Intsia bijuga (PROTA)

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Bois de feu Fichier:Fairytale bookmark gold.svgFichier:Good article star.svgFichier:Good article star.svgFichier:Good article star.svgFichier:Good article star.svg
Ornemental Fichier:Fairytale bookmark gold.svgFichier:Good article star.svgFichier:Good article star.svgFichier:Good article star.svgFichier:Good article star.svg
Fourrage Fichier:Fairytale bookmark gold.svgFichier:Good article star.svgFichier:Good article star.svgFichier:Good article star.svgFichier:Good article star.svg
Sécurité alimentaire Fichier:Fairytale bookmark gold.svgFichier:Good article star.svgFichier:Good article star.svgFichier:Good article star.svgFichier:Good article star.svg
Statut de conservation Fichier:Fairytale bookmark gold.svgFichier:Fairytale bookmark gold.svgFichier:Fairytale bookmark gold.svgFichier:Good article star.svgFichier:Good article star.svg


répartition en Afrique (sauvage)
1, rameau en fleurs ; 2, fruit ; 3, graine. Redessiné et adapté par J.M. de Vries
Fichier:Intsia bijuga.jpg
arbre
feuillage
feuillage
fleurs
fleurs
fleurs
plantule
coupe transversale du bois
coupe tangentielle du bois
coupe radiale du bois

Intsia bijuga (Colebr.) Kuntze


Protologue: Revis. gen. pl. 1: 192 (1891).
Famille: Caesalpiniaceae (Leguminosae - Caesalpinioideae)
Nombre de chromosomes: 2n = 24

Synonymes

  • Afzelia bijuga (Colebr.) A.Gray (1854).

Origine et répartition géographique

Intsia bijuga est très répandu sur le littoral des îles de l’océan Indien et de l’océan Pacifique, y compris dans l’est de Madagascar et aux Seychelles. Il a été planté à proximité du littoral en Tanzanie et à Maurice.

Usages

A Madagascar, le bois d’Intsia bijuga, connu sous le nom d’ “hintsy”, est particulièrement prisé pour la menuiserie lourde, la construction, notamment la construction navale, la parqueterie, la menuiserie, la confection de portes, de mobilier, de traverses de chemin de fer, de cuves, de bardeaux et en décoration. Grâce à sa beauté et à sa solidité, il passe pour l’un des meilleurs bois que l’on puisse trouver dans les basses terres orientales. Traditionnellement, il sert à la confection de cercueils et de pirogues.

En Asie tropicale, le bois est connu sous le nom de “merbau”, de même que celui d’Intsia palembanica Miq. Le merbau joue un rôle important sur le marché international des bois d’œuvre. Ses propriétés physiques et mécaniques exceptionnelles, associées à une remarquable durabilité naturelle et à un bel aspect, en font un excellent bois d’œuvre polyvalent. Il est employé dans la construction d’habitations, en particulier pour la confection de menuiseries extérieures haut de gamme telles que fenêtres, lambris en bois massif, huisseries et bardages, pour les installations hydrauliques comme les ponts, les quais, les vannes et les palplanches, et pour la parqueterie haut de gamme. Dans les îles Samoa et Fidji, on s’en sert pour confectionner des poteaux d’habitations, du mobilier et des bols en bois sculptés traditionnels.

A Madagascar, Intsia bijuga est planté en haies et dans des programmes de reboisement, et ses fruits servent de laxatif. L’écorce, qui contient des tanins, produit des colorants brun rougeâtre. En Asie tropicale, les graines sont parfois consommées après les avoir soigneusement préparées ; on les fait tremper dans de l’eau salée pendant 3–4 jours, après quoi on les fait cuire. Tant l’écorce que les feuilles sont utilisées en médecine contre les rhumatismes, la diarrhée et les infections urinaires. L’huile des graines peut servir d’insectifuge pour les produits entreposés ; son activité est comparable à celle du nim (Azadirachta indica A.Juss.).

