Letestua durissima (PROTA)
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Introduction |
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| Statut de conservation | |




Letestua durissima (A.Chev.) Lecomte
- Protologue: Notul. Syst. (Paris) 4 : 5 (1920).
- Famille: Sapotaceae
Synonymes
- Letestua floribunda Lecomte (1920).
Origine et répartition géographique
L’aire de répartition de Letestua durissima s’étend sur les pays d’Afrique centrale : Cameroun, Centrafrique, Guinée équatoriale, Gabon, Congo, R.D. du Congo.
Usages
Le bois de Letestua durissima, dont le nom commercial est “congotali”, est considéré comme approprié pour la construction lourde et la parqueterie, les bois de mine, la construction navale, les chassis de véhicules, les articles de sport, les instruments agricoles, les instruments de musique, les équipements de précision, la menuiserie, les traverses de chemin de fer, les poteaux et les pieux, les jouets et articles de fantaisie, la confection de modèles. L’importance de ses emplois en Afrique tropicale n’est pas connue.
Une décoction d’écorce entre dans la composition d’un remède traditionnel contre la lèpre.
Production et commerce international
En 2003, les exportations de sciages de Letestua durissima de la R.D. du Congo ont été de 3000 m³, à un prix moyen de US$ 102 par m³. L’exportation du Cameroun est interdite.
Propriétés
Le bois de cœur est brun-rouge assez foncé, virant au châtain avec l’âge ; il est nettement distinct de l’aubier qui est brun pâle et de 5–9 cm de large. Le fil est généralement droit, mais parfois contrefil ; le grain est fin à moyen.
Le bois est très lourd, avec une densité de 1035–1130 kg/m³ à 12% de degré d’humidité. Les taux de retrait sont élevés : 7.3–10.0% dans le sens radial et 10.7–12.8% dans le sens tangentiel de l’état vert à anhydre. Le séchage est lent, avec de forts risques de déformation et de fentes. Une fois sec, le bois est assez stable. Son point de saturation peu élevé le rend apte à l’emploi dans des conditions humides, par ex. dans les mines. Il est très dur, résistant, résilient et rigide. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 230–284 N/mm², le module d’élasticité de 18 900–22 800 N/mm², la compression axiale de 91–102 N/mm², le cisaillement de 10.8–17.9 N/mm², le fendage de 22.4–30.4 N/mm et la dureté de flanc Chalais Meudon de 10.2–19.5.
Le bois se scie lentement et difficilement en raison de la teneur élevée en silice, en émoussant rapidement les outils tranchants, et il se dégage une sciure irritante. Il faut scier le bois le plus frais possible, et il est recommandé d’employer des dents de scie stellitées. Le rabotage est relativement aisé, et donne une surface lisse. Pour le clouage et le vissage, il est recommandé de faire des avant-trous pour éviter la fente, mais la tenue des clous est relativement bonne. Le collage se fait bien, à condition de l’exécuter avec soin.
La durabilité du bois est élevée. Il est rarement attaqué par les termites, mais il faut le traiter pour prévenir les attaques de térébrants marins. L’aubier n’est pas sujet aux attaques de Lyctus. Le bois résiste aux traitements de préservation.
Description
- Grand arbre atteignant 50 m de haut ; fût dépourvu de branches jusqu’à 40 m, rectiligne, cylindrique, jusqu’à 240 cm de diamètre, base cannelée à contreforts abrupts ; écorce externe grise avec des écailles rectangulaires, écorce interne fibreuse, rose, exsudant un latex blanc ; branches épaisses, couvertes de cicatrices des feuilles tombées, jeunes rameaux glabres, bourgeons terminaux glanduleux.
- Feuilles disposées en spirale, groupées à l’extrémité des rameaux, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole de 3–4 cm de long, cannelé près du limbe ; limbe obovale-oblong, de 16–24 cm × 5–10 cm, cunéiforme à la base, arrondi à l’apex, coriace, face supérieure brillante, pennatinervé avec 12–17 paires de nervures latérales.
