Maranthes glabra (PROTA)
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Introduction |
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| Fruit | |
| Médicinal | |
| Bois d'œuvre | |
| Bois de feu | |
| Sécurité alimentaire | |






Maranthes glabra (Oliv.) Prance
- Protologue: Bol. Soc. Brot., sér. 2, 40: 184 (1966).
- Famille: Chrysobalanaceae
- Nombre de chromosomes: 2n = 20
Synonymes
- Parinari glabra Oliv. (1871).
Origine et répartition géographique
Maranthes glabra se rencontre de la Sierra Leone jusqu’à l’est de la R.D. du Congo, et vers le sud jusqu’au nord de l’Angola.
Usages
Le bois de Maranthes glabra est considéré comme difficile à travailler et n’ayant que peu de valeur pour la menuiserie, mais il convient pour les usages qui permettent sa transformation à l’état vert. Il se prête à la construction lourde, notamment la construction navale, la parqueterie, les étais de mines, la charronnerie, les traverses de chemin de fer, les poteaux, les piliers et les ustensiles agricoles. En Sierra Leone, il a été utilisé pour fabriquer des pirogues. Au Ghana, il sert à la fabrication de poutres et de tuteurs, et fournit un bois de feu excellent mais onéreux.
Les graines oléagineuses sont consommées en Côte d’Ivoire et au Cameroun. La macération ou la décoction d’écorce est couramment utilisée en médecine traditionnelle pour traiter la dysenterie, la diarrhée, l’anémie, et comme tonique et antalgique, alors que la décoction d’écorce sert également de bain pour traiter les démangeaisons ou la gale chroniques. La poudre d’écorce s’applique sur les brûlures. Les racines réduites en poudre sont additionnées à des mélanges destinés à traiter des affections cutanées tant chez l’homme que chez le bétail. En R.D. du Congo, le fruit sert d’appât dans les pièges pour attraper le potamochère roux et les antilopes.
Production et commerce international
Le bois de Maranthes glabra est utilisé et vendu localement, mais n’a pas d’importance dans le commerce international.
Propriétés
Le bois de cœur est rose ou brun avec une nuance rose, parfois muni de stries attrayantes ; il est nettement démarqué de l’aubier blanc à jaune-brun. Le fil est variable, le grain assez grossier. Le bois a une légère odeur de miel à la coupe, qui disparaît au séchage.
C’est un bois lourd, avec une densité de 1060 kg/m³ à 12% d’humidité, et très dur. Il est difficile à sécher, et il est recommandé de le sécher à l’air avant de le passer au séchoir. Des déformations sérieuses peuvent se produire, notamment chez les planches épaisses. Les taux de retrait sont élevés, de l’état vert à anhydre ils sont de 6,8% dans le sens radial et de 13,0% dans le sens tangentiel. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 202 N/mm², le module d’élasticité de 17 850 N/mm², la compression axiale de 101 N/mm², le cisaillement de 11 N/mm², le fendage de 23 N/mm et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 13,7.
Le bois est très difficile à scier et à travailler tant à la main qu’à la machine. A cause de la teneur élevée en silice (atteignant 2,8%), il désaffûte sérieusement les dents de scie et les lames de coupe, mais il se rabote bien pour obtenir une surface assez lisse. Le clouage nécessite des avant-trous. Le bois ne convient pas pour le tournage ou les placages. Le bois de cœur est assez résistant aux termites et térébrants marins. Il est rebelle à l’imprégnation avec des produits de conservation, l’aubier quant à lui étant assez perméable.
Description
- Arbre sempervirent, de taille moyenne atteignant 30(–40) m de haut ; fût dépourvu de branches sur 20 m, normalement droit et cylindrique, parfois courbe, tortueux ou noueux, jusqu’à 80(–150) cm de diamètre, occasionnellement muni de contreforts jusqu’à 2 m de haut ; surface de l’écorce rugueuse, se desquamant par écailles irrégulières, orange-gris à gris rougeâtre, écorce interne épaisse, granuleuse, brun rosé à rouge foncé, parfois à stries blanches, avec un exsudat incolore à rosé ou jaunâtre, qui vire au rouge ; cime aplatie, vert foncé, à branches principales sinueuses, plus ou moins érigées ; rameaux initialement à poils disséminés, devenant rapidement glabres.
- Feuilles disposées en spirale, simples et entières ; stipules soudées à la base, d’environ 1 mm long, rapidement caduques ; pétiole étroit, de 0,5–1 cm de long ; limbe elliptique, de 6–12(–14) cm × 2,5–5,5(–7,5) cm, cunéiforme et avec 2 glandes à la base, acuminé à l’apex, coriace, glabre, pennatinervé à 5–6(–8) paires de nervures latérales.
