Pachycarpus lineolatus (PROTA)
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Introduction |
| Importance générale | |
| Répartition en Afrique | |
| Répartition mondiale | |
| Glucides / amidon | |
| Médicinal | |
| Sécurité alimentaire | |
Pachycarpus lineolatus (Decne.) Bullock
- Protologue: 8: Kew Bull. 333 (1953).
- Famille: Asclepiadaceae (APG: Apocynaceae)
Synonymes
- Asclepias lineolata (Decne.) Schltr. (1895),
- Pachycarpus schweinfurthii (N.E.Br.) Bullock (1953).
Origine et répartition géographique
Pachycarpus lineolatus est présent du Sénégal et de la Guinée jusqu’au sud du Soudan et vers le sud jusqu’au Malawi, en Zambie et en Namibie, en passant par toute l’Afrique centrale et orientale.
Usages
Au Sénégal, les racines charnues et amères sont séchées et réduites en poudre, et de cette poudre on fait une bouillie administrée aux personnes souffrant d’inflammation des testicules (orchite). Au Bénin, la racine en poudre accompagnée des graines de Piper guineense Schumach. & Thonn. se prend dans de l’eau pour traiter la hernie inguinale ou scrotale. Au Nigeria, la décoction de racine se prend avec des boissons locales pour traiter les troubles gastro-intestinaux, et une infusion froide légère se donne aux nouveaux-nés. En Afrique de l’Est, on mastique les racines dont on avale le jus pour ses vertus stomachiques et abortives, ainsi que pour traiter la pharyngite. En Ouganda, les racines sont consommées pour traiter le mal de gorge. En Tanzanie, on applique du jus de graines pressées accompagné du jus de piment (Capsicum sp.) sur les seins pour favoriser la sécrétion de lait. Au Zimbabwe, l’infusion de racine est absorbée pour traiter les douleurs abdominales et les maladies vénériennes. Le jus de tige chauffée s’applique sur la peau en massage pour traiter les démangeaisons. Dans toute son aire de répartition, la racine se mastique fraîche ou se prend séchée en poudre dans la bière locale pour ses vertus aphrodisiaques.
Au Sénégal, les racines sont créditées de vertus dépuratives et ne se consomment qu’en période de famine. Cependant, en Côte d’Ivoire, les racines sont consommées écrasées et bouillies ou crues. En Zambie, on asperge les graines de poudre de racine pour attraper les oiseaux qui sont paraît-il désorientés en les mangeant.
Description
Plante herbacée vivace atteignant 1,5 m de haut, tiges annuelles, érigées, habituellement non ramifiées, densément couvertes de poils courts ; racines formant un faisceau de racines charnues semblables à des carottes, blanches à l’intérieur ; latex présent dans toutes les parties. Feuilles opposées, simples et entières ; pétiole de (2–)5–13 mm de long, à poils courts ; limbe étroitement lancéolé à largement ovale ou oblong, de 4–12(–14) cm × 1–6(–9) cm, base cordée, tronquée ou arrondie, apex obtus ou légèrement rétus à aigu, courtement poilu à poils blancs scabres sur les deux faces, à nervures parallèles avec de nombreuses nervures secondaires. Inflorescence : ombelle pendante extra-axillaire ou terminale pendante, à 4–12 fleurs ; pédoncule de (2–)4–17 cm de long, érigé, à poils courts ; bractées linéaires. Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères ; pédicelle de 1–3(–4) cm de long, teinté de violet, à poils courts ; sépales lancéolés, de (4–)6–11 mm de long, aigus, verts ou teintés de violet, densément couverts de poils courts ; corolle rotacée, ivoire ou vert pâle à l’intérieur, souvent réticulée de lignes violacées à brunâtres dans la moitié supérieure, à poils courts, ivoire ou violet brunâtre à l’extérieur, parfois avec quelques rayures violettes longitudinales, lobes ovales, de 8–17 mm × (4–)6–9(–11) mm, aigus ; lobes de la couronne attachés à la base de la colonne staminale, de 7–8 mm de long, de 3–4 mm de large à la base, charnus, avec une paire de plaques triangulaires naissant de la face supérieure, de 4–5 mm de long, blancs ou ivoire à tache violet rougeâtre sur la face inférieure, colonne staminale d’environ 6 mm de long, ailes de 2–3,5 mm de long, triangulaires, appendices ovales, infléchis par dessus la tête du stigmate ; ovaire supère, carpelles 2, libres, tête du stigmate plate, blanche ou verte. Fruit composé de 2 follicules, redressés grâce à la contortion du pédicelle, ovoïdes ou largement fuselés, d’environ 12 cm × 7 cm, renflés, verts, à poils courts, contenant de nombreuses graines. Graines ovales, d’environ 4,5 mm de long, à étroit bord renflé, à touffe de poils d’environ 3 cm de long.
