Kiggelaria africana (PROTA)
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Introduction |
| Importance générale | |
| Répartition en Afrique | |
| Répartition mondiale | |
| Colorant / tanin | |
| Médicinal | |
| Bois d'œuvre | |
| Ornemental | |
| Auxiliaire | |
- Protologue: Sp. pl. 2: 1037 (1753).
- Famille: Flacourtiaceae (APG: Achariaceae)
Noms vernaculaires
Wild peach (En).
Origine et répartition géographique
L’aire de répartition de Kiggelaria africana s’étend de la Tanzanie jusqu’au Swaziland, au Lesotho et au sud de l’Afrique du Sud, en passant par le Malawi, le Zimbabwe et le Mozambique.
Usages
Le bois est utilisé pour la parqueterie, les solives, le mobilier et les poteaux de clôture assez durables, et servait autrefois à confectionner les rayons des roues de chariots. Il se prête à la construction, à la menuiserie, aux boiseries intérieures, à la construction navale, aux articles de sports, aux jouets et aux articles de fantaisie, aux caisses et aux cageots, aux instruments agricoles, aux manches, au tournage, aux placages et au contreplaqué.
Jadis, on extrayait du bois un colorant rose qui servait à teindre les tissus. En Afrique du Sud, Kiggelaria africana est planté comme arbre d’ornement, arbre d’ombrage et en brise-vent. L’arbre joue un rôle dans les cérémonies rituelles.
Production et commerce international
Le bois de Kiggelaria africana n’est utilisé et vendu qu’au niveau local.
Propriétés
Le bois de cœur, gris-brun rosé, ne se distingue pas nettement de l’aubier qui est étroit. Le fil est variable, le grain moyennement fin et régulier.
C’est un bois de poids moyen à assez lourd, avec une densité de 670–845 kg/m³ à 12% d’humidité, assez dur et solide. Il sèche à l’air assez rapidement, mais est sujet aux fentes et au gauchissement. Les taux de retrait sont modérés, de l’état vert à anhydre ils sont de 3,6% dans le sens radial et de 7,9% dans le sens tangentiel. Une fois sec, le bois est stable en service. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 94 N/mm², le module d’élasticité de 11 170 N/mm², la compression axiale de 53 N/mm², le cisaillement de 12 N/mm², la dureté Janka de flanc de 7200 N et la dureté Janka en bout de 8975 N.
Le bois se rabote en donnant de belles surfaces et peut se polir de manière satisfaisante. Les caractéristiques de clouage, de vissage et de perçage sont bonnes. Il donne des placages de bonne qualité qui ont un bel aspect notamment lorsqu’ils sont sciés sur quartier. Il est moyennement durable.
Plusieurs hétérosides, dont la gynocardine, ont été isolés de Kiggelaria africana.
Description
Arbuste ou arbre de petite taille atteignant 13(–17) m de haut, sempervirent ou semi-caducifolié, dioïque ; fût dépourvu de branches sur 9 m, atteignant 90 cm de diamètre mais généralement beaucoup moins ; écorce gris pâle, lisse, devenant plus foncée et écailleuse chez les sujets âgés ; rameaux brun jaunâtre, densément recouverts de poils étoilés très courts. Feuilles disposées en spirale, simples, dépourvues de stipules ; pétiole de 0,5–2,5 cm de long ; limbe ovale-oblong à elliptique ou lancéolé, de 3,5–9 cm × 2–5 cm, cunéiforme à arrondi à la base, aigu à obtus à l’apex, à bord entier, légèrement ondulé ou superficiellement denté, papyracé à légèrement coriace, garni de poils jaunâtres, devenant parfois glabre, pennatinervé à 6–9 paires de nervures latérales, parfois avec de petites poches pubescentes à l’aisselle des nervures latérales au-dessous. Inflorescence : courte cyme axillaire composée de 3–7 fleurs mâles, mais les fleurs femelles solitaires, garnies de poils ; pédoncule d’environ 5 mm de long. Fleurs unisexuées, régulières, 5-mères, blanc verdâtre à jaune pâle ; sépales presque libres, étroitement ovales, de 4–7 mm de long, pubescents ; pétales libres, étroitement ovales, de 5–8 mm de long, poilus, avec une écaille charnue à l’intérieur à la base ; fleurs mâles avec un pédicelle atteignant 7 mm de long, étamines 8–12, anthères plus longues que les filets, s’ouvrant à l’apex ; fleurs femelles sensiblement plus grandes que les mâles, avec un pédicelle atteignant 1,5 cm de long, ovaire supère, ovoïde, d’environ 2 mm de long, pubescent, 1-loculaire, styles 2–5, courts. Fruit : capsule globuleuse, coriace à légèrement ligneuse, atteignant 2 cm de diamètre, vert jaunâtre, garnie de poils courts et verruqueuse, s’ouvrant à partir de l’apex par (2–)4–5 valves, renfermant jusqu’à 10 graines. Graines presque globuleuses, d’environ 7 mm de diamètre, avec un tégument charnu de couleur orange-rouge vif.
