Livistona carinensis (PROTA)
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Introduction |
| Importance générale | |
| Répartition en Afrique | |
| Répartition mondiale | |
| Bois d'œuvre | |
| Ornemental | |
| Fourrage | |
| Fibre | |
| Statut de conservation | |
Livistona carinensis (Chiov.) Dransfield & & Uhl
- Protologue: Kew Bull. 38: 200 (1983).
- Famille: Arecaceae (Palmae)
Synonymes
- Hyphaene carinensis Chiov. (1929),
- Wissmannia carinensis (Chiov.) Burret (1943).
Noms vernaculaires
- Palmier de Bankoualé (Fr).
- Bankoualé palm (En).
Origine et répartition géographique
Livistona carinensis est présent à Djibouti, en Somalie et au Yémen.
Usages
A Djibouti, on utilise les feuilles pour couvrir les toits. En Somalie, les feuilles de jeunes plantes sont utilisées pour produire des nattes et des paniers, et les tiges servent à la construction de maisons et de tuyaux de drainage. Livistona carinensis est parfois la seule source de bois d’œuvre droit disponible localement et est très recherché. Les feuilles sont broutées par les chèvres et les bovins. Il peut potentiellement servir d’arbre d’alignement dans les endroits secs.
Propriétés
Le bois est résistant à la pourriture et aux termites.
Botanique
Grand palmier atteignant 40 m de haut, tronc droit, solitaire, non ramifié, atteignant 40 cm de diamètre, cicatrices foliaires prononcées, base des pétioles persistante sur les 1–2 m inférieurs ; cime globuleuse à conique. Feuilles de la couronne jusqu’à 40 ; base de la feuille à fibres prononcées, fines, persistantes, et à appendices bruns à noirs et rigides de 6–7 cm de long des deux côtés du pétiole ; pétiole atteignant 125 cm de long, triangulaire en coupe transversale, épineux à épines pointues et arquées de 7–25 mm de long ; limbe à contour presque circulaire, de 80–95 cm de long, costapalmé et divisé sur 75–85% de sa longueur en 50–70 segments ; segments à sommets rigides, fendus de façon bifurquée sur 40–50% de la longueur du segment, cireux sur les deux faces, glabres ; nervure médiane prononcée, 18–20 nervures parallèles de chaque côté de la nervure médiane. Inflorescence axillaire, à 3 ordres de ramifications, arquée, finalement retombante, atteignant 240 cm de long, s’étendant au-delà de la couronne sur environ 20 cm, tomenteuse, pédonculée ; rameaux très minces, jaunâtres, à longs poils disséminés. Fleurs en glomérules de 5, bisexuées, d’environ 2 mm de long, jaune-vert, segments du périanthe à longs poils disséminés à l’extérieur ; sépales 3, triangulaires ; pétales 3, libres, triangulaires, plus longs que les sépales ; étamines 6, insérées sur les pétales, filets réunis en anneau charnu, anthères médifixes ; ovaire à 3 carpelles, réunis au-dessus pour former un style unique. Fruit globuleux, de 5–20(–50) mm de diamètre, brun foncé à noir, glabre, à vestiges terminaux de stigmates. Graines globuleuses.
Le genre Livistona comprend environ 28 espèces, dont seul Livistona carinensis se rencontre en Afrique tropicale, le reste du genre étant réparti du nord-est de l’Inde à l’Australie en passant par l’Indochine et l’Asie du Sud-Est.
A Djibouti, la vitesse de croissance de spécimens de Livistona carinensis adultes mesurée sur 13 ans était de 17–33 cm par an, et on a estimé qu’un palmier de 16,9 m de haut avait 93 ans. La régénération naturelle se fait par graines et par drageons.
Ecologie
Livistona carinensis est présent dans les cours d’eau ou à proximité, dans les régions à pluviométrie moyenne inférieure à 450 mm, à Djibouti à 600–1000 m d’altitude, en Somalie à 200–1100 m d’altitude et au Yémen à 200–450 m d’altitude.