Production et commerce international

Le commerce d’essence de merbau (plusieurs espèces d’Intsia, surtout Intsia bijuga et Intsia palembanica) est considérable. Les principaux pays producteurs sont l’Indonésie, la Malaisie et la Papouasie-Nouvelle-Guinée, les premiers pays importateurs étant la Chine, l’Inde et l’Union européenne. En 2007, les exportations indonésiennes de merbau s’élevaient à près de 250 000 m³. En 2006, celles de Papouasie-Nouvelle-Guinée atteignaient 89 000 m³. Quant à la Malaisie, elle a produit environ 100 000 m³ de merbau en 2006, en provenance principalement de la Malaisie péninsulaire, au prix moyen à l’export de US$ 663/m³. La Malaisie péninsulaire a atteint son pic annuel de production en 1989 avec 246 000 m³. En 2010, le prix des sciages de merbau était d’environ US$ 520/m³.

Les exportations de bois d’Intsia bijuga en provenance de Madagascar sont faibles. En 2007, la Chine a importé 250 m³ de Madagascar sur un total de 105 000 m³ de merbau importé (68% du total étant composé de grumes rondes, 32% de sciages). Les importations de merbau par l’Union européenne s’élevaient en 2005 à environ 25 000 m³.

Propriétés

Le bois de cœur, jaune-orange à rouge-brun, fonce à l’exposition et se distingue nettement de l’aubier blanchâtre et de 4–8 cm de large. Le fil est généralement droit, parfois ondulé ou contrefil, le grain est moyennement grossier et régulier. Le bois est souvent dépourvu de lustre, mais il est parfois légèrement lustré sur les surfaces sciées sur quartier et joliment figuré. Il est légèrement huileux au toucher.

Le bois originaire de Madagascar présente les propriétés suivantes. Il est lourd, avec une densité de 780–930 kg/m³ à 12% d’humidité, et dur. Il sèche à l’air lentement, mais sans trop de déformations. Il sèche au four assez bien, mais il faut avoir recours à des programmes modérés si l’on souhaite obtenir de bons résultats lorsqu’on fait sécher des planches épaisses. Les taux de retrait sont faibles, de l’état vert à anhydre ils sont de (1,8–)2,7–4,0% dans le sens radial et de 3,7–7,1% dans le sens tangentiel. Une fois sec, le bois est modérément stable à stable en service.

A 12% d’humidité, le module de rupture est de 152–210 N/mm², le module d’élasticité de 12 550–16 000 N/mm², la compression axiale de 63–84 N/mm², le cisaillement de 8–10 N/mm², le fendage de 14–24 N/mm et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 6,1–10.

En règle générale, le bois se scie et se travaille bien, mais il arrive qu’il émousse les dents de scies et les lames de coupe ; il peut s’avérer difficile à travailler à la main. La surface du bois fraîchement coupé peut être gâtée par un exsudat huileux, et au sciage les dents de scies peuvent se couvrir d’un dépôt de gomme. Il vaut mieux réduire l’angle de coupe de 20° en rabotant les surfaces sciées sur quartier en cas de contrefil pour éviter le peluchage. Il est recommandé de faire des avant-trous avant le clouage et le vissage ; la tenue des clous et des vis est bonne. Le perçage et le tournage se font sans problème et permettent d’obtenir un fini généralement lisse. Le bois se colore et se polit de manière satisfaisante, mais requiert énormément d’apprêt. Il se colle habituellement de façon satisfaisante avec la plupart des colles modernes. Il est difficile à couper ou à trancher en placages, même après avoir subi au préalable un traitement à la vapeur, en raison principalement de sa forte densité. Lorsqu’il est en contact avec l’eau, des produits extractifs hydrosolubles font à la surface des taches sombres ourlées de noirâtre qui sont difficiles à éliminer. Les menuiseries extérieures fabriquées doivent être mises à l’abri de l’eau sur les chantiers. Le bois ne corrode pas le fer, mais lorsque le fer et l’humidité sont réunis, il se teint en noir.

