Millettia barteri (PROTA)
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Introduction |
Millettia barteri (Benth.) Dunn
- Protologue: Journ. Bot. 49: 221 (1911).
- Famille: Papilionaceae (Leguminosae - Papilionoideae, Fabaceae)
- Nombre de chromosomes: 2n = 20
Synonymes
- Lonchocarpus barteri Benth. (1860).
Origine et répartition géographique
Millettia barteri est réparti dans les régions tropicales et subtropicales d’Afrique ; il a été signalé depuis le Sénégal jusqu’au Soudan et vers le sud jusqu’en Angola.
Usages
Les tiges principales sont très résistantes et utilisées comme câbles pour les embarcations et le halage des grumes de bois d’œuvre. Au Ghana et en R.D. du Congo, les tiges sont utilisées comme liens dans la construction de maisons. Des fibres très résistantes sont extraites de l’écorce et utilisées pour fabriquer des pièges à animaux. La fibre de tige est vendue pour servir d’éponge pour le frottage. La tige fournit de l’eau potable lorsqu’elle est coupée.
Des rameaux broyés sont macérés puis absorbés comme boisson purgative. En Côte d’Ivoire et au Nigeria, on prend de la poudre d’écorce comme poudre à priser pour traiter les maux de tête et la sinusite. Le jus des feuilles est utilisé en application topique pour traiter les inflammations de l’oreille, les maux de dents, et la filariose oculaire. On applique un emplâtre de pâte de feuilles sur les abcès matures. De la pâte de feuilles est frottée sur la peau en cas de douleurs pulmonaires, de bronchite et de raideur. La décoction de racine est bue pour soigner les troubles cardiaques. Les tiges ou rameaux écrasés, la tige finement coupée, les feuilles et l’écorce macérées sont utilisés comme poison pour la pêche.
Propriétés
Les graines de Milletia barteri contiennent de l’homoarginine et de la γ-hydroxyhomoarginine.
Botanique
Grande liane de plus de 30 m de long, rarement un arbuste ou un petit arbre ; tige longitudinalement côtelée, atteignant 10 cm de diamètre ; écorce épaisse, surface rugueuse, sillonnée de petits lenticelles discrets, violacée, glabre ; jeunes rameaux à poils fins. Feuilles alternes, composées imparipennées à 2–7 paires de folioles ; stipules rapidement caduques ; pétiole jusqu’à 12 cm de long, rachis jusqu’à 13 cm de long, jaune ; stipelles absentes ; pétiolules de 6 mm de long ; folioles opposées, elliptiques ou elliptiques-oblongues, atteignant 15 cm × 8 cm, brusquement obtuses-acuminées à l’apex, légèrement poilues au-dessous. Inflorescence : panicule terminale ou axillaire, mince, de 15–60 cm de long, avec ou sans branches atteignant 16 cm de long. Fleurs bisexuées, papilionacées, odorantes ; pédicelle atteignant 2 mm de long ; calice campanulé, de 3–4 mm de long, tronqué ; corolle rosée pâle à rouge, virant au violet lorsqu’elle vieillit, étendard orbiculaire, à poils doux sur l’extérieur, de 12–15 mm de diamètre, ailes et carène de 8–10 mm de long ; étamines 10, 9 fusionnées, 1 libre ; ovaire supère, poilu, style mince, arqué, poilu à la base. Fruit : gousse linéaire, plate, de 7 cm × 2 cm, à bord épaissi, à poils bruns, indéhiscente, à 1–3 graines. Graines ovoïdes, aplaties, de 15–18 mm × 20–22 mm, lisses, brun foncé.
Le genre Millettia comprend environ 150 espèces, la plupart (environ 90) sur le continent africain, 8 endémiques de Madagascar, et environ 50 en Asie tropicale. Le genre devrait être révisé et éclaté en plusieurs genres sur la base de preuves moléculaires.
La tige de Millettia comosa (Micheli) Hauman (synonyme : Millettia gagnepainiana Dunn), une liane présente au Gabon, au Congo et en R.D. du Congo occidentale, sert à lier au Gabon. La décoction de rameaux est prise en gargarisme en cas de maux de dents. En R.D. du Congo, les tiges de Millettia macroura Harms et Millettia theuszii (Büttn.) De Wild. sont utilisées pour la construction et pour le liage, et les deux sont importants comme plantes mellifères.
Ecologie
Millettia barteri est limité aux berges des rivières, aux forêts marécageuses et aux forêts temporairement inondées.
Ressources génétiques
Millettia barteri étant répandu et peu exploité, il n’existe aucune raison de présumer que l’espèce sera menacée dans un avenir proche. Il faut faire des recherches sur les aspects médicinaux pour pouvoir évaluer sa valeur dans ce domaine.
Perspectives
Par endroits, Millettia barteri continuera d’être utilisé, étant l’une des lianes les plus résistantes disponibles.
Références principales
- Banzouzi, J.T., Prost, A., Rajemiarimiraho, M. & Ongoka, P., 2008. Traditional uses of the African Millettia species (Fabaceae). International Journal of Botany 4(4): 406–420.
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Autres références
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Auteur(s)
- N. Nyunaï, Institut de Recherches Médicales et d’Etudes des Plantes Médicinales, B.P. 3805, Yaoundé, Cameroon
Citation correcte de cet article
Nyunaï, N., 2011. Millettia barteri (Benth.) Dunn. [Internet] Fiche de PROTA4U. Brink, M. & Achigan-Dako, E.G. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. <http://www.prota4u.org/search.asp>.
Consulté le 23 avril 2026.
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