Juniperus bermudiana (PROTA)
![]() |
Introduction |
- Protologue: Sp. pl. 2: 1039 (1753).
- Famille: Cupressaceae
Noms vernaculaires
- Bermuda cedar, Bermuda red cedar (En).
- Cedro das Bermudas (Po).
Origine et répartition géographique
Juniperus bermudiana est originaire des Bermudes, et il a été parfois planté ailleurs, par ex. aux îles Mascareignes. Il est assez souvent planté à la Réunion et à Maurice, moins souvent à Rodrigues ; il s’est parfois naturalisé. Juniperus bermudiana figure aussi au catalogue de pépinières à Harare (Zimbabwe).
Usages
Le bois de Juniperus bermudiana est employé en menuiserie dans les îles Mascareignes. Aux Bermudes, il était autrefois très utilisé en construction navale, pour la construction de maisons, en menuiserie et ébénisterie, mais les grands arbres sont devenus rares, et le bois est maintenant principalement employé pour la fabrication de meubles et de souvenirs, et comme bois de feu.
Dans les îles Mascareignes, Juniperus bermudiana est planté comme arbre d’ornement. Une décoction de rameaux feuillés sert à traiter la toux, et ces rameaux sont aussi employés en bains de vapeur pour des inhalations contre les affections respiratoires.
Propriétés
Le bois est généralement noueux, ce qui est dû au mode de ramification de l’arbre et au manque d’élagage. Il a une couleur attrayante et une odeur agréable. Le fil est souvent irrégulier en raison des nœuds, ce qui le rend impropre à la fabrication de crayons. Un extrait à l’éthanol des ramilles et des feuilles de Juniperus bermudiana a montré une action antitumorale due à la présence d’une lignane, la désoxypodophyllotoxine.
Description
- Petit arbre sempervirent, dioïque, jusqu’à 12(–15) m de haut ; fût jusqu’à 60 cm de diamètre ; écorce externe fine, s’exfoliant en bandes, rouge-brun devenant gris-brun ; cime pyramidale sur les jeunes arbres, étalée ou aplatie au sommet sur les arbres plus âgés ; branches étalées ou ascendantes.
- Feuilles sur les derniers rameaux opposées décussées, sur certaines branches principales en verticilles alternés de 3, écailleuses, sur les derniers rameaux ovales-rhombiques à rhombiques-lancéolées, de 1,5–2,5 mm × 1–1,5 mm, apex obtus à aigu, bord entier, vertes.
- Cône mâle terminal sur les derniers rameaux, oblong-cylindrique, plus ou moins quadrangulaire, de 4–6 mm × 2–3 mm, vert jaunâtre lorsque jeune, brun jaunâtre à brun pâle à maturité ; écailles 12–16, opposées décussées, peltées, chacune portant 4–6 sacs polliniques aplatis.
- Cône femelle terminal sur les derniers rameaux dressés, cône mûr irrégulièrement globuleux ou piriforme à presque réniforme, de 4–6 mm × 5–8 mm, pulpeux, résineux, bleu pruineux ou bleu-violacé foncé, renfermant 1–2(–3) graines ; écailles 6, opposées décussées, fusionnées.
- Graines globuleuses-ovoïdes, de 2–3 mm de long, plus ou moins carénées, brun lustré.
Autres données botaniques
Le genre Juniperus comprend une cinquantaine d’espèces et est très répandu dans les régions subtropicales et tempérées de l’hémisphère Nord, avec quelques espèces dans les montagnes tropicales.
Ecologie
Aux Bermudes, Juniperus bermudiana pousse près du niveau de la mer, sur des sols sableux et des roches calcaires.
Gestion
La germination prend 3–6 mois ; la croissance durant les 10 premières années est lente. A Maurice, Juniperus bermudiana est attaqué par un puceron, Cinara cupressi, qui endommage les bourgeons terminaux, retardant ainsi la repousse, causant le dessèchement des tiges et un dépérissement progressif de l’arbre. Les pucerons sont facilement transportés sur les jeunes plants, et peuvent se multiplier rapidement.
Ressources génétiques
Aux Bermudes, les peuplements autrefois étendus et dominants ont été décimés par la surexploitation, l’introduction d’espèces exotiques et les épidémies de cochenilles accidentellement introduites. Juniperus bermudiana est classé comme espèce en danger critique d’extinction dans la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN de 2006.
Perspectives
On sait peu de chose sur les caractéristiques du bois de Juniperus bermudiana, mais sa qualité ne semble pas être aussi élevée que celle du genévrier d’Afrique (Juniperus procera Hochst. ex Endl.), essence bien connue qui est largement utilisée en Afrique orientale et australe. C’est pourquoi, et compte tenu de sa répartition restreinte, son importance comme source de bois d’œuvre en Afrique tropicale a peu de chance de s’accroître.
Références principales
- Farjon, A., 2005. A monograph of Cupressaceae and Sciadopitys. Royal Botanical Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 643 pp.
- Groves, G.R., 1955. The Bermuda cedar. World Crops 7(9): 343–347.
- Gurib-Fakim, A., Guého, J. & Bissoondoyal, M.D., 1996. Plantes médicinales de Maurice, tome 2. Editions de l’Océan Indien, Rose-Hill, Mauritius. 532 pp.
- Marais, W., 1997. Cupressacées. In: Bosser, J., Cadet, T., Guého, J. & Marais, W. (Editors). Flore des Mascareignes. Familles 27–30bis. The Sugar Industry Research Institute, Mauritius, l’Institut Français de Recherche Scientifique pour le Développement en Coopération (ORSTOM), Paris, France & Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 3 pp.
- Walker, L.C., 1998. Bermuda: island paradise, ecological disaster. Journal of Forestry 96(11): 36 39.
Autres références
- Alleck, M. & Seewooruthun, S.I., 2001/2002. Cinara cupressivora, a pest of cypress: some aspects of its biology and the assessment of its damage. Revue Agricole et Sucriere de l’Ile Maurice 80(3)/81(1/3): 17–28.
- Conifer Specialist Group, 1998. Juniperus bermudiana. In: IUCN. 2006 Red list of threatened species. [Internet] http://www.iucnredlist.org. October 2006.
- Mullin, L.J., 2000. Conifers in Zimbabwe. Kirkia 17(2): 199–217.
- Tammami, B., Torrance, S.J. & Cole, J.R., 1977. Antitumor agent from Juniperus bermudiana (Pinaceae): deoxypodophyllotoxin. Phytochemistry 16(7): 1100–1101.
Auteur(s)
- M. Brink, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Brink, M., 2007. Juniperus bermudiana L. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 22 avril 2026.
- Voir cette page sur la base de données Prota4U.