Le bois de cœur est durable, car il résiste aux champignons, aux termites et aux bostryches. L’aubier est sujet aux Lyctus. Le bois de cœur résiste assez bien aux térébrants marins, avec une longévité dans l’eau de mer d’environ 3 ans. Le bois de cœur est très rebelle au traitement avec des produits de conservation. La sciure peut provoquer des irritations.

Le bois contient 28–43% de cellulose, 21–25% de lignine, 14–17% de pentosanes, 1,1–1,5% de cendre et un peu de silice. La solubilité est de 9–22% dans l’alcool-benzène, de 5–8% dans l’eau chaude et de 19,5–27,5% dans une solution à 1% de NaOH.

Falsifications et succédanés

Le bois d’Intsia bijuga ressemble à celui des Afzelia spp. africains, tant par l’aspect que par les propriétés, et sert aux mêmes usages.

Description

  • Arbre de taille petite à moyenne atteignant 30(–40) m de haut, semi-caducifolié ; fût souvent ramifié à faible hauteur mais parfois dépourvu de branches sur 18 m, jusqu’à 80(–120) cm de diamètre, présentant souvent des contreforts chez les sujets âgés ; surface de l’écorce lisse, gris pâle à brun pâle, écorce interne épaisse, fibreuse, rouge pâle à brun jaunâtre pâle ; cime arrondie ou en parapluie, dense ; rameaux glabres.
  • Feuilles alternes, composées paripennées avec (1–)2–3 paires de folioles ; stipules soudées à la base, formant une écaille persistante ; pétiole épais, de 1–2 cm de long, rachis atteignant 8 cm long ; folioles asymétriquement ovales ou elliptiques à presque rondes, de 4–16 cm × 3–11 cm, obtuses à arrondies, souvent légèrement émarginées à l’apex, bords entiers, coriaces, glabres, pennatinervées à 12–20 paires de nervures latérales.
  • Inflorescence : panicule terminale atteignant 10 cm de long, à pubescence courte.
  • Fleurs bisexuées, zygomorphes, blanchâtres ; pédicelle de 3–5 mm de long, à 2 bractéoles caduques ; hypanthium allongé, de 6–8 mm de long ; sépales 4, inégaux, ovales, de 6–16 mm × 4–6 mm, à poils courts ; pétale 1, de 1–3 cm de long, pourvu d’un onglet à la base et d’un limbe cassant plus large que long, blanc teinté de jaune ou de rose ; étamines 3, d’environ 4 cm de long, pubescentes, violet-rouge, staminodes 4–7, d’environ 1 cm de long ; ovaire supère, comprimé fusiforme, de 2–3 mm de long, poilu, 1-loculaire, à stipe d’environ 2 mm de long, style atteignant 4 cm de long.
  • Fruit : gousse oblongue, aplatie de 7–28 cm × 3–7 cm, glabre, brun pâle, à nervures légèrement en relief, à déhiscence tardive avec 2 valves coriaces à ligneuses, contenant jusqu’à 6 graines.
  • Graines discoïdes à oblongues, de 1,5–3,5 cm × 1–3 cm, brun foncé, plus ou moins recouvertes d’une pellicule détachable brun roux.
  • Plantule à germination épigée.

Autres données botaniques

Le genre Intsia comprend 3 espèces cantonnées à l’Asie tropicale, Intsia bijuga étant la seule présente en Afrique tropicale. Intsia est étroitement apparenté au genre Afzelia. Ce dernier diffère par ses folioles habituellement plus nombreuses et par ses étamines fertiles, ainsi que par ses graines pourvues d’un arille.

