Maerua angolensis (PROTA)
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Introduction |
| Importance générale | |
| Répartition en Afrique | |
| Répartition mondiale | |
| Légume | |
| Épice / condiment | |
| Médicinal | |
| Bois d'œuvre | |
| Bois de feu | |
| Fourrage | |
| Sécurité alimentaire | |
- Protologue : Prodr. 1: 254 (1824).
- Famille : Capparaceae
Noms vernaculaires
- Bead-bean, bushveld bead-bean, bead maerua (En).
- Mutunguru, mlala-mbuzi, mkuruka (Sw).
Origine et répartition géographique
Maerua angolensis est largement réparti en Afrique tropicale continentale mais est absent de quelques pays à forte pluviométrie. Il se rencontre aussi dans les parties septentrionales de l’Afrique du Sud.
Usages
Au Sénégal, les feuilles réduites en poudre sont ajoutées aux aliments pour traiter l’anorexie et l’asthénie. Au Mali, l’extrait de l’écorce de tige s’applique sur les plaies pour améliorer leur cicatrisation. Ailleurs en Afrique, les blessures, les abcès, les plaies et les ulcères se traitent avec un pansement de feuilles ou de pâte de feuilles, ils sont aspergés avec du jus de feuilles ou bien ce jus est frotté dans les blessures avec du fruit moulu. Au Bénin, la décoction de rameaux feuillés est donnée aux enfants qui souffrent de dysenterie amibienne, et elle soigne la jaunisse sous forme de breuvage ou de bain. Au Soudan, la décoction de l’écorce de tige est administrée deux fois par jour pour traiter le paludisme. La décoction de feuilles est un remède pour les rhumatismes. La décoction de feuilles ou d’écorce se prend pour soulager les maux d’estomac. En Tanzanie, la racine et l’écorce de tige s’utilisent comme aphrodisiaque, pour soigner la diarrhée ainsi que l’épilepsie. En Tanzanie, la poudre de feuilles est utilisée comme poison pour la pêche.
En Ethiopie, les feuilles et les parties tendres se consomment en légume, mélangées généralement avec des haricots (Phaseolus spp.) ou du maïs. On consomme les feuilles principalement pendant les périodes de disette car elles ont un goût amer. Au Sénégal, les feuilles se consomment également, mais leur usage comme condiment est plus commun. Le feuillage est tenu dans de nombreux pays comme un bon fourrage, notamment pour les moutons et les chèvres, mais dans d’autres pays, dont la Gambie, il est considéré comme toxique. Les abeilles butinent les fleurs toute la journée. Le bois est normalement de petite taille et s’utilise pour faire des mortiers, des manches d’outils, de petits meubles et des poteaux. En Tanzanie, il servait à fabriquer des pirogues. Il ne convient pas en tant que bois de feu, contrairement à la production de charbon de bois. Maerua angolensis a été planté en Afrique de l’Ouest comme ornemental et il convient très bien à cette fin dans les régions à faible pluviométrie.
Production et commerce international
Les feuilles séchées de Maerua angolensis ne sont vendues que sur les marchés locaux.
Propriétés
Un criblage phytochimique préliminaire de l’extrait au méthanol de l’écorce de tige a montré la présence d’hétérosides, de tanins, de saponines, de terpènes, de flavonoïdes, de glucides, de protéines et d’alcaloïdes. L’extrait a montré un effet antidiabétique chez des rats à diabète induit par la streptozocine. La dose létale médiane chez le rat était de 3,8 g par kg de poids vif. Plusieurs acides gras et esters gras à C12, C14 et C18, montrant une activité antifongique, ont été isolés des parties aériennes.
Le bois est dur, lourd, à fil fin, jaunâtre, prenant un joli poli.
Description
Arbuste ou petit arbre atteignant environ 10 m de haut ; branches habituellement pendantes, les jeunes jaune brunâtre terne, glabres ou rarement à pubescence courte, à lenticelles blanches ou crème. Feuilles alternes, simples et entières ; stipules à poils raides ; pétiole jusqu’à 3 cm de long ; limbe (ovale-)lancéolé à elliptique, de 3–10 cm × 1,5–5 cm, arrondi ou émarginé à l’apex, glabre ou pubescent. Inflorescence : courte grappe corymbiforme, terminale ou sur de courtes branches, ou fleurs solitaires. Fleurs bisexuées, régulières ; pédicelle de 8–12 mm de long ; sépales 3–4, étroitement oblongs-obovales à elliptiques, de 10–17 mm de long, glabres sauf aux bords ; pétales absents ; étamines 50 ; ovaire sur un gynophore atteignant 4 cm de long, étroitement cylindrique, 1-loculaire. Fruit : capsule cylindrique atteignant 22 cm de long, resserrée entre les graines, glabre, à graines nombreuses à peu nombreuses. Graines globuleuses, d’environ 6 mm de diamètre, brun pâle, lisses.