Gestion
Les graines germent dans les 2–3 mois après le semis.
Ressources génétiques
Livistona carinensis est classé “vulnérable” sur la Liste rouge de l’UICN, à cause de sa présence limitée. Récemment, on a proposé de passer son statut à “en danger”. A Djibouti, environ 300 arbres adultes ont été recensés en 2006 et l’espèce fait face à une énorme pression due à la disparition de son milieu, au pâturage, aux crues brutales et à la récolte de feuilles en trop grandes quantités pour couvrir les toits. En Somalie, on ne répertoriait que 38 arbres à 2 endroits en 1998 ; la régénération est empêchée par le pâturage et l’exploitation des feuilles des jeunes plantes pour le tissage. Au Yémen, environ 2000 arbres sont répartis sur 3 villages ; les principales menaces sont le broutage par les chèvres et la surexploitation locale du bois comme bois d’œuvre. Un plan de conservation de l’espèce a été mis en place à Djibouti, mais en Somalie et au Yémen il n’existe aucun programme de conservation actif. Des individus ont été plantés dans plusieurs jardins botaniques et collections privées, dans l’espoir de sauver l’espèce en la cultivant. La diversité génétique au sein de l’espèce est faible, particulièrement à Djibouti.
Perspectives
Etant donné sa vulnérabilité, une conservation in situ des peuplements existants doit être d’une priorité élevée. Les mesures nécessaires comprennent la protection des jeunes plants contre le broutage, la récolte et les crues, ainsi que le renforcement des populations existantes avec des plants multipliés par l’homme. La création de nouvelles populations pourrait être indispensable pour la survie de l’espèce.
Références principales
- Barbier, C., 1985. Further notes on Livistona carinensis in Somalia. Principes 29(4): 151–155.
- Dowe, J.L., 2009. A taxonomic account of Livistona R.Br. (Arecaceae). Gardens’ Bulletin Singapore 60(2): 185–344.
- Ford, H., Conochie, G., Trathan, P. & Gillet, H., 2008. The decline of the Bankouale palm in Djibouti: el Nino and changes in architectural fashion. Palms 52(2): 89–95.
- Shapcott, A., Dowe, J.L. & Ford, H., 2009. Low genetic diversity and recovery implications of the vulnerable Bankoualé palm Livistona carinensis (Arecaceae), from north-eastern Africa and the southern Arabian Peninsula. Conservation Genetics 10: 317–327.
- Thulin, M., 1995. Arecaceae (Palmae). In: Thulin, M. (Editor). Flora of Somalia. Volume 4. Angiospermae (Hydrocharitaceae-Pandanaceae). Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. pp. 270–274.
Autres références
- Bazara, M., Guarino, L., Miller, A. & Obadi, N., 1990. Observations on an endangered fan palm in Arabia. Edinburgh Journal of Botany 47(3): 375–379.
- Dransfield, J. & Uhl, N.W., 1983. Wissmannia (Palmae) reduced to Livistona. Kew Bulletin 38(2): 199–200.
- Ford, H. & Bealey, C., 2004. Status of the Bankouale palm, Livistona carinensis, in Djibouti. Palms 48(2): 94–101.
- Johnson, D., 1998. Livistona carinensis. In: IUCN. 2010 Red list of threatened species. Version 2010.3. [Internet] http://www.iucnredlist.org. October 2010.
- Kiambi, D., 1999. Assessment of the status of agrobiodiversity in Djibouti: a contribution to the National Biodiversity Strategy and Action Plan. Draft report. IPGRI, Nairobi, Kenya. 61 pp.
- Lucas, G. & Synge, H., 1978. The IUCN plant red data book. IUCN, Morges, Switzerland. 540 pp.
- SEPASAL, 2010. Livistona carinensis. [Internet] Survey of Economic Plants for Arid and Semi-Arid Lands (SEPASAL) database. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. http://www.kew.org/ ceb/sepasal/. October 2010.
Auteur(s)
- M. Brink, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Consulté le 24 avril 2026.
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