Klainedoxa gabonensis (PROTA)
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Introduction |
| Importance générale | |
| Répartition en Afrique | |
| Répartition mondiale | |
| Fruit | |
| Oléagineux | |
| Médicinal | |
| Bois de feu | |
| Sécurité alimentaire | |









Klainedoxa gabonensis Pierre
- Protologue: Tab. Herb. L. Pierre, del. E. Delpy (1896).
- Famille: Irvingiaceae
- Nombre de chromosomes: 2n = 26
Synonymes
- Klainedoxa buesgenii Engl. (1911).
Origine et répartition géographique
L’aire de répartition de Klainedoxa gabonensis s’étend du Sénégal jusqu’au sud du Soudan, en Ouganda, dans le nord-ouest de la Tanzanie, et vers le sud jusqu’en R.D. du Congo, au nord de la Zambie et en Angola.
Usages
On utilise traditionnellement les fûts des jeunes arbres pour confectionner des piquets de cases et d’habitations. Le bois de Klainedoxa gabonensis, connu dans le commerce sous l’appellation “eveuss”, est employé en construction lourde, pour la parqueterie industrielle, en menuiserie, pour les boiseries intérieures, les étais de mines, les traverses de chemin de fer, la charronnerie, les jouets et les articles de fantaisie, les instruments agricoles, les manches d’outils et les bardeaux. Il se prête à la confection de mobilier et à la construction navale. Les rameaux flexibles sont très prisés au Liberia pour la fabrication de pièges. Les contreforts font office de portes en Sierra Leone. Le bois sert également de bois de feu.
L’amande de la graine se mange crue ou grillée ; on peut en faire une pâte dont on extrait une huile végétale, utilisée traditionnellement en cuisine et qui remplace le beurre de karité de Vitellaria paradoxa C.F.Gaertn. On utilise la pulpe du fruit pour faire une sauce mucilagineuse que l’on mange souvent avec de la viande. Les fruits servent d’appâts dans les pièges.
Klainedoxa gabonensis est une importante plante médicinale. Réduite en poudre ou brûlée, l’écorce est appliquée sur les rhumatismes, les lumbagos, les affections cutanées, les fractures et les caries dentaires. La décoction d’écorce se prend contre les maladies vénériennes, la stérilité et l’impuissance, et on l’administre en externe contre la variole, la varicelle et les rhumatismes. On consomme les feuilles en cas de diarrhée et d’affections intestinales et comme aphrodisiaque, et la décoction de feuille est prescrite contre les douleurs abdominales. On applique les feuilles broyées en friction pour soigner les rhumatismes. Le jus des feuilles se prend contre la toux. Les stipules écrasées sont appliquées en externe comme antalgique. Les fruits broyés avec du carbonate de calcium sont appliqués sur les abcès et les ulcères, la pulpe du fruit sur les œdèmes. Les graines pulvérisées sont utilisées en friction contre les furoncles.
Production et commerce international
Le bois de Klainedoxa gabonensis n’est que rarement vendu sur le marché international et n’est habituellement utilisé que localement. Il n’y a pas de statistiques commerciales.
Propriétés
Le bois de cœur, orange-jaune à brun pâle ou brun-doré, souvent à taches irrégulières rouge-brun, fonce à l’exposition au brun foncé avec des raies noirâtres ; il ne se distingue pas nettement de l’aubier orange jaune, qui devient grisâtre à l’exposition. Le fil est droit à contrefil, le grain moyennement fin.
Le bois est lourd à très lourd, avec une densité de 940–1150 kg/m³ à 12% d’humidité, et très dur. Difficile à sécher à l’air, il sèche lentement ; il faut prendre des précautions pour éviter les déformations et les gerces graves. Les taux de retrait sont élevés, de l’état vert à anhydre ils sont de 6,6–9,8% dans le sens radial et de 9,9–13,2% dans le sens tangentiel. Il est recommandé de débiter le bois sur quartier avant de le sécher. Une fois sec, il est instable en service.
A 12% d’humidité, le module de rupture est de 167–250 N/mm², le module d’élasticité de 15 970–21 280 N/mm², la compression axiale de 83–104 N/mm², le cisaillement de 14,5–18,5 N/mm², le fendage de 18,5–32 N/mm et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 7,7–18,2.
