Nuxia floribunda (PROTA)
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Introduction |
Nuxia floribunda Benth.
- Protologue: Hook., Comp. Bot. Mag. 2: 59 (1836).
- Famille: Loganiaceae (APG: Stilbaceae)
- Nombre de chromosomes: 2n = 38
Synonymes
Lachnopylis floribunda (Benth.) C.A.Sm. (1930).
Noms vernaculaires
Forest elder, forest nuxia, wild elder (En).
Origine et répartition géographique
Nuxia floribunda est présent depuis l’est de la R.D. du Congo jusqu’au Kenya et au sud du Zimbabwe, au Mozambique, en Afrique du Sud et au Swaziland.
Usages
Le bois de Nuxia floribunda est employé pour les poteaux de clôtures, la menuiserie, le mobilier et le tournage, et servait auparavant pour la construction de chariots. Il convient pour la construction, la parqueterie, la menuiserie, les boiseries intérieures, la charronnerie, les échelles, les instruments de musique, les jouets et les articles de fantaisie, les outils de précision, les cuves, les manches, la sculpture, le modelage, les placages et le contreplaqué. On s’en sert également de bois de feu.
On applique les feuilles et l’écorce de rameau réduits en poudre sur les maladies de peau, et on prescrit la poudre de feuilles macérées dans l’eau contre la diarrhée. La macération de rameaux feuillés est administrée en cas de démence. Au Kenya, l’extrait de racine est prescrit contre la grippe. En Ouganda, la décoction d’écorce additionnée de fleurs de Spilanthes se boit en cas d’impuissance. On place les pousses feuillées sous le lit pour en éloigner les moustiques. Les fleurs sont très nectarifères et sont fréquemment visitées par les abeilles. Nuxia floribunda est de plus en plus en vogue comme arbre de jardin, car il se caractérise par de belles fleurs et une cime élégante.
Production et commerce international
Le bois de Nuxia floribunda ne se vend pas sur le marché international, et l’importance qu’il a au niveau local semble également limitée.
Propriétés
Le bois de cœur de Nuxia floribunda va du blanchâtre au jaunâtre ou au rougeâtre, présente une jolie figure maillée, et ne se distingue pas nettement de l’aubier. Le fil est droit ou superficiellement contrefil, le grain est fin et régulier. C’est un bois moyennement lourd, avec une densité d’environ 735 kg/m³ à 12% d’humidité, et assez dur et résistant. Il sèche à l’air lentement, mais en général sans provoquer de graves défauts. Les taux de retrait sont modérés, de l’état vert à anhydre ils sont d’environ 3,0% dans le sens radial et de 6,5% dans le sens tangentiel. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 105 N/mm², le module d’élasticité de 14 200 N/mm², la compression axiale de 59 N/mm², le cisaillement de 16 N/mm², la dureté Janka de flanc de 7515 N et la dureté Janka en bout de 8975 N.
Il se scie et se travaille assez facilement tant à la main qu’à la machine. Le rabotage permet d’obtenir un surfaçage lisse, et il se polit très bien. Les caractéristiques de clouage et de vissage sont bonnes, mais il est nécessaire de faire des avant-trous. Il se colle et se tourne bien. Il est assez durable, car il résiste assez bien aux attaques des champignons et des insectes.
Un extrait au dichlorométhane/méthanol des feuilles a eu un puissant effet répulsif sur les moustiques vecteurs du paludisme lors d’un essai sur le lapin. L’unédoside, un hétéroside iridoïde, et ses dérivés, le nuxioside et le cinnamoyl-nuxioside ont été isolés de l’extrait.
Description
Arbuste ou arbre de taille petite à moyenne atteignant 20(–25) m de haut ; fût souvent légèrement contourné, jusqu’à 60(–90) cm de diamètre ; surface de l’écorce fissurée, écailleuse, grise à brun grisâtre ; rameaux anguleux, pourpres, devenant plus pâles avec l’âge, glabres ou finement poilus, à cicatrices foliaires proéminentes. Feuilles en verticilles de 3 ou opposées, simples ; stipules absentes ; pétiole élancé, de (0,5–)1,5–4,5(–5,5) cm de long ; limbe elliptique à étroitement elliptique ou oblong-elliptique, de 4–16 cm × 1–7 cm, base cunéiforme, apex acuminé, parfois aigu, bords entiers à légèrement dentés ou ondulés, papyracé à coriace, normalement glabre, pennatinervé à jusqu’à 13 paires de nervures latérales. Inflorescence : panicule terminale ou axillaire, souvent ombelliforme, atteignant 32 cm × 25 cm, fortement ramifiée, presque glabre. Fleurs bisexuées, presque régulières, 4-mères, parfumées, presque sessiles ; calice tubuleux, de 2–3,5 mm de long, à lobes courts ; corolle blanchâtre, tube légèrement plus court que le calice, lobes d’environ 2 mm de long, pubescente à la gorge du tube ; étamines insérées à l’apex du tube de la corolle, alternant avec les lobes, atteignant 4 mm de long ; ovaire supère, presque globuleux, d’environ 1 mm de diamètre, glabre, 2-loculaire, style mince, atteignant 4,5 mm de long. Fruit : capsule obovoïde de 5 mm de long, nettement plus longue que le calice persistant, glabre, déhiscente par 2–4 valves, renfermant de nombreuses graines. Graines fusiformes, d’environ 1 mm de long, brunes.
