Pausinystalia macroceras (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale
Répartition en Afrique
Répartition mondiale
Médicinal
Bois d'œuvre
Bois de feu


répartition en Afrique (sauvage)
coupe transversale du bois

Pausinystalia macroceras (K.Schum.) Pierre


Protologue: Act. Soc. Linn. Bordeaux 61: 130 (1906).
Famille: Rubiaceae

Noms vernaculaires

  • False johimbe (En).

Origine et répartition géographique

Pausinystalia macroceras est réparti du Nigeria à la R.D. du Congo et vers le sud jusqu’à Cabinda (Angola).

Usages

Le bois est apprécié pour le mobilier et l’ébénisterie. A Cabinda (Angola), il est utilisé pour la construction d’habitations et la parqueterie. Il convient pour la menuiserie, les boiseries intérieures, la construction navale, la charronnerie, les échelles, les articles de sport, les jouets et les articles de fantaisie, les ustensiles agricoles, les manches d’outils, les instruments de musique, les caisses et les cageots, les équipements de précision, les allumettes, les objets sculptés, le tournage, le modelage, les placages et le contreplaqué. Au Nigeria, il sert de bois de feu.

L’écorce est largement utilisée comme aphrodisiaque et stimulant. Au Cameroun, par exemple, l’écorce broyée se consomme contre l’impuissance sexuelle. Au Congo, elle s’utilise pour lutter contre le sommeil, et le jus de l’écorce sert en lavement comme vermifuge et en application topique pour soigner la teigne et d’autres affections fongiques de la peau.

Propriétés

Le bois de cœur est jaune pâle à rosé pâle, présentant parfois des rayures irrégulières ; il ne se distingue pas nettement de l’aubier. Le fil est droit, le grain fin et régulier. Le bois est lustré et contient une gomme brun rougeâtre.

C’est un bois moyennement lourd, avec une densité d’environ 700 kg/m³ à 12% d’humidité. Il sèche à l’air rapidement sans déformations sérieuses. Les taux de retrait sont assez élevés, de l’état vert à anhydre ils sont de 4,7% dans le sens radial et de 10,7% dans le sens tangentiel. Une fois sec, le bois est modérément stable en service. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 151 N/mm², le module d’élasticité de 10 900 N/mm², la compression axiale de 65 N/mm², le cisaillement de 8 N/mm², le fendage de 12,5 N/mm et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 3,8.

Le bois se scie bien, se travaille facilement avec tous les outils, se rabote en donnant une surface lisse, et se finit bien. Il prend et tient bien les clous et les vis, et se colle de manière satisfaisante. Les propriétés de déroulage sont bonnes, mais les placages peuvent se fendre au séchage. Pour le tranchage, des sections radiales sont recommandées pour réduire les défauts causés par les taux de retrait assez élevés.

La durabilité du bois est classée comme modérée, bien qu’il ne soit pas sensible aux attaques des termites et des térébrants marins. L’aubier n’est pas sensible aux attaques de Lyctus. Le bois de cœur est rebelle à l’imprégnation avec des produits de conservation, l’aubier quant à lui est modérément rebelle.

L’écorce contient de la yohimbine, un alcaloïde indolique, mais en quantités plus modestes que dans l’écorce de Pausinystalia johimbe (K.Schum.) Pierre ex Beille, ce qui fait que Pausinystalia macroceras est parfois appelé “faux yohimbe”. L’écorce ne contiendrait que 0,02–0,32% d’alcaloïdes indoliques et davantage de yohimbinine, un alcaloïde inactif, que de yohimbine. Cependant, de l’écorce en provenance du Congo contenait 4% d’alcaloïdes, dont 60–65% de yohimbine. D’autres alcaloïdes isolés de cette écorce étaient la corynanthidine (α-yohimbine), la β-yohimbine, l’ajmalicine, la corynanthine, et l’isomère lévogyre de la calycanthine.

