Jatropha chevalieri (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale
Répartition en Afrique
Répartition mondiale
Médicinal


Jatropha chevalieri Beille


Protologue: Bull. Soc. Bot. France 55, Mém. 8: 83 (1908).
Famille: Euphorbiaceae

Origine et répartition géographique

Jatropha chevalieri se rencontre en Mauritanie, au Sénégal, au Mali et au Niger.

Usages

Au Sénégal, les feuilles et le latex, auxquels on prête des vertus hémostatiques, sont appliqués directement sur les blessures pour arrêter le saignement. Le latex est aussi appliqué localement pour soigner les oreillons. L’extrait de racine se prend pour traiter les complications de la syphilis et de la lèpre. Au Niger, l’huile des graines grillées s’applique sur les furoncles et les abcès. La poudre de graines mélangée à de la graisse de lézard en massage sur la peau sert à traiter les douleurs de la rate. Les feuilles sont utilisées pour appliquer le henné sur la peau.

Propriétés

Le latex de Jatropha chevalieri contient des oligopeptides cycliques, les chevaliérines A, B et C. La chevaliérine A a montré une faible activité contre Plasmodium falciparum. Jatropha chevalieri est toxique pour les herbivores.

Description

Arbuste monoïque caducifolié, plus ou moins succulent, atteignant 1 m de haut ; rameaux striés longitudinalement, glabres. Feuilles alternes ; stipules divisées en segments filiformes ; pétiole de 3–7 cm de long, glabre ; limbe à contour largement ovale, 5-lobé jusqu’au milieu, de 6–12 cm de long, base profondément cordée, lobes ovales, à 5–8 dents pointues et sinueuses, papyracé, glabre. Inflorescence : corymbe terminal, avec une fleur femelle solitaire à l’extrémité de chaque axe principal, les fleurs mâles en cymules latérales ; pédoncule atteignant 3 cm de long, glabre ; bractées lancéolées, apex acuminé, à dents terminées par une glande. Fleurs unisexuées, régulières, 5-mères ; pédicelle court ; sépales fusionnés à la base, de 2–3 mm de long ; pétales légèrement plus longs que les sépales, apex arrondi, jaune verdâtre ; disque charnu ; fleurs mâles à 8 étamines, filets partiellement fusionnés ; fleurs femelles à ovaire supère, 3-loculaire, styles 3, fusionnés à la base, stigmate 2-lobé. Fruit : capsule plus ou moins charnue à sèche, largement ellipsoïde, atteignant 1,5 cm de long, faiblement 3-lobée, déhiscente en méricarpes bivalves, contenant généralement 3 graines. Graines oblongues-ellipsoïdes, atteignant 1 cm de long, lisses, à caroncule grande, 5–6-partite.

Autres données botaniques

Le genre Jatropha comprend environ 170 espèces, se trouvant principalement dans les régions tempérées chaudes et les régions tropicales à sécheresse saisonnière. L’Afrique compte 70 espèces indigènes et Madagascar en possède une, qui est endémique. Il existe une autre espèce ouest-africaine qui a des usages médicinaux, Jatropha kamerunica Pax & K.Hoffm., se rencontrant au Sénégal, au Mali et au Cameroun. Au Sénégal, les graines se prennent comme un purgatif puissant.

Ecologie

Jatropha chevalieri est présent principalement sur les sols sableux, tels que les dunes de sable. Dans la partie sèche de la Mauritanie, on le trouve dans les oueds, et dans la région du Sahel, dans la savane et la végétation de brousse.

Ressources génétiques

Bien que peu commun, Jatropha chevalieri n’est probablement pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Jatropha chevalieri n’a pas fait l’objet de travaux de recherche importants sur le plan chimique ou pharmacologique, malgré ses intéressants usages locaux. Le latex contient des peptides cycliques, composés qui ont un large spectre d’activité biologique et qui sont recherchés, car ce sont des têtes de série prometteuses dans le cadre de la découverte de médicaments.

Références principales

  • Baraguey, C., Auvin-Guette, C., Blond, A., Cavelier, F., Lezenven, F., Pousset, J-L. & Bodo, B., 1998. Isolation, structure and synthesis of chevalierines A, B, and C, cyclic peptides from the latex of Jatropha chevalieri. Journal of the Chemical Society, Perkin Transactions I: Organic and Bio-Organic Chemistry 18: 3033–3039.
  • Berhaut, J., 1975. Flore illustrée du Sénégal. Dicotylédones. Volume 3. Connaracées à Euphorbiacées. Gouvernement du Sénégal, Ministère du Développement Rural et de l’Hydraulique, Direction des Eaux et Forêts, Dakar, Senegal. 634 pp.
  • Brown, N.E., Hutchinson, J. & Prain, D., 1909–1913. Euphorbiaceae. In: Thiselton-Dyer, W.T. (Editor). Flora of tropical Africa. Volume 6(1). Lovell Reeve & Co., London, United Kingdom. pp. 441–1020.
  • Burkill, H.M., 1994. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 2, Families E–I. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 636 pp.

Autres références

  • Adam, J.G., Echard, N. & Lescot, M., 1972. Plantes médicinales Hausa de l’Ader. Journal d’Agriculture Tropicale et de Botanique Appliquée 19(8–9): 259–399.
  • Keay, R.W.J., 1958. Euphorbiaceae. In: Keay, R.W.J. (Editor). Flora of West Tropical Africa. Volume 1, part 2. 2nd Edition. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. pp. 364–423.
  • Kerharo, J., 1971. Recherches ethnopharmacognosiques sur les plantes médicinales et toxiques de la pharmacopée sénégalaise traditionnelle. Thèse de doctorat d’état, Faculté de Pharmacie, Bordeaux, France. 285 pp.
  • Taleb, N.O., 2000. Ressources Forestières en Mauritanie. EC/FAO ACP Collecte de données - Rapport Technique AFDCA/TR/12 FAO, Rome, Italy. 43 pp.

Auteur(s)

  • G.H. Schmelzer, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Schmelzer, G.H., 2007. Jatropha chevalieri Beille. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 20 avril 2026.


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