Mildbraediodendron excelsum (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
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répartition en Afrique (sauvage)
coupe transversale du bois
coupe tangentielle du bois

Mildbraediodendron excelsum Harms


Protologue: Mildbr., Wiss. Erg. Deut. Zentr.-Afr. Exped., Bot. 3: 241, pl. 27 (1911).
Famille: Caesalpiniaceae (Leguminosae - Caesalpinioideae)

Origine et répartition géographique

Mildbraediodendron excelsum est répandu depuis le Ghana jusqu’en R.D. du Congo, au sud du Soudan et à l’ouest de l’Ouganda.

Usages

Le bois, connu sous le nom de “muyati” en Ouganda, est employé en construction lourde, en parqueterie, pour les traverses de chemin de fer, comme bois de feu et pour la production de charbon de bois. Mildbraediodendron excelsum est parfois planté comme arbre d’ombrage dans les plantations de caféiers, de cacaoyers et de bananiers, et comme arbre d’ornement.

Propriétés

Le bois de cœur, jaune blanchâtre à rosé, vire au brun pâle ou au brun ocre à l’air, avec de belles marques plus pâles ; il se démarque nettement de l’aubier. Le grain est moyennement grossier. C’est un bois lourd qui est difficile à clouer et sujet aux fentes. Il est durable.

La mildbraedine, un tétra-hétéroside de kaempférol, a été isolée d’un extrait aqueux au méthanol des feuilles.

Description

  • Arbre de taille moyenne à grande atteignant 50 m de haut, caducifolié ; fût dépourvu de branches jusqu’à 20 m, droit ou légèrement sinueux, cylindrique, jusqu’à 90 cm de diamètre, à contreforts triangulaires atteignant 3 m de haut ; surface de l’écorce écailleuse à écailles rectangulaires ou légèrement fissurée longitudinalement, brun-gris, écorce interne épaisse, fibreuse, blanchâtre à rosée ou orange pâle, légèrement striée, laissant s’écouler un exsudat blanchâtre ; cime de grande taille, à branches étalées ; rameaux à pubescence courte et clairsemée à glabres.
  • Feuilles alternes, composées imparipennées à 12–19 paires de folioles ; stipules petites, caduques ; pétiole et rachis mesurant ensemble 25–45 cm de long, sillonnés ; pétiolules de 3–4 mm de long, poilues ; folioles alternes à opposées, ovales-oblongues à lancéolées-oblongues, de 2–8 cm × 1–2,5 cm, arrondies à la base, obtuses à l’apex, à pubescence courte et clairsemée, à nombreux points translucides, pennatinervées.
  • Inflorescence : grappe latérale située sur de jeunes branches sous les feuilles, de 1–7 cm de long, à poils courts.
  • Fleurs bisexuées ou unisexuées, vert jaunâtre, à bractéoles linéaires et caduques à la base ; pédicelle de 0,5–1 cm de long ; calice globuleux, de 5–7 mm de diamètre, se fendant en (2–)3 lobes à l’ouverture de la fleur ; pétales absents ; étamines 12–18, légèrement soudées à la base ; disque aplati, d’environ 3,5 mm de diamètre ; ovaire supère, à long stipe, 1-loculaire, style subulé.
  • Fruit : gousse globuleuse de 4–10 cm de diamètre, verdâtre, indéhiscente, contenant 1–3(–5) graines enveloppées dans une pulpe molle jaunâtre.
  • Graines ellipsoïdes, de 4–7 cm de long, brunes.

Autres données botaniques

Mildbraediodendron excelsum a une croissance lente. Les fruits sont généralement consommés par les éléphants qui en dispersent les graines ; quant aux chimpanzés, ils mangent les feuilles et les fruits.

Le genre Mildbraediodendron est monotypique. Dans les classifications récentes, il est souvent placé dans les tribus Swartzieae ou Sophoreae de la famille Papilionaceae (Leguminosae - Papilionoideae), et il est apparenté à Aldina d’Amérique tropicale et à Cordyla d’Afrique continentale et de Madagascar. Ses fleurs, dépourvues de pétales et qui comptent plus de 10 étamines, ne présentent pas la structure caractéristique des Papilionaceae, ce qui explique pourquoi Mildbraediodendron était encore récemment classé dans les Caesalpiniaceae.

Ecologie

Mildbraediodendron excelsum se rencontre dans la forêt pluviale de basses terres jusqu’à 1000 m. Au Cameroun, il est surtout présent dans la forêt semi-décidue.

Gestion

Pour obtenir des graines destinées à la multiplication, il faut récolter des fruits mûrs dont les graines sont extraites et mises à sécher progressivement. Les graines peuvent être conservées un certain temps à l’abri de la chaleur et de l’humidité, mais elles sont sensibles aux attaques d’insectes ; c’est pourquoi il est recommandé de les mélanger à de la cendre. Les sauvageons sont quelquefois aussi ramassés pour être plantés. En Ouganda, Mildbraediodendron excelsum a été planté en plantations en association avec Entandrophragma spp. et Maesopsis eminii Engl. L’arbre peut être traité par émondage et étêtage.

Ressources génétiques

Mildbraediodendron excelsum est certes répandu, mais il est tout de même rare dans une partie de son aire de répartition, notamment en Afrique de l’Ouest.

Perspectives

On a déjà émis plusieurs fois l’hypothèse que Mildbraediodendron excelsum était un bois d’œuvre qui pourrait offrir des débouchés commerciaux considérables. C’est indéniablement le cas dans les endroits où il abonde, mais pour ce qui est de son exploitation durable, il faut tenir compte de son faible taux de croissance.

Références principales

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Autres références

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Auteur(s)

  • R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Lemmens, R.H.M.J., 2010. Mildbraediodendron excelsum Harms. In: Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 17 septembre 2026.


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