Anatomie

Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :

  • Cernes de croissance : 2 : limites de cernes indistinctes ou absentes.
  • Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; 23 : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale ; 25 : ponctuations intervasculaires fines (4–7 μm) ; 29 : ponctuations ornées ; 30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon ; 42 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 100–200 μm ; 46 : 5 vaisseaux par millimètre carré ; (58 : gomme ou autres dépôts dans les vaisseaux du bois de cœur).
  • Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 69 : fibres à parois fines à épaisses.
  • Parenchyme axial : 80 : parenchyme axial circumvasculaire étiré ; 81 : parenchyme axial en losange ; (82 : parenchyme axial aliforme) ; (83 : parenchyme axial anastomosé) ; (89 : parenchyme axial en bandes marginales ou semblant marginales) ; 91 : deux cellules par file verticale ; 92 : quatre (3–4) cellules par file verticale.
  • Rayons : 97 : rayons 1–3-sériés (larges de 1–3 cellules) ; 104 : rayons composés uniquement de cellules couchées ; 115 : 4–12 rayons par mm. Inclusions minérales : 136 : présence de cristaux prismatiques ; 142 : cristaux prismatiques dans les cellules cloisonnées du parenchyme axial.
(F.D. Kamala, P.E. Gasson & E.A. Wheeler)

Croissance et développement

En Indonésie, un peuplement de 8 ans a atteint une hauteur moyenne de 10,7 m avec un diamètre de fût moyen de 15 cm. A Madagascar, lorsque les conditions sont optimales dans les régions où la pluviométrie annuelle est élevée, la croissance peut atteindre 1 m par an en plein soleil, mais on a signalé des arbres plantés à l’ombre qui atteignaient une hauteur moyenne de 1,4 m au bout de 7 ans seulement. Dans des plantations d’enrichissement conduites à Madagascar, des arbres d’Intsia bijuga ont atteint une hauteur moyenne de 3 m et un diamètre de tronc moyen de 4 cm, 5 ans après le semis ; au bout de 10 ans, ils avaient atteint 5 m de haut et 8 cm de diamètre de fût, et au bout de 20 ans 8 m et 14 cm. A Madagascar, on a estimé à 100 ans l’âge d’arbres dont le fût était dépourvu de branches sur près de 10 m de haut et dont le diamètre mesurait 50 cm. Les jeunes individus poussent mieux sous un ombrage modéré. Il peut falloir longtemps, environ 30 ans, avant que les arbres ne commencent à produire des graines. C’est la mer qui les dissémine et qui les rejette souvent sur les plages.

Des essais menés à Madagascar ont montré que les racines d’Intsia bijuga forment une symbiose avec des ectomycorhizes.

Ecologie

A Madagascar, Intsia bijuga est caractéristique de la forêt humide non perturbée du littoral situé à l’est de l’île ; on le trouve souvent également derrière les plages, habituellement au-dessous de 50 m d’altitude. Il est présent dans les régions où la pluviométrie annuelle moyenne s’élève à 2000–3000(–3500) mm, qui connaissent jusqu’à 3 mois secs, et dont les températures annuelles moyennes sont de 24–27°C. Il pousse généralement sur des sols sablonneux bien drainés dont le pH est de 4,7–5,3. Ailleurs, il est également fréquent dans les régions côtières, souvent dans une zone située derrière la mangrove, mais aussi à l’intérieur des terres jusqu’à 600 m d’altitude. Intsia bijuga résiste assez bien aux embruns et aux sols salins et relativement bien au vent. Il ne tolère pas en revanche les longs épisodes de sécheresse. Il se rencontre souvent en association avec Calophyllum chapelieri Drake, Hymenaea verrucosa Gaertn. et Uapaca thouarsii Baill., mais il apparaît parfois en peuplements presque purs.

Multiplication et plantation

En Papouasie-Nouvelle-Guinée, on a constaté qu’après la coupe, les graines en dormance dans le sol germaient abondamment dans les clairières autour des souches.

