples : ponctuations rondes ou anguleuses ; 42 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 100–200 μm ; 47 : 5–20 vaisseaux par millimètre carré ; (56 : thylles fréquents). Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 69 : fibres à parois fines à épaisses ; (70 : fibres à parois très épaisses). Parenchyme axial : 78 : parenchyme axial juxtavasculaire ; 79 : parenchyme axial circumvasculaire (en manchon) ; 80 : parenchyme axial circumvasculaire étiré ; 82 : parenchyme axial aliforme ; 83 : parenchyme axial anastomosé ; (89 : parenchyme axial en bandes marginales ou semblant marginales) ; (91 : deux cellules par file verticale) ; 92 : quatre (3–4) cellules par file verticale. Rayons : 97 : rayons 1–3-sériés (larges de 1–3 cellules) ; (98 : rayons couramment 4–10-sériés) ; (104 : rayons composés uniquement de cellules couchées) ; 106 : rayons composés de cellules couchées avec une rangée terminale de cellules dressées et/ou carrées ; 115 : 4–12 rayons par mm. Structure étagées : 118 : tous les rayons étagés ; 119 : petits rayons étagés, grands rayons non étagés ; 120 : parenchyme axial et/ou éléments de vaisseaux étagés ; 122 : rayons et/ou éléments axiaux irrégulièrement étagés (échelonnés). Inclusions minérales : (157 : cristaux dans les thylles).

(E. Ebanyenle, P.E. Gasson & E.A, Wheeler)

Croissance et développement

Holoptelea grandis est une espèce exigeante en lumière qui a une croissance rapide. En Côte d’Ivoire, les arbres fleurissent normalement en janvier et les fruits mûrissent en février–mars lorsque les rameaux sont défeuillés. En général, ce n’est que lorsque les arbres ont atteint au moins 60 cm de diamètre de fût qu’ils donnent des fruits, mais parfois il arrive que l’on en voie sur de jeunes arbres dont le fût mesure à peine plus de 18 cm de diamètre. Le vent se charge de les disperser.

Ecologie

En Afrique de l’Ouest et centrale, Holoptelea grandis est très commun dans la forêt semi-décidue, mais il peut également être disséminé dans la forêt sempervirente humide, dans la ripisylve, voire parfois dans la savane boisée. Il est très abondant dans la forêt exploitée ou alors dans la forêt perturbée, y compris dans celle soumise à des incendies. En Côte d’Ivoire, on le rencontre souvent avec Triplochiton scleroxylon K.Schum. En Ouganda, il pousse jusqu’à 1200 m d’altitude.

Multiplication et plantation

Holoptelea grandis est une espèce pionnière ; les semis et les gaules sont fréquents dans les trouées du couvert forestier et dans les champs abandonnés. Il est très fructifère et la régénération naturelle se fait facilement. Pour la plantation, il est multiplié par les fruits que l’on ramasse directement au pied des arbres. On compte entre 13 200–15 400 fruits/kg. Ils peuvent être conservés à l’abri de la chaleur et de l’humidité. Il est recommandé de semer les fruits en planches de semis avant de repiquer dans des pots. Le semis peut avoir lieu même si les fruits ont encore leurs ailes ; il n’est pas nécessaire de les traiter auparavant. Les graines germent abondamment au bout de 5–10 jours.

Gestion

Holoptelea grandis nécessite des soins d’ordre général au cours des stades initiaux de la croissance et ce jusqu’à ce que les plants aient pris racine. En Ouganda, il est préconisé de le planter soit en peuplements purs soit en intercalant des caféiers ou des bananiers.

Rendement

En R.D. du Congo, un fût de 17 m de long et mesurant 86 cm de diamètre a fourni 6,3 m³ de bois.

Traitement après récolte

Il est recommandé de traiter les grumes avec des produits de conservation immédiatement après la coupe.

Ressources génétiques

Holoptelea grandis est assez répandu et commun dans de nombreuses régions, ce qui le met à l’abri d’une éventuelle érosion génétique.

Perspectives

Bien que ne jouissant pas actuellement d’une grande importance commerciale, Holoptelea grandis n’en demeure pas moins une essence à croissance rapide capable de fournir du bois d’œuvre et du combustible en peu de temps, qui ne devrait pas tarder à jouer un rôle commercial d’importance dans un avenir proche. On peut dire qu’il est adapté aux plantations commerciales et agroforestières, et qu’il a de l’avenir en tant qu’essence d’ombrage. Quoi qu’il en soit, les chercheurs doivent se pencher davantage sur ses habitudes de croissance et sur ses méthodes de gestion.

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Sources de l'illustration

  • Akoègninou, A., van der Burg, W.J. & van der Maesen, L.J.G. (Editors), 2006. Flore analytique du Bénin. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. 1034 pp.

Auteur(s)

  • E.A. Obeng, Forestry Research Institute of Ghana (FORIG), University P.O. Box 63, KNUST, Kumasi, Ghana

Consulté le 17 septembre 2026.


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