C’est un bois difficile à scier et à travailler. Il faut des outils puissants. Il est recommandé de convertir le bois lorsqu’il est vert à cause de son extrême dureté lorsqu’il est sec. L’emploi de lames de scies à dents stellitées et d’outils tranchants au carbure de tungstène est conseillé. La sciure a tendance à adhérer aux dents de scie. Le bois se rabote assez facilement et donne un fini lisse au polissage. Il ne se fend pas aisément au clouage et tient bien les clous, mais un préperçage est nécessaire à cause de sa dureté. Il est assez difficile à coller. Le bois de cœur est durable : s’il résiste aux termites et aux insectes xylophages, il ne résiste que modérément aux attaques fongiques en cas de très forte humidité et peut être sujet aux térébrants marins. L’aubier est sensible aux Lyctus. Le bois est assez facile à traiter avec des produits de conservation, à l’exception de la partie centrale du bois de cœur, qui est très rebelle à l’imprégnation.
Le bois contient 43–46% de cellulose, 30–32% de lignine, 13–15% de pentosanes, 0,7–1,4% de cendres et moins de 0,02% de silice. La solubilité est de 1,6–7,3% dans l’alcool-benzène, de 1,6–3,2% dans l’eau chaude et de 14,4–18,9% dans une solution à 1% de NaOH.
L’étude phytochimique de l’écorce a mis en lumière la présence de tanins, d’alcaloïdes, de quinones et de terpénoïdes stéroïdiques. Des extraits aqueux de l’écorce ont montré une action antibactérienne, notamment contre Staphylococcus aureus. Ils ont également démontré une action cytotoxique contre des cellules tumorales humaines KB. Du gallate de méthyle a été isolé des extraits.
L’amande de la graine contient environ 40% d’huile. L’huile essentielle des feuilles se compose essentiellement de géranylacétone (14%), de β-bourbonène (11%) et d’(E)-α-ionone (10.5%), celle de l’écorce se compose principalement de linalol (17%), de 1,8-cinéole (10%) et de 1-octen-3-ol (8%), et celle des racines de 1,2,3-triméthylbenzène (10%), de 1-éthyl-2-méthylbenzène (9%), de pentylbenzène (9%) et de salicylate de méthyle (9%).
Falsifications et succédanés
Le bois a des usages similaires à ceux de Lophira alata Banks ex P.Gaertn., mais ce dernier est plus durable. Le bois des Irvingia spp. ressemble assez à celui de Klainedoxa gabonensis, qui est lui aussi lourd, dur et durable, et il sert aux mêmes usages.
Description
- Arbre de taille moyenne à grande atteignant 45(–50) m de haut, sempervirent ; fût généralement droit et cylindrique, dépourvu de branches sur 25 m, atteignant 120(–150) cm de diamètre, pourvu de contreforts assez fins, fortement étalés de 5 m de haut ; surface de l’écorce légèrement fissurée, s’écaillant souvent en bandes irrégulières, grise à brune ou rouge-brun, écorce interne granuleuse, jaune à orange-brun pâle ; cime souvent de grande taille et ombelliforme, branches souvent ascendantes ; rameaux légèrement comprimés.
- Feuilles alternes, simples et entières ; stipules linéaires, fines, de 5–15(–25) cm de long, à pointe acérée, rougeâtres, caduques, laissant des cicatrices circulaires ; pétiole de 2–8 mm de long ; limbe largement ovale à elliptique, de 5–20(–40) cm × 2–10 cm, cunéiforme à cordé et souvent légèrement asymétrique à la base, aigu à courtement acuminé à l’apex, coriace, glabre, brillant, pennatinervé à (10–)14–22(–35) paires de nervures latérales.
- Inflorescence : panicule axillaire ou terminale atteignant 13(–15) cm de long, glabre.
- Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères, blanches à roses ; pédicelle de 1–8 mm de long ; sépales libres, largement obovales à presque ronds, de 1,5–2,5 mm de long ; pétales libres, largement elliptiques à presque ronds, de 2,5–3,5(–4) mm de long ; étamines (9–)10, libres, de 4–6 mm de long ; disque annulaire, charnu, jaune ; ovaire supère, reposant à l’intérieur du disque, globuleux, rose, normalement 5-loculaire, style arqué.