On compte entre 180–250 graines par kg. Elles sont protégées par un tégument dur, qui est imperméable à l’eau. Les graines mûres ont une teneur en eau inférieure à 10%, ce qui leur permet de survivre pendant plus de 3 ans sans traitement spécifique. La germination peut prendre presque 2 ans. Afin de favoriser une germination rapide et simultanée, il est nécessaire de scarifier les graines puis de les tremper dans l’eau. La technique de scarification la plus efficace consiste à abraser, à l’aide d’une lime, la petite protubérance du tégument (la strophiole) située à l’opposé du hile. Le traitement avec des fongicides peut protéger les graines scarifiées des dégâts provoqués par les champignons. L’immersion dans de l’acide sulfurique concentré pendant une heure a aussi son efficacité pour éroder le tégument. Les graines doivent être plantées verticalement, le hile tourné vers le bas, de façon à ce que le tégument tombe lorsque l’hypocotyle émerge du sol. On peut les planter directement au champ. Le taux de germination des graines scarifiées est de 60–95% sur une période de 3–20 semaines.

Les semis ont besoin d’une forte intensité lumineuse pour que leur croissance soit optimale, et dans les endroits dégagés leur croissance est beaucoup plus rapide que sous un couvert fermé. Cependant, des essais menés en Indonésie ont révélé que la croissance des semis sous abri ou à l’ombre d’arbres était plus rapide qu’en plein soleil. Un drainage approprié et une humidité de l’air élevée sont primordiaux pour une bonne croissance. Les semis peuvent être repiqués au champ lorsqu’ils ont environ 3 mois, selon un espacement de 3 m × 4 m ou de 5 m × 5 m. Dans des plantations d’enrichissement conduites en forêts dégradées à Madagascar, les graines ont été semées à des distances comprises entre 2 m × 1 m et 3,3 m × 3 m. La multiplication par drageons et par boutures est possible. Des essais conduits en Asie tropicale avec des boutures de tiges ont donné des résultats variables, allant de faibles pourcentages de germination et d’enracinement à 90% d’enracinement.

Gestion

A Madagascar, on a signalé des peuplements naturels comptant jusqu’à 80 arbres exploitables par ha, avec un volume de bois de 160 m³/ha. En Papouasie-Nouvelle-Guinée, on a constaté qu’un cycle de rotation d’une durée de 50 ans pour les peuplements naturels conviendrait aux Intsia spp., alors qu’en Malaisie on a estimé qu’il faudrait un cycle de rotation de 120 ans pour les plantations.

A Madagascar, on a observé que les jeunes sujets d’Intsia bijuga installés dans des plantations d’enrichissement étaient très sensibles à l’humidité du sol et de l’air. S’ils se développent bien dans les forêts où l’humidité est plus ou moins constante, en revanche, ils végètent lorsqu’ils sont plantés dans des endroits plus dégagés et ne survivent pas à des épisodes de sécheresse. Les graines sont semées sur des bandes de 50 cm de large et à 2 m de distance, bandes qui ont été débroussaillées dans la forêt. Ces bandes doivent être défrichées tous les 2–3 ans jusqu’à ce que les arbres d’Intsia bijuga aient 12–15 ans et qu’ils aient atteint la canopée de la forêt. Il faut éclaircir les peuplements une fois tous les 10 ans.

Maladies et ravageurs

Phellinus noxius, responsable de la pourriture brune des racines et du houppier, fait figure de menace pour les plantations. Les racines des jeunes plants d’Intsia bijuga peuvent être infestées par les nématodes. Aux Philippines, on a trouvé Rotylenchulus sp. et Helicotylenchus sp. en pépinière. En Indonésie, les jeunes plantations souffrent du pâturage des cerfs, sans compter les rats qui passent également pour un ravageur dangereux.

A Madagascar, on trouve souvent des protubérances cylindriques de 10 cm × 5 cm sur l’écorce des fûts et des branches de grande taille, qui sont probablement dues à des champignons.

Rendement

A Madagascar, on a recensé des arbres ayant un fût net de 18 m de long qui donnent 10 m³ de bois, même si un volume de bois de 2 m³ par arbre est plus courant, dont il ne reste après sciage qu’environ 1,2 m³ de bois marchand.