Autres données botaniques
Le genre Maerua comprend environ 50 espèces, la majorité dans les régions sèches de l’Afrique tropicale, mais certaines s’étendant aussi au Proche-Orient et en Asie tropicale. Maerua angolensis est très variable dans sa pubescence.
Maerua schinzii
Au Zimbabwe et au Botswana, les spécimens à poils grossiers ont été classés comme Maerua schinzii Pax, mais celui-ci pourrait bien être une sous-espèce de Maerua angolensis. En Namibie, la décoction des feuilles de Maerua schinzii se boit pour soigner la toux et s’instille dans les oreilles pour soulager le mal d’oreille. La décoction sert aussi à laver le corps pour traiter l’acné et d’autres problèmes dermiques, à améliorer l’humeur des malades et juste à remplacer le savon. La vapeur de feuilles pilées est inhalée pour soulager les maux de tête. La racine se mastique comme tonique. Des problèmes cardiaques se traitent de la même façon et en portant la racine autour du cou comme amulette ou en mangeant les cendres de racine. Le fruit est sucré et on en boit le jus.
Maerua juncea
Maerua juncea Pax est un petit arbuste plus ou moins zigzaguant ou une liane, réparti dans le sud-est de la R.D. du Congo, en Tanzanie, au Malawi, en Zambie, en Namibie, au Zimbabwe, au Mozambique et en Afrique du Sud. En Namibie, la décoction des racines est absorbée comme émétique. Pour induire des vomissements après les excès de table, les tiges sont mastiquées et le jus avalé. Dans le traitement des ulcères, on applique des pansements de feuilles pilées. Le feuillage est brouté par le bétail et le gibier, et les fruits sont comestibles.
Croissance et développement
Les jeunes plantes de Maerua angolensis poussent rapidement avec un taux de croissance annuel atteignant 80 cm, diminuant avec l’âge jusqu’à environ 50 cm. Il produit de feuilles abondantes pendant la saison sèche. La floraison débute lorsque la plante a au moins 3 ans. Elle a lieu à la fin de la saison sèche et au début de la saison des pluies. L’arbre produit des drageons vigoureux à partir de sa base après avoir été endommagé par les feux de brousse.
Ecologie
Maerua angolensis est largement réparti dans les savanes avec une préférence pour des sols sableux, depuis le niveau de la mer jusqu’à 1500 m d’altitude. On le trouve souvent sur les termitières.
Multiplication et plantation
Dans la plupart des régions, les agriculteurs ne le plantent pas délibérément mais l’épargnent quand ils le trouvent comme sauvageon dans leurs champs. Ce n’est qu’en Afrique australe et en Afrique du Sud qu’il est multiplié et planté exprès. Il se multiplie aisément par graines, et les fruits se ramassent facilement dans la nature. La pulpe du fruit doit être ôtée car elle contient un inhibiteur de croissance. Le traitement des semences n’améliore pas la germination. Les graines sont semées dans des germoirs plats emplis de sable de rivière et couverts d’une fine couche de sable ou de compost. Les graines germent en principe dans les 12–20 jours. Les semis sont repiqués dans des sachets de polyéthylène emplis d’un mélange de sable, de limon et de compost (3:1:1).
Maladies et ravageurs
Les chenilles de plusieurs espèces de papillons se nourrissent des feuilles. Les premiers stades larvaires peuvent parfois défolier l’arbre complètement. Cependant, de nouvelles feuilles se développeront, parfois pendant la même saison.
Récolte
Les feuilles se récoltent sur l’arbre au fur et à mesure des besoins.
Ressources génétiques
Bien que Maerua angolensis soit largement réparti, il n’est nulle part une espèce commune et les arbres individuels se rencontrent de façon dispersée. Même ainsi, il ne semble pas menacé d’érosion génétique.
Perspectives
Davantage d’évaluations pharmacologiques de l’écorce de tige de Maerua angolensis s’imposent afin d’identifier et d’isoler les composés antipaludéens et hypoglycémiques dans la plante ainsi que de tirer au clair leurs mécanismes d’action.
Références principales
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Afriref references
Sources de l’illustration
- Akoègninou, A., van der Burg, W.J. & van der Maesen, L.J.G. (Editors), 2006. Flore analytique du Bénin. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. 1034 pp.
Auteur(s)
- H.H. El-Kamali, Botany Department, Faculty of Science and Technology, Omdurman Islamic University, P.O. Box 382, Omdurman, Sudan
Citation correcte de cet article
El-Kamali, H.H., 2013. Maerua angolensis DC. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editeurs). Prota 11(2): Medicinal plants/Plantes médicinales 2. PROTA, Wageningen, Pays Bas. Consulté le 23 avril 2026.
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