- Fleurs groupées en fascicules à l’aisselle des feuilles, bisexuées, régulières ; pédicelle d’environ 2 cm de long, glabre ; sépales disposés en 2 verticilles de (2–)3, poilus à l’extérieur, glabres à l’intérieur ; corolle à tube court et 12–18 lobes d’environ 3,5 mm de long, chaque lobe portant 2 grands appendices latéraux, blanche, glabre ; étamines opposées à chacun des lobes de la corolle ; ovaire supère, 16–18-loculaire.
- Fruit : baie charnue ovoïde allongée, de 5–8 cm de long, indéhiscente, renfermant une seule graine.
- Graines ellipsoïdes, comprimées, d’environ 3,5 cm × 1 cm × 1 cm, fuselées aux deux extrémités, avec une cicatrice linéaire d’environ 3 cm de long, tégument ligneux, brun luisant.
- Plantule à germination épigée.
Autres données botaniques
Au Gabon, Letestua durissima fleurit en décembre. Au Congo, les fruits mûrissent en octobre–novembre.
Le genre Letestua est monospécifique.
Ecologie
Letestua durissima pousse à l’état dispersé dans la forêt pluviale primaire.
Gestion
Le taux de germination est proche de 100% en 7–30 jours lorsqu’on utilise des graines fraîches.
Ressources génétiques
On ignore dans quelle mesure exacte Letestua durissima est menacé d’érosion génétique. Bien qu’il ne soit pas inclus dans la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN, la prudence est justifiée pour une espèce de la forêt primaire qui a une aire de répartition limitée.
Perspectives
En raison de sa résistance et de sa durabilité, le bois de Letestua durissima est particulièrement approprié pour des emplois en construction lourde, mais il semble difficile de définir des méthodes de production durable en raison de la lenteur probable de sa croissance et de ses exigences écologiques.
Références principales
- ATIBT (Association Technique Internationale des Bois Tropicaux), 1986. Tropical timber atlas: Part 1 – Africa. ATIBT, Paris, France. 208 pp.
- Aubréville, A., 1961. Sapotacées. Flore du Gabon. Volume 1. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. 162 pp.
- Bolza, E. & Keating, W.G., 1972. African timbers: the properties, uses and characteristics of 700 species. Division of Building Research, CSIRO, Melbourne, Australia. 710 pp.
- Pennington, T.D., 1991. The genera of Sapotaceae. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom and the New York Botanical Garden, New York, United States. 295 pp.
- Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan, 248 pp.
Autres références
- CIRAD Forestry Department, 2003. Congotali. [Internet] Tropix 5.0. http://tropix.cirad.fr/afr/congotali.pdf. June 2006.
- de Saint-Aubin, G., 1963. La forêt du Gabon. Publication No 21 du Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 208 pp.
- Fouarge, J. & Gérard, G., 1964. Bois du Mayumbe. Institut National pour l’Etude Agronomique du Congo (INEAC), Brussels, Belgium. 579 pp.
- ITTO, 2006. Annual review and assessment of the world timber situation 2005. International Timber Trade Organisation, Yokohama, Japan. 214 pp.
- Normand, D. & Paquis, J., 1976. Manuel d’identification des bois commerciaux. Tome 2. Afrique guinéo-congolaise. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 335 pp.
- Pangou, S.V. & Ilengo-Boumba, S., 1984. Production de plants d’essences de forêt dense: congotali et ilomba. Centre Technique Forestier Tropical, Centre du Congo, N’Gaoua 2, Congo. 9 pp.
- Raponda-Walker, A. & Sillans, R., 1961. Les plantes utiles du Gabon. Paul Lechevalier, Paris, France. 614 pp.
- Wilks, C. & Issembé, Y., 2000. Les arbres de la Guinée Equatoriale: Guide pratique d’identification: région continentale. Projet CUREF, Bata, Guinée Equatoriale. 546 pp.
Auteur(s)
- M. Brink, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Brink, M., 2007. Letestua durissima (A.Chev.) Lecomte. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 17 septembre 2026.
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