Traitement après récolte

Les grumes fraîchement abattues coulant dans l’eau, elles doivent être débardées par transport terrestre.

Ressources génétiques

Dans les principaux pays producteurs de merbau, Intsia bijuga et d’autres Intsia spp. sont surexploités, parfois en raison d’une exploitation commerciale aveugle et illégale. En 1992, on a proposé d’inclure Intsia spp. dans l’Annexe II de la CITES, car on estimait qu’ils méritaient d’être conservés après les nombreuses années d’exploitation qu’avaient subies leurs peuplements pour leur bois de feuillus, très prisé tant sur le marché national qu’international. Pourtant, la proposition a été repoussée. Intsia bijuga figure sur la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées comme vulnérable en raison de son exploitation effrénée.

A Madagascar, Intsia bijuga est en danger à cause de la surexploitation dont il fait l’objet pour son précieux bois d’œuvre. Il reste peu de peuplements dignes de ce nom et ils sont limités à des endroits protégés et inaccessibles le long de la côte est. On a signalé une variation considérable chez Intsia bijuga à Madagascar. Non seulement il existe des types à petites feuilles, à petits fruits et à petites graines, mais le bois lui aussi est variable ; en effet, on peut trouver des bois jaunâtres et relativement tendres et des bois brun rougeâtre et durs. Il se peut que cette variabilité du bois soit influencée par des facteurs environnementaux qui modifient le taux de croissance.

Perspectives

La demande de bois d’Intsia est forte pour les huisseries, la parqueterie, le mobilier et l’ébénisterie. Une partie non négligeable de la production est destinée à l’exportation, et plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer son exploitation illégale et non durable et son exportation illégale. Au niveau mondial, il faut de toute urgence encadrer l’exploitation de bois d’œuvre d’Intsia. Les perspectives semblent dépendre de la question suivante : maîtrise-t-on efficacement l’exploitation des peuplements restants ? C’est un problème qui a déjà été porté à la connaissance de la communauté internationale. On a récemment avancé l’idée d’inclure les essences productrices de merbau, notamment Intsia bijuga, dans l’Annexe III de la CITES, afin d’être mieux informé des données commerciales et ainsi de les utiliser comme un outil permettant de garantir leur exploitation et leur commerce durables.

Il est évident que les cycles d’abattage devraient être longs pour ces arbres dont la croissance est relativement lente ; au moins 60 ans, même si 80 ans est probablement plus réaliste. Cela revient à dire qu’un recul des quantités de bois d’œuvre récoltées s’impose dans la plupart des régions. La régénération, souvent bonne, qui s’effectue dans les zones exploitées et les plantations d’enrichissement prometteuses grâce aux semis de pépinière offrent des possibilités d’approvisionnement équitable de bois d’œuvre d’Intsia bijuga à l’avenir. A Madagascar, Intsia bijuga est tout indiqué pour les plantations d’enrichissement dans les forêts dégradées des régions à forte pluviométrie du littoral dans les basses terres côtières sur les sols sablonneux de l’est de l’île.

Références principales

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Autres références

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Sources de l'illustration

  • Brenan, J.P.M., 1967. Leguminosae, subfamily Caesalpinioideae. In: Milne-Redhead, E. & Polhill, R.M. (Editors). Flora of Tropical East Africa. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. 230 pp.

Auteur(s)

  • A. Asamoah, Kwame Nkrumah University of Science & Technology, Kumasi, Ghana
  • A. Atta-Boateng, Kwame Nkrumah University of Science & Technology, Kumasi, Ghana
  • A. Sarfowaa, Kwame Nkrumah University of Science & Technology, Kumasi, Ghana

Citation correcte de cet article

Asamoah, A., Atta-Boateng, A. & Sarfowaa, A., 2012. Intsia bijuga (Colebr.) Kuntze. [Internet] Fiche de PROTA4U. Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. Consulté le 20 avril 2026.


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