- Fruit : drupe déprimée-globuleuse de 3–6 cm × 4–8(–10) cm, vaguement (4–)5-côtelée ou -lobée, verte devenant pourpre mat ou orange mat, à pulpe fibreuse et mucilagineuse, et contenant (4–)5 noyaux oblongs à cunéiformes de 3–5 cm de long, présentant chacun des proéminences arrondies et renfermant 1 seule graine.
- Graines ellipsoïdes à oblongues, d’environ 2 cm de long.
- Plantule à germination épigée ; hypocotyle de 7–10 cm de long, épicotyle de 3–4 cm de long ; cotylédons foliacés, linéaires-elliptiques, de 2,5–3,5 cm de long ; les 2 premières feuilles opposées.
Autres données botaniques
Le genre Klainedoxa comprend 2 espèces seulement. Klainedoxa trillesii Pierre ex Tiegh. est un arbre de taille moyenne atteignant 30 m de haut, dont le fût est dépourvu de branches sur 20 m et mesure jusqu’à 120 cm de diamètre, et qui est présent de la Sierra Leone jusqu’en R.D. du Congo. Il diffère de Klainedoxa gabonensis par ses feuilles à nervures latérales moins nombreuses et par ses fruits globuleux à ellipsoïdes, orange vif. Son bois sert parfois en construction sous forme de poteaux. On confond probablement largement les deux espèces et on ne les distingue pas lors de l’abattage.
Klainedoxa gabonensis est assez variable, notamment en ce qui concerne la taille et la morphologie de ses feuilles et la taille de ses fruits.
Anatomie
Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :
- Cernes de croissance : 2 : limites de cernes indistinctes ou absentes.
- Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; 23 : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale ; (26 : ponctuations intervasculaires moyennes (7–10 μm)) ; 27 : ponctuations intervasculaires grandes (≥ 10 μm) ; 31 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles très réduites à apparemment simples : ponctuations rondes ou anguleuses ; 32 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles très réduites à apparemment simples : ponctuations horizontales (scalariformes) à verticales (en balafres) ; 43 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux ≥ 200 μm ; 46 : ≤ 5 vaisseaux par millimètre carré ; 56 : thylles fréquents ; 57 : thylles scléreux (à paroi lignifiée très épaisse).
- Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 70 : fibres à parois très épaisses.
- Parenchyme axial : 80 : parenchyme axial circumvasculaire étiré ; 82 : parenchyme axial aliforme ; 83 : parenchyme axial anastomosé ; 85 : parenchyme axial en bandes larges de plus de trois cellules ; 86 : parenchyme axial en lignes minces, au maximum larges de trois cellules ; 93 : huit (5–8) cellules par file verticale ; 94 : plus de huit cellules par file verticale.
- Rayons : 97 : rayons 1–3-sériés (larges de 1–3 cellules) ; (98 : rayons couramment 4–10-sériés) ; 104 : rayons composés uniquement de cellules couchées ; 106 : rayons composés de cellules couchées avec une rangée terminale de cellules dressées et/ou carrées ; 115 : 4–12 rayons par mm.
- Inclusions minérales : 136 : présence de cristaux prismatiques ; 142 : cristaux prismatiques dans les cellules cloisonnées du parenchyme axial.
Croissance et développement
Les semis sont fréquents à l’ombre, mais on a signalé des gaules dans les petites trouées du couvert végétal. Le fût des jeunes individus est pourvu d’épines de 12 cm de long, qui disparaissent peu à peu au cours de la croissance de l’arbre. Il a beau être sempervirent, il peut lui arriver de perdre ses feuilles pendant une courte période. Les arbres fleurissent normalement à la fin de la saison des pluies et au début de la saison sèche. En Côte d’Ivoire, ils fleurissent en juillet–novembre et au Gabon en février–mai. Les fruits mûrissent 9 mois environ après la floraison. Ils représentent une nourriture importante pour les éléphants, les porcs-épics, les céphalophes et les gorilles. Les éléphants servent d’agents de dissémination des noyaux. On a constaté que non seulement les graines germaient plus rapidement dans les déjections d’éléphants, mais que les semis s’y développaient mieux également.