Autres données botaniques
Le genre Pachycarpus comprend environ 37 espèces en Afrique continentale ; il y en a environ 24 en Afrique du Sud. Il a deux principaux centres de diversité, l’un dans la partie est de l’Afrique australe et l’autre dans les hautes terres d’Afrique de l’Est tropicale. Il s’apparente étroitement aux genres Xysmalobium et Gomphocarpus.
Plusieurs autres espèces de Pachycarpus ont des usages médicinaux en Afrique tropicale.
Pachycarpus concolor
Pachycarpus concolor (L.) W.T.Aiton se rencontre au Kenya, en Tanzanie, au Botswana, au Zimbabwe, en Afrique du Sud et au Swaziland. Au Zimbabwe, la racine en poudre est consommée en bouillie comme aphrodisiaque. En Afrique du Sud, on prise la poudre de racine pour traiter les maux de tête. En Afrique de l’Est, on applique les racines écrasées sur les infections cutanées des bovins, dues à des asticots.
Pachycarpus eximius
Pachycarpus eximius (Schltr.) Bullock est présent du sud du Soudan jusqu’à l’est de la R.D. du Congo et la Tanzanie. En Ouganda, la décoction de racine se prend comme vermifuge.
Ecologie
Pachycarpus lineolatus est présent dans les zones boisées décidues et les savanes herbeuses gorgées d’eau en saison, à 700–2500 m d’altitude.
Ressources génétiques
Pachycarpus lineolatus est répandu et relativement commun. Il semble donc peu probable qu’il soit menacé d’érosion génétique.
Perspectives
Pachycarpus lineolatus a de nombreux usages médicinaux, mais on ne sait pratiquement rien de sa chimie et de sa pharmacologie. Cela justifie par conséquent un approfondissement des recherches.
Références principales
- Berhaut, J., 1971. Flore illustrée du Sénégal. Dicotylédones. Volume 1. Acanthacées à Avicenniacées. Gouvernement du Sénégal, Ministère du Développement Rural et de l’Hydraulique, Direction des Eaux et Forêts, Dakar, Senegal. 626 pp.
- Goyder, D.J., 1998. A revision of Pachycarpus E.Mey. (Asclepiadaceae: Asclepiadeae) in tropical Africa with notes on the genus in southern Africa. Kew Bulletin 53(2): 335–374.
- Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
- Smith, D.M.N., 1988. A revision of the genus Pachycarpus in southern Africa. South African Journal of Botany 54(5): 399–439.
Autres références
- Adjanohoun, E.J., Adjakidjè, V., Ahyi, M.R.A., Aké Assi, L., Akoègninou, A., d’Almeida, J., Apovo, F., Boukef, K., Chadare, M., Cusset, G., Dramane, K., Eyme, J., Gassita, J.N., Gbaguidi, N., Goudote, E., Guinko, S., Houngnon, P., Lo, I., Keita, A., Kiniffo, H.V., Kone-Bamba, D., Musampa Nseyya, A., Saadou, M., Sodogandji, T., De Souza, S., Tchabi, A., Zinsou Dossa, C. & Zohoun, T., 1989. Contribution aux études ethnobotaniques et floristiques en République Populaire du Bénin. Agence de Coopération Culturelle et Technique, Paris, France. 895 pp.
- Burkill, H.M., 1985. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 1, Families A–D. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 960 pp.
Auteur(s)
- G.H. Schmelzer, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Schmelzer, G.H., 2011. Pachycarpus lineolatus (Decne.) Bullock.In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 17 septembre 2026.
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