Autres données botaniques
Le genre Nuxia comprend une quinzaine d’espèces présentes dans le sud de l’Arabie et dans toute l’Afrique tropicale, y compris aux Comores, à Madagascar et aux îles Mascareignes. Le bois de certaines Nuxia spp. sert aux mêmes usages que celui de Nuxia floribunda.
Nuxia oppositifolia
Nuxia oppositifolia (Hochst.) Benth., appelé “river nuxia”, “bush nuxia” ou “water elder”, est un arbuste ou petit arbre atteignant 15(–20) m de haut, sempervirent, présent depuis l’Erythrée et l’Ethiopie jusqu’en Namibie, au Zimbabwe, au Mozambique, en Afrique du Sud et au Swaziland, ainsi qu’à Madagascar et dans le sud de l’Arabie. Son bois, jaune rougeâtre et joliment figuré est rarement sain et peu utilisé en Afrique australe, alors qu’à Madagascar on s’en sert en menuiserie et pour la confection d’ustensiles. En médecine traditionnelle en Afrique australe, on inhale la fumée de feuilles en combustion pour soigner les maux de tête. A Madagascar, la décoction de feuilles est prescrite aux enfants en cas de paludisme, d’hypertrophie de la rate et de toux. La décoction de feuilles sert également de stomachique et d’astringent.
Nuxia verticillata
Nuxia verticillata Lam., appelé “bois maigre” ou “bois de bombarde”, est un arbre de taille petite à moyenne atteignant 25 m de haut, à fût cannelé mesurant jusqu’à 80 cm de diamètre, endémique des îles Mascareignes ; il est rare à la Réunion et assez commun bien que vulnérable à Maurice. Son bois sert aux mêmes usages que le bois d’autres Nuxia spp., comme la construction et la menuiserie. On boit la décoction de jeunes feuilles en cas de dysménorrhée. L’infusion ou la décoction de feuilles est prescrite pour traiter plusieurs sortes de troubles urinaires.
Croissance et développement
En Afrique australe, Nuxia floribunda fleurit principalement entre mai et septembre. En général, la pleine floraison a lieu tous les deux ans, après quoi un très grand nombre de fruits apparaît. Les fleurs sont autofécondées ou pollinisées par les abeilles, mais bien d’autres insectes les visitent, sans oublier les oiseaux. Les graines, qui sont minuscules, sont disséminées par le vent et par les oiseaux qui les véhiculent sur leur corps, mais nombre d’entre elles sont encore à ce stade insuffisamment développées et ne parviennent pas à germer.
Ecologie
Nuxia floribunda se rencontre dans la forêt, souvent sur les berges des rivières, en lisière de forêt, dans la végétation de savane ou de lande, à 800–2400 m d’altitude mais entre 0–1000 m en Afrique australe subtropicale. Les arbres ont besoin de beaucoup d’eau et ne résistent pas au gel.
Multiplication et plantation
Nuxia floribunda peut être multiplié par graines ou par boutures. Pour cette dernière option, on utilise des boutures de bois dur ou semi-dur de 10 cm de long. On les met dans du sable de rivière bien drainé ou dans un mélange de sable de rivière et de compost. Ce dernier substrat peut également être utilisé pour semer les graines. On répartit uniformément les minuscules graines à la surface, on les recouvre d’une légère couche de sable fin, puis on les met dans un endroit chaud, clair et humide. La germination nécessite généralement 6–12 semaines ; le taux de germination peut être très bas.
Gestion
En tant qu’arbre de jardin, il est préférable de planter Nuxia floribunda dans un endroit humide, ensoleillé à partiellement ombragé, mais il n’est pas adapté aux zones sujettes au gel. Son système racinaire n’étant ni agressif ni invasif, il peut être planté à proximité immédiate des routes, des bâtiments et de la chaussée. Il prospère sur des sols profonds riches en compost. Lorsque les conditions sont aussi favorables, il croît moyennement vite à vite.
Maladies et ravageurs
Parmi les maladies connues pour attaquer Nuxia floribunda figurent les Fusarium spp., souvent mortels pour les semis, et les moisissures de la feuille telles que Meliola spp., qui attaquent et tuent les plants âgés.
Ressources génétiques
Nuxia floribunda est répandu et n’est pas menacé d’érosion génétique.
Perspectives
Nuxia floribunda demeurera probablement une source de poteaux destinés à la construction. Il conviendrait d’entreprendre des études complémentaires afin d’élargir le champ des usages de son bois, mais les fûts ont souvent le défaut d’être de petite taille et mal formés. Les usages médicinaux de Nuxia floribunda justifient un examen plus approfondi de ses propriétés pharmacologiques. Il peut être recommandé comme arbre ornemental de jardin.
Références principales
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Sources de l'illustration
- Leeuwenberg, A.J.M., 1975. The Loganiaceae of Africa. 14. A revision of Nuxia. Mededelingen Landbouwhogeschool Wageningen 75–8. Wageningen, the Netherlands. 80 pp.
Auteur(s)
- A. Asamoah, Kwame Nkrumah University of Science & Technology, Kumasi, Ghana
- C. Antwi-Bosiako, Kwame Nkrumah University of Science & Technology, Kumasi, Ghana
- K. Frimpong-Mensah, Kwame Nkrumah University of Science & Technology, Kumasi, Ghana
- A. Atta-Boateng, Kwame Nkrumah University of Science & Technology, Kumasi, Ghana
Citation correcte de cet article
Asamoah, A., Antwi-Bosiako, C., Frimpong-Mensah, K. & Atta-Boateng, A., 2012. Nuxia floribunda Benth. In: Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. Consulté le 22 avril 2026.
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