Ecologie
Klainedoxa gabonensis se rencontre dans des types de forêts très variés, mais il abonde dans la forêt sempervirente humide et la forêt semi-décidue. Il est parfois présent en bordure de la forêt périodiquement inondée, de la forêt-galerie, et dans la zone de transition entre la forêt et la savane. On le trouve jusqu’à 1200 m altitude et dans des régions où la pluviométrie annuelle moyenne est de 1500–2500 mm. Il préfère les sols sablonneux. Lors des défrichements forestiers, l’arbre est habituellement maintenu sur pied à cause de la dureté de son bois mais aussi pour la production de fruits, ce qui expliquerait pourquoi il est fréquent dans la forêt secondaire.
Multiplication et plantation
Les fruits pèsent 50–220 g. Chaque fruit contient (4–)5 noyaux, qui mettent longtemps à germer, entre 6–24(–48) mois. Entre 1–3(–5) jeunes plants peuvent se former à partir d’un seul fruit. Le taux de germination est assez bas, de l’ordre de 5–40%. Au Liberia, on a constaté que la régénération était rare dans la forêt, alors qu’au Gabon les semis et les gaules sont assez courants, puisqu’on les trouve souvent en groupes issus de noyaux dans les crottins d’éléphants.
Gestion
Klainedoxa gabonensis est localement assez commun, bien qu’il pousse normalement de façon disséminée dans la forêt. Dans la forêt camerounaise, on a enregistré une densité moyenne de 0,4 arbre par ha ayant un diamètre de fût supérieur à 60 cm, avec un volume de bois moyen de 3,2–4,1 m³/ha. Au Liberia, on a relevé une densité moyenne de 0,3 arbre par ha ayant un diamètre de fût supérieur à 60 cm. Au Gabon, le volume de bois moyen est de 0,6–2,5 m³/ha.
Récolte
Le diamètre de fût minimum recommandé pour l’abattage est de 90 cm au Ghana, contre 70 cm en Centrafrique et au Gabon.
Rendement
Un fût de 21 m de long et de 110 cm de diamètre abattu en R.D. du Congo a produit 12,4 m³ de bois.
Traitement après récolte
Les grumes fraîchement abattues ne flottant pas sur l’eau, elles ne peuvent être transportées par flottage fluvial. Il arrive qu’elles soient cassantes, il faut donc les manipuler avec précaution.
Ressources génétiques
L’aire de répartition de Klainedoxa gabonensis est étendue et ses usages locaux sont limités en raison de l’extrême dureté de son bois. Dès lors, il y a peu de chances qu’il soit menacé par la surexploitation.
Perspectives
Klainedoxa gabonensis est un arbre à usages multiples. Son bois d’œuvre continuera à jouer un rôle important pour les usages locaux, notamment en construction grâce à sa durabilité. D’autre part, l’extrême dureté du bois limite les possibilités d’utilisations locales. Quant à ses perspectives en tant que bois d’œuvre commercial sur le marché international, elles resteront vagues tant que l’on ne disposera de pratiquement aucune information sur ses taux de croissance et sur des modes de conduite judicieux. Tous les espoirs semblent permis concernant une augmentation de l’utilisation et de la commercialisation des fruits et des amandes, encore faut-il poursuivre les recherches. Les nombreuses applications en médecine traditionnelle justifient des recherches phytochimiques et pharmacologiques plus approfondies ; pour l’instant, les premiers résultats sont assez prometteurs.
Références principales
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Autres références
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Sources de l'illustration
- Voorhoeve, A.G., 1979. Liberian high forest trees. A systematic botanical study of the 75 most important or frequent high forest trees, with reference to numerous related species. Agricultural Research Reports 652, 2nd Impression. Centre for Agricultural Publishing and Documentation, Wageningen, Netherlands. 416 pp.
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Auteur(s)
- A.A. Oteng-Amoako, Forestry Research Institute of Ghana (FORIG), University P.O. Box 63, KNUST, Kumasi, Ghana
- E.A. Obeng, Forestry Research Institute of Ghana (FORIG), University P.O. Box 63, KNUST, Kumasi, Ghana
Citation correcte de cet article
Oteng-Amoako, A.A. & Obeng, E.A., 2012. Klainedoxa gabonensis Pierre. In: Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. Consulté le 16 septembre 2026.
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