Autres données botaniques
Le genre Kiggelaria est monotypique, et a été placé dans la famille des Kiggelariaceae. Néanmoins, des études embryologiques et moléculaires ont mis en évidence qu’un lien étroit unissait Kiggelaria à Acharia et Guthriea, qui sont tous deux de petits genres originaires d’Afrique australe.
Kiggelaria africana est extrêmement variable quant à la forme, la taille, la texture et le degré de pubescence de ses feuilles. Dans la forêt, il peut prendre l’aspect d’un arbre aux grandes feuilles papyracées, presque glabres, alors qu’à découvert il peut prendre la forme d’un arbuste aux petites feuilles coriaces recouvertes de poils denses. Au Mozambique et en Afrique du Sud, la floraison a lieu en août–janvier, les fruits mûrissant en février–juillet. Les fruits s’ouvrent en se fendant et laissent entrevoir les graines avec leurs téguments charnus orange-rouge qui sont mangées par de nombreuses espèces d’oiseaux qui les disséminent.
Ecologie
Kiggelaria africana se rencontre dans la forêt côtière et intérieure, les zones boisées, les savanes de montagnes, en bordure de rivières, sur les versants rocailleux et sur les affleurements rocheux, jusqu’à 2550 m d’altitude. En Afrique de l’Est, il est présent dans la forêt de montagne à partir de 1350 m d’altitude, tandis qu’en Afrique du Sud on le rencontre également au niveau de la mer. Il tolère des températures allant de –2°C à 36°C.
Gestion
Il se multiplie par graines ou par boutures. Les jeunes plants peuvent être conservés en pots jusqu’à ce qu’ils aient atteint environ 30 cm de haut. Lorsque les conditions sont favorables, ils ont une croissance rapide et peuvent commencer à fleurir lorsqu’ils ont 2 ans. Kiggelaria africana fait un excellent écran, constitue un brise-vent efficace, ou encore devient un arbre d’ombrage qui s’étale beaucoup et qui est pourvu d’un système racinaire non agressif. Comme il a tendance à se ramifier à faible hauteur, il faut tailler tôt ses branches basses si l’on veut obtenir un arbre bien formé. Il aime un apport modéré en eau, et une exposition ensoleillée. Un apport important de compost est recommandé lors de la plantation. Les sujets âgés présentent souvent un fût creux. En Afrique du Sud, les arbres sont attaqués par les chenilles du papillon Acraea horta, qui est parfois responsable d’une défoliation complète.
Ressources génétiques
Kiggelaria africana est répandu et localement commun dans un grand nombre de milieux. Rien n’indique qu’il soit menacé d’érosion génétique.
Perspectives
Il est possible que Kiggelaria africana gagne de l’importance dans l’aménagement des paysages car il est facile à cultiver et ses racines n’exercent qu’une concurrence limitée ; en outre, il attire un grand nombre d’oiseaux. Quant à son bois, il risque de ne jouer un rôle important qu’au niveau local.
Références principales
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- Joffe, P., 2002. Kiggelaria africana L. [Internet] South African National Biodiversity Institute, Pretoria, South Africa. http://www.plantzafrica.com/plantklm/kiggelarafric.htm. October 2010.
- Palmer, E. & Pitman, N., 1972–1974. Trees of southern Africa, covering all known indigenous species in the Republic of South Africa, South-West Africa, Botswana, Lesotho and Swaziland. 3 volumes. Balkema, Cape Town, South Africa. 2235 pp.
- Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan. 248 pp.
Autres références
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- Manders, P.T. & Smith, R.E., 1992. Effects of artificially established depth to water table gradients and soil type on the growth of Cape fynbos and forest plants. South African Journal of Botany 58(3): 195–201.
- Manders, P.T. & Smith, R.E., 1992. Effects of watering regime on growth and competitive ability of nursery-grown Cape fynbos and forest plants. South African Journal of Botany 58(3): 188–194.
- Mergili, M. & Privett, S., 2008. Vegetation and vegetation-environment relationships at Grootbos Nature Reserve, Western Cape, South Africa. Bothalia 38(1): 89–102.
- Raubenheimer, D., 1988. Gynocardin from the leaves of Kiggelaria africana. Joumal of Natural Products 51(4): 779.
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- Wild, H., 1960. Flacourtiaceae (incl. Samydaceae). In: Exell, A.W. & Wild, H. (Editors). Flora Zambesiaca. Volume 1, part 1. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. pp. 261–298.
Auteur(s)
- L.P.A. Oyen, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Oyen, L.P.A., 2011. Kiggelaria africana L. [Internet] Fiche de PROTA4U. Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. Consulté le 22 avril 2026.
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