L’écorce contient également des saponines et des tanins. Les extraits au méthanol de l’écorce de tige ont montré in vivo des effets anti-ulcérogènes, antidiarrhéiques, analgésiques et anti-inflammatoires chez le rat.

Description

  • Arbre sempervirent, de taille moyenne à assez grande, atteignant 40 m de haut ; fût dépourvu de branches sur 18 m, droit, cylindrique, jusqu’à 90 cm de diamètre, sans contreforts, mais à base cannelée ; surface de l’écorce souvent fissurée, grise à brune, écorce interne fibreuse, blanc crème, virant au brun rougeâtre à l’exposition.
  • Feuilles opposées décussées, simples et entières ; stipules caduques ; pétiole de (3–)7–25 mm de long ; limbe obovale à elliptique, de 6, 5–47 cm × 2,5–17,5 cm, base cunéiforme à arrondie, apex courtement acuminé, papyracé ou finement coriace, glabre, pennatinervé à 5–16 paires de nervures latérales.
  • Inflorescence : panicule axillaire, de 9–15 cm × 5–14 cm, avec les fleurs en groupes à l’extrémité des branches.
  • Fleurs bisexuées, régulières, (4–)5–6-mères, parfumées ; pédicelle jusqu’à 0,5 mm de long ; calice à tube court jusqu’à 0,5 mm de long et à lobes triangulaires à arrondis de 0,5–1 mm de long, aigus, glabres ou un peu poilus à l’extérieur, densément poilus à l’intérieur ; corolle blanche, parfois rose, glabre à l’extérieur, poilue à l’intérieur, tube à partie basale étroite de 0,5–1 mm de long et vésicule apicale de 1–2 mm de long, lobes érigés, chacun avec un appendice linéaire de 6–12,5 mm de long ; étamines attachées à la base de la vésicule de la corolle, alternant avec les lobes, sessiles ; ovaire infère, 2-loculaire, glabre, style de 1–2 mm de long, stigmate 2-lobé.
  • Fruit : capsule comprimée, oblongue, de 10–20 mm × 5–7 mm, à 4 valves, contenant de nombreuses graines.
  • Graines de 5–14 mm × 1–2 mm, ailées.

Autres données botaniques

Au Nigeria, Pausinystalia macroceras fleurit en mai–septembre, et fructifie en janvier–mars.

Le genre Pausinystalia comprend 5 espèces, et se rencontre en Afrique de l’Ouest et centrale. Il est étroitement apparenté au genre Corynanthe. Pausinystalia macroceras peut être distingué de Pausinystalia johimbe par ses feuilles plus petites qui ont des pétioles plus longs. En outre, l’écorce de Pausinystalia johimbe est extrêmement amère au goût et est facile à arracher, alors que celle de Pausinystalia macroceras est moins amère et difficile à arracher. Les différences de caractéristiques de la tranche, souvent mentionnées comme discriminantes, ne sont pas fiables.

Ecologie

Pausinystalia macroceras se rencontre dans la forêt sempervirente des basses terres, primaire aussi bien que secondaire, et également dans la forêt-galerie.

Ressources génétiques

Etant donné sa répartition assez large et son abondance par endroits, il y a peu de risque que Pausinystalia macroceras soit menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Bien que le bois conviendrait pour de nombreuses applications, son usage est rarement attesté. Il est peu probable qu’il gagnera de l’importance comme bois d’œuvre dans l’avenir. L’écorce de Pausinystalia macroceras est utilisée comme aphrodisiaque et stimulant en tant que substitut ou falsification de celle de Pausinystalia johimbe, mais elle contient des quantités moindres du composé actif principal (la yohimbine).

Références principales

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Autres références

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Auteur(s)

  • M. Brink, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Brink, M., 2012. Pausinystalia macroceras (K.Schum.) Pierre ex Beille. In: Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. Consulté le 17 septembre 2026.


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