- Inflorescence : panicule ombelliforme jusqu’à 8 cm de long et 50 cm de large, fortement ramifiée, courtement pubescente, à nombreuses fleurs.
- Fleurs bisexuées, légèrement zygomorphes, 5-mères ; pédicelle de 2–6 mm de long ; réceptacle obconique, courbe, de 3–5 mm de long ; sépales obovales-orbiculaires, d’environ 3 mm de long ; pétales obovales-orbiculaires, jusqu’à 6 mm de long, blanc crème ; étamines environ 20, libres, jusqu’à 1,5 cm de long, anthères oranges ; ovaire supère, inséré latéralement près de l’apex du réceptacle, 2-loculaire, style long et mince, courbe.
- Fruit : drupe charnue, ellipsoïde à obovoïde, de 3,5–6 cm × 2,5–4 cm, légèrement aplatie, rétrécie à la base, obtuse à l’apex, glabre, jaune verdâtre virant au brun ou au noir, normalement à 2 graines.
- Graines oléagineuses.
- Plantule à germination épigée ; hypocotyle de 6–7 cm de long, épicotyle de 3–5 cm de long, glabre ; cotylédons épais et charnus, de 3–4 cm de long, se flétrissant vite ; 2 premières feuilles opposées.
Autres données botaniques
L’arbre peut commencer à fleurir lorsqu’il fait seulement 5 m de haut. Floraison et fructification peuvent avoir lieu toute l’année. Les graines sont mangées par les chimpanzés, qui utilisent dans certaines régions des outils en pierre pour casser les noyaux durs, et par les potamochères roux. Ce sont probablement les rongeurs qui disséminent les graines, mais les éléphants joueraient également un rôle important dans la dissémination des graines et dans la régénération.
Le genre Maranthes comprend 12 espèces, dont 10 se rencontrent en Afrique tropicale, une en Asie tropicale, et l’autre en Amérique tropicale.
Maranthes glabra a été confondu avec Maranthes robusta (Oliv.) Prance.
Ecologie
Maranthes glabra est présent dans les forêts sempervirentes et semi-décidues, le plus souvent sur terres sèches mais parfois dans des endroits temporairement inondés. Il se rencontre du niveau de la mer jusqu’à 1000 m d’altitude, à l’est de la R.D. Congo jusqu’à 1900 m. Au Ghana, il serait étroitement associé aux sols acides, pauvres en bases.
Gestion
On compte 30–90 noyaux par kg. Les noyaux peuvent prendre longtemps pour germer, de 4 mois à 3 ans, et le taux de germination est bas.
La régénération naturelle semble être de niveau acceptable mais très périodique, car souvent la majorité des arbres dans une forêt ont le même âge. Maranthes glabra a été classé comme une essence d’ombre. En général, il se rencontre disséminé dans la forêt ou en petits groupes. Les grumes coulent dans l’eau et ne peuvent pas être transportées par flottage fluvial.
Ressources génétiques
Maranthes glabra est répandu et n’est pas fortement exploité. Il est peu probable qu’il soit menacé d’érosion génétique, sauf là où son milieu est détruit.
Perspectives
Le bois de Maranthes glabra gardera son importance au niveau local pour des usages qui permettent sa transformation à l’état vert, par ex. pour les poutres et les poteaux de construction, les pirogues et les traverses de chemin de fer. Il restera également une source importante de bois de feu.
Références principales
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- Burkill, H.M., 1985. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 1, Families A–D. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 960 pp.
- Letouzey, R. & White, F., 1978. Chrysobalanaceae. Flore du Cameroun. Volume 20. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. pp. 3–138.
- Prance, G.T. & Sothers, C.A., 2003. Chrysobalanaceae 2: Acioa to Magnistipula. Species Plantarum: Flora of the World. Part 10. Australian Biological Resources Study, Canberra, Australia. 268 pp.
- Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan. 248 pp.
Autres références
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- Letouzey, R. & White, F., 1978. Chrysobalanacées. Flore du Gabon. Volume 24. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. pp. 3–138.
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- White, L. & Abernethy, K., 1997. A guide to the vegetation of the Lopé Reserve, Gabon. 2nd edition. Wildlife Conservation Society, New York, United States. 224 pp.
Auteur(s)
- L.P.A. Oyen, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Oyen, L.P.A., 2012. Maranthes glabra (Oliv.) Prance. In: Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. Consulté le 16 septembre 2026.
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