Montrichardia arborescens
Montrichardia arborescens
(L.) Schott
| Ordre | Alismatales |
|---|---|
| Famille | Araceae |
| Genre | Montrichardia |
2n =
Origine : Amérique tropicale
sauvage et cultivé
| Français | moucou moucou |
|---|---|
| Anglais |
- médicinal : tige, pétiole, feuille
- graines comestibles
Description
-
spadice
ORIGINE. Lieux inondés du bord des rivières du Guatémala au Brésil et au Pérou.
DESCRIPTION. Plante arborescente à tige dressée simple, très rarement ramifiée de 1 à 4 m de haut, soutenue par des racines-étais, à entrenœuds très courts et souvent munis de petites épines recourbées. Feuilles alternes, simples, entières, à pétiole de 20 à 30 cm de long, engainant jusqu'au-dessous du milieu ; limbe ovale, profondément sagitté, de 15 à 40 cm de long et plus, lobe antérieur largement ovale-triangulaire et souvent cuspidé, les lobes postérieurs triangulaires-lancéolés, acuminés ou subobtus et souvent plus grands que le lobe antérieur.
Pédoncule florifère égalant la spathe, celle-ci ovale-oblongue de 10 à 15 cm de long et de 6 à 7 de large, cuspidée à l'apex, verdâtre à l'extérieur, blanchâtre dedans, la base violacée ; spadice très épais, de 7 à 10 cm de long, entièrement couvert de fleurs, la zone basale de 2 à 2,5 cm de long avec des fleurs femelles, la zone supérieure de 6 à 7 cm de long avec des fleurs mâles ; fleurs sans périanthe, les mâles à 3-6 étamines.
Fruits baies subglobuleuses de 10 à 15 mm de diamètre, rapprochées, au nombre d'environ 80, formant un syncarpe oblong d'environ 15 cm de long et 8 de large ; chaque fruit contient une graine obovoïde, lisse.
MULTIPLICATION. Par graines. La plante repousse bien après recépage. (Fouqué, 1972)
Noms populaires
| français | malanga-gratter (Ant), moucou-moucou (GF) (Fouqué, 1972) |
| anglais | |
| espagnol | arracacho (Col), boroboro (Vén), chupaya (Col), mocomoco (Vén), mucumucu (Vén) (Fouqué, 1972) |
| portugais | aninga (Pharma. Guyane) |
| créole guyanais | moucou moucou [moukoumoukou] (Pharma. Guyane) |
| wayãpi | mukumuku (Pharma. Guyane) |
| palikur | ten tinivui (Pharma. Guyane) |
Classification
Montrichardia arborescens (L.) Schott (1854)
synonymes :
- Arum arborescens L. (1753)
Histoire
Usages
Here also cultivated for the seeds which can be eaten after roasting. Paper pulp is made from the plants. Wild distribution: Tropical South America.
Les Créoles préparent un breuvage donné comme efficace contre le diabète en faisant macérer dans l’eau pendant toute une nuit un morceau de 50 cm de tige préalablement épluché et coupé en morceaux. Un remède identique préparé avec les feuilles associées à celles de manguier a été observé chez les Amérindiens du nord-ouest de la Guyana (VAN ANDEL, 2000).
Chez les Palikur, la sève (connue partout pour être irritante) est, frottée sur les mains et les jambes, une protection contre les décharges des gymnotes électriques (Electrophorus electricus).
La plante est utilisée par les Palikur et les Créoles pour soigner les piqûres de raie (HAY, 1998) et traiter les morsures de serpent. Chez les Palikur, le pétiole est ramolli au feu, puis son contenu est appliqué, seul ou mélangé au jus de citron, sur la piqûre. Un usage identique est fait des cendres extraites des feuilles brûlées. Enfin, le décocté de feuilles tombées et de trois bourgeons secs est bu ou appliqué en cataplasme après mélange avec de la chandelle molle et la sève de Virola surinamensis (Myristicacées), pour soigner les hernies. Les Amérindiens du nord-ouest de la Guyana utilisent une préparation similaire pour traiter les morsures de serpent et les piqûres de raie et de scorpion (VAN ANDEL, 2000). Les Caboclos de la région de Santarem utilisent également cette plante pour soigner les piqûres de raie et de scorpion (BRANCH et SILVA, 1983). En Amazonie, la sève caustique est appliquée sur les ulcères. La décoction de feuilles est utilisée en compresse pour soigner la goutte et les feuilles sont utilisées en cataplasme sur les abcès (PLOWMAN, 1969).
Les graines peuvent se consommer cuites ou grillées. Leur saveur rappelle celle des graines de l'arbre à pain (var. séminifère). (Fouqué, 1972)
Références
- Fouqué, A., 1972. Espèces fruitières d'Amérique tropicale. Paris, Institut français de recherches fruitières outre-mer (IFAC). voir notice
- Grenand, Pierre ; Moretti, Christian ; Jacquemin, Henri & Prévost, Marie-Françoise, 2004. Pharmacopées traditionnelles en Guyane. Créoles, Wayãpi, Palikur. 2e édition revue et complétée. Paris, IRD. 816 p. (1ère éd.: 1987). Voir sur Pl@ntUse.